Bonjour!
Pour la fin des vacances d'hiver, j'ai reçu un devoir maison type bac autour du romantisme (d'ailleurs, je suis en 2de). Quatre texte de corpus, dont:
A: Novalis, Hymnes à la nuit, 1800
B: Keats, Pourquoi ai-je ri cette nuit?, 1819
C: Lamartine, "Isolement" in Méditation Poétiques, 1820
D: Mickiewicz, "Les steppes d'Akerman" in Sonnets de Crimée, 1826
La question: Comment est traité le thème de la nuit dans les textes du corpus?
Dans Novalis la nuit est valorisée, personnifiée, la majuscule etc.
Dans Keats, elle est associée à la mort? Là je ne suis pas sure…
Voici mon problème - dans Lamartine et Mickiewicz, je ne vois presque pas du tout le thème de la nuit!
Corpus:
Pour la fin des vacances d'hiver, j'ai reçu un devoir maison type bac autour du romantisme (d'ailleurs, je suis en 2de). Quatre texte de corpus, dont:
A: Novalis, Hymnes à la nuit, 1800
B: Keats, Pourquoi ai-je ri cette nuit?, 1819
C: Lamartine, "Isolement" in Méditation Poétiques, 1820
D: Mickiewicz, "Les steppes d'Akerman" in Sonnets de Crimée, 1826
La question: Comment est traité le thème de la nuit dans les textes du corpus?
Dans Novalis la nuit est valorisée, personnifiée, la majuscule etc.
Dans Keats, elle est associée à la mort? Là je ne suis pas sure…
Voici mon problème - dans Lamartine et Mickiewicz, je ne vois presque pas du tout le thème de la nuit!
Corpus:
B. John Keats - Pourquoi ai-je ri cette nuit ?
Pourquoi ai-je ri cette nuit ? Nulle voix ne le dira;
Ni dieu ni démon à l'austère réplique
Ne daignera répondre du ciel ou de l'enfer
Alors, vers mon cœur d'homme je me tourne aussitôt
Ô mon cœur ! Nous voici, toi et moi, tristes et solitaires;
Dis-moi donc, pourquoi ce rire ? Ô mortelle douleur !
Ô ténèbres ! ténèbres ! Sans cesse il me faut gémir,
Pour questionner en vain et le ciel et l'enfer et mon cœur.
Pourquoi ce rire ? Je sais le bail consenti à mon être,
Mon imagination peut en atteindre les plus extrêmes félicités;
Et pourtant j'accepterais en ce minuit même de cesser de vivre,
Et de voir en lambeaux le pavois bariolé de ce monde;
La poésie, la gloire, la beauté, ce sont bien là des ivresses,
Mais plus grande ivresse est la mort _ la mort, suprême récompense de la vie.
C. Lamartine – L’Isolement
Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.
Ici, gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s’enfonce en un lointain obscur ;
Là, le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l’étoile du soir se lève dans l’azur.
Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon,
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l’horizon.
Cependant, s’élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs,
Le voyageur s’arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.
Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N’éprouve devant eux ni charme ni transports,
Je contemple la terre ainsi qu’une ombre errante :
Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts.
De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l’immense étendue,
Et je dis : « Nulle part le bonheur ne m’attend. »
Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.
Que le tour du soleil ou commence ou s’achève,
D’un œil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu’il se couche ou se lève,
Qu’importe le soleil ? je n’attends rien des jours.
Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts ;
Je ne désire rien de tout ce qu’il éclaire,
Je ne demande rien à l’immense univers.
Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d’autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j’ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !
Là, je m’enivrerais à la source où j’aspire ;
Là, je retrouverais et l’espoir et l’amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n’a pas de nom au terrestre séjour !
Que ne puis-je, porté sur le char de l’Aurore,
Vague objet de mes vœux, m’élancer jusqu’à toi !
Sur la terre d’exil pourquoi restè-je encore ?
Il n’est rien de commun entre la terre et moi.
Quand la feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s’élève et l’arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !
D. Mickiewicz - Les steppes d'AkermanS'il vous plaît, pourriez-vous m'aider un peu?
Sur le sec, je navigue, en la steppe océane,
Verdure où mon char plonge et patauge - un canot!
Noyé de fleurs, dans l'herbe aux bruissements de flots;
J'évite les îlots corallins des bourianes.
La nuit déjà descend: ni chemin, ni kourgane.
Cherchant l'étoile au ciel, guide du matelot,
Vois-je luire un nuage? - ou c'est l'aube, bientôt?
Non: c'est le Dniepr qui brille, en phare d'Akerman!
Arrêtons! Quelle paix!… J'entends là-haut s'enfuir
Des hérons qu'un gerfaut ne saurait découvrir;
J'entends le papillon bercé sur le brin frêle,
La feuille, qu'un serpent lisse froisse sous soi.
Ce silence! - et je guette a tel point, qu'une voix
Du pays m'atteindrait… Repartons: nul n'appelle!



