😉 bonsoir,
Voici le texte qu'on m'a soumis pour une discussion. On me dit que c'est l'oeuvre Julie ou la nouvelle Héloïse de rousseau.
J'ai un peu de mal à y croire
Je pense plutôt à Emile ou l'éducation
Pouvez vous me confirmer? =)
Voici le texte qu'on m'a soumis pour une discussion. On me dit que c'est l'oeuvre Julie ou la nouvelle Héloïse de rousseau.
J'ai un peu de mal à y croire
Je pense plutôt à Emile ou l'éducation
Pouvez vous me confirmer? =)
La nature veut que les enfants soient enfants avant que d'être des hommes. Si nous voulons pervertir cet ordre nous produirons des fruits précoces qui n'auront ni maturité ni saveur et ne tarderont pas à se corrompre; nous aurons de jeunes docteurs et de vieux enfants. L'enfance a des manières de voir, de penser, de sentir, qui lui sont propres. Rien n'est moins pensé que d'y vouloir substituer les nôtres et j'aimerais autant exiger qu'un enfant eut cinq pieds de haut que du jugement à dix ans.Merci 🙂
La raison ne commence à se former qu'au bout de plusieurs années, et quand le corps a pris une certaine consistance. L'intention de la nature est donc que le corps se fortifie avant que l'esprit s'exerce. Les enfants sont toujours en mouvement; le repos et la réflexion sont l'aversion de leur âge, une vie appliquée et sédentaire les empêche de croître et de profiter; leur esprit ni leur corps ne peuvent supporter la contrainte. Sans cesse enfermés dans une chambre avec des livres, ils perdent toute leur vigueur; ils deviennent délicats, faibles, malsains, plutôt hébétés que raisonnables; et l'âme se sent toute la vie du dépérissement du corps. Quand toutes ces instructions prématurées profiteraient à leur jugement autant qu'elles y nuisent, encore y aurait-il un très grand inconvénient à les leur donner indistinctement et sans égard à celles qui conviennent par préférence au génie de chaque enfant. Outre la constitution commune à l'espèce, chacun apporte en naissant un tempérament particulier qui détermine son génie et son caractère, et qu'il ne s'agit ni de changer ni de contraindre, mais de former et de perfectionner. Tous les caractères sont bons et sains en eux-mêmes…Il n'y a point d'erreurs dans la nature; tous les vices qu'on impute au naturel sont l"effet des mauvaises formes qu'il a reçues. Il n'y a point de scélérat dont les penchants mieux dirigés n'eussent produit de grandes vertus. Il n'y a point d'esprit faux dont on n'eut tiré des talents utiles en le prenant d'un certain biais , comme ces figures difformes et monstrueuses qu'on rend belles et bien proportionnées en les mettant à leur point de vue. Tout concourt au bien commun dans le système universel. Tout homme a sa place assignée dans le meilleur ordre des choses; il s'agit de trouver cette place et de ne pas pervertir cet ordre.Qu'arrive t il d'un éducation commencée dés le berceau et toujours sous une même formule, sans égard à la prodigieuse diversité des esprits? Qu'on donne à la plupart des instructions nuisibles ou déplacées, qu'on efface les grandes qualités indistinctement aux mêmes choses tant de talents divers, on efface les uns par les autres, on les confond tous; qu'après bien des soins perdus à gâter dans les enfants les vrais dons de la nature, on voit bientôt ternir cet éclat passager et frivole qu'on leur préfère, sans que le naturel étouffé revienne jamais; qu'on perd à la fois ce qu'on a détruit et ce qu'on a fait; qu'enfin, pour le prix de tant de peine indiscrètement prise, tous ce petits prodiges deviennent des esprits sans force et hommes sans mérite, uniquement remarquables par leur faiblesse et par leur inutilité.



