Difficultés d’accord avec les noms de profession qui n’ont pas de féminin
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Bonsoir a vous tous.
Pourriez vous me dire laquelle est correcte de ces deux phrases:
Elle est le medecin la plus connue du village.
ou
Elle est le medecin le plus connu du village.
pareil avec le mot ecrivain.
Peut on dire Une ecrivaine ?
Pour ces mots qui n'ont pas de feminin, comment ecrit on les adjectifs se rapportant a eux.
Par ex. si nous parlons d'un professeur femme, que doit ecrire:
(Le ou la ?) professeur est (alle / allee?) , (elle ou il?) est (un ou une ?) tres (bon / bonne?) professeur. (Ce ou cette?) professeur explique bien.
Merci d'avance.
Elissa Bonsoir
pourriez vous me dire:
Est ce qu'on dit:
Elle est la plus brillante des medecins.
Ou
La plus brillante medecin.
est ce que "des" est essentiel?
Merci d'avance.
Elissa
Dans " Elle est le médecin la/le plus connu(e) du village", l'adjectif est sans conteste épithète de médecin qui ne peut être que masculin : c'est donc la deuxième tournure (masculin) qui me paraît convenir.
C'est évidemment la même chose avec le mot écrivain (sans quoi, il n'y aurait aucune logique).
Peut-on dire une écrivaine ? Le mot est entré dans les dictionnaires. De même, certains écrivent déjà la professeure. Ces féminins sont-ils bien nécessaires ? N'ont-ils pas été créés que pour faire plaisir à certains (et surtout certaines, qu'on me pardonne !), les mêmes n'étant pas gêné(e)s par le fait qu'il n'y ait pas de mot masculin pour désigner… les girafes mâles (par exemple, mais aussi n'importe lequel de tous ces pauvres animaux dont le nom d'espèce n'existe qu'au féminin et qu'on n'entend pas se plaindre !)
Certes, la professeur est bien pratique. D'ailleurs, ne dit-on pas familièrement "la prof" ? Au reste, est-il essentiel de faire savoir que le professeur est une femme ? L'important n'est-il pas que cette dame soit un bon professeur, ce que "Le professeur est un très bon professeur" dit très bien ? Mais rien n'interdit de dire : "Madame X… (ou Mademoiselle X…) est un très bon professeur."
Bonsoir Elissa,
N'étant pas féministe, je suis d'accord avec Volapuk. Le problème, c'est que les femmes ne travaillent dans ces emplois que depuis peu de temps. Il va falloir laisser la langue trouver les féminins adéquats.
Avec "professeur/professeure' et "écrivain/écrivaine", cela va… Mais avec « pompier », ou « chauffeur de taxi » : que dit-on ? « pompière », « chauffeuse de taxi » ? =D
Édit : par contre, avec une abréviation, telle que « la prof », j'accorde tout au féminin, cela règle le problème…
Muriel
Réponse au 2ème message d'Elissa.
Peut-on dire "La plus brillante médecin" ? Catégoriquement, NON. Toujours pour la même raison : l'ajectif est épithète d'un substantif qui est toujours masculin (autre sujet de discussion possible : l'antéposition du superlatif…)
En revanche, "Elle est la plus brillante des médecins" me paraît recevable, sans toutefois que je puisse expliquer pourquoi.
"Des" (préposition + article contractés) n'est pas essentiel, mais il me semble qu'il y a une nuance entre "le médecin le plus brillant" et "le plus brillant des médecins", la 1ère tournure me paraissant sémantiquement bien plus absolue.
Bonsoir Elissa,
Il me semble en accord avec Volapuk qu'on ne peut dire "La plus brillante médecin". Pour suivre Muriel, on rirait d'un "la plus brillante médecine". Il faut donc "le plus brillant médecin". Cette formule me semble aussi appeler un complément déterminatif comme "du canton, de la ville", ce que n'exige pas "Elle est la plus brillante des médecins".
Voilà la nuance que j'établirais entre les deux formulations.
Pour revenir à la deuxième formulation, je préfèrerais "Elle est le plus brillant des médecins", en revanche on pourrait dire "Elle est la plus brillante parmi les médecins".
il y a t-il une forme possible
docteur => doctoresse,
prophète => prophétesse
pour le problématique la professeur(?)
professeur => professesse,
ou encore,
Mme la professante,
Mme la professelle
Et pour finir, madame la pro-fessée ? (!!!)
il y a t-il une forme possible
En tout cas, cher Tokamac, ton "il y a-t-il" est un beau barbarisme… 😉
Si
chasseur, demandeur, pécheur, enchanteur, vengeur
font chass
eresse, demanderesse, pécheresse, enchanteresse, vengeresse…
professeur ne pourrait logiquement faire
professesse comme tu proposes, mais
professeresse.
La question est susceptible de beaux développements, auxquels semble convier la dernière réponse de Jehan. Et ne nous plaignons pas si avec chasseur, demandeur, pécheur, enchanteur, vengeur, nous sortons légèrement de la question initiale qui se limitait aux "noms de profession". Notons que, certes, pécheur a pour féminin pécheresse, mais ne perdons pas de vue qu'une pécheresse n'est pas forcément une pêcheuse (et vice-versa).
Mais que faire avec notaire, ingénieur, chef d'entreprise (d'état, de service, de chantier et de tout ce qu'on voudra), grutier, charpentier etc. ? Marinier a marinière, et l'on peut en sourire. Heureusement, "enfiler une marinière" n'est pas forcément une vulgarité. De même de portier, qui a portière, "claquer une portière" n'étant pourtant pas forcément un geste machiste et brutal. Pour souteneur, qui est peu respectable mais, hélas !, existe, je vous laisse chercher. J'attends avec intérêt une proposition pour "maître-chien" (Muriel ?). A suivre.
Volapuk a écrit :Et pour finir, madame la pro-fessée ?
Hélas ! le spectacle de châtiments corporels infligés par des enseignantes menues à des chenapans d'un mètre quatre-vingt-cinq en inciterait plus d'un… à la récidive ! =D
Lorsqu'un homme est devenu sage-femme, on a trouvé en un clin d'oeil le terme de maïeuticien. Il ne fallait pas le laisser tomber dans le ridicule . On n'a pas non plus hésité à masculiniser accoucheuse. Les scrupules sont à sens unique. A propos le verbe professer a été utilisé par des auteurs classiques.
Il est très simple d'ajouter un e au féminin ou d'utiliser un article féminin pour une ministre (certaines ont demandé à être appelée madame la ministre) ou une chef ou encore une notaire pourquoi pas une médecin ? Il y a environ 40 % de médecins femmes, la quantité est présente. Si on dit c'est la meilleure médecin de la clinique cela sera plus précis que le meilleur médecin et on se contente de changer l'article. Par ailleurs quel est le problème avec ingénieure , charpentière , sous-marinière, auteure, écrivaine etc ?
La professeur est passé dans le langage courant et cela peut servir de modèle pour féminiser mais c'est chercher des poux dans la tête que de faire la liste de toutes les sonorités ridicules. Après tout on cherche des sons agréables pour les nouvelles professions : informaticien est bien plus plaisant qu'informatisseur, informatissier, informatissin etc.
Un texte du gouvernement sur les aléas de la féminisation des professions (sur le net) montre que les aléas dépendent par exemple de la hiérachie des professions ou de la considération accordée à certains postes , ex un conseiller à la cour de cassation mais une conseillère de cour d'appel.
La langue marque hiérachie et pouvoir. Il faut savoir ce qui est souhaitable ou non et définir un objectif sinon les automatismes demeurent.
Je réclame davantage de neutralité : écrivain par exemple.
Quant à sage-femme, il s'agit d'un pléonasme. 🙂
Jérémy a écrit :Quant à sage-femme, il s'agit d'un pléonasme.
Un vieux macho aurait plutôt dit
oxymoreDe la neutralité politique ? grammaticale ? suisse ?Si on veut voir un pléonasme avec sage-femme on trouvera le pendant avec prud'homme 😂
bonjour,
le GN "agent immobilier" ne s'écrit qu'au masculin.
Mais alors si l'agent immobilier est une femme peut-on faire une reprise au féminin ?
autrement dit peut-on dire :
J'ai parlé à l'agent immobilier. CELLE-CI n'y voit pas d'inconvénient mais ELLE me rappellera cet après-midi pour me confirmer son accord.
Il y a longtemps (1986 ) que les différents gouvernements font des circulaires sur la féminisation des titres et noms de métiers. Finalement en 1999 il a été établi un
Guide de la féminisation des titres et des noms de métiers. Il est dans l'Atilf. Il y a moins de 10 règles très simples. La plus longue est la règle n° 3. On voit aisément que le e pour former un féminin a déjà été utilisé fréquemment.
Extrait :
Règle 3. : Noms se terminant au masculin par une consonne
3.1. Noms se terminant par une finale autre que -eur
Le féminin se construit normalement par l’adjonction d’un -e à la finale,
ex. : une adjointe, une agente, une artisane, une avocate, une cheminote, une commise, une écrivaine, une laborantine…
avec les éventuelles modifications grapho-phoniques qui obéissent aux lois morphologiques de la langue :
# doublement de la consonne finale : el/elle, ien/ienne, on/onne,
# ex. : une chirurgienne, une colonelle, une industrielle, une vigneronne… modification de la consonne finale,
# ex. : une rebouteuse, une sportive, une syndique… ajout d’un accent grave sur la voyelle de la syllabe finale,
ex. : une bâtonnière, une caissière, une conseillère, une préfète…
3.1.Rem.1. : L'adjonction du -e est facultative pour les termes issus des comparatifs latins : une junior(e), une major(e), une sénior(e).
3.1.Rem.2. : La solution de l'épicène a été retenue pour les quelques rares cas dont la féminisation est sentie comme difficile : une chef, une clerc, une conseil, une témoin. Dans le cas où une forme fémine en -e a pu être attestée, l'adjonction de ce -e est proposée comme facultative : une camelot(e), une mannequin(e), une marine(e), une matelot(e), une médecin(e).
3.2. Noms se terminant par -eur (à l'exception de -teur)
3.2.a. La forme féminine se termine par -euse lorsque le nom correspond à un verbe en rapport sémantique direct (démarcher/démarcheur),
ex. : une annonceuse, une chercheuse, une démarcheuse, une entraineuse, une programmeuse, une receveuse, une relieuse, une retoucheuse…
Les quelques noms formés sur une base nominale sont féminisés de la même façon, ex. : une avionneuse, une basketteuse, une camionneuse, une chroniqueuse, une footballeuse, une pisteuse…
3.2.a.Rem. : Les formes féminines anciennes en -esse de défendeur, demandeur et vendeur : défenderesse, demanderesse, venderesse, sont conservées dans la langue juridique.
3.2.b. Lorsqu’il n’existe pas de verbe correspondant au nom (ex. : assesseur) ou que la relation sémantique avec le verbe existant n’est pas (ou n'est plus) évidente (ex. : commander/commandeur), on a le choix entre l’emploi épicène (solution adoptée par les Belges) et l’adjonction d’un -e à la finale (solution préconisée par les Québécois et les Suisses),
ex. : une assesseur(e), une censeur(e), une commandeur(e), une gouverneur(e), une ingénieur(e), une professeur(e), une proviseur(e)…
3.2.b.Rem. : Les noms issus de comparatifs latins ont un féminin régulier en -eure : une prieure, une supérieure.
3.3. Noms se terminant par -teur
3.3.a. La forme féminine se termine par -trice dans les conditions suivantes :
#
il n’existe pas de verbe correspondant au nom (agriculteur, aviateur, instituteur, recteur…),
#
il existe un verbe correspondant au nom, mais dont la terminaison ne comporte pas de -t- (accompagner-accompagnateur ; calculer-calculateur ; conduire-conducteur…),
#
indépendamment de l'existence d'un verbe correspondant, il existe un nom corrélé morphologiquement se terminant par, -tion, -ture, -taire ou -torat (éditeur-édition ; lecteur-lecture ; tuteur-tutorat…),
ex. : une accompagnatrice, une agricultrice, une animatrice, une aviatrice, une calculatrice, une commentatrice, une compositrice, une conductrice, une conservatrice, une curatrice, une dégustatrice, une directrice, une éditrice, une formatrice, une institutrice, une inspectrice, une perceptrice, une programmatrice, une promotrice, une rectrice, une rédactrice, une sénatrice, une tutrice…
3.3.a.Rem.1. : Pour les termes auteur, docteur et pasteur, les formes morphologiquement régulières et attestées en -trice ou en -oresse (autrice, aut(h)oresse, doctrice, pastoresse) ne sont plus acceptées aujourd'hui. On conservera la forme identique au masculin, avec le choix d'ajouter ou non un -e à la finale, comme pour assesseur, censeur, etc. : une auteur(e), une docteur(e), une pasteur(e). Il va de soi que les féminins en -esse encore en usage sont toujours admis : une doctoresse.
3.3.a.Rem.2. : La règle s'applique aux noms empruntés à l'anglais, qu'ils soient francisés ou non : reporter, reporteur/reportrice ; supporter, supporteur/supportrice.
3.3.a.Rem.3. : L'usage contemporain a tendance à privilégier la forme épicène pour certains termes dont la forme régulière en -trice est par ailleurs attestée, ex. : une sculptrice, mais aussi une sculpteur(e).
3.3.b. La forme féminine se termine par -teuse lorsqu’au nom correspond un verbe en rapport sémantique direct comportant un -t- dans sa terminaison et/ou qu’il n’existe pas de substantif corrélé se terminant par -tion, -ture ou -torat
ex. : une acheteuse, une ajusteuse, une batteuse, une étiqueteuse, une transporteuse…
https://www.atilf.fr//gsouvay/scripts/feminin.exe?REGLE=3
Si je comprends bien, le problème serait donc résolu ici en disant "agente immobilière".
Ce qui permettrait de reprendre ce nom par le pronom "elle" en toute tranquillité.
On dit bien "Madame la juge", on pourrait tout aussi bien dire: une notaire, une ingénieur, pourquoi pas " ingénieure", mais naturellement, ces messieurs éviteront de dire à une notaire: "Bonjour, maîtresse"…
Personnellement, que les noms de métiers ne trouvent pas leur féminin ne me traumatise pas.
Bonjour,
J'ai un problème avec cette phrase :
"Élodie K., une jeune auteure de mangas de l’Hexagone est venue réaliser l’ouvrage pendant six mois."
Sachant que je refuse d'écrire "auteure" (ne débattons pas de ça), que donnerait la phrase en gardant auteur au masculin ?
"Élodie K., un jeune auteur de manga de l’Hexagone est venu réaliser l’ouvrage pendant six mois." ?
Merci d'avance de votre réponse.
Bonjour.
C'est ton droit de refuser "auteure"…
Mais supprime le "un" inutile, et encadre bien l'apposition par deux virgules : une avant, mais aussi une après.
Élodie K., jeune auteur de manga de l’Hexagone, est venue réaliser l’ouvrage pendant six mois.