Je ne sais pas ce que je dis

Langue française

13 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour

on m’a toujours appris qu’une subordonnée complétive interrogative indirecte équivaut à une interrogation de discours directe.

Si c’est le cas, pourquoi dans la phrase « Je NE sais PAS CE QUE je dis. » ranger « CE QUE je dis » dans les complétives interrogatives indirectes ?

Car il me semble peu probable que la phrase équivale à :

Je NE sais PAS : « Qu’est-ce que je dis ? »
Quand on identifie une interrogation indirecte en la remplaçant par une interrogation directe, on ne reprend pas systématiquement le verbe de la principale.

Je me demande si elle viendra. => Viendra-t-elle ? (je me le demande)

Je ne sais pas ce que je dis. => Que dis-je ? (je ne le sais pas)
d'accord, Merci beaucoup Bonjour,

J’ai récemment lu dans ma grammaire latine (Magnard § 489) que

« je sais qui est venu » est une subordonnée complétive interrogative indirecte.

Pourtant , j’ai toujours appris que les subordonnées COD de verbes de connaissance, non soumis à négation, sont des complétives conjonctive pures.

Par exemple :

Je sais [ce que je dis] = complétive conjonctive pure

Je NE sais PAS [ce que je dis] = complétive interrogative indirecte.


Aussi, sauriez-vous pourquoi « qui est venu » est considéré comme une interrogative et non une complétive ?
Mais c'est bien une complétive. Cela ne l'empêche pas d'être une interrogative indirecte.
oui, mais il existe deux sortes de complétives, les complétives conjonctives pures et les complétives interrogatives indirectes.

et dans la phrase en question je voudrais savoir pourquoi ma grammaire en a fait une complétive interrogative indirecte et non pas une complétive conjonctive pure.
Une conjonctive pure, cela signifie que c'est introduit par une simple conjonction de subordination, que. Au contraire ici, la subordonnée est introduite par un pronom interrogatif.
Pourtant, dans "Je sais ce que je dis",que n'est pas une conjonction de subordination…
C'est un pronom relatif, non ?
Pourquoi alors l'appeler "conjonctive pure", s'il n'y a pas de conjonction ?
Bonsoir Térentia,
J’ai récemment lu dans ma grammaire latine (Magnard § 489) que

« je sais qui est venu » est une subordonnée complétive interrogative indirecte.

Pourtant , j’ai toujours appris que les subordonnées COD de verbes de connaissance, non soumis à négation, sont des complétives conjonctive pures.
]
Avec bien du mal, j'ai trouvé un document qui explique pourquoi vous avez raison.
3. Les propositions subordonnées interrogatives indirectes

Il faut distinguer :

les propositions subordonnées interrogatives indirectes totales, introduites par la conjonction " si ", donc classées comme complétives conjonctives
les propositions subordonnées interrogatives indirectes partielles, où le mot introducteur n’est pas une marque suffisante de subordination (puisqu’il sert aussi à signifier l’interrogation) ; ces propositions sont donc classées comme complétives non conjonctives


L’interrogation est subordonnée à un verbe qui exprime l’interrogation, ou qui l’implique lorsqu’il signifie un défaut d’information.
Source : https://cnarjoux.free.fr/
Vous proposez : Je sais [ce que je dis] = complétive conjonctive pure.
Le même document explique votre erreur :
3.2.5. différentiation relative/ interrogative
Quand la relative n’a pas d’antécédent ou quand l’antécédent est ce devant qui ou que , la ressemblance formelle est totale entre subordonnée relative et subordonnée interrogative indirecte.

Le seul critère de différentiation repose alors sur le verbe modal subordonnant, suivant qu’il exprime ou non, qu’il implique ou non, une interrogation :
(a)Donne-moi ce que tu veux > relative

(b)Dis-moi ce que tu veux > interrogative indirecte

De plus, seule l’interrogative indirecte peut commuter avec une interrogative indirecte totale

Dis-moi si tu veux une robe \ *donne-moi si tu veux une robe (où " si tu veux " prend un sens conditionnel )

Le problème le plus délicat se pose avec le verbe savoir (+ ce que / ce qui)
- lorsque savoir est affirmatif, la proposition subordonnée est relative
Un bibliographe, un homme appartenant à la science régulière savent juste ce qu'ils ont à demander. (FF)A

on peut considérer que c’est une interrogative indirecte
lorsque savoir est nié
: il ne sait pas ce que veut cette femme
Je ne sais pas ce que j'ai répondu. GM

- lorsque savoir est en climat dubitatif ou hypothétique : il sait peut-être/ sait-il ce que
Il m'emmena dans la chambre sans trop savoir ce qu'il faisait. GM

la distraction m'envahissait de plus en plus, et je savais à peine ce que je faisais. RF (MA)

- lorsque le fait de savoir est reporté dans l’avenir : Il finira par savoir ce que
- quand la connaissance est donnée comme le fait d’un seul et s’oppose à l’ignorance d’autrui : il sait – mais il ne le dira pas – ce qu’elle veut.
Source : https://cnarjoux.free.fr/
(Le copié/collé rend le document moins lisible.)

Muriel
super! Merci beaucoup
Jehan a écrit :Pourtant, dans "Je sais ce que je dis",que n'est pas une conjonction de subordination…
C'est un pronom relatif, non ?
Pourquoi alors l'appeler "conjonctive pure", s'il n'y a pas de conjonction ?
Aucune raison en effet, je ne considère pas cet exemple comme une conjonctive pure. J'ai une définition purement formelle de cette notion. Par ailleurs, je ne vois pas pourquoi les interrogatives indirectes seraient forcément introduites par des verbes non affirmatifs.
Qui est le meurtrier? Le détective le sait! = Le détective sait qui est le meurtrier.
Le fait que le détective ait la réponse n'est pas contradictoire avec le fait que ce soit bien une question. Même quand il y a une certitude exprimée, le "qui" employé seul ne peut pas être considéré comme pronom relatif: c'est un "qui" sans antécédent, et qui ne renvoie pas non plus à une généralité, comme dans "qui dort dine". Il renvoie bien à une identité précise, mais qui est laissée dans l'inconnu, donc c'est un pronom interrogatif. Il peut paraitre paradoxal que cet inconnu soit justement connu du détective. Mais si le détective le sait, tout le monde le sait-il forcément? Il y a une grande différence entre dire qu'on a la réponse, et donner la réponse.
Enfin "ce que" "ce qui" s'analysent historiquement comme un démonstratif suivi d'un relatif, mais leur usage actuel en fait une locution, qui équivaut à un pronom interrogatif, et qui est réservée au discours indirect. Dans certains cas censés particulièrement affirmatifs, on pourra peut être considérer qu'il s'agit bien d'une relative, mais je reste dubitatif, et je considère que cette distinction complique l'analyse sans grande raison.
Bonjour,

Pouvez-vous me dire si dans la phrase Je vois ce que vous n'avez pas compris dans mon raisonnement, "ce que" introduit une proposition subordonnée interrogative indirecte?
Et qu'en est-il de la phrase Je suis intéressé par ce que vous m'avez dit ? (je dirais que "ce que" introduit une relative, mais sans certitude)

Merci d'avance

FM
Les subordonnées interrogatives dépendent d'un verbe qui contient dans son sens une question (demander) ou une valeur négative (ignorer, ne pas savoir…).
Alors pourquoi "je vois" introduirait une interrogative indirecte ?

Dans les deux cas, je dirais que ce sont des relatives.
Bonjour à tous,

Toujours plongée dans la Grammaire méthodique, et, en particulier, dans le chapitre concernant les propositions interrogatives indirectes.

Si j'ai bien compris, le verbe de la principale n'est pas toujours un verbe exprimant une demande.

Je savais que tu viendrais = PS conjonctive COD
Je ne savais pas que tu viendrais = Est-ce une PS interrogative indirecte ?

Je trouve que le chapitre dans l'ouvrage n'est pas très clair.

Les verbes exprimant l'ignorance introduisent-ils une interrogative indirecte ?

Merci à vous de m'éclairer.

Feryel