Corpus - L’aveu amoureux au théâtre

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous et à toutes.
Je mets en place ce nouveau topic afin de vous demander votre aide pour un corpus qui m'a été donné à faire pour lundi. Je l'ai bien évidement commencé, et j'ai terminé la première question.
Avant d'aller plus loin, je vais vous montrer comment se présente ce corpus :

Racine, Phèdre, acte II, scène 5
Marivaux, Le Jeu de l'amour et du hasard, acte II, scène 3
Beaumarchais, Le mariage de Figaro, acte V, scène 8
Musset, Les Caprices de Marianne, acte II, scène 6

Questions transversales :

1) Analysez l'identité des personnages qui déclarent leur amour dans ces extraits. (J'y ai déjà répondu)

2) Quels sont les enjeux de ces différents déclarations ?
Je précise tout de suite que mon professeur avait oublié de préciser à la fin de la question 2 que c'était par rapport à leur intrigue.
C'est donc pour cette question ci que je viens vous demander de l'aide.
Elle demande bien les enjeux et non les buts, j'ai donc trouvé ceci :

- Phèdre veut se libérer de sa passion pour Hippolyte
- Arlequin veut coucher avec Lisette
- Figaro veut regagner la confiance de Suzanne (je ne suis pas sûre de ma réponse pour celui ci)
- Marianne veut connaître les véritables pensées d'Octave. (Idem pour celui là)

Et c'est là que je bloque complètement, car il faut évidement rapprocher les textes, et analysez en profondeur afin de mettre en évidence le fait que la façon d'arriver à leurs enjeux ont des ressemblances. Je ne vois pas du tout où les enjeux en eux même se ressemblent, je me suis donc concentrée sur la façon dont les personnages parvenait à y arriver… mais je ne trouve pas. De plus (et c'est ici méthodologique), je ne sais pas comment présenter la réponse.


Je vous publie les textes que j'ai pû trouver sur internet afin de vous éviter de les chercher :
Le Jeu de l'amour et du hasard

SCÈNE 3 - LISETTE, ARLEQUIN

ARLEQUIN

Madame, il dit que je ne m'impatiente pas ; il en parle bien à son aise le bonhomme.

LISETTE

J'ai de la peine à croire qu'il vous en coûte tant d'attendre, Monsieur, c'est par galanterie

que vous faites l'impatient, à peine êtes-vous arrivé ! Votre amour ne saurait être bien

fort, ce n'est tout au plus qu'un amour naissant.

ARLEQUIN

Vous vous trompez, prodige de nos jours, un amour de votre façon ne reste pas

longtemps au berceau ; votre premier coup d' il a fait naître le mien, le second lui a

donné des forces, et le troisième l'a rendu grand garçon ; tâchons de l'établir au plus

vite, ayez soin de lui puisque vous êtes sa mère.

LISETTE

Trouvez-vous qu'on le maltraite, est-il si abandonné ?

ARLEQUIN

En attendant qu'il soit pourvu, donnez-lui seulement votre belle main blanche pour

l'amuser un peu.

LISETTE

Tenez donc petit importun, puisqu'on ne saurait avoir la paix qu'en vous amusant.

ARLEQUIN, lui baisant la main.

Cher joujou de mon âme ! Cela me réjouit comme du vin délicieux, quel dommage, de

n'en avoir que roquille !

LISETTE

Allons, arrêtez-vous, vous êtes trop avide.

ARLEQUIN

Je ne demande qu'à me soutenir en attendant que je vive.

LISETTE

Ne faut-il pas avoir de la raison ?

ARLEQUIN

De la raison ! Hélas je l'ai perdue, vos beaux yeux sont les filous qui me l'ont volée.

LISETTE

Mais est-il possible, que vous m'aimiez tant ? Je ne saurais me le persuader.

ARLEQUIN

Je ne me soucie pas de ce qui est possible, moi ; mais je vous aime comme un perdu, et

vous verrez bien dans votre miroir que cela est juste.

LISETTE

Mon miroir ne servirait qu'à me rendre plus incrédule.

ARLEQUIN

Ah ! Mignonne, adorable, votre humilité ne serait donc qu'une hypocrite !

LISETTE

Quelqu'un vient à nous ; c'est votre valet.
Le mariage de Figaro

Scène 8

Figaro, Suzanne, dans l’obscurité.

Figaro cherche à voir où vont le Comte et la Comtesse, qu’il prend pour Suzanne.

Je n’entends plus rien ; ils sont entrés ; m’y voila. (D’un ton altéré.) Vous autres, époux maladroits, qui tenez des espions à gages et tournez des mois entiers autour d’un soupçon, sans l’asseoir, que ne m’imitez-vous ? Dès le premier jour, je suis ma femme et je l’écoute ; en un tour de main, on est au fait : c’est charmant, plus de doutes ; on sait à quoi s’en tenir. (Marchant vivement.) Heureusement que je ne m’en soucie guère, et que sa trahison ne me fait plus rien du tout. Je les tiens donc enfin !

Suzanne, qui s’est avancée doucement dans l’obscurité. (À part.)

Tu vas payer tes beaux soupçons. (Du ton de voix de la Comtesse.) Qui va là ?

Figaro, extravagant.

Qui va là ? Celui qui voudrait de bon cœur que la peste eût étouffé en naissant…

Suzanne, du ton de la Comtesse.

Eh ! mais, c’est Figaro !

Figaro regarde et dit vivement.

Madame la Comtesse !

Suzanne

Parlez bas.

Figaro, vite

Ah ! madame, que le ciel vous amène à propos ! Où croyez-vous qu’est Monseigneur ?

Suzanne

Que m’importe un ingrat ? Dis-moi…

Figaro, plus vite

Et Suzanne, mon épousée, où croyez-vous qu’elle soit ?

Suzanne

Mais parlez bas !

Figaro, très vite

Cette Suzon qu’on croyait si vertueuse, qui faisait de la réservée ! Ils sont enfermés là-dedans. Je vais appeler.

Suzanne, lui fermant la bouche avec sa main, oublie de déguiser sa voix.

N’appelez pas !

Figaro, à part .

Et c’est Suzon ! God-dam !

Suzanne, du ton de la Comtesse.

Vous paraissez inquiet.

Figaro, à part .

Traîtresse ! qui veut me surprendre !

Suzanne

Il faut nous venger, Figaro.

Figaro

En sentez-vous le vif désir ?

Suzanne

Je ne serais donc pas de mon sexe ! Mais les hommes en ont cent moyens.

Figaro, confidemment.

Madame, il n’y a personne ici de trop. Celui des femmes… les vaut tous.

Suzanne, à part .

Comme je le souffletterais !

Figaro, à part .

Il serait bien gai qu’avant la noce…

Suzanne

Mais qu’est-ce qu’une telle vengeance, qu’un peu d’amour n’assaisonne pas ?

Figaro

Partout où vous n’en voyez point, croyez que le respect dissimule.

Suzanne, piquée.

Je ne sais si vous le pensez de bonne foi, mais vous ne le dites pas de bonne grâce.

Figaro, avec une chaleur comique, à genoux.

Ah ! madame, je vous adore. Examinez le temps, le lieu, les circonstances, et que le dépit supplée en vous aux grâces qui manquent à ma prière.

Suzanne, à part .

La main me brûle !

Figaro, à part .

Le cœur me bat.

Suzanne

Mais, monsieur, avez-vous songé ? …

Figaro

Oui, madame ; oui, j’ai songé.

Suzanne

… Que pour la colère et l’amour…

Figaro

… Tout ce qui se diffère est perdu. Votre main, madame ?

Suzanne, de sa voix naturelle et lui donnant un soufflet.

La voilà.

Figaro

Ah ! demonio ! quel soufflet !

Suzanne lui en donne un second.

Quel soufflet ! Et celui-ci ?

Figaro

Et ques-à-quo ? de par le diable ! est-ce ici la journée des tapes ?

Suzanne le bat à chaque phrase.

Ah ! ques-à-quo ? Suzanne ; et voilà pour tes soupçons, voilà pour tes vengeances et pour tes trahisons, tes expédients, tes injures et tes projets. C’est-il ça de l’amour ? dis donc comme ce matin ?

Figaro rit en se relevant.

Santa Barbara ! oui, c’est de l’amour. Ô bonheur ! ô délices ! ô cent fois heureux Figaro ! Frappe, ma bien-aimée, sans te lasser. Mais quand tu m’auras diapré tout le corps de meurtrissures, regarde avec bonté, Suzon, l’homme le plus fortuné qui fut jamais battu par une femme.

Suzanne

Le plus fortuné ! Bon fripon, vous n’en séduisiez pas moins la Comtesse, avec un si trompeur babil, que m’oubliant moi-même, en vérité, c’était pour elle que je cédais.

Figaro

Ai-je pu me méprendre au son de ta jolie voix ?

Suzanne, en riant .

Tu m’as reconnue ? Ah ! comme je m’en vengerai !

Figaro

Bien rosser et garder rancune est aussi par trop féminin ! Mais dis-moi donc par quel bonheur je te vois là, quand je te croyais avec lui ; et comment cet habit, qui m’abusait, te montre enfin innocente…

Suzanne

Eh ! c’est toi qui es un innocent, de venir te prendre au piège apprêté pour un autre ! Est-ce notre faute, à nous, si voulant museler un renard, nous en attrapons deux ?

Figaro

Qui donc prend l’autre ?

Suzanne

Sa femme.

Figaro

Sa femme ?

Suzanne

Sa femme.

Figaro, follement.

Ah ! Figaro ! pends-toi ! tu n’as pas deviné celui-là, – Sa femme ? Oh ! douze ou quinze mille fois spirituelles femelles ! – Ainsi les baisers de cette salle ? …

Suzanne

Ont été donnés à madame.

Figaro

Et celui du page ?

Suzanne, riant .

À monsieur.

Figaro

Et tantôt, derrière le fauteuil ?

Suzanne

À personne.

Figaro

En êtes-vous sûre ?

Suzanne, riant .

Il pleut des soufflets, Figaro.

Figaro lui baise la main.

Ce sont des bijoux que les tiens. Mais celui du Comte était de bonne guerre.

Suzanne

Allons, superbe, humilie-toi !

Figaro fait tout ce qu’il annonce.

Cela est juste : à genoux, bien courbé, prosterné, ventre à terre.

Suzanne, en riant .

Ah ! ce pauvre Comte ! quelle peine il s’est donnée…

Figaro, se relève sur ses genoux.

… Pour faire la conquête de sa femme !
Les Caprices de Marianne


Scène 6

Un cimetière.

OCTAVE et MARIANNE, auprès d’un tombeau.


OCTAVE

Moi seul au monde je l’ai connu. Cette urne d’albâtre, couverte de ce long voile de deuil, est sa parfaite image. C’est ainsi qu’une douce mélancolie voilait les perfections de cette âme tendre et délicate. Pour moi seul, cette vie silencieuse n’a point été un mystère. Les longues soirées que nous avons passées ensemble sont comme de fraîches oasis dans un désert aride ; elles ont versé sur mon cœur les seules gouttes de rosée qui n’y soient jamais tombées. Coelio était la bonne partie de moi-même ; elle est remontée au ciel avec lui. C’était un homme d’un autre temps ; il connaissait les plaisirs et leur préférait la solitude ; il savait combien les illusions sont trompeuses, et il préférait ses illusions à la réalité. Elle eût été heureuse la femme qui l’eût aimé.


MARIANNE

Ne serait-elle point heureuse, Octave, la femme qui t’aimerait ?


OCTAVE

Je ne sais point aimer, Coelio seul le savait. La cendre que renferme cette tombe est tout ce que j’ai aimé sur la terre, tout ce que j’aimerai. Lui seul savait verser dans une autre âme toutes les sources de bonheur qui reposaient dans la sienne. Lui seul était capable d’un dévouement sans bornes ; lui seul eût consacré sa vie entière à la femme qu’il aimait, aussi facilement qu’il aurait bravé la mort pour elle. Je ne suis qu’un débauché sans cœur ; je n’estime point les femmes : l’amour que j’inspire est comme celui que je ressens, l’ivresse passagère d’un songe. Je ne sais pas les secrets qu’il savait. Ma gaieté est comme le masque d’un histrion ; mon cœur est plus vieux qu’elle, mes sens blasés n’en veulent plus. Je ne suis qu’un lâche ; sa mort n’est point vengée.


MARIANNE

Comment aurait-elle pu l’être, à moins de risquer votre vie? Claudio est trop vieux pour accepter un duel, et trop puissant dans cette ville pour rien craindre de vous.


OCTAVE

Coelio m’aurait vengé Si j’étais mort pour lui comme il est mort pour moi. Ce tombeau m’appartient ; c’est moi qu’ils ont étendu sous cette froide pierre ; c’est pour moi qu’ils avaient aiguisé leurs épées ; c’est moi qu’ils ont tué. Adieu la gaieté de ma jeunesse, l’insouciante folie, la vie libre et joyeuse au pied du Vésuve! Adieu les bruyants repas, les causeries du soir, les sérénades sous les balcons dorés ! Adieu Naples et ses femmes, les mascarades à la lueur des torches, les longs soupers à l’ombre des forêts ! Adieu l’amour et l’amitié ! Ma place est vide sur la terre.


MARIANNE

Mais non pas dans mon cœur, Octave pourquoi dis-tu! Adieu l’amour ?


OCTAVE

Je ne vous aime pas, Marianne; c’était Coelio qui vous aimait !
En vous remerciant.
Bonjour Rufus Shinra,

Les enjeux dramatiques de ces différents extraits concernent deux domaines :
- savoir si les sentiments sont partagés, aller au-delà des apparences vers la vérité profonde du coeur, dépasser les aspects trompeurs du désir…
- déterminer les conséquences de cette quête et de ses résultats sur la conduite de l'action…
Merci beaucoup pour ces pistes, elles m'ont bien aidé.
Au plaisir.