Dans la traduction du Tiers livre on trouve « force est que je le confesse », cette construction est-elle un archaïsme ?
je suppose ceci car à chaque que fois que je trouve cette tournure (que ce soit dans ma grammaire ou sur votre site) elle commence par « force est DE ».
Oui ça me paraît bien archaïque.
Bonjour Térentia,
Je ne pense pas que « force est
que » soit plus archaïque que « force est
de ».
Je crois que c'est l'implication d'un sujet qui oblige à la modification.
Si je parle de la mort d'une personne chère, je peux dire :
-
Ma mère est morte, force est de m'y faire/m'y habituer/m'y résoudre.
J'ai la possibilité de signaler que je parle de moi car les verbes employés sont tous pronominaux (se faire à, s'habituer à, se résoudre à).
Si je veux dire qu'obligation m'est faite de l'oublier (verbe non pronominal), je ne peux plus employer « force est de », sauf si je dis : « force est de l'oublier » ; mais dans ce cas, je ne suis pas impliquée
seule, l'obligation est adressée à tout le monde.
Pour retrouver l'implication du sujet, il y a deux possibilités :
-
Ma mère est morte, forcem'est de l'oublier ;
- Ma mère est morte, force est queje l'oublie.
Un exemple ici dans le
Rondeau de la mort de Villon :
[…] Deux étions et n’avions qu’un coeur;
S’il est mort, force est queje dévie, […]
https://web.archive.org/web/*/https://lessard.iquebec.com/textelitteraire/vil_anth.htm
Muriel
Et pour votre exemple, le traducteur aurait pu, aussi, opter pour « force m'est de le confesser ».