Quelques difficultés sur certains passages de l’Énéide

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7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,

Je travaille sur certains passages de l'Enéide, mais il y a quelques points qui me dérangent dans la traduction.

Par exemple, on peut lire : Ter conatus ibi collo dare bracchia circum ; ter frustra comprensa manus effugit imago. Pour la première partie de la phrase, j'ai du mal à saisir la structure de la phrase ; tout d'abord, le verbe dare me perture, semblant être le seul verbe de la phrase et qui plus est à l'infinitif ; ensuite, j'hésite quant au sujet de la proposition, me demandant si l'expression conatus dare n'existerait pas (que l'on pourrait traduire par "essayer") mettant ainsi bracchia en nominatif neutre pluriel. Cela donnerait, littéralement : "Trois fois mes bras essayèrent alors autour de son cou". Pour la seconde partie de la phrase, je me demandais simplement si comprensa pouvait être, avec le verbe esse sous entendu, un passé passif complétant imago, d'où une possible traduction : "trois fois son image, qui avait été attrapée en vain, s'échappa de mes mains".

Un autre exemple, pour : Si Pergama dextra defendi possent, etiam hac defensa fuissent, on trouve Pergama, il me semble, au nominatif, mais les verbes au pluriel. Je me suis demandé si cela ne pouvait résider d'un pluriel poétique. De même, je me questionnais sur le rôle de defendi, peut-être un adjectif verbal pour souligner l'aspect impersonnel de l'action. Nous arriverions à une traduction : "Si Pergam pouvait être sauvée par une main, elle le serait encore par la mienne (litt. par celle-ci)".

Quelqu'un pourrait-il me donner son avis sur ce que j'ai écrit ?

Merci d'avance,
Scientifiqueducoin
Bonsoir,

Quelques remarques :
- Tu fais erreur sur le premier vers : le verbe est conatus [sum], il commande un infinitif (dare) qui a lui-même des compléments (bracchia, collo circum).
- Rien ne t'oblige à sous-entendre un verbe être dans le deuxième vers. Comprensa est simplement adjectif ici.
- Le second adverbe ter porte sur comprensa : trois fois saisie en vain.
- Pour le troisième vers, Pergama est effectivement un nominatif neutre, d'où les verbes au pluriel (qui n'a rien de spécifiquement poétique).
- Defendi ne peut pas être un adjectif verbal ! l'adjectif verbal de defendo est defendendus. Defendi est un infinitif passif, dans la construction habituelle posse + Inf.
- Dextra est bien un ablatif instrumental.
- Il faut comprendre etiam hac dans un sens restrictif : par celle-ci [cette main dont on suppose l'existence, non pas "ma main" ici].
- Defensa fuissent est un irréel du passé.
- Le nom de la ville est Pergame en français.
Arthur a écrit :- Tu fais erreur sur le premier vers : le verbe est conatus [sum], il commande un infinitif (dare) qui a lui-même des compléments (bracchia, collo circum).
Effectivement, c'est plus clair comme cela ; cela donnerait, littéralement, "Trois fois j'entrepris alors de donner mes bras autour de son cou".
- Le second adverbe ter porte sur comprensa : trois fois saisie en vain.
Comment le sait-on ?
- Pour le troisième vers, Pergama est effectivement un nominatif neutre, d'où les verbes au pluriel (qui n'a rien de spécifiquement poétique).
En fait, j'avais simplement oublié qu'un verbe se mettait au pluriel en s'accordant avec un neutre…
- Defendi ne peut pas être un adjectif verbal ! l'adjectif verbal de defendo est defendendus. Defendi est un infinitif passif, dans la construction habituelle posse + Inf.
Effectivement, je n'avais pas fait attention au verbe initial…


Merci pour tes précisions, et désolé si mes questions sont parfois stupides (je passe souvent à côté de choses évidentes…)
Non on ne met pas au pluriel un verbe dont le sujet est neutre, Pergama est simplement un pluriel !: Pergama, orum, n. : Pergame (citadelle de Troie).

Ter s'applique à la phrase, pas spécialement à compressa : trois fois, …
Non on ne met pas au pluriel un verbe dont le sujet est neutre, Pergama est simplement un pluriel !: Pergama, orum, n. : Pergame (citadelle de Troie).
Je ne sais pas d'où je sors cette règle alors…

En tout cas merci pour votre aide.
Scientifiqueducoin a écrit :
Non on ne met pas au pluriel un verbe dont le sujet est neutre, Pergama est simplement un pluriel !: Pergama, orum, n. : Pergame (citadelle de Troie).
Je ne sais pas d'où je sors cette règle alors…

En tout cas merci pour votre aide.
Vous confondez peut-être avec le grec, où un neutre pluriel entraîne l'accord du verbe au singulier.
Vous confondez peut-être avec le grec, où un neutre pluriel entraîne l'accord du verbe au singulier.
Ce doit être cela, merci de me remettre les idées en ordre.