Bonjour à tous !
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Dans un pays indéterminé, menacé par la ruine, un roi à l’agonie s’accroche à ses possessions délabrées. Ses deux reines l’entourent : Marie, aimante et douce, et Marguerite, implacable.J'ai trouvé la problématique, et j'ai décidé d'étudier ce qui fait l'étrangeté de la pièce. Je voudrais faire une sous-partie qui traite de l'insignifiance de l'existence humaine. J'aimerais donc savoir si un thème comme celui-ci pouvait s'intégrer à mon commentaire, et, si oui, ce que je pourrais dire dedans ?
MARGUERITE, à Marie. – Tu peux parler, maintenant. Nous te le permettons.
MARIE, au Roi. — Dis-moi de faire quelque chose, je le ferai. Donne-moi un ordre. Ordonne, Sire, ordonne. Je t'obéis.
MARGUERITE, au Médecin. — Elle pense que ce qu'elle appelle l'amour peut réussir l'imossible. Superstition sentimentale. Les choses ont changé. Il n'en est plus question. Nous sommes déjà au-delà de cela. Déjà au-delà.
MARIE, qui s'est dirigée à reculons vers le droite et se trouve maintenant près de la fenêtre. — Ordonne, mon Roi. Ordonne mon amour. Regarde comme je suis belle. Je sens bon. Ordonnez que je vienne vers vous, que je vous embrasse.
LE ROI, à Marie. — Viens vers moi, embrasse-moi. (Marie reste immobile). Entends- tu ?
MARIE. — Mais oui, je vous entends. Je le ferai.
LE ROI. — Viens vers moi,
MARIE. — Je voudrais bien. Je vais le faire. Je vais le faire. Mes bras retombent.
LE ROI. — Alors, danse. (Marie ne bouge pas.) Danse. Alors, au moins, tourne-toi, va vers la fenêtre, ouvre-la et referme
MARIE. — Je ne peux pas.
LE ROI. — Tu as sans doute un torticolis, tu as certainement un torticolis. Avance vers moi.
MARIE. — Oui, Sire.
LE ROI. — Avance vers moi en souriant.
MARIE. — Oui, Sire.
LE ROI. — Fais-le donc !
MARIE. — Je ne sais plus comment faire pour marcher. J'ai oublié subitement.
MARGUERITE, à Marie. — Fais quelques pas vers lui.
Marie avance un peu en direction du Roi.
LE ROI. — Vous voyez, elle avance.
MARGUERITE. — C'est moi qu'elle a écoutée. (A Marie.) Arrête. Arrête-toi.
MARIE. — Pardonne-moi, Majesté, ce n'est pas ma faute.
MARGUERITE, au Roi. — Te faut-il d'autres preuves ?
LE ROI. — J'ordonne que les arbres poussent du plancher. (Pause.) J'ordonne que le toit disparaisse. (Pause.) Quoi ? Rien ? J'ordonne qu'il y ait la pluie. (Pause, toujours rien ne se passe.) J'ordonne qu'il y ait la foudre et que je la tienne dans ma main. (Pause.) J'ordonne que les feuilles repoussent (ll va à la fenêtre.) Quoi ! Rien ! J'ordonne que Juliette entre par la grande porte. (Juliette entre par la petite porte au fond à droite.) Pas par celle-là, par celle-ci. Sors par cette porte. (Il montre la grande porte. Elle sort par la petite porte, à droite, en face. A Juliette.) J'ordonne que tu restes. (Juliette sort.) J'ordonne qu'on entende les clairons. J'ordonne que les cloches sonnent. J'ordonne que cent vingt et uns coups de canon se fassent entendre en mon honneur. (Il prête l'oreille.) Rien ! … Ah si ! J'entends quelque chose.
LE MÉDECIN. — Ce n'est que le bourdonnement de vos oreilles, Majesté.
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