Pour vingt(-)et(-)un tiers, on ne change pas la syntaxe et l’ordre des mots.
Le trait d’union et l’impératif
115 réponses · Page 6 / 6
Je suis d’accord, mais le trait d’union permet de raccrocher le 1 au 20, son absence le raccrochant au 3.
Tout comme les pronoms personnels sont censés le faire vis-à-vis d’un verbe ou de l’autre. Non ?
Je reconnais qu’on s’éloigne du sujet, et je remercie les deux modérateurs (Jehan et lamaneur) que j’ai quelque peu monopolisés sur ce sujet. Je regrette un peu que les grands ouvrages de référence ne citent pas explicitement ce cas. Tant pis !
> @""#p555776 En fait, il n'y a ici d'ambiguïté que dans l'absolu, dans une phrase privée de tout contexte.Le contexte et la mise en situation permettent en général de déterminer s'il s'agit d'une consigne à transmettre au livreur, ou si l'on évoque le destinataire.Grevisse (édition 2014) appelle bien à se méfier des pronoms qui peuvent aussi bien se révéler agent ou objet indirect de l’infinitif (903, R2).« On le lui a fait porter. »
Bonjour,
Comment explique-t-on "allez vous-en" ?
Et écrit-on "allez-vous-en" ou "allez vous-en" ?
On écrit allez-vous-en.
1/ car le sujet est un pronom personnel placé après le verbe.
2/ car c’est obligatoire après "en" ou "y".
Certainement auras-tu d’autres explications par nos spécialistes.
En fait, pas de pronom sujet exprimé à l’impératif, il est implicite.Les pronoms qui suivent éventuellement l’impératif sont des pronoms COD, COI, réfléchis, adverbiaux. Ils sont reliés par des traits d’union, les éventuels pronoms adverbiaux (en, y) se plaçant en dernier."Allez-vous-en" est le verbe pronominal s’en aller (comportant le pronom réfléchi s’ et le pronom adverbial en).D’où : Allez-vous-en.Petite remarque.On écrit "Il faut t’en aller", ce qui explique qu’au singulier le pronom avant en soit élidé, et non suivi d’un trait d’union : Va-t’en !
Merci à vous.
Bonsoir
Vous trouverez ci-dessous quelques phrases à l’impératif. Pourriez-vous vérifier qu’elles ne sont pas farfelues, que leur signification est bien celle indiquée et que les traits d’union y sont bien disposés ?
Merci d’avance et bien respectueusement.
Faites-l’en parler ou faites-lui en parler : faites qu’il parle de cette chose
Faites-lui-en parler : faites qu’on lui parle de cette chose
Faites-m’en parler (de cette affaire) : faites que j’en parle (et faites qu’on m’en parle) ;
Faites-le-moi penser : faites que je pense ceci
Faites-le-moi lire (cet ouvrage) : faites que je le lise (et faites qu’on me le lise) ;
Faites-m’en lire (des ouvrages) : faites que j’en lise (et faites qu’on m’en lise) ;
Faites-lui en lire (des ouvrages) : faites qu’il en lise (des ouvrages)
Faites-le lui en lire (des ouvrages) : faites que « le » lise à lui des ouvrages
faites-moi lui en lire (des ouvrages) : faites que je lise à lui des ouvrages
Faites-nous-en lire (des ouvrages): faites que nous en lisions (et faites qu’on nous en lise)
Faites-le-lui lire: faites que « lui » lise l’ouvrage « le » (et faites qu’on lise l’ouvrage « le » à « lui ») ;
Faites-lui en goûter ; faites qu’il en goûte
Faites-nous-en goûter : faites que nous en goûtions
Faites-le lui lire : faites que l’individu « le » lise à « lui » (lise à l’intention de « lui ») ;
Faites-le-moi lire (avec « moi » un datif éthique) : faites « le » (un personnage) lire, je le veux !
Faites-le-moi tuer (avec « moi » un datif éthique) : faites qu’on le tue, je le veux !
Faites-l’y porter : faites le porter là-bas
faites-l’y porter quelque chose ou faites-lui y porter quelque chose : faites qu’il porte quelque chose là-bas
Faites-m’y porter : faites qu’on me porte là-bas
faites-m’y porter quelque chose : faites qu’on me porte quelque chose là-bas (ou faites que je porte quelque chose là-bas)
Faites-les-y porter : faites qu’on les porte là-bas
Faites-lui y porter quelque chose : faites qu’il (ou elle) porte quelque chose là-bas
Faites-y-en porter : faites porter de cela là-bas
Faites-m’y penser : faites que j’y pense
faites-leur y penser : faites qu’ils pensent à cela
Faites-m’y penser : faites que je pense à cela
Faites-nous-y porter quelque chose : faites que nous portions quelque chose là-bas
Faites-nous-y porter quelque chose : Faites qu’on nous porte quelque chose là-bas :
Dans la citation suivante : « en » est complément de « usage », d’où, me semble-t-il, la séparation entre « lui » et « en ».
« En même temps, il faut chercher tous les moyens de rendre agréables à l’enfant les choses que vous exigez de lui. En avez-vous quelqu’une de fâcheuse à proposer, faites-lui entendre que la peine sera bientôt suivie du plaisir : montrez-lui toujours l’utilité des choses que vous lui enseignez ; faites-lui en voir l’usage par rapport au commerce du monde et aux devoirs des conditions » (Fénelon, De l’éducation des filles, chap. 5).
Bonsoir.Je propose ci-dessous de transformer en phrases à l’impératif quelques phrases à l’indicatif. La question se pose alors de la présence ou l’absence des traits d’union. Les mettriez-vous comme ci-dessous, et sinon pourquoi ? Merci d’avance pour votre réponse et bien respectueusement. « Il [M. de Chevreuse] en eut tant de regret [de n’avoir pu sauver le duc de Montmorency de la décapitation] que je l’en ai vu moi-même pleurer très-amèrement » (Pierre de La Porte, Mémoires) ;Voyez-l’en pleurer très amèrement« Je suis ici avec mon fils, qui est ravi de m’y voir manger une partie de ce qu’il me doit » (Mme de Sévigné, lettre à Mme de Grignan, du 15 novembre 1684) ;Voyez-m’y manger une partie de ce qu’il me doit« Il annonce Jésus-Christ dans des lieux où ce nom auguste et vénérable n’avait jamais été entendu, Non ubi nominatus est Christus [=Là où le Christ n’avait point été nommé ; Première épître eux Romains; XV, 20] ; il y voit naître des Églises nombreuses, ferventes, florissantes, qui remplissent toute la terre de l’admiration et de l’odeur de leur sainteté » (Bourdaloue, Sermon pour la fête de saint Paul, vol. 3) ; Voyez-les-y naître« On sait que le monde est plein de pièges et d’écueils ; on a l’exemple de mille autres qu’on y a vus et qu’on y voit sans cesse échouer malheureusement » (Bourdaloue, Oraison dominicale, vol. 4) ;Voyez-les y échouer« Seigneur, vous m’en voyez rougir à vos genoux; // J’ai honte de me voir si peu digne de vous » (Racine, Mithridate, III, 1) ;Voyez-m’en rougir « Elle y apporta plus de soins que je ne lui en avais jamais vu prendre » (L’abbé Prévost, Manon Lescaut) ; Voyez-lui en prendre« Je lui en ai vu répandre [des larmes] pour une cause bien singulière (Marmontel, Mémoires d’un père pour servir d’instruction à ses enfants, livre 6) ; Voyez-lui en répandre« Tout cela s’en allait aussi gaiement à Versailles, que s’il n’eût été question que d’y voir jouer les eaux » (Louis-Philippe, Mémoires, p. 97) ;Voyez-les-y jouer« Dans le fond des marais, habile à te cacher, // Il me fallut moi-même [Antoine] aller t’en arracher, // On ne t’en vit sortir qu’au bruit de ma victoire, // Et tu vins [Octave], tout tremblant, chercher ta part de gloire » (Alexandre Soumet, Cléopâtre, II, 2 ; 1824) .Voyez-l’en sortir« Au dessert, il s’est levé et il a quitté la table, de son propre mouvement. Son regard disait : “Je n’en mangerai pas, c’est entendu. Mais vous n’exigerez pas que je vous en regarde manger, de ces choses…” Il s’est sauvé dans la pièce voisine et s’est mis à jouer » (G. Duhamel, Les Plaisirs et les Jeux, IV, 3).Regardons-le en manger
Bonjour Michel.
En gras, vos erreurs.
Voyez-l’en pleurer
Indicatif : Vous le voyez en pleurer. Le "en" est complément de "pleurer" et non de "voir". Donc :
Voyez-le en pleurer.
Voyez-m’y manger
Indicatif : Vous me voyez y manger. Le "y" est complément de "manger" et non de "voir". Donc :
Voyez-moi y manger.
Voyez-les-y naître
Indicatif : Vous les voyez y naître. Le "y" est complément de "naître" et non de "voir". Donc :
Voyez-les y naître.
Voyez-m’en rougir
Indicatif : Vous me voyez en rougir. Le "en" est complément de "rougir" et non de "voir". Donc :
Voyez-moi en rougir.
Voyez-lui en prendre
Indicatif : Vous la voyez en prendre. Donc :
Voyez-la en prendre.
Voyez-lui en répandre
Indicatif : Vous le voyez en répandre. Donc :
Voyez-le en répandre
Voyez-les-y jouer
Indicatif : Vous les voyez y jouer. Le "y" est complément de "jouer" et non de "voir". Donc :
Voyez-les y jouer.
Voyez-l’en sortir
Indicatif : Vous le voyez en sortir. Le "en" est complément de "sortir" et non de "voir". Donc :
Voyez-le en sortir.
Cher JehanJe prends aujourd’hui connaissance de votre message, dont je vous remercie.Sur le site du projet Voltaire, https://www.question-orthographe.fr/question/laissez-le-y-laissez-ly/vous trouverez quelques considérations qui ne sont peut-être pas sans intérêt.L’auteur y explique qu’il faut (selon lui) distinguer deux situations , et il donne les exemples suivants :1) « Regardez-le dans le jardin. Que fait-il ? Il joue » donne « Regardez-l’y jouer » ; « Regardez-le jouer. Où ? Dans le jardin » donne « Regardez-le y jouer ».2) « Regardez-le. Que fait-il ? Il joue au foot » donne « Regardez-le y jouer » (et non « Regardez-l’y jouer »).De fait, la formulation « Regardez-la, dans le jardin, jouer » n’est pas choquante, tandis que « Regardez-la, au foot, jouer » paraîtrait étrange. Très respectueusement.
. Quand il y a deux verbes (un verbe de perception et un infinitif), que le verbe de perception a un pronom COD qui est agent de l’infinitif (vous le regardez jouer), et que l’autre pronom est un complément essentiel (aller à Paris, y aller, ou jouer au foot, y jouer), on n’a pas le choix, car le deuxième pronom se rapporte exclusivement à l’infinitif et les éléments : regardez-le ; il joue au foot ; il y joue… ne se combinent jamais en : regardez-l’y) :
-> Regardez-le. Que fait-il ? Il joue au foot. Regardez-le y jouer.
Cher JehanJe n’ai pas compris pourquoi vous tronquez la citation. Il est écritQuand il y a deux verbes (un verbe de perception et un infinitif), que le verbe de perception a un pronom COD qui est agent de l’infinitif (vous le regardez jouer), et que l’autre pronom est un complément circonstanciel (regarder dans le jardin, ou jouer dans le jardin), ON A LE CHOIX de combiner ces éléments avec des nuances: il est dans le jardin, il joue; il y joue; regardez-le; regardez-l’y.Regardez-le dans le jardin. Que fait-il? Il joue. Regardez-l’y jouer.OURegardez-le jouer. Où? Dans le jardin. Regardez-le y joueretc. Vous aurez aussi remarqué les positions de "y" et "en" dans les phrases à la forme non impérative que j’ai rapportées, et qui ne me semblent pas aberrantes même à l’heure actuelle.Très respectueusement.
Bonsoir Michel.
Au temps pour moi, ce paragraphe m’avait échappé. Donc, effectivement :
Voyez-m’y manger ou Voyez-moi y manger
Voyez-les-y naître ou Voyez-les y naître
Voyez-les-y jouer ou Voyez-les y jouer
Voyez-les-y échouer ou Voyez-les y échouer
Mais dans Voyez-le en sortir , le enest complément essentiel de "sortir" et non complément circonstanciel. Le en est aussi complément essentiel dans Voyez-le en pleurer. Voyez-le en rougir.
Cher JehanEn complément de notre discussion, je me demande si l’on ne pourrait pas écrireVoyez-l’en répandre ou Voyez-le en répandreVoyez-l’en prendre ou Voyez-la en prendre Voyez-l’en pleurer ou Voyez-le en pleurer Voyez-l’en rougir ou Voyez-le en rougirPar contre, j’écrirais bien « Voyez-le en sortir ».Voici quelques citations que je soumets à votre réflexion. Plusieurs se trouvaient déjà dans mes messages antérieurs.« Il [M. de Chevreuse] en eut tant de regret [de n’avoir pu sauver le duc de Montmorency de la décapitation] que je l’en ai vu moi-même pleurer très-amèrement » (Pierre de La Porte, Mémoires) ; « Hé bien (dit-il aussitôt) où demeurent ces gens-là [les sorciers] ? Envoyez-m’en quérir un par mes sergents » (Antoine Furetière, Le Roman bourgeois) ;« Seigneur, vous m’en voyez rougir à vos genoux; // J’ai honte de me voir si peu digne de vous » (Racine, Mithridate, III, 1) ; « Elle y apporta plus de soins que je ne lui en avais jamais vu prendre » (Prévost, Manon Lescaut) ; « Je lui en ai vu répandre [des larmes] pour une cause bien singulière (Marmontel, Mémoires d’un père pour servir d’instruction à ses enfants, livre 6) ; « Étonné de voir tant de charmes, ému, troublé jusqu’à l’ivresse, d’un seul regard qu’elle lui avait lancé [Cora, une prêtresse indienne], il [Alonzo, un Espagnol] la suivit des yeux au fond du temple ; et il fut jaloux du Dieu même, en le lui voyant adorer » (Marmontel, Les Incas, chap. 27) ;« Nul objet nouveau n’excite sa curiosité ; et sous quelque forme qu’on lui présente les hommes qu’elle est forcée de recevoir, elle ne voit en eux que des importuns, qui troublent sa douce mélancolie ; elle craint de leur manquer, et plus encore de leur plaire. Son état la gêne ; mais, à lui en voir remplir les devoirs, on la croirait à sa place » (Bibliothèque universelle des romans, 1782, Portait de Zirphé) ;« Dans le fond des marais, habile à te cacher, // Il me fallut moi-même [Antoine] aller t’en arracher, // On ne t’en vit sortir qu’au bruit de ma victoire, // Et tu vins [Octave], tout tremblant, chercher ta part de gloire » (Alexandre Soumet, Cléopâtre, II, 2 ; 1824) .« Ce nom, devenu pour moi presque mythologique, de Swann, quand je causais avec mes parents, je languissais du besoin de le leur entendre dire » (Proust, Du côté de chez Swann) « Au dessert, il s’est levé et il a quitté la table, de son propre mouvement. Son regard disait : “Je n’en mangerai pas, c’est entendu. Mais vous n’exigerez pas que je vous en regarde manger, de ces choses…” Il s’est sauvé dans la pièce voisine et s’est mis à jouer » (G. Duhamel, Les Plaisirs et les Jeux, IV, 3).Très respectueusement