Lettres classiques, classes prépas et ENS Ulm

La filière littéraire

16 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous !
Etant actuellement en 1ère L dans un excellent lycée de Compiègne (toujours 1er ou 2ème de Picardie) j'envisage de faire une classe prépa puis d'aller faire l'ENS Ulm qui pourrait me mener jusqu'à l'agrégation - je souhaite devenir professeur de Lettres.
Première de ma classe ( trois points d'avance sur tout le monde), 16.8 de moyenne générale dont 17.6 en Français - je ne me vante pas mais autant être précise si je veux une réponse
Plusieurs questions se posent cependant à moi et j'aurais aimé être éclairée de vos lumières :

1) J'ai pratiquer le latin 3 ans au collège mais j'ai arrêté en Seconde (étant passé d'un collège "nul" à un lycée privé hyper-sélectif, l'écart de niveau n'était plus rattrapable). Sachant que le concours A/L, et les Lettres Classiques en général requièrent du latin et du grec ancien, serai-je pénalisée? Mes deux années de prépa - en admettant que je prenne du latin "grands débutants" - seront-elles suffisantes pour rattraper ce retard ?

2) Ma future classe prépa. Il y a tout près de mon lycée un autre lycée qui pourrait me permettre de faire ma première année de prépa, or, la seconde devrait se faire à Paris. Dois-je aller dans ce premier lycée, ou le niveau n'est pas génial à ce qu'on dit, ou aller faire après une Tale L directement mes 2 ans à Paris ? Il me faut des éclaircissement, car mes parents "rechignent" un peu à m'envoyer à Paris, faute de "connaissances sur le sujet".

3) Pensez-vous que faire mes deux ans de prépa à Paris avant d'intégrer ENS Ulm serait l'idéal ? Si oui, où faire ma prépa à Paris, quels lycées sembleraient le mieux répondre à mes critères?


Merci beaucoup de votre aide, -une très bonne année à tous, au passage 🙂

Eugénie.

PS : Suite aux "supplications" de ma prof de Français et de la directrice, je me présente au Concours Général de Français en Février. Une dissertation de 5 heures, à ce qu'on m'a dit… Si quelqu'un a des renseignements, des conseils, je suis preneuse
Bon. Autant te dire tout de suite qu' "aller faire l'ENS Ulm", ce n'est pas aussi facile que de le dire. Quand bien même on serait excellent, talentueux, doué etc. Donc…je ne peux que te conforter dans ton ambition, mais je me dois de modérer ton assurance…

Avec du travail, le niveau en latin est rattrapable. Mais assure tes deux langues vivantes en HK, parce qu'avec une seule langue ancienne, tu devras les garder toutes les deux.

A mon avis, il vaut mieux aller directement à Paris, dans une bonne ou très bonne prépa, pour être (presque) sûr d'y faire les deux (ou trois) ans. Si tu choisis de rester à Compiègne, il faudra vraiment que tu aies un excellent dossier en HK pour être acceptée dans une prépa qui pourra te mener à la réussite du concours.
Avec l'aperçu que tu donnes de ton dossier, tu peux tenter tout de suite les grandes prépas parisiennes.
Bonjour,

C'est bien d'avoir de l'ambition (d'autant que tu sembles avoir les capacités qui vont avec) et de penser assez tôt à ton orientation…
Poésie-Harmonie a écrit :1) J'ai pratiqué le latin 3 ans au collège mais j'ai arrêté en Seconde (étant passé d'un collège "nul" à un lycée privé hyper-sélectif, l'écart de niveau n'était plus rattrapable). Sachant que le concours A/L, et les Lettres Classiques en général requièrent du latin et du grec ancien, serai-je pénalisée? Mes deux années de prépa - en admettant que je prenne du latin "grands débutants" - seront-elles suffisantes pour rattraper ce retard ?
Si tu veux faire lettres classiques (je ne suis pas sûr que tu aies bien compris, sur ce point là : il n'est pas nécessaire d'étudier le latin ET le grec pour entrer à la rue d'Ulm, c'est seulement nécessaire si tu souhaites faire le cursus Lettres classiques, notamment pour te spécialiser dans les langues et littératures anciennes, ou simplement les enseigner), tu dois faire impérativement du latin et du grec. Il est possible de commencer les deux langues anciennes de front en hypokhâgne, mais c'est très difficile à mener toute l'année, et la plupart des élèves (déjà peu nombreux, en général, deux ou trois par classe peut-être) abandonnent une des deux langues en cours d'année.
Par contre, si tu choisis de prendre effectivement deux langues anciennes, tu seras dispensée de ta deuxième langue vivante. J'ajoute que le cursus "débutant" ne concerne que l'hypokhâgne, tu dois rattraper en un an le niveau des confirmés, débutants et confirmés sont réunis en khâgne.

Donc, ce que je te conseillerais, c'est soit d'envisager la filière lettres modernes (pour laquelle tu n'auras besoin que d'une langue ancienne, latin ou grec, au choix), soit de revoir tes bases de latin pendant cette année et pendant les vacances d'été qui viennent, et de t'inscrire en latin en terminale… ça n'est pas impossible (l'épreuve de latin à l'oral du baccalauréat est loin d'être insurmontable), je connais d'ailleurs quelqu'un qui l'a fait avec succès…
2) Ma future classe prépa. Il y a tout près de mon lycée un autre lycée qui pourrait me permettre de faire ma première année de prépa, or, la seconde devrait se faire à Paris. Dois-je aller dans ce premier lycée, ou le niveau n'est pas génial à ce qu'on dit, ou aller faire après une Tale L directement mes 2 ans à Paris ? Il me faut des éclaircissement, car mes parents "rechignent" un peu à m'envoyer à Paris, faute de "connaissances sur le sujet".
Honnêtement, si tu vises l'ENS, ça ne me paraît vraiment pas indiqué d'aller dans une petite prépa qui ne propose même pas de khâgne [la deuxième année], surtout si tu vises sérieusement le concours. Tu risques d'avoir un retard certain sur les autres élèves en arrivant en khâgne.
En étant à Paris tu pourras de plus bénéficier d'une atmosphère d'émulation entre élèves (dans la joie et la bonne humeur, au moins en première année), et d'un environnement académique (bibliothèques) et culturel (musées, théâtres, opéras…) de premier ordre.
3) Pensez-vous que faire mes deux ans de prépa à Paris avant d'intégrer ENS Ulm serait l'idéal ? Si oui, où faire ma prépa à Paris, quels lycées sembleraient le mieux répondre à mes critères?
Les lycées qui te conviendront le mieux sont ceux qui ont des résultats substantiels à l'ENS, à savoir le lycée Henri IV (une trentaine d'admis, sur 120 élèves en khâgne, en 2008), le lycée Louis-le-Grand (une vingtaine en 2008 sur un effectif équivalent ; ces deux lycées se "disputent" la première place en fonction des années, il n'y a pas de différence de niveau réelle), et le lycée Fénelon (une petite dizaine d'admis, je crois, à vérifier).

Le mieux est sans doute de se rendre aux journées portes ouvertes de ces lycées (au moins d'un) : le 24 janvier prochain pour HIV et LLG, le 2 février pour Fénelon. Tu pourras découvrir les locaux, rencontrer et discuter avec des hypokhâgneux, des khâgneux et des professeurs ; tu peux d'ailleurs venir avec tes bulletins si tu veux une appréciation un peu plus fine sur ton dossier.
PS : Suite aux "supplications" de ma prof de Français et de la directrice, je me présente au Concours Général de Français en Février. Une dissertation de 5 heures, à ce qu'on m'a dit… Si quelqu'un a des renseignements, des conseils, je suis preneuse
D'abord, la composition dure 6h et non 5h.
C'est un sujet de dissertation, généralement très large (sur un genre en général, ou sur "toute" la littérature - parfois un peu plus précis sur un mouvement littéraire, mais c'est rare). Il faut maîtriser la rhétorique propre à la dissertation, bien connaître son histoire littéraire, savoir mobiliser des exemples divers, et avoir une certaine originalité qui permette de se démarquer.
En français, il y a un petit millier de candidats, une dizaine sont récompensés.
Tu pourras trouver des exemples de sujets et quelques meilleures copies sur le site de l'association des lauréats : https://concoursgeneral.free.fr
Après, si tu veux, je pourrai te donner des conseils plus précis en privé (en tant qu'ancien candidat et lauréat) ; mais en lisant et examinant les copies des lauréats, en t'entraînant sur certains sujets, en feuilletant les anthologies et en lisant régulièrement des oeuvres, je crois que tu as déjà un bon programme devant toi 😉 Bonne chance !
Merci beaucoup Arthur pour ta réponse claire et rapide ! 😉

Pour le CG je sais que seuls les meilleurs des meilleurs sont récompensés, j'y vais avant tout pour voir à quoi ressemble un concours, mais bien sûr, tenter d'être récompensée est loin de me déplaire…

Je vise plutôt Lettres Classiques avec Latin/Grec… je vais donc essayer de m'organiser pour combler le retard en Latin et commencer le grec…
Le "hic" c'est que j'ai une très bonne moyenne en Espagnol LV2 donc j'hésite à en être dispensée plus tard… Peut-être que ne pas "s'embarasser" du grec pourrait être judicieux, mais dans ce cas adieu les LC - bonjour les LM

Je vais prendre rendez-vous dans un CIO sous peu pour d'éventuels détails; en tout cas un grand merci pour ton aide !
Si tu tiens à l'espagnol il est toujours possible de le prendre en LV1, beaucoup le font.

De toute façon tu seras obligée de garder provisoirement tes deux langues vivantes jusqu'au mois d'octobre. Tu pourras donc faire ton choix en conscience.
Quitte à (re)commencer le latin, je te conseillerais d'en faire par toi-même avec un livre pour grands débutants, plutôt que de reprendre au lycée dans un cours qui te fera plus ou moins (épreuve de bac oblige) apprendre des textes par cœur sans t'expliquer la grammaire en profondeur.
A noter que j'ai une LV3 : de l'italien (oh, une langue proche du latin, quel hasard…) donc, je pourrais toujours jongler avec ma LV1 (je suis pratiquement bilingue en Anglais, et c'est d'ailleurs ma Spé cette année).

Je me suis renseignée pour le Lycée Louis le Grand : alléchant, tout ça, ça fait briller les yeux.

Ma question, peut-être un peu étrange et déplacée est simplement : est-ce que "monsieur tout-le-monde" peut vraiment entrer dans cet univers d'élite et prestigieux ?

Je suis dans un lycée privé très réputé en Picardie, certes, je ne pensais pas y entrer un jour et finalement, ça a eu lieu…
Mais Louis le Grand, c'est encore une autre paire de manches.

Je ne vous cacherai pas que je n'ai aucune chance d'être boursière,mes deux parents travaillent (mère prof et père buraliste) et j'ai le "bonheur" d'être fille unique…
Le site LLG laisse entendre que "tous les milieux sociaux" sont représentés, mais je reste sceptique -à tort j'espère. Au risque de me faire lyncher je pose tout de même ma question ici :
Est-ce que SEULS les résultats sont réellement pris en compte pour y intégrer une classe prépa?
A tort en effet. Les classes d'Henri IV ou de Louis-le-Grand renferment nettement plus de boursiers que la moyenne nationale des classes préparatoires.
En revanche le milieu social d'origine, et la distance du domicile, sont pris en compte pour l'attribution de l'internat.
A noter que les cours d'italien et d'espagnol sont mutualisés entre les deux lycées (un seul professeur, une seule classe, les profs et les élèves se déplacent - à LLG pour l'espagnol et à HIV pour l'italien).
Juste une remarque rapide sur le tropisme parisien, à laquelle me poussent mes origines nantaises (j'ai intégré l'ex-ENS Fontenay après ma prépa au Lycée Gabriel Guist'hau, à Nantes).

Ce n'est pas parce que vous faites votre prépa à Louis-le-Grand ou Henri IV que vous avez objectivement plus de chances d'intégrer une ENS : Louis-le-Grand et Henri IV ont les meilleurs résultats parce que de bons élèves, qui raisonnent comme vous, viennent de leur plein gré s'y concentrer, tout simplement.

Ce n'est un secret pour personne : beaucoup d'élèves de Louis-le-Grand ou Henri IV auraient exactement les mêmes chances d'intégrer ailleurs. Mettez le public de ces deux établissements dans une bonne CPGE de province, et cette CPGE aura les meilleurs résultats de l'année, vous verrez. La sélection, c'est cela.

Il est regrettable, je trouve, que les lycéens raisonnent pour leur avenir comme le consommateur devant une grande marque qui joue de son nom. Il y a beaucoup de bonnes CPGE en France : il est plus logique de regarder d'abord celle qui est la plus proche de votre environnement familial et affectif (lequel est aussi une clé de la réussite au concours) avant de tourner vos regards vers les enseignes lumineuses de Paris.

Mais vous pouvez naturellement préférer être sélectionnée pour vos chances de réussite au concours de l'ENS par les CPGE parisiennes, quand elles font leur marché!

PS : Je rebondis sur votre message, Eugénie, mais ne m'adresse pas spécifiquement à vous : je respecte votre choix ; je voudrais simplement qu'on interprète correctement les bons résultats des prétendues "meilleures CPGE de France".
Sans compter qu'il faut rajouter à cela qu'ils attirent les meilleurs khûbes venus de toute la France…et les font intégrer, bénéficiant ainsi des résultats d'une préparation largement faite par d'autres professeurs dans de "petites prépas" comme vous dites.
Je rajouterais une chose pour les lycéens qui vont faire leur liste: renseignez-vous sur les effectifs de chaque classe dans les lycées qui vous intéressent…préférez-vous être à 30 avec un professeur qui vous connaît individuellement, ou à 60-70 dans une classe où vous pouvez vous fondre dans la masse? C'est une question essentielle, surtout lorsqu'on connaît les effectifs dans certains lycées parisiens.
Dans ma classe, nous sommes 40… LLG n'est donc pas concerné par les gros effectifs "stratégiques". Tout ce que vous dites se défend. Mais aller dans une grande prépa parisienne, c'est - vous l'avez dit - se retrouver avec les meilleurs élèves de toute la France ; or la réussite ne viendrait-elle pas de la qualité de l'émulation ?
Et puis, il faut voir les choses comme elles sont : une amie dans une petite prépa a fait en histoire à peu près le quart de ce que nous avons fait, les épreuves de concours blanc se font en trois ou quatre heures, les élèves font nettement moins de dissertations… (je ne dis pas que c'est pareil partout, mais je constate…)
Enfin, l'environnement culturel est bien plus riche à Paris qu'ailleurs (Arthur en a parlé, je crois).
Dans ma classe, nous sommes 40… LLG n'est donc pas concerné par les gros effectifs "stratégiques".
Les gros effectifs concernent surtout les classes de khâgne (à HIV il y a 40 élèves aussi en hypokhâgne… mais des classes de khâgne de 60 élèves ou presque, et même une classe de 68 en septembre dernier ; cela principalement à cause des carrés et khûbes venus d'autres lycées). Mais au fond ça ne me paraît pas très gênant, dans la mesure où les cours sont uniquement des cours magistraux (et que la classe est silencieuse, évidemment), et que les cours d'option, et de langues se font dans des effectifs nettement plus réduits (de 1 à 25 élèves en fonction des langues). Du reste certains professeurs font l'effort de faire passer eux-mêmes en colle leurs 60 élèves et nous connaissent donc réellement.

Sinon je suis d'accord sur le reste : la différence de recrutement induit assez logiquement une différence d'enseignement. De plus, il est tout de même permis de s'interroger sur la pertinence de l'existence de prépas dans des villes (je ne parle pas de Nantes, évidemment) qui ne disposent même pas d'une bibliothèque universitaire, d'une grande librairie digne de ce nom, de deux ou trois théâtres… Faire des études de lettres et de sciences humaines nécessite (ou appelle, du moins) un certain environnement qu'on ne peut trouver partout…
Je suis tout à fait d'accord que l'enseignement dans certaines prépas est moins dense que dans d'autres, je l'ai également remarqué. Cependant, il ne faut pas généraliser, et mettre en permanence Henri IV ou LLG sur un piédestal. Je suis moi-même à La Bruyère à Versailles, et ce lycée ne fait pas partie des 10 meilleurs lycées cette année. Cependant, une élève venant d'Henri IV nous assure que nous en faisons autant qu'à HIV, et que les profs y sont tout aussi exigeants. Bien sûr ce n'est que mon expérience, et je ne souhaite pas jeter la pierre aux "grandes prépas", qui ont des résultats incontestables. Tout cela au final pour dire qu'il ne faut pas vouloir à tout prix intégrer une grande prépa du quartier latin, il faut d'abord bien se demander si cela nous correspond, tout en sachant que l'on peut également réussir en allant dans des prépas moins côtées.
Pour ce qui est du concours général de français, je l'ai fait l'an dernier et j'en suis sortie … avec un bon mal de crâne! Sérieusement, il te faudra faire de gros efforts pour maintenir ta concentration pendant 6 heures. J'avais fait l'erreur de prendre quelque chose à manger, comme la plupart des candidats, et je te le déconseille: pour une épreuve aussi difficile, meiux vaut ne rien faire d'autre que travailler (après, cela dépend bien sûr de ta capacité à te concentrer et de ton objectif:simple expérience ou prix). Par ailleurs, 6h ne sont pas de trop pour traiter ce genre de sujet: n'hésite pas à prendre au moins deux heures pour l'analyser et élaborer un plan détaillé.
Je ne retrouve plus le sujet sur lequel je suis tombée, mais il s'agissait d'une citation d'un personnage de Milan Kundera sur le roman, disant qu'il tendait à se consumer lui-même jusqu'au dénouement.
Voilà, j'espère avoir éclairé (un peu) ta lanterne! En tout cas, bonne chance! Pour ma part, je m'attaque cette année à l'anglais…
Oui, je vois le sujet je crois… comme quoi l'action, le drama consummait le roman, tuait l'histoire en quelque sorte…
J'ai retrouvé le sujet exact sur le site du CG.
Je ne pense pas prendre quelque chose à manger - en plus, je dois bien avouer que je suis un vrai oiseau, aux trois quarts anémié, donc 6 heures, je tiendrai bien

Merci beaucoup pour tous ces renseignements en tout cas.
Il peut tout de même être salutaire d'emporter une ou deux barres de chocolat ou de céréales, un peu de pain, et une bouteille d'eau ; ça ne prend pas beaucoup de temps…
Quant à la durée de l'épreuve, c'est celle que tu auras à affronter en khâgne voire en hypokhâgne, et plusieurs jours de suite, autant t'y habituer tout de suite 😉