Prévost, Manon Lescaut - L’heure du souper étant venue…

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je suis entrain de faire un commentaire composé sur Manon Lescaut, le passage de la friponnerie du vieux GM.
l'extrait

L'heure du souper étant venue, M. de G… M… ne se fit pas attendre longtemps. Lescaut était avec sa sœur dans la salle. Le premier compliment du vieillard fut d'offrir à sa belle un collier des bracelets et des pendants de perles, qui valaient au moins mille écus. Il lui compta ensuite, en beaux louis d'or la somme de deux mille quatre cents livres, qui faisaient la moitié de la pension. Il assaisonna son présent de quantité de douceurs dans le goût de la vieille Cour Manon ne put lui refuser quelques baisers ; c'était autant de droits qu'elle acquérait sur l'argent qu'il lui mettait entre les mains. J'étais à la porte, où je prêtais l'oreille, en attendant que Lescaut m'avertît d'entrer. Il vint me prendre par la main, lorsque Manon eut serré l'argent et les bijoux, et me conduisant vers M. de G… M…, il m'ordonna de lui faire la révérence. J'en fis deux ou trois des plus profondes. Excusez, monsieur lui dit Lescaut, c'est un enfant fort neuf. Il est bien éloigné, comme vous voyez, d'avoir les airs de Paris; mais nous espérons qu'un peu d'usage le façonnera. Vous aurez l'honneur de voir ici souvent monsieur ajouta-t-il, en se tournant vers moi ; faites bien votre profit d'un si bon modèle. Le vieil amant parut prendre plaisir à me voir Il me donna deux ou trois petits coups sur la joue, en me disant que j'étais un joli garçon, mais qu'il fallait être sur mes gardes à Paris, où les jeunes gens se laissent aller facilement à la débauche. Lescaut l'assura que j'étais naturellement si sage, que je ne parlais que de me faire prêtre, et que tout mon plaisir était à faire de petites chapelles. Je lui trouve de l'air de Manon, reprit le vieillard en me haussant le menton avec la main. Je répondis d'un air niais : Monsieur, c'est que nos deux chairs se touchent de bien proche ; aussi, j'aime ma sœur Manon comme un autre moi-même. L'entendez-vous ? dit-il à Lescaut, il a de l'esprit. C'est dommage que cet enfant-là n'ait pas un peu plus de monde. Oh ! monsieur, repris-je, j'en ai vu beaucoup chez nous dans les églises, et je crois bien que j'en trouverai, à Paris, de plus sots que moi. Voyez, ajouta-t-il, cela est admirable pour un enfant de province. Toute notre conversation fut à peu près du même goût, pendant le souper Manon, qui était badine, fut sur le point, plusieurs fois, de gâter tout par ses éclats de rire. Je trouvai l'occasion, en soupant, de lui raconter sa propre histoire, et le mauvais sort lui le menaçait. Lescaut et Manon tremblaient pendant mon récit, surtout lorsque je faisais son portrait au naturel ; mais l'amour-propre l'empêcha de s'y reconnaître, et je l'achevai si adroitement, qu'il fut le premier à le trouver fort risible. Vous verrez que ce n'est pas sans raison que je me suis étendu sur cette ridicule scène.
Je dois relever les aspects comiques du texte. Alors en premier lieu j'ai parlé de :

- Comique de situation:

"l’auteur a recours à des procédés comiques dans le dialogue entre des Grieux, M. Lescaut et le vieux GM. Ce dernier n’est pas conscient d’être joué par les deux complices. Il fait mille compliments à des Grieux qui lui, est entrain de le duper."

- Comique de mots
Puis je voulais commenter "j'aime ma sœur Manon comme un autre moi-même." et "je crois bien que j'en trouverai, à Paris, de plus sots que moi.". Je pense que ces phrases ont un double sens. J'ai l'impression qu'ils ont un caractère provocateur, Il exprime son amour pour Manon sans embarras, puis lorsqu'il dit la deuxième phrase, je crois qu'il parle du vieux GM, en le traitant de "sots". (Je ne suis pas sur… de tout… )

- Comique de geste
"haussant le menton avec la main", "Il me donna deux ou trois petits coups sur la joue". Des gestes humiliantes pour des Grieux, qui doit les supporter pour réussir la friponnerie.

Et pour finir… "Manon, qui était badine, fut sur le point, plusieurs fois, de gâter tout par ses éclats de rire" met en évidence l'ambiance comique de la situation.



Voila à peu près ce que j'ai trouvé…
Pourriez vous me dire s'ils sont convenables… ou si j'ai oublié des éléments… Merci d'avance
Bonsoir Huck,

Il manque quelques éléments essentiels :
- La duperie qui est une des recettes comiques traditionnelles. Pense aux Fourberies de Scapin, à la Farce de Maître Pathelin…
- l'opposition entre le barbon et la jeunette,
- La scène galante ridicule,
- l'ironie omniprésente qui rappelle la double énonciation théâtrale…

Mais il y a aussi la critique du moraliste concernant
- l'hypocrisie,
- l'orgueil ou l'insouciance de la jeunesse
- l'imprudence et l'aveuglement du criminel,
- l'immoralisme de Manon.

Regarde aussi quelques expressions comiques en elles-mêmes comme "assaisonna", "douceurs"…