Bonjour,
Je ne comprends pas pourquoi mon professeur parle de rythme ternaire dans la phrase suivante:
« la meilleure part des meilleurs romans n’est rien qu’une auto-confession plus ou moins déguisée de l’auteur, le fruit de son expérience, la quintessence de son originalité »
car si les deux groupes entre virgules font 7 syllabes, "une auto-confession plus ou moins déguisée de l’auteur" fait 12 syllabes.
par la même occasion auriez vous une définition simple des rythmes binaire et ternaire ?
d'avance merci pour vos réponses. ☑️
Les rythmes dans la phraseBonjour Golfe,
« la meilleure part des meilleurs romans n’est rien qu’une auto-confession plus ou moins déguisée de l’auteur, le fruit de son expérience, la quintessence de son originalité »
Il ne faut pas compter les syllabes (comme en poésie) ici ; il faut déceler les éléments, tu en as trois (d'où le rythme ternaire) :
« La meilleure part des meilleurs romans n’est rien qu’une auto-confession plus ou moins déguisée de l’auteur, (que) le fruit de son expérience, (que) la quintessence de son originalité. »
Vois d'autres exemples dans cet extrait d'une étude de Jean-Luc :
https://www.etudes-litteraires.com/commentaire#4.
Muriel
d'accord, à présent je comprends.
mais je n'arrive pas à définir clairement et simplement le rythme ternaire.
car la définition que je déduis à partir de vos réponses ( "rythme qui comporte 3 éléments identiques syntaxiquement") ne me convainc qu'à moitié.
En auriez-vous une plus convaincante et plus exacte?
Il y a, en effet une distinction à faire entre le cas où les trois éléments sont permutables, comme dans le nœud borroméen, et le cas où il y a progression, le troisième terme indiquant un dépassement du conflit entre les deux premiers.
C'est le contexte qui indique dans quelle intention on évoque ce rythme.
Merci, j'ai, me semble-t-il, à présent bien compris ce qu'est un rythme ternaire et ses deux types.
mais existe-il également deux types de rythmes binaires?
un dont les éléments sont identiques syntaxiquement (ex: "Le foudre est mon canon, le destin mes soldats")
et
un autre dont les éléments ne sont pas identiques syntaxiquement (ex: Mes ennemis, je m'en charge!) ?
Comme pour toute question technique, il faut aussi se référer à l'ensemble du texte et aux intentions de l'auteur pour s'interroger sur l'intéret de relever ET d'analyser tel ou tel tour. Ainsi, faire des remarques sur le rythme binaire me parait intéressant si l'auteur veut transmettre une certaine solennité (texte épique par exemple) ou bien l'emportement d'un personnage de Molière et que ce tour renvoie à d'autres éléments suscitant le même effet stylistique.
Bonjour,?
pensez-vous que la phrase suivante😕
"Néron, s’en est fait, Narcisse est amoureux " ?
?peut être considérée comme un rythme ternaire?
Le vers exact est plutôt:
Narcisse, c'en est fait, Néron est amoureux
Il y a un léger accent sur "Néron", si on découpe le vers on a donc le rythme suivant 2/4//2/4, donc ce n'est peut-être pas un vrai rythme ternaire. Mais si on considère simplement les pauses, et non les accents alors on a bien une structure en trois temps forts, avec accroissement de chacun d'eux par rapport au précédent.
Même si d'un hémistiche à l'autre on a le retour de la même proportion 2/4, l'accent mis sur Narcisse, par le fait que c'est une apostrophe, a bien plus d'intensité que le petit accent de Néron.
Narcisse, c'en est fait, Néron est amoureux = 3/3//6 non?
Bonjour,
reprenant la problématique du rythme, je n'arrive pas à le définir dans la phrase démesurée suivante:
"Sur un lit de goémons en lambeaux encore humides, arrachés par l'océan, gisent toutes sortes de débris dont l'origine hypothétique laisse une bonne latitude à l'imaginaire: étoiles de mer, déjà mortes, rejetées par les pêcheurs, fragments de carapaces ou d'ossatures ayant appartenu à des crustacés et poissons, une queue bilobée, charnue et toute fraîche, d'une taille si grande qu'elle serait celle d'un dauphin, ou d'une sirène, une poupée en celluloïd aux bras arrachés mais toujours souriante, une fiole de verre bouchée contenant un reste de liquide visqueux, rouge mal gré la nuit qui vient, une chaussure de bal à haut
talon, presque détaché de la semelle, dont l'empeigne recouverte d'écailles bleu métallisé brille d'un improbable éclat…" (A. Robbe-Grillet, La Reprise, pp. 74-75).
Telle énumération dépasse, à mon avis, les rythmes binaire et ternaire. Est-ce qu'il y en a d'autres pour la prose?
Merci d'avance!