Bonsoir,
Connaissez-vous la valeur de « qu’en » dans la phrase :
« Qu’en sera-il pour moi, si les pierres de mon âge sont aussi gâtées ? » Sénèque
il me semble que c’est une locution adverbiale interrogative équivalente de « qu’est-ce qu’ » mais je n’en suis pas sûre
par ailleurs que peux représenter ici le pronom adverbial « en » ?
Bonsoir.
C'est le
qu' seul qui correspond à " qu'est-ce qu' "
Le verbe
être est utilisé en tournure impersonnelle.
Le
en renvoie à la situation évoquée dans le reste de la phrase.
Explication du TLF :
Être sert à affirmer une réalité à propos d'une situation référée par en.
Il en est (de). Qu'en sera-t-il ? Il n'en sera que ce que vous voudrez.
Qu'en sera-t-il pour moi ? =
En ce qui me concerne (= pour moi) qu'est ce qui sera, qu'est-ce qu'il y aura
à propos de ça, de cette situation ( = en) ?
Est-ce qu'on ne peut pas considérer "qu'en est-il" comme une locution interrogative
Qu'en sera-t-il pour moi = quid de moi = que deviendrai-je
Seul le futur introduit l'idée de "devenir", et c'est uniquement à cause du " qu' "
que l'expression est ici interrogative.
La locution de base, en elle-même, ne l'est pas :
Verbe "être" à la forme impersonnelle, précédé du pronom "en",
et suivi d'un complément introduit par "de" ou "pour".
"Il en est de moi comme de beaucoup ici, la grammaire me passionne."
Qu'est-ce qu… supporte la même analyse, et pourtant on la considère bien comme une locution interrogative…
Qu'est-ce que ne supporte pas la même analyse, il n'est que l'équivalent d'un que seul :
"Qu'est-ce que tu dis ?" = "Que dis-tu ?"
Et le verbe de "Qu'est-ce que" n'a pas la moindre autonomie, il est toujours au présent.
Pas de "Que sera-ce que" ou de "Qu'était-ce que"…
Tandis qu'ici :
"Qu'en était-il " "Qu'en serait-il " "Qu'en sera-t-il"
"Il en était" "Il en serait" "Il en sera"…
Ici, c'est bien un sens particulier du verbe "être", en emploi impersonnel et complémenté par en, et non une locution figée spécifiquement interrogative.