Le romancier doit-il avoir le souci de la vérité ?

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

la dissertation "Le romancier doit-il avoir le souci de la vérité ? " me pose beaucoup de problème à l'élaboration de mon plan. J'ai beaucoup d'idées, de pistes, mais n'arrive pas à formuler mes trois parties.

Je vous faire part de mes idées, ainsi, vous pourrez peut-être me venir en aide.

- Le genre romanesque à été méprisé du XVIIème au XIXème siècle pour ne pas dire le vrai, mais est ce un devoir du romancier d'avoir le souci de la vérité ?

- Le souci est présent mais pas forcément respécté à cause du souci de l'art littéraire (enjolivement…)

-La vérité du moi . Souci de la vérité de l'auteur et non d'une vérité absolue. On remarque une vérité instinctive des personnages comme J.K dans Le Procès ( grande ressemblance avec Frantz Kafka), ou une vérité des évênement dans Max Gallo.
Rousseau dans ses Confessions revient sur l'événement du peigne brisé pour comprendre ce qui s'est passé sous un nouveau regard et chercher la vérité.
Perec dans W ou le souvenir d'enfance évoque son souci de sincérité par la précision de la description, l'absence totale d'enjolivement et la volonté d'analyse.
Montaigne dans ses Essais à un souci de nuance et de précisions (pas d'hyperboles, rectifie son portrait au fur et à mesure,il y a même eu plusieurs éditions, souci d'honneteté, de dire toujours plus le vrai) et on voit apparaitre un portrait en creux de l'homme qu'il aurait aimé être. C'est donc, la vérité de l'auteur qui apparait.

-Mais l'autobiographie peut sembler fausse à causes des défaillance de la mémoire causées par le temps, à cause de l'amour propre qui fait que l'auteur élimine ce qui est le moins glorieux et à tendance à s'embellir, ou à cause de la faiblesse de l'écriture qui peut être imparfaite et qui impose un cheminement logique et supprime tout hasard et toutes incohérences.

- Dans les romans autobiographiques et historiques, l'auteur noue un pacte de lecture avec son lecteur, ce dernier s'attendant à connaître la vérité. Dans Dickens, nous avons une description de Londres au XIX, dans l'Assomoir de Zola, une description de Paris au XIXème. On se demande comment s'est déroulé la speculation.

-Dans le roman fictif, l'auteur semble avoir plus le liberté et ne doit pas avoir à se soucier de la vérité. Cependant, dans chaque roman, l'auteur écrit dans un but précis, voulant démontrer ou dénoncer quelque chose, ce qui signifie qu'il y a toujours, même sans le savoir une once de vérité dans l'écriture du romancier.

- Un roman doit toucher le lecteur (être vrai sur le plan psychologique= vérité psychologique) , intéresser le lecteur (être vraissemblable =vérité des situations), passionner le lecteur (cohérence, intégrité, il faut qu'il soit véridique).
Mais il peut néanmoins prendre des libertés avec la réalité connue : ammener le lecteur vers d'autres univers (science-fiction), dans le futur ou des pays qui n'existe pas (immaginaire), ou modifier l'histoire selon son gré. Ce qu'il présente n'est donc pas vrai, ni probable, ni observable de nos jours, mais cela doit tout de même être vraissemblable.
Il peut aussi prendre des liberté avec la psychologie humaine : introduire des caractère dont le comportement n'est pas humain … mais toujours de manières visible pour que le lecteur puisse faire la distinction entre ce qui est humain et ce qui ne l'est pas.
Ou alors, le centre du roman sera de découvrir que ces personnages ayant ce caractère ne sont pas des hommes.
Le romancier prend alors des libertés avec la vérité plus ou moins fréquemment, mais toujours de manière consciente et calculée en vue d'un effet (le lecteur va croire ce qui lui est raconté). Etre cru, ce n'est peut-être pas dire la vérité, mais pour le romancier, c'est le but.

-Quelques citations sur le sujet :
" La littérature est plus vraie que la vie" PROUST,
" Libre est le romancier, il crée un monde à sa guise, mais il le fait sur le bord du monde qui existe. Sa liberté en est très réduite" LAURENT,
"On ne peux plus arriver à la vérité que dans un roman" VIZINCZEY,
"Dès qu'une vérité dépasse 5 lignes, c'est du roman" RENARD,
"L'historien et le romancier font entre eux un échange de vérités, de fictions et de couleurs, l'un pour vivifier ce qui n'est plus, l'autre pour faire croire ce qui n'est pas" RIVAROL,
"On croit dire le vrai de sa vie, mais dès que l'on y réfléchi, on s'aperçoit que tous récits, même le plus intime à une forme obligée de fiction" FOREST,
"Le romancier a beaucoup de droits, dont celui de mentir pour mieux dire la vérité " ROY,
" Un roman est l'histoire des jours où une vérité se fait jour" ROY.

Voilà, merci de m'avoir lu jusque là.
Auriez vous d'autres idées pour ce sujet, ou connaissez vous des auteurs, ou références littéraires qui me serait utilses ?
De plus, auriez vous une idée de plan car à part faire un plan analytique OUI / NON /BOF qui est vivement déconseillé, j'ai vraiment du mal.

Merci d'avance votre aide.
En effet tu ne manques pas de bonnes idées ; pour l'organisation as-tu regardé sur ce site les fiches de méthode, qui proposent divers types de plans ?
Et si tu partais sur le style ? la vérité ne suffit pas ; on peut inventer à condition d'être plausible ; mais de plus pour "accrocher" le lecteur il faut bien écrire
Enfin, c'est juste une idée, mais ça permet d'aborder le sujet sous l'angle "non, le romancier doit d'abord avoir le souci d'être lu"
Bonjour Eva,

Tes réflexions sont bienvenues.
Je crois que tu es bloquée sur ton plan parce que tu n'as pas formulé de problématique.
Essaie de revoir tes notes avec un couple comme vérité/vraisemblance.
Tu pourrais aussi essayer un plan thématique qui chercherait à répondre à la question : qu'est-ce que la vérité artistique ?
Tu devrais aussi chercher du côté du couple vérité/réalisme.
" mais de plus pour "accrocher" le lecteur il faut bien écrire"
? Que veux-tu dire par là Léah ?

Merci pour vos réponses et votre aide, je vais travailler sur ma dissertation aujourd'hui et je vous soumettrais ma problématique et mon plan ce soir, pour voir si je suis plutôt bien parti, et si je ne me dirige pas vers un HS !!!!
De plus, dans la littérature de l'absurde, il y a un rejet des conventions et une absence de vraissemblance. Donc dans ce genre là, l'auteur ne présente aucun souci, ni de vérité, ni même de vraissemblance ?
Je voulais dire que pour être lu, il faut d'abord écrire de façon agréable !
Bonjour Eva,

Dénierais-tu toute vérité aux récits mythiques ?
Tu viens de toucher un point important, c'est que la vérité artistique n'est pas la vérité tout court que nous confondons trop souvent avec la conformité au réel.
Ton sujet demande bien de définir ce qu'est la vérité du romancier…
Re bonjour, toutes vos réponses m'ont permis de m'orienter, je pense, dans le bon chemin pour ma dissertation.

J'ai trouvé qu'en grec, le contraire de « vérité » (aletheia) n'est pas comme on peut le croire « mensonge », mais « oubli » (lethe). La vérité, serait donc le non-oubli, et la mémoire, ici, ne serait pas obligatoirement à la recherche de la vérité, mais du non-oubli, de l'édification d'un passé idéal. Chacun, a reconstitué son histoire, s'est raconté des histoires, s'est forgé une identité et une vérité pour échapper à la nuit de l'oubli. L'auteur ne dit peut être donc pas la vérité par souci de mémoire.
Est-ce en accord avec mon sujet ?

Pour ce qui est de la vérité du romancier, toute la complexité est de savoir si c'est une vérité envers lui-même ou envers son lecteur.
C'est par là que la vérité du romancier (tout ce qui est la vraissemblance, le pacte de lecture …) peut être délaissé au profit de la vérité artistique (enjolivement, ellipses pour cacher des choses qui ne sont pas a l'avantage du narrateur…)

J'en arrive au raisonnement suivant :

Est-ce le but du romancier de dire le vrai ?
En littérature les auteurs inventent des histoires de toutes pièces, fantasment, et jouent avec les mots, le texte, les sonoriités , et l’écrivain n’est pas tenu comme le savant, le journaliste, l’historien ou le philosophe d’aller à la vérité. Le référent du récit est un univers imaginaire qui, même quand il emprunte à la réalité (tout ce qui est les lieux, les personnages …) des pans entiers de sa narration restent un univers fictif. C'est le même cas pour le roman réaliste et naturaliste qui peigne des scènes de la vie courante appuyant sur tous les aspect plus ou moins vulgaire ; l'expression artistique et du langage semble délaissé au profit de la psychologie des personnages de classe moyenne. Bien qu'il y a toujours une once de vérité dans la narration, c’est comme par hasard. On peut en trouver dans le récit de narration, mais ce n’est pas son objet principal de dire le vrai. Quand on dit la vérité, il faut obligatoirement donner des preuves attestant que le réel dont on parle est bien comme on dit qu’il est, comme la vérité scientifique.
S'il ne doit pas dire la vérité, le romancier doit tout de même avoir le souci de toucher, d'intéresser et de passionner son lecteur car tous les auteurs écrivent dans le but d'être lu et d'être cru. Il se doit donc de faire preuve de vraissemblance dans son récit (vérité psychologique, vérité des situations…). Tout ce qui est vraissemblable n'est pas pour autant vrai et vice versa. Boileau souligne même "Le vrai peut quelque fois n'être pas vraissemblable". La vraissemblance n'empêche pas l'intervention du surnaturel. Le romancier peut prendre des libertés avec la réalité connue, avec la vérité (science fiction, immaginaire, récits mythiques…) mais ce sera tout de même de manière visible pour que le lecteur puisse distinguer le vraissemblable du faux, et toujours de manière consciente et calculé de la part du narrateur.
Le vrai semble donc etre l'objet d'étude de l'historien, le vraissemblable semble plutôt être celui du romancier. Le romancier n'a donc pas a voir le souci de la vérité, puisque ça ne semble pas son but ultime. Il doit avant tout attirer le lecteur par sa manière d'écrire et de l'intriguer, un lecteur qui désire croire les propos de l'auteur en lui livrant sa confaince et en s'attendant non pas à de la vérité, mais de la vraissemblance.



Cela vous parait-il convenable? Je n'ai pas encore établi de plan, je souhaite d'abord que mes idées soient claires, précises, dans le sujet. Si ce n'est pas suffisant, auriez vous d'autres pistes à me soumettre, ainsi que des références littéraires ?

Faut-il que je parle du roman de l'absurde, où il y a une absence de vraissemblance et où l'auteur ne présente aucun souci de vérité ni de vraissemblance ?

Les règles bienséances et de vraissemblance de l'Académie Francaise ont-elles été crées pour redorer l'image du genre romanesque ?

Encore une fois merci de votre aide !
Bonsoir Eva,

Beaucoup de bonnes choses intelligentes.

Quelques remarques : la relation entre vérité et non-oubli à partir de l'étymologie grecque pour intéressante qu'elle soit t'éloigne quand même du sujet dans des acrobaties intellectuelles.

Les règles de bienséance ont servi au théâtre et non au roman qui à l'époque était plutôt un genre mineur.

Tu peux parler du roman de l'absurde mais à quelle oeuvre penses-tu car l'Etranger de Camus ou la Peste ont un souci de vérité.

Tout cela pour en arriver à la question centrale : qu'est-ce que la vérité artistique ? je ne crois pas que tu puisses la réduire à un enjolivement. Elle est au contraire choix signifiant en fonction d'un résultat à obtenir.

Pour que tu puisses appréhender cette notion difficile, je te convie à lire cette page :
ici surtout ce qui concerne le réalisme personnel
et ce corrigé de dissertation que je t'offre compte tenu de la qualité de ton travail :
Merci infiniment. J'ai lu les deux commentaires qui sont vraiment très riches et intéressants, surtout celui sur l'art.
Ce soir j'ai un DST à travailler (commentaire de textes en "Introduction à l'analyse de textes littéraires"). Je reprendrai le travail de ma dissertation demain après-midi.
J'ai pris compte de vos conseils concernant mes écarts au sujet, et je vais remanier et recentrer tout ça correctement.
Je tenterais ensuite de problématiser et de faire un plan, en espérant y arriver parce que ce n'est pas mon fort !
Faut-il que je m'attache plus, comme vous me le sous-entendez, à la vérité artistique pour problématiser mon sujet ?
Bonne soirée, à demain, et encore merci vivement pour toute votre aide.
Ta problématique pourrait être : de quelle vérité doit se soucier le romancier ? en imaginant sans doute de garder la vérité artistique en dépassement final.
Décidément, c'est plus fort que moi, je suis obligée de revenir !!!!
Cette dissertation est pour le cours "Stratégie du texte écrit" (je suis en 1ère année de Licence de Lettres Modernes).
Je suis d'accord, je pense également que ce serait une bonne problématique.
Il faut que je traite :
I - vérité / vraissemblance : en disant tout ce dont j'ai déjà parlé, et donc, qu'il est fondamental que les choses racontées soient au moins vraissemblables pour que le romancier soit crédibles, lu et cru.
II - Vérité et réalisme en parlant des romans du XIXème, de l'écriture impartiale, objective et sans enjolivement des auteurs. réalisme = vérité ?
III - Vérité artistique : par dessus tout le souci ultime du romancier …
Je viens de relire le texte sur l'art, mais je n'arrive pas à trouver un lien très cohérent avec le reste de mes idées ? Il m'est difficile d'en ressortir les points essentiels pour composer ma partie.

Je crois que je me perds et m'embrouille petit à petit … le plan serait-il tout de même corect et cohérent ?

Si je m'en tiens à ces parties, où devrais-je parler du souci du moi du romancier, et de la vérité de l'auteur qui apparait quelque fois, à son insu, comme je l'avais dit dans ma question initiale ?

[/b ](La vérité du moi . Souci de la vérité de l'auteur et non d'une vérité absolue. vérité des personnages : J.K dans Le Procès ou une vérité des évênement dans Max Gallo. Rousseau dans ses Confessions cherche la vérité de l'enfant qu'il était. Perec dans W ou le souvenir d'enfance évoque son souci de sincérité par la précision de la description, l'absence totale d'enjolivement et la volonté d'analyse. Montaigne dans ses Essais à un souci de nuance et de précisions et apparition de son véritable désir par le portrait en creux .)[/b]

A vrai dire, je crois que j'ai besoin de m'évader de ce sujet jusqu'à demain après-midi pour mieux y revenir !
La stratégie me paraît excellente 😉
La vérité artistique n'est pas une vérité référentielle (au réel, à la vraisemblance…) mais une vérité intrinsèque (intérieure au projet d'écriture), une fidélité à la finalité esthétique (dans toutes ses dimensions), à l'impulsion qui fait passer l'écrivain à l'acte d'écrire. Si bien qu'elle est souvent agissante de manière inconsciente et ne peut s'apprécier que l'oeuvre achevée.

Est-ce plus clair ?
Beaucoup plus clair ! Merci . Pour faire une paranthèse mon sujet de DST portait sur Flaubert et le réalisme ! Le texte lu hier m'a été bénéfique !
Mon plan vous parait-il donc cohérent ?
Problématique : Le romancier a-t-il à se soucier de la vérité, si oui, de laquelle ?
I - vérité et vraissemblance
II - Vérité et réalisme
III - Vérité artistique en montrant que de toute manière, cette vérité là se fait inconsciemment par le romancier qui ne peut l'apprécier qu'une fois l'ouevre achevée.
Attention la vérité artistique n'est pas toujours inconsciente. Flaubert savait où il voulait aller ! Certains choix sont conscients alors que d'autres sont posés à l'insu de l'auteur. Mais il est vrai que le résultat peut seulement être apprécié quand l'oeuvre est achevée, quand l'univers personnel est posé, au moment où le dernier mot est écrit. A ce moment-là, l'oeuvre appartient aux lecteurs et aux critiques.
D'accord.
Et la problématique et le plan vous semblent comment ?
Salut Eva, j'ai aussi pris la dissertation pour vendredi, je suis dans ta classe (c’est Jason).
J'allai partir sur la même voie que toi (c’est à dire parler du romancier et de la nécessité se faire comprendre, puis évoquer la réalité du récit), mais je sais pas si ce serait bien de faire exactement la même chose. Je te conseille néanmoins de commencer par ton II sur la vérité et le réalisme, et ensuite de faire ton I, car c'est un raisonnement un peu plus poussé et qu'il faut approfondir au fur et à mesure.
Ok, bah écoutes ça ne peux pas être exactement pareil. On peut avoir des axes qui se ressemblent sans pour autant avoir une argumentation semblable … à moins que tu ais pompé mes idées et mes phrases ! Je bosse sur cette dissert depuis samedi, donc …
J'ai effectuer quelques modifications à mon plan depuis mon dernier message.
Merci pour le conseil.