La Fontaine, Le Paysan du Danube

Entraide scolaire

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,


je suis en deuxième année de lettres modernes et j'aimerai savoir votre avis à propos de mes idées pour un commentaire oral sur "LE PAYSAN DU DANUBE", fable VII du livre XI.

Le discours oratoire et l'éloquence:
le prestige et l'importance du discours à Rome: mise en scène de la souffrance d'un peuple par le registre pathétique du discours
l'éloquence du discours: le pouvoir du discours, ses répercussions et effets
le rapport entre la parole et le pouvoir : manière dont la vérité est dite

Thème historique de l'expension de l'empire romain, critique de l'impérialisme/colonialisme:
la colonisation comme acte de violence et d'avidité, description des causes et des effets de la colonisation
les germains opposés aux romains
la dénonciation virulente de l'impérialisme
les différences entre les apparences et l'essence même des choses/êtres humains

Mort et destin impitoyable, question de la fatalité:
punition divine
le thème de la fatalité
la mort, reçue avec résignation
Il serait bon de copier la Fable, pour qu'on puisse te répondre au mieux. Mais à ton travail semble de bon aloi
Voici la fable.
Désolé pour le temps mis à répondre.
Le Paysan du Danube

"Il ne faut point juger des gens sur l'apparence.
Le conseil en est bon; mais il n'est pas nouveau.
Jadis l'erreur du Souriceau
Me servit à prouver le discours que j'avance.
J'ai, pour le fonder à présent,
Le bon Socrate, Esope, et certain Paysan
Des rives du Danube, homme dont Marc-Aurèle
Nous fait un portrait fort fidèle.
On connaît les premiers: quant à l'autre, voici
10 Le personnage en raccourci.
Son menton nourrissait une barbe touffue,
Toute sa personne velue
Représentait un Ours, mais un Ours mal léché.
Sous un sourcil épais il avait l'oeil caché,
Le regard de travers, nez tortu, grosse lèvre,
Portait sayon de poil de chèvre,
Et ceinture de joncs marins.
Cet homme ainsi bâti fut député des Villes
Que lave le Danube: il n'était point d'asiles
20 Où l'avarice des Romains
Ne pénétrât alors, et ne portât les mains.
Le député vint donc, et fit cette harangue:
Romains, et vous, Sénat, assis pour m'écouter,
Je supplie avant tout les Dieux de m'assister:
Veuillent les Immortels, conducteurs de ma langue,
Que je ne dise rien qui doive être repris.
Sans leur aide, il ne peut entrer dans les esprits
Que tout mal et toute injustice:
Faute d'y recourir, on viole leurs lois.
30 Témoin nous, que punit la Romaine avarice:
Rome est par nos forfaits, plus que par ses exploits,
L'instrument de notre supplice.
Craignez, Romains, craignez que le Ciel quelque jour
Ne transporte chez vous les pleurs et la misère;
Et mettant en nos mains par un juste retour
Les armes dont se sert sa vengeance sévère,
Il ne vous fasse en sa colère
Nos esclaves à votre tour.
Et pourquoi sommes-nous les vôtres? Qu'on me die
40 En quoi vous valez mieux que cent peuples divers.
Quel droit vous a rendus maîtres de l'Univers?
Pourquoi venir troubler une innocente vie?
Nous cultivions en paix d'heureux champs, et nos mains
Etaient propres aux Arts ainsi qu'au labourage:
Qu'avez-vous appris aux Germains?
Ils ont l'adresse et le courage;
S'ils avaient eu l'avidité,
Comme vous, et la violence,
Peut-être en votre place ils auraient la puissance,
50 Et sauraient en user sans inhumanité.
Celle que vos Préteurs ont sur nous exercée
N'entre qu'à peine en la pensée.
La majesté de vos Autels
Elle-même en est offensée;
Car sachez que les immortels
Ont les regards sur nous. Grâces à vos exemples,
Ils n'ont devant les yeux que des objets d'horreur,
De mépris d'eux, et de leurs Temples,
D'avarice qui va jusques à la fureur.
60 Rien ne suffit aux gens qui nous viennent de Rome;
La terre, et le travail de l'homme
Font pour les assouvir des efforts superflus.
Retirez-les: on ne veut plus
Cultiver pour eux les campagnes;
Nous quittons les cités, nous fuyons aux montagnes;
Nous laissons nos chères compagnes;
Nous ne conversons plus qu'avec des Ours affreux,
Découragés de mettre au jour des malheureux,
Et de peupler pour Rome un pays qu'elle opprime.
70 Quant à nos enfants déjà nés,
Nous souhaitons de voir leurs jours bientôt bornés:
Vos préteurs au malheur nous font joindre le crime.
Retirez-les: ils ne nous apprendront
Que la mollesse et que le vice;
Les Germains comme eux deviendront
Gens de rapine et d'avarice.
C'est tout ce que j'ai vu dans Rome à mon abord:
N'a-t-on point de présent à faire?
Point de pourpre à donner? C'est en vain qu'on espère
80 Quelque refuge aux lois: encor leur ministère
A-t-il mille longueurs. Ce discours, un peu fort
Doit commencer à vous déplaire.
Je finis. Punissez de mort
Une plainte un peu trop sincère.
A ces mots, il se couche et chacun étonné
Admire le grand coeur, le bon sens, l'éloquence,
Du sauvage ainsi prosterné.
On le créa Patrice; et ce fut la vengeance
Qu'on crut qu'un tel discours méritait. On choisit
90 D'autres préteurs, et par écrit
Le Sénat demanda ce qu'avait dit cet homme,
Pour servir de modèle aux parleurs à venir.
On ne sut pas longtemps à Rome
Cette éloquence entretenir."
Je dois étudier les vers 39 à 50 de la fable le paysan du danube de Jean de La Fontaine….Ma question étant Comment est niée la supériorité des Romains? Je ne comprends pas trop la question quelqu'un pourait-il m'aider? Merci
Bonjour,
Je n'arrive pas à comprendre la phrase les deux vers suivants, essentiels pourtant : "Rome est, par nos forfaits, plus que par ses exploits/ L'instrument de notre supplice.".

C'est surtout là partie "par nos forfaits" que je n'arrive pas à saisir… 🙄

Merci
Le paysan veut tout simplement dire que les malheurs des colonisés (supplice) sont plus une sorte d'expiation des graves fautes qu'ils ont commises (nos forfaits) que la preuve de l'héroïsme de Rome (ses exploits).
Des graves fautes commises par les Romains ou les Germains? Pourquoi serait-ce la faute des Germains?