Voltaire, Candide, chapitre 5 - La moitié des passagers affaiblis…

Entraide scolaire

42 réponses · Page 2 / 3

Bonjour Fifou,

Qiu'ajouter à tant de perspicacité ?

Je reprends simplement ce que j'écrivais plus haut :
Tu notes d'abord une accumulation amplifiée par une succession rapide. C'est un coup du sort, un véritable retournement de situation imprévisible. L'homme est le jouet des événements. Voilà pour le mal physique, mais s'y surajoute le mal causé par la malignité de l'homme : c'est toute la morale implicite de l'épisode de l'anabaptiste Jacques et du matelot. Ce matelot continue par la suite à se montrer bestial. Si tu y regardes bien, il y a dans toute cette succession un jugement implicite : l'homme de bien est puni, le misérable profite, donc la justice de Dieu est absente soit que Dieu n'existe pas, ou s'il existe, qu'il ne se soucie pas des hommes. Ce sont les propos subversifs de Voltaire.
Bonjour …!

Je suis nouveau sur ce site , et j'ai besoin d'aide pour un commentaire composé . Pendant les cours de francais on s'amuse et maintenant que j'ai un commentaire a faire , je bloque , je cherche dans tout les sites pour savoir comment faire . J'ai un travail sur Candide Chapitre 5 de " A peine " jusqu'à " tout est bien ".
j'ai déjà quelques idées comme : L'expression du cataclysme , les reactions des hommes ( Candide , Le matelot Et Pangloss) ainsi que la "leçon" philosophique …

Merci d'avance .
bonjour je dois faire un commentaire composé sur le chapitre 5 du début jusqu'à "planche"
j'ai fais plusieurs recherches mais je ne sais pas du tout comment m'y prendre aidez moi svp
merci !!
Bonjour, j'ai un commentaire composé oral à faire sur le chapitre 5 de Candide sur cet extrait:
La moitié des passagers affaiblis, expirants de ces angoisses inconcevables que le roulis d’un vaisseau porte dans les nerfs et dans toutes les humeurs du corps agitées en sens contraire, n’avait pas même la force de s’inquiéter du danger. L’autre moitié jetait des cris et faisait des prières ; les voiles étaient déchirées, les mâts brisés, le vaisseau entrouvert. Travaillait qui pouvait, personne ne s’entendait, personne ne commandait. L’anabaptiste aidait un peu à la manœuvre ; il était sur le tillac ; un matelot furieux le frappe rudement et l’étend sur les planches ; mais du coup qu’il lui donna, il eut lui-même une si violente secousse qu’il tomba hors du vaisseau, la tête la première. Il restait suspendu et accroché à une partie de mât rompue. Le bon Jacques court à son secours, l’aide à remonter, et de l’effort qu’il fait il est précipité dans la mer à la vue du matelot, qui le laissa périr sans daigner seulement le regarder. Candide approche, voit son bienfaiteur qui reparaît un moment, et qui est englouti pour jamais. Il veut se jeter après lui dans la mer : le philosophe Pangloss l’en empêche, en lui prouvant que la rade de Lisbonne avait été formée exprès pour que cet anabaptiste s’y noyât. Tandis qu’il le prouvait a priori, le vaisseau s’entrouvre ; tout périt, à la réserve de Pangloss, de Candide, et de ce brutal de matelot qui avait noyé le vertueux anabaptiste : le coquin nagea heureusement jusqu’au rivage, où Pangloss et Candide furent portés sur une planche.
Quand ils furent revenus un peu à eux, ils marchèrent vers Lisbonne ; il leur restait quelque argent, avec lequel ils espéraient se sauver de la faim après avoir échappé à la tempête.
À peine ont-ils mis le pied dans la ville, en pleurant la mort de leur bienfaiteur, qu’ils sentent la terre trembler sous leurs pas, la mer s’élève en bouillonnant dans le port, et brise les vaisseaux qui sont à l’ancre. Des tourbillons de flammes et de cendres couvrent les rues et les places publiques ; les maisons s’écroulent, les toits sont renversés sur les fondements, et les fondements se dispersent ; trente mille habitants de tout âge et de tout sexe sont écrasés sous des ruines. Le matelot disait en sifflant et en jurant : « Il y aura quelque chose à gagner ici. — Quelle peut être la raison suffisante de ce phénomène ? disait Pangloss. — Voici le dernier jour du monde ! » s’écriait Candide. Le matelot court incontinent au milieu des débris, affronte la mort pour trouver de l’argent, en trouve, s’en empare, s’enivre, et, ayant cuvé son vin, achète les faveurs de la première fille de bonne volonté qu’il rencontre sur les ruines des maisons détruites, et au milieu des mourants et des morts. Pangloss le tirait cependant par la manche : « Mon ami, lui disait-il, cela n’est pas bien, vous manquez à la raison universelle, vous prenez mal votre temps. — Tête et sang, répondit l’autre, je suis matelot et né à Batavia ; j’ai marché quatre fois sur le crucifix dans quatre voyages au Japon ; tu as bien trouvé ton homme avec ta raison universelle ! »
et bon voilà, je dois en premier lieux dégager toutes les manifestations du mal et ensuite montrez comment la neutralité du discours contribue à la réflexion du lecteur.

Premièrement, pour la partie sur les manifestations du mal, ça ne va pas trop pire. Je parle du mal «naturel» qui est la tempête et le tremblement de terre qui s'oppose au mal humain soit lorsque le matelot méchant n'a pas de scrupules pour jeter en bas le pauvre anabaptiste. Bref, je vais développer là-dessus pour ce qui est du mal. Cependant, pour la neutralité du discours, j'ai un peu plus de misère. Je me suis dis que j'allais commencé par parler du registre neutre mais de ma perspective je trouve que ce n'est pas très neutre (surtout lorsqu'il parle des émotions que les marins ressentent et tout).
Je me demandais donc aussi si cette absence de moral démontrait une manifestation du mal ou bien la neutralité du discours.
bonjour,

vous dite que, je cite,
Voltaire critique trois domaines :
- l'égoïsme bestial du matelot.
- l'inanité de l'explication de Pangloss qui met en relation un mal (le séisme et le comportement répréhensible du matelot) avec un système philosophique (l'optimisme) déplacé voire injurieux pour la raison.
- le pur discours du "creux" Pangloss là où il aurait fallu agir
j'ai lu tous les messages de cette discussion, mais j'ai pas totalement saisi encore ce que vous entendez par "le pur discours de "creux" de Pangloss"
Pangloss parle pour ne rien dire, il raisonne dans le vide, il reste dans un abstrait absurde.
mais en quoi critique-t-il ?
Voltaire critique l'inefficacité de Pangloss. Toute sa sscience et sa philosophie ne sont d'aucune aide aux hommes victimes de malheurs.
ok merci
Bonjour,
Je voudrais savoir si le nom de "Pangloss" avait une signification quelconque ou pas?

Merci d'avance
bonjour j'ai besoin d'aide pour mon commentaire littéraire sur le chapitre 5 de candide. J'ai déjà les axe d'étude car je suis en série technologique, j'ai aussi les sous partie mais je n'arrive pas a trouver les chose qu'on y met dedans… comment faire pour bien le réussir en développent bien les idées? mais aussi comment on fait pour trouver une problématique qui réuni mes deux axes d'études?
svp aidée moi il faut que je le face pour vendredi.
voici le texte en entier du chapitre 5 de voltaire sur candide
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/1639/voltaire-candide-chapitre-5-la-moitie-des-passagers-affaiblis

merci d'avance
Bonjour,
je pense avoir trouvé un plan qui pourrait convenir, mais je n'arrive pas à vraiment bien développer ma première partie. Le plan est le suivant:
I) L'horreur accentuée par le style voltairien
II) La remise en cause de certains types de philosophie.

Merci d'avance.
Romss
La moitié des passagers affaiblis, expirants de ces angoisses inconcevables que le roulis d'un vaisseau porte dans les nerfs et dans toutes les humeurs du corps agitées en sens contraires, n'avait pas même la force de s'inquiéter du danger. L'autre moitié jetait des cris et faisait des prières ; les voiles étaient déchirées, les mâts brisés, le vaisseau entr'ouvert. Travaillait qui pouvait, personne ne s'entendait, personne ne commandait. L'anabaptiste aidait un peu à la manœuvre ; il était sur le tillac ; un matelot furieux le frappe rudement et l'étend sur les planches ; mais du coup qu'il lui donna, il eut lui-même une si violente secousse, qu'il tomba hors du vaisseau, la tête la première. Il restait suspendu et accroché à une partie de mât rompu. Le bon Jacques court à son secours, l'aide à remonter, et de l'effort qu'il fait, il est précipité dans la mer à la vue du matelot, qui le laissa périr sans daigner seulement le regarder. Candide approche, voit son bienfaiteur qui reparaît un moment, et qui est englouti pour jamais. Il veut se jeter après lui dans la mer : le philosophe Pangloss l'en empêche, en lui prouvant que la rade de Lisbonne avait été formée exprès pour que cet anabaptiste s'y noyât. Tandis qu'il le prouvait a priori, le vaisseau s'entr'ouvre ; tout périt, à la réserve de Pangloss, de Candide, et de ce brutal de matelot qui avait noyé le vertueux anabaptiste : le coquin nagea heureusement jusqu'au rivage, où Pangloss et Candide furent portés sur une planche.
Bonjour,

J'ai besoin d'aide concernant une analyse littéraire que je dois faire. Je dois analyser comment l'extrait du Chap. V de Candide, tente de ridiculiser la philosophie de l'optimisme caricaturée dans le conte.

Idée1: Le comportement du matelots lors tu tremblement de terre à Lisbonne
Idée2: La mort de l'anabaptiste
Idée3: Pangloss qui ne réagit pas et ne fait que résonner

Extrait:
«La moitié des passagers, affaiblis, expirants de ces angoisses inconcevables que le roulis d’un vaisseau porte dans les nerfs et dans toutes les humeurs du corps agitées en sens contraire, n’avait pas même la force de s’inquiéter du danger. L’autre moitié jetait des cris et faisait des prières ; les voiles étaient déchirées, les mâts brisés, le vaisseau entrouvert. Travaillait qui pouvait, personne ne s’entendait, personne ne commandait. L’anabaptiste aidait un peu à la manoeuvre ; il était sur le tillac ; un matelot furieux le frappe rudement et l’étend sur les planches ; mais du coup qu’il lui donna il eut lui-même une si violente secousse qu’il tomba hors du vaisseau la tête la première. Il restait suspendu et accroché à une partie de mât rompue. Le bon Jacques court à son secours, l’aide à remonter, et de l’effort qu’il fit il est précipité dans la mer à la vue du matelot, qui le laissa périr, sans daigner seulement le regarder. Candide approche, voit son bienfaiteur qui reparaît un moment et qui est englouti pour jamais. Il veut se jeter après lui dans la mer ; le philosophe Pangloss l’en empêche, en lui prouvant que la rade de Lisbonne avait été formée exprès pour que cet anabaptiste s’y noyât. Tandis qu’il le prouvait a priori, le vaisseau s’entrouvre, tout périt à la réserve de Pangloss, de Candide, et de ce brutal de matelot qui avait noyé le vertueux anabaptiste ; le coquin nagea heureusement jusqu’au rivage où Pangloss et Candide furent portés sur une planche.»
Merci d'avance.
P.S: Je suis au cégep. Je crois que ce site est un site français donc je ne sais pas à quoi équivaut le cégep en France. Sinon répondez-moi comme si j'étais au secondaire (lycée).
Bonjour,

Il y a d'abord le spectacle d'un navire et de ses passagers malmenés par la tempête.
Tu as oublié le manque flagrant de justice dans les événements.
Quant à Pangloss, il raisonne hors de propos et contre toute évidence.
INTRO

En 1759, Voltaire publie pour la première fois un roman, intitulé Candide ou l'optimisme. François Marie Arouet dit Voltaire est un écrivain philosophe du XVIIIe siècle qui a marqué son siècle et occupe une place particulière dans la mémoire des français. Au chapitre V du récit, Candide qui a été chassé du château du baron de Thunder-ten-tronckh parce qu'il était amoureux de la fille de ce dernier, se retrouve à bord d'un vaisseau "assailli de la plus horrible tempête, à la vue du port de Lisbonne". Et durant un désastreux naufrage des bons périront et des mauvais survivront. De quoi se poser une nouvelle fois des questions sur la théorie de Pangloss qui dit que "tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles". Nous arrivons donc à nous demander comment l'optimisme de Pangloss est mis à mal dans ce passage. Nous essaierons dans un premier temps de résumer cette tempête, puis l'attitude des acteurs principaux de la scène et dans un second temps nous étudierons la dénonciation de l'absurdité du destin et de l'optimisme prôné par Pangloss.


I] Un récit de tempête
Voltaire nous décrit ce qui se passe à bord du bateau pris dans la tempête.
1) l’ambiance générale et le décor
L'auteur emploie le style narratif à l'imparfait pour nous expliquer que "les voiles étaient déchirées, les mats brisés, le vaisseau entrouvert". Il a recours au champ lexical de la marine (il parle du "tillac", de "voiles"…) mais curieusement pas à celui de la mer: il ne décrit pas du tout la tempête mais uniquement ses effets sur le bateau et les passagers. Tous sont en proie au désarroi le plus total.
2) Le désordre général
Le désordre est général même si les réactions des passagers sont différentes: la moitié d'entre eux, affaiblie par ce qui ressemble fort au mal de mer, n'avait même pas conscience du danger et restait complètement passive tandis que l'autre moitié, tout aussi inefficace, "jetait des cris et faisait des prières". Aucun membre d'équipage n'était capable de prendre en main le sort du navire et de ses passagers. Le capitaine est totalement absent de la scène, Tout espoir paraissait perdu.

Jusqu'ici l'auteur ne nous a pas encore parlé de son héros.

II] Une petite scène plus particulière

Quelle va être la réaction de Candide?
1) Attitudes des personnages principaux
Son premier élan est de se jeter à la mer pour secourir son bienfaiteur. Il ne pense pas au danger et n'écoute que son cœur. Pangloss l'en empêche. Le pauvre Jacques est donc abandonné à son sort.
2) Une saynète animée et comique
Au cours de cette scène qui met aux prises Jacques et le matelot, les événements se succèdent avec une grande rapidité et le style fait penser à un dessin animé notamment quand le matelot tombe hors du vaisseau et reste accroché à une partie de mât rompue. On a là un comique de situation du type gag accentué par le passage au temps présent qui rend le récit plus animé et plus rapide. Voltaire a aussi recours au comique de l'absurde lorsqu'il fait dire à Pangloss que "la rade de Lisbonne avait été formée exprès pour que cet anabaptiste s'y noyât". Cette façon de raconter fait oublier le tragique du sort de l'anabaptiste.

III] Dénonciation de l’absurdité du destin et de l’optimisme

Au-delà de ces aventures tragi-comiques, Voltaire continue dans la lignée du conte philosophique en critiquant d'abord la nature humaine et ensuite la philosophie de l'Optimisme incarnée par le personnage de Pangloss.
Les personnages impliqués dans l'aventure, à l'exception de Jacques, sont dépassés par les événements. Dominés par leurs émotions, ils sont incapables de juger la gravité de la situation et d'avoir des réactions cohérentes. Surtout ils ne font preuve d'aucune solidarité. Ceci est mis en valeur par la concision de la phrase "travaillait qui pouvait, personne ne s'entendait, personne ne commandait". L'emploi des pronoms "qui" et "personne" donnent une valeur universelle à cette incapacité des hommes à réagir convenablement lorsqu'ils sont dominés par l'angoisse. On atteint un degré supplémentaire dans la satire lorsque le matelot attaque inconsidérément la seule personne qui tente de se rendre utile et finit par la laisser périr quand elle se porte à son secours. Notons que même Candide renonce à aider Jacques sur les conseils absurdes de Pangloss. On voit ici le pessimisme de Voltaire concernant la nature humaine.
Pangloss contribue à cette vision négative en empêchant l'élan généreux de Candide sous prétexte qu'il fallait que l'anabaptiste se noyât dans la rade. Cette philosophie de l'Optimisme est non seulement absurde, elle est aussi dangereuse et ne mène nulle part.



CONCLUSION
la fin du récit, seuls sont sauvés Pangloss, Candide et le matelot brutal. Le destin est absurde et l'injustice totale. Voltaire établit un constat et semble se résigner; Il est décrit un état de faits auquel on ne peut que se résigner.

Bien sûr il ne faut pas écrire les titres des paragraphes en rouge!!! et ce commentaire m'a donné la note de 16
bonjour , voila j'ai un commentaire sur Candide du chapitre 5 de "a peine … Car tout est bien" mais je ne comprend pas les axes donnée : " les destructions dus aux seismes et les explications du tremblement de terre selon les différents personnages ."j'ai quelques idées mais je n'arrive pas à les développer
Si quelq'un a déja fait ce commentaire ou a des idées ce serait gentil .
Merci d'avance pour votre aide .
Bonjour à tous, je suis étudiante et j'ai un exercice de type Bac, je suis plutôt bonne en français et en analyse de texte mais là je bloque sur une question.
Je dois démontrer que le chapitre 5 de Candide, intitulé " Tempête, Naufrage, Tremblement de terre et ce qui advint du docteur Pangloss, de Candide et de l'anabaptiste de Jacques " que ce passage est une critique de la raison universelle.
J'ai déjà travailler sur le terme " raison universelle " employé par Voltaire et sa signification, ainsi que le rapport avec d'autres philosophe de l'époque comme Leibniz et Malebranche.
Mais je n'arrive pas à étoffer mon analyse ni à faire un lien entre les personnages, dieu et le vécu de voltaire en rapport avec la raison universelle.
Merci de bien vouloir m'aider. 🙂
Bonsoir,

La raison universelle est une expression qui peut revêtir plusieurs sens :
- une réflexion de Malebranche qui suppose que tout être humain digne de ce nom doit partager cette faculté de discerner le bien du mal, doit avoir cette faculté de garder le contrôle de ses instincts, de hiérarchiser ses désirs et ses envies,
- une explication cohérente de l'univers,
- l'univers comme création ordonnée d'un "grand horloger"…

Toutes ces spéculations butent sur la présence du mal dont l'esprit ne peut rendre compte : le mal existe, mais le vrai philosophe ne peut justifier sa présence.

Le chapitre 5 nous montre l'inanité et l'indécence de certaines positions philosophiques.

Regarde les messages de ce fil.
Bonjour, j'aurais besoin d'un peu d'aide au sujet de quelques questions sur le livre de Voltaire CANDIDE.
Pourriez vous m'aidez ?

Il s'agit de répondre à deux question sur le chapitre V.

Voici le texte.

Chapitre 5 : Tempête, naufrage, tremblement de terre, et ce qui advint du Docteur Pangloss, de Candide et de l’Anabaptiste Jacques
La moitié des passagers, affaiblis, expirants de ces angoisses inconcevables que le roulis d’un vaisseau porte dans les nerfs et dans toutes les humeurs du corps agitées en sens contraire, n’avait pas même la force de s’inquiéter du danger. L’autre moitié jetait des cris et faisait des prières ; les voiles étaient déchirées, les mâts brisés, le vaisseau entrouvert. Travaillait qui pouvait, personne ne s’entendait, personne ne commandait. L’anabaptiste aidait un peu à la manoeuvre ; il était sur le tillac ; un matelot furieux le frappe rudement et l’étend sur les planches ; mais du coup qu’il lui donna il eut lui-même une si violente secousse qu’il tomba hors du vaisseau la tête la première. Il restait suspendu et accroché à une partie de mât rompue. Le bon Jacques court à son secours, l’aide à remonter, et de l’effort qu’il fit il est précipité dans la mer à la vue du matelot, qui le laissa périr, sans daigner seulement le regarder. Candide approche, voit son bienfaiteur qui reparaît un moment et qui est englouti pour jamais. Il veut se jeter après lui dans la mer ; le philosophe Pangloss l’en empêche, en lui prouvant que la rade de Lisbonne avait été formée exprès pour que cet anabaptiste s’y noyât. Tandis qu’il le prouvait a priori, le vaisseau s’entrouvre, tout périt à la réserve de Pangloss, de Candide, et de ce brutal de matelot qui avait noyé le vertueux anabaptiste ; le coquin nagea heureusement jusqu’au rivage où Pangloss et Candide furent portés sur une planche.

Quand ils furent revenus un peu à eux, ils marchèrent vers Lisbonne ; il leur restait quelque argent, avec lequel ils espéraient se sauver de la faim après avoir échappé à la tempête.

A peine ont-ils mis le pied dans la ville en pleurant la mort de leur bienfaiteur, qu’ils sentent la terre trembler sous leurs pas [1] ; la mer s’élève en bouillonnant dans le port, et brise les vaisseaux qui sont à l’ancre. Des tourbillons de flammes et de cendres couvrent les rues et les places publiques ; les maisons s’écroulent, les toits sont renversés sur les fondements, et les fondements se dispersent ; trente mille habitants de tout âge et de tout sexe sont écrasés sous des ruines, Le matelot disait en sifflant et en jurant : « Il y aura quelque chose à gagner ici. - Quelle peut être la raison suffisante de ce phénomène ? disait Pangloss. - Voici le dernier jour du monde ! » s’écriait Candide. Le matelot court incontinent au milieu des débris, affronte la mort pour trouver de l’argent, en trouve, s’en empare, s’enivre, et, ayant cuvé son vin, achète les faveurs de la première fille de bonne volonté qu’il rencontre sur les ruines des maisons détruites et au milieu des mourants et des morts. Pangloss le tirait cependant par la manche. « Mon ami, lui disait-il, cela n’est pas bien, vous manquez à la raison universelle, vous prenez mal votre temps. - Tête et sang ! répondit l’autre, je suis matelot et né à Batavia ; j’ai marché quatre fois sur le crucifix dans quatre voyages au Japon ; tu as bien trouvé ton homme avec ta raison universelle ! »

Quelques éclats de pierre avaient blessé Candide ; il était étendu dans la rue et couvert de débris. Il disait à Pangloss : « Hélas ! procure-moi un peu de vin et d’huile ; je me meurs. - Ce tremblement de terre n’est pas une chose nouvelle, répondit Pangloss ; la ville de Lima éprouva les mêmes secousses en Amérique l’année passée ; même causes, même effets : il y a certainement une traînée de soufre sous terre depuis Lima jusqu’à Lisbonne. - Rien n’est plus probable, dit Candide ; mais, pour Dieu, un peu d’huile et de vin. - Comment, probable ? répliqua le philosophe ; je soutiens que la chose est démontrée. » Candide perdit connaissance, et Pangloss lui apporta un peu d’eau d’une fontaine voisine.

Le lendemain, ayant trouvé quelques provisions de bouche en se glissant à travers des décombres, ils réparèrent un peu leurs forces. Ensuite, ils travaillèrent comme les autres à soulager les habitants échappés à la mort. Quelques citoyens secourus par eux leur donnèrent un aussi bon dîner qu’on le pouvait dans un tel désastre. Il est vrai que le repas était triste ; les convives arrosaient leur pain de leurs larmes ; mais Pangloss les consola en les assurant que les choses ne pouvaient être autrement : « Car, dit-il, tout ceci est ce qu’il y a de mieux. Car, s’il y a un volcan à Lisbonne, il ne pouvait être ailleurs. Car il est impossible que les choses ne soient pas où elles sont. Car tout est bien. »

Un petit homme noir, familier de l’Inquisition, lequel était à côté de lui, prit poliment la parole et dit : « Apparemment que monsieur ne croit pas au péché originel ; car, si tout est au mieux, il n’y a donc eu ni chute ni punition.

- Je demande très humblement pardon à Votre Excellence, répondit Pangloss encore plus poliment, car la chute de l’homme et la malédiction entraient nécessairement dans le meilleur des mondes possibles. - Monsieur ne croit donc pas à la liberté ? dit le familier. - Votre Excellence m’excusera, dit Pangloss ; la liberté peut subsister avec la nécessité absolue ; car il était nécessaire que nous fussions libres ; car enfin la volonté déterminée… » Pangloss était au milieu de sa phrase, quand le familier fit un signe de tête à son estafier qui lui servait à boire du vin de Porto, ou d’Oporto.
les questions sont les suivantes.


1 ) A partir de preuves extraites du texte, montrez que Voltaire illustre l'absence de bonté divine, c'est-à-dire l'absence de dieu.


2 ) Prouvez que Pangloss, l'optimiste est une fois de plus annéanti (toujours en s'appuyant sur des citations précises du texte.



Voilà, merci.
Bonjour à tous 🙂 !!!
Je suis en première S et mon prof de français m'a demandé de faire un commentaire composé sur le premier paragraphe du chapitre 5 de Candide.
Voilà, moi j'ai dégagé un premier axe :
- La description traditionnelle des tempêtes
dans lequel je parle de la diversité des réactions des passagers face au danger,
également du champ lexical de la souffrance, de la panique.
J'ai d'autre idées mais je n'arrive pas à bien les placer et à pouvoir former des axes. Voici mes idées :
- L’anecdote entre l'anabaptiste et le matelot. Je constate que de cette anecdote sort un apologue.
-On retrouve la fausse et ridicule philosophie de Pangloss et l'ironie de Voltaire.
Je trouve qu'il y a une critique de la religion.

Mais si jamais vous avez d'autres idées je suis toute Ouïe. A présent, aidez moi à former des axes de lectures svp !!!! 🙂 Merci d'avance