Pascal, Pensées, 139, VI ; Voltaire, Lettres philosophiques, XXV

Entraide scolaire

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour.
J'ai un commentaire comparé à réaliser, entre Pensées de Pascal ( https://www.etudes-litteraires.com/pascal/ ) et 25eme lettre de Voltaire :
(Pascal)En voyant l'aveuglement et la misère de l'homme, et ces contrariétés étonnantes qui se découvrent dans sa nature, et regardant tout l'univers muet, et l'homme sans lumière, abandonné à lui-même, et comme égaré dans ce recoin de l'univers, sans savoir qui l'y a mis, ce qu'il y est venu faire, ce qu'il y en mourant, j'entre en effroi comme un homme qu'on aurait emporté endormi dans une île déserte et effroyable, et qui s'éveillerait sans connaître où il est et sans avoir aucun moyen d'en sortir ; et sur cela j'admire comment on n'entre pas en désespoir d'un si misérable état.(/Pascal)

(Voltaire antithese)En lisant cette réflexion, je reçois une lettre d'un de mes amis, qui demeure dans un pays fort éloigné. Voici ses paroles :

« Je suis ici comme vous m'y avez laissé, ni plus gai, ni plus triste, ni plus riche, ni plus pauvre, jouissant d'une santé parfaite, ayant tout ce qui rend la vie agréable, sans amour, sans avarice, sans ambition et sans envie ; et tant que tout cela durera, je m'appellerai hardiment un homme très heureux.

Il y a beaucoup d'hommes aussi heureux que lui. Il en est des hommes comme des animaux ; tel chien couche et mange avec sa maîtresse ; tel autre tourne la broche et est tout aussi content ; tel autre devient enragé, et on le tue. Pour moi, quand je regarde Paris ou Londres, je ne vois aucune raison pour entrer ce désespoir dont parle M. Pascal ; je vois une ville qui ne ressemble en rien à une île déserte, mais peuplée, opulente, policée, et où les hommes sont heureux autant que la nature humaine le comporte. Quel est l'homme sage qui sera prêt à se pendre parce qu'il ne sait pas comme on voit Dieu face à face, que sa raison ne peut débrouiller le mystère de la Trinité ? Il faudrait autant se désespérer de n'avoir pas quatre pieds et deux ailes.

Pourquoi nous faire horreur de notre être ? Notre existence n'est point si malheureuse qu'on veut nous le faire accroire. Regarder l'univers comme un cachot, et tous les hommes comme des criminels qu'on va exécuter, est l'idée d'un fanatique. Croire que le monde est un lieu de délices où l'on ne doit avoir que du plaisir, c'est la rêverie d'un sybarite. Penser que la terre, les hommes et les animaux sont ce qu'ils doivent être dans l'ordre de la Providence, est, je crois, d'un homme sage.(/Voltaire antithese)
Je n'ai aucune idée d'un plan, apres avoir cherché 2 heures.
Je suis en 1ere, et je voudrais avoir un plan pour ce commentaire.
Ce que je pense, c'est qu'il faudrait comparer les 2 visions du bonheur ou bien.. je ne sais pas trop.
Bref, si vous avez une idée de plan, je vous en remercie.
Bonjour Luffi,

Quel est le texte de Pascal qui sert de référence ?
Seulement la citation de Voltaire ?

Pour la méthode, regarde cette fiche ici.
Le texte de Pascal est celui ci :
Divertissement.
Quand je m’y suis mis quelquefois, à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s’exposent, dans la cour, dans la guerre, d’où naissent tant de querelles, de passions, d’entreprises hardies et souvent mauvaises, etc., j’ai découvert que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. Un homme qui a assez de bien pour vivre, s’il savait demeurer chez soi avec plaisir, n’en sortirait pas pour aller sur la mer ou au siège d’une place. On n’achètera une charge à l’armée si cher, que parce qu’on trouverait insupportable de ne bouger de la ville ; et on ne recherche les conversations et les divertissements des jeux que parce qu’on ne peut demeurer chez soi avec plaisir.

Mais quand j’ai pensé de plus près, et qu’après avoir trouvé la cause de tous nos malheurs, j’ai voulu en découvrir la raison, j’ai trouvé qu’il y en a une bien effective, qui consiste dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable, que rien ne peut nous consoler, lorsque nous y pensons de près.

Quelque condition qu’on se figure, si l’on assemble tous les biens qui peuvent nous appartenir, la royauté est le plus beau poste du monde, et cependant qu’on s’en imagine, accompagné de toutes les satisfactions qui peuvent le toucher. S’il est sans divertissement, et qu’on le laisse considérer et faire réflexion sur ce qu’il est, cette félicité languissante ne le soutiendra point, il tombera par nécessité dans les vues qui le menacent, des révoltes qui peuvent arriver, et enfin de la mort et des maladies qui sont inévitables ; de sorte que, s’il est sans ce qu’on appelle divertissement, le voilà malheureux et plus malheureux que le moindre de ses sujets, qui joue et se divertit.
Pour ce qui est de la méthode, je l'avais déjà lue.

Ah, pour ce qui est du texte de référence de Pascal, c'est seulement la citation que fait Voltaire.
Bonjour Luffi,

Que dois-tu comparer en définitive ?
Les 2 textes..
Bonsoir Luffi,

Ce commentaire n'est pas facile parce que les deux textes ne se répondent pas exactement.
Voltaire reprend une affirmation de Pascal qui n'est pas l'extrait proposé dans la comparaison.

Si tu as lu la fiche de méthode, tu as pu déterminer que ces deux textes semblent aborder un thème commun : moins la conception du bonheur qu'une réflexion sur la condition humaine et la finalité de la vie. Chacun bien entendu expose une thèse différente.
Pascal est dans la novation, Voltaire la réfutation à partir de la conception pascalienne.
Voltaire est un mondain alors que Pascal se comporte en philosophe métaphysicien.
Voltaire se veut rationaliste, au plus déiste, alors que Pascal est un croyant chrétien, janséniste de surcroît.
Voltaire est relativement optimiste et satisfait, alors que Pascal est pessimiste et dans le désir.
Voltaire est un mondain, Pascal est un ermite.
A la médiocrité voltairienne s'oppose l'angoisse pascalienne.
A la tiédeur raisonnable voltairienne s'oppose le feu intérieur mystique pascalien.

Deux êtres qui s'affrontent à un siècle d'intervalle, mais Pascal ne peut plus répondre à son détracteur qui le méprise.
Que préfères-tu ? La position souriante et soumise du philosophe des Lumières ou cette invitation à contempler l'absolu chez le moraliste du XVIIe siècle ?
Je ne sais pas.
En tout cas, je n'ai pas de problématique, et par conséquent, pas de plan.