La Fontaine, Le pouvoir des fables

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour tout le monde, j'ai un commentaire à faire sur Le pouvoir des fables et j'aimerais avoir un petit peu d'aide de votre part, ce serait gentil. Je n'ai pas vraiment d'idées et j'aimerais avoir quelques petites pistes. Merci d'avance.
La qualité d’ambassadeur
Peut-elle s’abaisser à des contes vulgaires ?
Vous puis-je offrir mes vers et leurs grâces légères ?
S’ils osent quelquefois prendre un air de grandeur,
Seront-ils point traités par vous de téméraires ?
Vous avez bien d’autres affaires
À démêler que les débats
Du lapin et de la belette
Lisez-les, ne les lisez pas ;
Mais empêchez qu’on ne nous mette
Toute l’Europe sur les bras
Que de mille endroits de la terre
Il nous vienne des ennemis
J’y consens ; mais que l’Angleterre
Veuille que nos deux rois se lassent d’être amis,
J’ai peine à digérer la chose.
N’est-il point encore temps que Louis se repose ?
Quel autre Hercule enfin ne se trouveroit las
De combattre cette hydre ; et faut-il qu’elle oppose
Une nouvelle tête aux efforts de son bras ?
Si votre esprit plein de souplesse,
Par éloquence et par adresse,
Peut adoucir les cœurs et détourner ce coup,
Je vous sacrifierai cent moutons : c’est beaucoup
Pour un habitant du Parnasse.
Cependant faites-moi la grâce
De prendre en don ce peu d’encens :
Prenez en gré mes vœux ardents,
Et le récit en vers qu’ici je vous dédie.
Son sujet vous convient ; je n’en dirai pas plus :
Sur les éloges que l’envie
Doit avouer qui vous sont dus
Vous ne voulez pas qu’on appuie.

Dans l’Athène autrefois, peuple vain et léger,
Un orateur, voyant sa patrie en danger,
Courut à la tribune ; et, d’un air tyrannique,
Voulant forcer les cœurs dans une république,
Il parla fortement sur le commun salut.
On ne l’écoutoit pas. L’orateur recourut
À ces figures violentes
Qui savent exciter les âmes les plus lentes :
Il fit parler les morts, tonna, dit ce qu’il put ;
Le vent emporta tout, personne ne s’émut.
L’animal aux têtes frivoles,
Étant fait à ces traits, ne daignoit l’écouter;
Tous regardoient ailleurs : il en vit s’arrêter
À des combats d’enfants, et point à ses paroles.
Que fit le harangueur? Il prit un autre tour.
Cérès, commença-t-il, faisoit voyage un jour
Avec l’anguille et l’hirondelle :
Un fleuve les arrête; et l’anguille en nageant,
Comme l’hirondelle en volant,
Le traversa bientôt. L’assemblée à l’instant
Cria tout d’une voix : Et Cérès, que fit-elle ?
Ce qu’elle fit ? un prompt courroux
L’anima d’abord contre vous.
Quoi ! de contes d’enfants son peuple s’embarrasse :
Et du péril qui le menace
Lui seul entre les Grecs il néglige l’effet !
Que ne demandez-vous ce que Philippe fait ?
À ce reproche l’assemblée,
Par l’apologue réveillée
Se donne entière à l’orateur.
Un trait de fable en eut l’honneur.

Nous sommes tous d’Athènes en ce point ; et moi-même,
Au moment que je fais cette moralité,
Si Peau-d’Ane m’étoit conté,
J’y prendrois un plaisir extrême.
Le monde est vieux, dit-on : je le crois ; cependant
Il le faut amuser encor comme un enfant.
Bonjour,
J'ai une analyse linéaire à faire de la fables du livre VIII qui s'intitule "le pouvoir des fables" et j'ai une ou deux questions à poser. Etant donné que je ne suis pas chez moi je n'ai pas mes livres d'histoire littéraire et j'aimerais savoir dans quel contexte a été écrite cette fable. qui était Mr Barbillon.
Pour ma part je suis en train d'éssayer de faire l'analyse ligne par ligne mot à mot, donc je n'en suis qu'au début même si dois le rendre vendredi (et oui comme d'habitude je travaille dans l'urgence)
Merci d'avance!
salut.
j'ai étudié le "pouvoir des fables". c'est quoi exactement que tu dois faire ? une analyse complète ?
C'est une analyse linéaire, c'est comme un commentaire composé mais l'étude se fait non pas par axe mais en suivant le cour du texte.
La qualité d'ambassadeur
Peut-elle s'abaisser à des contes vulgaires?
Vous puis-je offrir mes vers et leurs grâces légères?
S'ils osent quelquefois prendre un air de grandeur,
Seront-ils point traités par vous de téméraires?
Vous avez bien d'autres affaires
A démêler que les débats
Du lapin et de la belette.
Lisez-les, ne les lisez pas;
Mais empêchez qu'on ne nous mette
Toute l'Europe sur les bras.
Que de mille endroits de le terre
Il nous vienne des ennemis,
J'y consens; mais que l'Angleterre
Veuille que nos deux rois se lassent d'être amis,
J'ai peine à digérer la chose.
N'est-il point encor temps que Louis se repose?
Quel autre Hercule enfin ne trouvait las
De combattre cette hydre ? Et faut-il qu'elle oppose
Une nouvelle tête aux efforts de son bras?
Si votre esprit plein de souplesse,
Par éloquence et par adresse,
Peut adoucir les coeurs et détourner ce coup,
Je vous sacrifierai cent moutons: c'est beaucoup
Pour un habitant du Parnasse.
Cependant faites moi la grâce
De prendre en don ce peu d'encens;
Prenez en gré mes voeux ardents,
Et le récit en vers qu'ici je vous dédie.
Son sujet vous convient, je n'en dirai pas plus:
Sur les éloges que l'envie
Doit avouer qui vous sont dus,
Vous ne voulez pas qu'on appuie.
Dans Athèneautrefois, peuple vain et léger,
Un orateur , voyant sa patrie en danger,
Courut à la tribune; et d'un art tyrannique,
Voulant forcer les coeurs dans une république,
Il parla fortement sur le commun salut.
On ne l'écoutait pas. L'orateur recourut
A ces figures violentes
Qui savent exciter les âmes les plus lentes:
Il fit parler les morts, tonna, dit ce qu'il put.
Le vent emporta tout, personne ne s'émut;
L'animal aux têtes frivoles,
Etant fait à ces traits, ne daignait l'écouter;
Tous regardaient ailleurs; il en vit s'arrêter
A des combats d'enfants et point à ses paroles.
Que fit le harangueur? Il prit un autre tour.
« Céres , commença-t-il, faisait voyage un jour
Avec l'anguille et l'hirondelle;
Un fleuve les arrête, et l'anguille en nageant,
Comme l'hirondelle en volant,
Le traversa bientôt.» L'assemblée à l'instant
Cria tout d'une voix: « Et Céres, que fit-elle?
- Ce qu'elle fit? Un prompt courroux
L'anima d'abord contre vous.
Quoi? de contes d'enfants son peuple s'embarrasse!
Et du péril qui la menace
Lui seul entre les Grecs il néglige l'effet!
Que ne demandez-vous ce que Philippe fait?»
A ce reproche l'assemblée,
Par l'apologue réveillée,
Se donne entière à l'orateur:
Un trait de fable en eut l'honneur.

Nous sommes tous d'Athènes en ce point, et moi-même,
Au moment que je fais cette moralité,
Si Peau d'Ane m'était conté,
J'y prendrais un plaisir extrême.
Le monde est vieux, dit-on: je le crois; cependant
Il le faut amuser encor comme un enfant
Juste pour replacer le contexte.
Je ne vois pas de Mr Barbillon dans cette Fable ?
Bonjour Méliepuce,

Je te joins quelques notes sur cette fable. J'espère qu'elles t'aideront.
Pouvoir des fables
La Fontaine

A M. De Barillon

La qualité d'Ambassadeur
Peut-elle s'abaisser à des contes vulgaires ?
Vous puis-je offrir mes vers et leurs grâces légères ?
S'ils osent quelquefois prendre un air de grandeur,
Seront-ils point traités par vous de téméraires ?
Vous avez bien d'autres affaires
A démêler que les débats
Du Lapin et de la Belette.
Lisez-les, ne les lisez pas ;
Mais empêchez qu'on ne nous mette
Toute l'Europe sur les bras.
Que de mille endroits de la terre
Il nous vienne des ennemis,
J'y consens ; mais que l'Angleterre
Veuille que nos deux Rois se lassent d'être amis,
J'ai peine à digérer la chose.
N'est-il point encor temps que Louis se repose ?
Quel autre Hercule enfin ne se trouverait las
De combattre cette Hydre ? et faut-il qu'elle oppose
Une nouvelle tête aux efforts de son bras ?
Si votre esprit plein de souplesse,
Par éloquence, et par adresse,
Peut adoucir les coeurs, et détourner ce coup,
Je vous sacrifierai cent moutons ; c'est beaucoup
Pour un habitant du Parnasse.
Cependant faites-moi la grâce
De prendre en don ce peu d'encens.
Prenez en gré mes voeux ardents,
Et le récit en vers qu'ici je vous dédie.
Son sujet vous convient ; je n'en dirai pas plus :
Sur les Eloges que l'Envie
Doit avouer qui vous sont dus,
Vous ne voulez pas qu'on appuie.

Dans Athène autrefois peuple vain et léger,
Un Orateur voyant sa patrie en danger,
Courut à la Tribune ; et d'un art tyrannique,
Voulant forcer les coeurs dans une république,
Il parla fortement sur le commun salut.
On ne l'écoutait pas : l'Orateur recourut
A ces figures violentes
Qui savent exciter les âmes les plus lentes.
Il fit parler les morts, tonna, dit ce qu'il put.
Le vent emporta tout ; personne ne s'émut.
L'animal aux têtes frivoles
Etant fait à ces traits, ne daignait l'écouter.
Tous regardaient ailleurs : il en vit s'arrêter
A des combats d'enfants, et point à ses paroles.
Que fit le harangueur ? Il prit un autre tour.
Cérès, commença-t-il, faisait voyage un jour
Avec l'Anguille et l'Hirondelle :
Un fleuve les arrête ; et l'Anguille en nageant,
Comme l'Hirondelle en volant,
Le traversa bientôt. L'assemblée à l'instant
Cria tout d'une voix : Et Cérès, que fit-elle ?
- Ce qu'elle fit ? un prompt courroux
L'anima d'abord contre vous.
Quoi, de contes d'enfants son peuple s'embarrasse !
Et du péril qui le menace
Lui seul entre les Grecs il néglige l'effet !
Que ne demandez-vous ce que Philippe fait ?
A ce reproche l'assemblée,
Par l'Apologue réveillée,
Se donne entière à l'Orateur :
Un trait de Fable en eut l'honneur.
Nous sommes tous d'Athène en ce point ; et moi-même,
Au moment que je fais cette moralité,
Si Peau d'âne m'était conté,
J'y prendrais un plaisir extrême,
Le monde est vieux, dit-on : je le crois, cependant
Il le faut amuser encor comme un enfant.
1) Dégagez la structure de la fable. Que remarquez vous?
La structure de la fable est sa composition (ici dans la 2e partie) : tu peux remarquer la structure d'un apologue, un récit suivi d'une morale ou d'une leçon, le récit étant lui-même subdivisé en deux épisodes contrastés.
2) Relevez et analysez les indices de la parole qualifiant l'orateur. Que pouvez-vous en dire? Question un peu alambiquée, cherche les qualificatifs qui décrivent le premier discours de l'orateur.
Comment est qualifiée la première manière de l'orateur ? sa façon de parler au peuple ?
Je t'ai encadré les termes :

Dans Athène autrefois peuple vain et léger,
Un Orateur voyant sa patrie en danger,
Courut à la Tribune ; et d'un (art tyrannique),
(Voulant forcer les coeurs dans une république),
(Il parla fortement) sur le commun salut.
On ne l'écoutait pas : l'Orateur (recourut
A ces figures violentes
Qui savent exciter les âmes les plus lentes).
(Il fit parler les morts, tonna), dit ce qu'il put.
Le vent emporta tout ; personne ne s'émut.
L'animal aux têtes frivoles
Etant fait à ces traits, ne daignait l'écouter.
Tous regardaient ailleurs : il en vit s'arrêter
A des combats d'enfants, et point à ses paroles.
Que fit le (harangueur) ? Il prit un autre tour.


Que noter ? La violence et la force des propos, l'excès des moyens, le tout résumé dans l'expression "art tyrannique", or La Fontaine fait remarquer qu'Athènes est une République, donc une démocratie dont les valeurs essentielles sont la liberté et le consentement du peuple. Tu comprends pourquoi l'orateur échoue : il brime ses auditeurs et ne sait pas les rejoindre dans leurs goûts simples. Bien qu'il ait raison, il ne se montre pas efficace par suite d'une erreur dans sa stratégie argumentative. Avant de convaincre les Athéniens, il faut connaître intimement les Athéniens. Cependant, ayant eu la perspicacité de remarquer que certains s'intéressaient "A des combats d'enfants…", l'orateur va montrer son habileté et pouvoir donner sa leçon finale en acceptant de leur parler comme à des enfants (du moins au début) en utilisant une histoire pour captiver leur attention.


4) Que pensez vous du changement de stratégie de l'Orateur? Expliquez

L'orateur sert de justification au projet de La Fontaine. La fable a toujours été considérée comme un genre mineur. Pour défendre une cause, la rhétorique classique choisit le genre noble de l’éloquence. Or La Fontaine prétend que la fable avec son art du récit peut être plus séduisante et efficace qu'une démonstration aride même parée des prestiges de l'éloquence. Suprême habileté, il le démontre par une fable sur les fables. Si tu as compris les intentions du poète, tu peux alors apprécier personnellement le changement de stratégie du Démade d'Esope (l'orateur). Dans ton objet d'étude "Argumenter, persuader, convaincre", tu peux examiner l'efficacité des procédés démonstratifs de la fable qui se sert des aspects concrets et de la magie d'une anecdote révélatrice pour préparer une leçon qui ne sera plus de ce fait théorique.



La fable a toujours été considérée comme un genre mineur. Dans le « Proemium », l’humaniste italien Abstémius opposait déjà l’éloquence, genre noble, à la fable. Il avait lui-même emprunté le récit à Esope (« L’Orateur Démade »).


M. de Barillon: Il s’agit de Barillon d’Amoncourt, ambassadeur de France en Angleterre. Il aura pour mission de rallier le souverain britannique à Louis XIV. Paul de Barillon fréquentait les salons parisiens et spécialement le très coté salon de Mme de la Sablière où La Fontaine l’a rencontré.

Du Lapin et de la Belette: Allusion à la fable VII, 16 : « Le Chat, la Belette et le petit Lapin ».

L’hydre de Lerne est un monstre antique qui a été vaincu par Hercule.

Le Parnasse: C’est sur cette montagne de Grèce que vivaient les Muses, inspiratrices des poètes.

Athène: Pas de « s » pour la liaison.

Un orateur: Il s’agit du Démade d’Ésope.

Cérès: La déesse des moissons. On célébrait ses mystères à Éleusis.

Peau d'Ane: La Fontaine parle du « Peau d’Ane » dont parle Louison dans " Le Malade imaginaire de Molière. L’œuvre de Perrault portant le même titre ne paraîtra qu’en 1694.
Merci beaucoup Jean-Luc,
Bon j'avais trouvé à peu près la moitié des idées mais c'est toujours aussi mal formulé quabd sa sort de ma tordue de tête. Je vais m'y mettre sérieusement. Quelqu'un connais un site où je peux trouver les textes d'Abstémius, il est ni sur gallica ni dans mon Lagarde et Michard?
Bonjour à tous,

je suis en 1re ES et j'ai un commentaire de la fable Le pouvoir des fables de La Fontaine à faire. Je parle de la mise en abyme de la fable racontée par l'orateur, mais je voudrais faire une référence à une autre fable si possible pour faire bonne impression (je ne suis pas forcément doué pour les commentaires…).

Donc connaissez-vous d'autres mises en abymes dans les fables, ou autrement dit des fables dans les fables ?

Merci beaucoup
A+
Merci à tous, j'avais moi aussi un travail à faire sur cette fable et vos indications m'ont bien aidées. Iil me reste cependant un point obscure : qui est Philipe dans :

Lui seul entre les Grecs il néglige l'effet !
Que ne demandez-vous ce que Philippe fait ?

La Fontaine doit surement faire référence à l'identité de l'orateur mais j'avoue que j'ai du mal à saisir à qui il veut nous faire penser. Avez vous une idée ?

Merci d'avance
Non ce n'est pas l'orateur, je pense qu'il s'agit d'un personnage historique. L'orateur veut attirer l'attention du peuple sur des sujets graves, il n'y parvient pas et dit la fable de Cérès. Puis il se met en colère pour recentrer l'attention du public sur les sujets graves
C'est bien possible mais je ne trouve aucun Philippe ayant vécu à cette époque…
Moi non plus ! une allusion à un personnage connu à l'époque de La Fontaine et que nous avons oublié
Ou alors, peut-être une appellation générique comme on dirait pour les empereurs romains "César"
Bonsoir Akhésa,

La Fontaine a repris la fable d'Esope.
L'orateur s'appelle donc Démade.
Regarde le texte ci-après :
[96] L'ORATEUR DÉMADE L'orateur Démade parlait un jour au peuple d'Athènes. Comme on ne prêtait pas beaucoup d'attention à son discours, il demanda qu'on lui permit de conter une fable d'Ésope. La demande accordée, il commença ainsi : «Déméter, l'hirondelle et l'anguille faisaient route ensemble ; elles arrivèrent au bord d'une rivière ; alors l'hirondelle s'éleva dans les airs, l'anguille plongea dans les eaux», et là-dessus il s'arrêta de parler. «Et Déméter, lui cria-t-on, que fit-elle ? — Elle se mit en colère contre vous, répondit-il, qui négligez les affaires de l'État, pour vous attacher à des fables d'Ésope. » Ainsi parmi les hommes ceux-là sont déraisonnables qui négligent les choses nécessaires et préfèrent celles qui leur font plaisir.
Quant à Philippe, il pourrait s'agir de Philippe II de Macédoine qui après avoir conquis toute la Grèce avait été mandaté par la ligue de Corinthe pour mener une campagne contre les Perses. C'est La Fontaine qui ajoute ce nom dans sa propre fable et il est malaisé de savoir à qui il fait allusion exactement.

S'il s'agit de Philippe II de Macédoine (comme c'est probable), La Fontaine superpose à l'orateur Démade, l'autre orateur célèbre du temps, à savoir Démosthène qui avait tenté, dans ses Philippiques, de secouer la torpeur de ses concitoyens à l'égard du danger représenté par le roi de Macédoine.
Slt j'ai un probleme avec ce texte: le pouvoir des fables, la fontaine

En fait en cours ,j'ai fais en I. Un discours politique en II. Un éloge de l'apologue

Et je ne sais pas quoi mettre dans ces parties, je ne comprends vraiment pas le texte

Pourrier vous m aider svp

je passe l'oral dans quelques jours

Le Pouvoir des Fables

A M. De Barillon

La qualité d'Ambassadeur
Peut-elle s'abaisser à des contes vulgaires ?
Vous puis-je offrir mes vers et leurs grâces légères ?
S'ils osent quelquefois prendre un air de grandeur,
Seront-ils point traités par vous de téméraires ?
Vous avez bien d'autres affaires
A démêler que les débats
Du Lapin et de la Belette.
Lisez-les, ne les lisez pas ;
Mais empêchez qu'on ne nous mette
Toute l'Europe sur les bras.
Que de mille endroits de la terre
Il nous vienne des ennemis,
J'y consens ; mais que l'Angleterre
Veuille que nos deux Rois se lassent d'être amis,
J'ai peine à digérer la chose.
N'est-il point encor temps que Louis se repose ?
Quel autre Hercule enfin ne se trouverait las
De combattre cette Hydre ? Et faut-il qu'elle oppose
Une nouvelle tête aux efforts de son bras ?
Si votre esprit plein de souplesse,
Par éloquence, et par adresse,
Peut adoucir les coeurs, et détourner ce coup,
Je vous sacrifierai cent moutons ; c'est beaucoup
Pour un habitant du Parnasse.
Cependant faites-moi la grâce
De prendre en don ce peu d'encens.
Prenez en gré mes voeux ardents,
Et le récit en vers qu'ici je vous dédie.
Son sujet vous convient ; je n'en dirai pas plus :
Sur les Eloges que l'Envie
Doit avouer qui vous sont dus,
Vous ne voulez pas qu'on appuie.

Dans Athènes autrefois peuple vain et léger,
Un Orateur voyant sa patrie en danger,
Courut à la Tribune ; et d'un art tyrannique,
Voulant forcer les coeurs dans une république,
Il parla fortement sur le commun salut.
On ne l'écoutait pas : l'Orateur recourut
A ces figures violentes
Qui savent exciter les âmes les plus lentes.
Il fit parler les morts, tonna, dit ce qu'il put.
Le vent emporta tout ; personne ne s'émut.
L'animal aux têtes frivoles
Etant fait à ces traits, ne daignait l'écouter.
Tous regardaient ailleurs : il en vit s'arrêter
A des combats d'enfants, et point à ses paroles.
Que fit le harangueur ? Il prit un autre tour.
Cérès, commença-t-il, faisait voyage un jour
Avec l'Anguille et l'Hirondelle :
Un fleuve les arrête ; et l'Anguille en nageant,
Comme l'Hirondelle en volant,
Le traversa bientôt. L'assemblée à l'instant
Cria tout d'une voix : Et Cérès, que fit-elle ?
- Ce qu'elle fit ? Un prompt courroux
L'anima d'abord contre vous.
Quoi, de contes d'enfants son peuple s'embarrasse !
Et du péril qui le menace
Lui seul entre les Grecs il néglige l'effet !
Que ne demandez-vous ce que Philippe fait ?
A ce reproche l'assemblée,
Par l'Apologue réveillée,
Se donne entière à l'Orateur :
Un trait de Fable en eut l'honneur.
Nous sommes tous d'Athènes en ce point ; et moi-même,
Au moment que je fais cette moralité,
Si Peau d'âne m'était conté,
J'y prendrais un plaisir extrême,
Le monde est vieux, dit-on : je le crois, cependant
Il le faut amuser encor comme un enfant
Bonjour,

Dans cette fable, la Fontaine montre l'utilité de l'apologue, art à la fois utile et futile.

L'apologue se rapproche dans ce texte du conte de fée (peau d'âne à la fin….), c'est à dire d'un récit plaisant, que l'on livre aux enfants. Le public a d'ailleurs une attitude infantile. La Fontaine met l'accent sur le plaisir que l'on a à écouter une fable, récit qui se rapproche du conte.

D'un autre côté, il s'agit pour La Fontaine de montrer que la fable est utile, qu'elle a un pouvoir. Elle devient l'adjuvant de l'éloquence politique, elle aide l'orateur à retenir l'attention de son public. Cependant, la fable de Cérès ne porte pas en elle-même de sens précis, elle est racontée uniquement dans le but d'attirer l'attention, le pouvoir de la fable semble donc n'être que passager, elle n'a pour rôle que de précéder des discours plus sérieux.

Dans cette fable, on a une structure d'emboîtement: le récit de Cérès est emboîté dans le discours de l'orateur athénien.

L'orateur essaie plusieurs "tactiques" pour capter l'attention de son auditoire, qui correspondent aux 3 ressorts de la rhétorique latine:
-docere latin= instruire, c'est ce qu'il fait dans un 1er temps, puis:
-movere= émouvoir, 2e temps, puis:
-delectare= faire plaisir: le moment de la fable de Cérès

Cette fable dans la fable fait plaisir puis vient le discours moral de l'orateur (Et Philippe…): l'apologue est en fait un détour plaisant qui conduit à la raison, à la moralité. "Le pouvoir des fables" montre que l'ambivalence de la fable, à la fois discours léger et empreint d'un enseignement.

La Fontaine dans la dédicace s'adresse à un homme politique qui a de grandes responsabilités et lui demande d'éviter la guerre. Il aimerait que son esprit par son éloquence adoucisse les coeurs, qu'il utilise les pouvoirs de la parole. C'est ce que fait l'orateur dans sa fable: grâce au récit de Cérès, à un récit similaire à ceux que l'on fait aux enfants, il parvient à se faire écouter. Cette fable traite du pouvoir de la parole, qu'elle soit politique, sérieuse, ou plus plaisante.

Les contes ne sont pas si vulgaires que cela, puiqu'ils ont une réelle utilité politique…

J'espère que ces remarques t'aideront, je me suis un peu inspirée d'un cours que j'ai eu sur cette fable. 🙂
Salut à tous,
voilà je ne suis pas très douée en français ! :/

Je suis en 1re S et j'ai un commentaire à faire pour mercredi mais je suis interne donc je dois le finir ce week end!

mon sujet et le suivant : vous ferez le commentaire de la deuxième partie de la fable de La Fontaine (v.34 à 70) partie en bleu

Le texte :
A M. De Barillon
La qualité d'Ambassadeur
Peut-elle s'abaisser à des contes vulgaires ?
Vous puis-je offrir mes vers et leurs grâces légères ?
S'ils osent quelquefois prendre un air de grandeur,
Seront-ils point traités par vous de téméraires ?
Vous avez bien d'autres affaires
A démêler que les débats
Du Lapin et de la Belette.
Lisez-les, ne les lisez pas ;
Mais empêchez qu'on ne nous mette
Toute l'Europe sur les bras.

Dans Athène autrefois peuple vain et léger,
Un Orateur voyant sa patrie en danger,
Courut à la Tribune ; et d'un art tyrannique,
Voulant forcer les coeurs dans une république,
Il parla fortement sur le commun salut.
On ne l'écoutait pas : l'Orateur recourut
A ces figures violentes
Qui savent exciter les âmes les plus lentes.
Il fit parler les morts, tonna, dit ce qu'il put.
Le vent emporta tout ; personne ne s'émut.
L'animal aux têtes frivoles
Etant fait à ces traits, ne daignait l'écouter.
Tous regardaient ailleurs : il en vit s'arrêter
A des combats d'enfants, et point à ses paroles.
Que fit le harangueur ? Il prit un autre tour.
Cérès, commença-t-il, faisait voyage un jour
Avec l'Anguille et l'Hirondelle :
Un fleuve les arrête ; et l'Anguille en nageant,
Comme l'Hirondelle en volant,
Le traversa bientôt. L'assemblée à l'instant
Cria tout d'une voix : Et Cérès, que fit-elle ?
- Ce qu'elle fit ? un prompt courroux
L'anima d'abord contre vous.
Quoi, de contes d'enfants son peuple s'embarrasse !
Et du péril qui le menace
Lui seul entre les Grecs il néglige l'effet !
Que ne demandez-vous ce que Philippe fait ?
A ce reproche l'assemblée,
Par l'Apologue réveillée,
Se donne entière à l'Orateur :
Un trait de Fable en eut l'honneur.
Nous sommes tous d'Athène en ce point ; et moi-même,
Au moment que je fais cette moralité,
Si Peau d'âne m'était conté,
J'y prendrais un plaisir extrême,
Le monde est vieux, dit-on : je le crois, cependant
Il le faut amuser encor comme un enfant.
Je ne veux pas qu'on me fasse le travail, je veux juste qu'on me dise ce que je dois mettre dans l'introduction.

J'avais déjà trouvé quelques sujet pour mes différentes parties:
1/ la structure du texte
2/ la première manière de l'orateur de s'adresser au peuple
3/ le changement de stratégie de l'orateur
4/ la morale

pouvez vous me dire si je suis sur la bonne voix? 🙂
merci d'avance pour vos conseils 🙂

bizouxxx
j ai pas lus le texte je suis mort!!!!!!
Mais pour l'intro je peu te conseillé vu qu'il s'agit de faire une intro du style

Le classicisme fut tres marqué par sa doctrine latine "Placere" "Docere" Plaire et instruire! Les fables de La fontaine, s'inscrivent totalement dans cette doctrine que La fontaine en temps que digne "Ancien " respectait scrupuleusement! En effet par définition une fable est un apologue c'est a dire un court récit imagé délivrant une morale!

(voila ca c'est pour l'accroche apres tu annonce presente le texte annonce la prob et le plan)

Parcontre un plan en quatres parties :mad: c'est deux ou trois normalement.
Bonjour,
Je suis aussi en train de travailler sur Le pouvoir des fables. Mais je ne sais pas si mon plan est bien. Mon professeur de l'an dernier nous a appri à rédiger des axes selon les differents registres que l'on pouvait y trouver.
1.Le registre argumentatif dans le récit.
2.L'évolution dramatique du récit.
3.Moralité.
Voila c'est pas très bien mais bon c'est la vie.
J'essaye de trouver autre chose…
En fait, mon plan est ainsi parce qu'en problèmatique j'aimerai étudier "en quoi cette fable a plus une destinée argumentative que divertissante" enfin une problèmatique de ce genre pour pouvoir montrer que la fable est destinée à M. de Barbillon, pourquoi elle a était choisie etc …