La phrase suivante est-elle correcte?
Il pense qu'en s'agitant, tout va être réglé
Je sais qu'on peut tourner autrement, mais je précise ma question: le gérondif peut il avoir pour agent le sujet du verbe principal, alors qu'il dépend du verbe de la subordonnée?
Si on tourne de la manière qui suit, je crains qu'on remplace un problème par un autre :
en s'agitant, il pense que tout va être réglé
Bonjour Lucretius,
Pour moi, dans les deux phrases proposées, l'ambiguïté du sens demeure.
On s'en rend encore mieux compte ici :
-
Il pense qu'en s'agitant, ils vont régler leurs problèmes ;
- En s'agitant, il pense qu'ils vont régler leurs problèmes.
Trois hypothèses de lecture :
-
s'agitant ne concerne que « ils » ;
-
s'agitant ne concerne que « il » ;
-
s'agitant concerne « ils » qui inclut « il ».
La seconde
en s'agitant, il pense que tout va être réglé
comme vous l'avez supposé, peut, en plus, être lue comme :
tout en s'agitant, il pense que…
Muriel
Bonjour à toutes et tous !
J'ai une question à vous poser concernant le sujet de gérondif.
À ma connaissance, qui est très modeste, le sujet (logique) d'un gérondif doit être toujours le même que celui du verbe conjugué.
Et, j'ai trouvé une phrase, qui m'est douteuse, dans le roman de Dumas 'Le Comte de Monte-Cristo' :
"Qui êtes-vous et comment vous nommez-vous, demanda Villefort en feuilletant ces notes que l’agent lui avait remises en entrant, et qui depuis une heure étaient déjà devenues volumineuses (…)"
Ma question :
De les deux, Villefort et l'agent, quel est le sujet de 'en entrant' ?
(Grammaticalement ce devrait être 'l'agent', mais, il me parait que, contextuellement, c'est 'Villefort'.)
Pour faciliter vos réponses, je vous donne le contexte :
(…)
Villefort traversa l’antichambre, jeta un regard oblique sur Dantès, et, après avoir pris une liasse que lui remit un agent, disparut en disant :
— Qu’on amène le prisonnier.
Si rapide qu’eût été ce regard, il avait suffit à Villefort pour se faire une idée de l’homme qu’il allait avoir à interroger : il avait reconnu l’intelligence dans ce front large et ouvert, le courage dans cet œil fixe et ce sourcil froncé, et la franchise dans ces lèvres épaisses et à demi ouvertes, qui laissaient voir une double rangée de dents blanches comme l’ivoire.
(…)
Un instant après lui, Dantès entra.
(…)
— Qui êtes-vous et comment vous nommez-vous, demanda Villefort en feuilletant ces notes que l’agent lui avait remises en entrant, et qui depuis une heure étaient déjà devenues volumineuses, tant la corruption des espionnages s’attache vite à ce corps malheureux qu’on nomme les prévenus.
(…)
Merci, d'avance.
Bonsoir,
Comme tu as bien reconnu, c'était après l'entrée de Villefort que l'agent lui avait donné les notes.
Parlant de cette règle, Grevisse a remarqué dans
Le bon usage :
On constate pourtant que, dans l'usage des meilleurs auteurs, cette règle est loin d'être toujours respectée, le participe et le gérondif se rapportant, soit à un autre terme que le sujet, soit à un nom … que l'on perçoit à travers un déterminant possessif, soit encore à un nom … qui n'est pas présent dans la phrase mais doit être cherché dans le contexte.
BillM a écrit :
Parlant de cette règle, Grevisse a remarqué dans Le bon usage :On constate pourtant que, dans l'usage des meilleurs auteurs, cette règle est loin d'être toujours respectée, … qui n'est pas présent dans la phrase mais doit être cherché dans le contexte.
Merci millefois BillM !
Mon petit grognement :
Je comprends maintenant pourquoi Dumas a écrit comme ça : selon la remarque de Grevisse, c'est parce qu'il était un des meilleurs auteurs.
Exception ou l'anacoluthe n'est permis qu'aux meilleurs auteurs.
Moi, je doit respecter les règles, puisque je ne suis pas des(=de les) meilleurs auteurs 😞 .
Je te souhaite un joyeux et heureux Noël, BillM 🙂 !