LES REGISTRESTu pourras ensuite procéder par élimination.
burlesque
comique
didactique
élégiaque
épique
fantastique
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laudatif
lyrique
oratoire
pathétique
polémique
réaliste
satirique
tragique
Molière, Tartuffe, préface
30 réponses · Page 2 / 2
Voici la préface de Tartuffe:
Voici une comédie dont on a fait beaucoup de bruit, qui a été longtemps persécutée, et les gens qu’elle joue ont bien fait voir qu’ils étaient plus puissants en France que tous ceux que j’ai joués jusques ici. Les marquis, les précieuses, les cocus et les médecins, ont souffert doucement qu’on les ait représentés, et ils ont fait semblant de se divertir, avec tout le monde, des peintures que l’on a faites d’eux ; mais les hypocrites n’ont point entendu raillerie ; ils se sont effarouchés d’abord, et ont trouvé étrange que j’eusse la hardiesse de jouer leurs grimaces, et de vouloir décrier un métier dont tant d’honnêtes gens se mêlent. C’est un crime qu’ils ne sauraient me pardonner ; et ils se sont tous armés contre ma comédie avec une fureur épouvantable. Ils n’ont eu garde de l’attaquer par le côté qui les a blessés : ils sont trop politiques pour cela, et savent trop bien vivre pour découvrir le fond de leur âme. Suivant leur louable coutume, ils ont couvert leurs intérêts de la cause de Dieu ; et le Tartuffe, dans leur bouche, est une pièce qui offense la piété. Elle est, d’un bout à l’autre, pleine d’abominations, et l’on n’y trouve rien qui ne mérite le feu. Toutes les syllabes en sont impies ; les gestes même y sont criminels ; et le moindre coup d’œil, le moindre branlement de tête, le moindre pas à droite ou à gauche, y cachent des mystères qu’ils trouvent moyen d’expliquer à mon désavantage.Je dois trouver qui sont les destinataires de cette préface mais j'ai du mal. Pour l'instant j'ai trouvé que c'était le roi et la religion mais je ne sais pas si c'est ça.
J’ai eu beau la soumettre aux lumières de mes amis, et à la censure de tout le monde ; les corrections que j’y ai pu faire ; le jugement du roi et de la reine, qui l’ont vue ; l’approbation des grands princes et de messieurs les ministres, qui l’ont honorée publiquement de leur présence ; le témoignage des gens de bien, qui l’ont trouvée profitable, tout cela n’a de rien servi. Ils n’en veulent point démordre ; et, tous les jours encore, ils font crier en public des zélés indiscrets, qui me disent des injures pieusement, et me damnent par charité.
Je me soucierais fort peu de tout ce qu’ils peuvent dire, n’était l’artifice qu’ils ont de me faire des ennemis que je respecte, et de jeter dans leur parti de véritables gens de bien, dont ils préviennent la bonne foi, et qui, par la chaleur qu’ils ont pour les intérêts du ciel, sont faciles a recevoir les impressions qu’on veut leur donner. Voilà ce qui m’oblige à me défendre. C’est aux vrais dévots que je veux partout me justifier sur la conduite de ma comédie ; et je les conjure, de tout mon cœur, de ne point condamner les choses avant que de les voir, de se défaire de toute prévention, et de ne point servir la passion de ceux dont les grimaces les déshonorent.
Si l’on prend la peine d’examiner de bonne foi ma comédie, on verra sans doute que mes intentions y sont partout innocentes, et qu’elle ne tend nullement à jouer les choses que l’on doit révérer ; que je l’ai traitée avec toutes les précautions que demandait la délicatesse de la matière ; et que j’ai mis tout l’art et tous les soins qu’il m’a été possible pour bien distinguer le personnage de l’hypocrite d’avec celui du vrai dévot. J’ai employé pour cela deux actes entiers à préparer la venue de mon scélérat. Il ne tient pas un seul moment l’auditeur en balance ; on le connaît d’abord aux marques que je lui donne ; et, d’un bout à l’autre, il ne dit pas un mot, il ne fait pas une action, qui ne peigne aux spectateurs le caractère d’un méchant homme, et ne fasse éclater celui du véritable homme de bien que je lui oppose.
Si l’emploi de la comédie est de corriger les vices des hommes je ne vois pas par quelle raison il y en aura de privilégiés. Celui-ci est, dans l’État, d’une conséquence bien plus dangereuse que tous les autres ; et nous avons vu que le théâtre a une grande vertu pour la correction. Les plus beaux traits d’une sérieuse morale sont moins puissants, le plus souvent, que ceux de la satire ; et rien ne reprend mieux la plupart des hommes que la peinture de leurs défauts. C’est une grande atteinte aux vices, que de les exposer à la risée de tout le monde. On souffre aisément des répréhensions ; mais on ne souffre point la raillerie. On veut bien être méchant ; mais on ne veut point être ridicule.
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C’est aux vrais dévots que je veux partout me justifier sur la conduite de ma comédie ;
Si l’on prend la peine d’examiner de bonne foi la comédie, on verra sans doute que mes intentions y sont partout innocentes, et qu’elle ne tend nullement à jouer les choses que l’on doit révérer; que je l’ai traitée avec toutes les précautions que me demandait la délicatesse de la matière et que j’ai mis tout l’art et tous les soins qu’il m’a été possible pour bien distinguer le personnage de l’hypocrite d’avec celui du vrai dévot. J’ai employé pour cela deux actes entiers à préparer la venue de mon scélérat. Il ne tient pas un seul moment l’auditeur en balance; on le connaît d’abord aux marques que je lui donne; et, d’un bout à l’autre, il ne dit pas un mot, il ne fait pas une action, qui ne peigne aux spectateurs le caractère d’un méchant homme, et ne fasse éclater celui du véritable homme de bien que je lui oppose.Je sais bien que, pour réponse, ces messieurs tâchent d’insinuer que ce n’est point au théâtre à parler de ces matières; mais je leur demande, avec leur permission, sur quoi ils fondent cette belle maxime. C’est une proposition qu’ils ne font que supposer, et qu’ils ne prouvent en aucune façon; et, sans doute, il ne serait pas difficile de leur faire voir que la comédie, chez les anciens, a pris son origine de la religion, et faisait partie de leurs mystères; que les Espagnols, nos voisins, ne célèbrent guère de fête où la comédie ne soit mêlée, et que même parmi nous, elle doit sa naissance aux soins d’une confrérie* à qui appartient encore aujourd’hui l’Hôtel de Bourgogne, que c’est un lieu qui fut donné pour y représenter les plus importants mystères de notre foi; qu’on y voit encore des comédies imprimées en lettres gothiques, le nom d’un docteur de Sorbonne et, sans aller chercher si loin que l’on a joué, de notre temps, des pièces saintes de M. de Corneille*, qui ont été l’admiration de toute la France.Si l’emploi de la comédie est de corriger les vices des hommes, je ne vois pas par quelle raison il y en aura de privilégiés. Celui-ci est, dans l’État, d’une conséquence bien plus dangereuse que tous les autres; et nous avons vu que le théâtre a une grande vertu pour la correction. Les plus beaux traits d’une sérieuse morale sont moins puissants, le plus souvent, que ceux de la satire; et rien ne reprend mieux la plupart des hommes que la peinture de leurs défauts. C’est une grande atteinte aux vices que de les exposer à la risée de tout le monde. On souffre aisément des répréhensions; mais on ne souffre point la raillerie. On veut bien être méchant, mais on ne veut point être ridicule.Bonjour à tous, Je dois rentre une analyse linéaire de cette partie de la Préface de Tartuffe. Je suis censée réaliser un plan en 2 ou 3 axes et trouver 8 ou 5 procédés par axe. Cependant, j’essaie depuis des heures de trouver ne serait-ce que les axes mais je n’y arrive pas. Serait-il possible de m’aider s’il vous plaît ? Je vous remercie d’avance pour vos réponses. 😊
Bonjour@evaaa
Il me semble que chaque paragraphe pourrait constituer un axe d’analyse.
Ce texte est argumentatif, il cherche à démontrer que Tartuffe est une comédie morale.
1 - la pièce dénonce sincèrement l’hypocrisie.
2 - Molière s’appuie sur une tradition.
3 - la comédie doit corriger tous les ridicules.
Bonjour J aurais plusieurs questions concernant la preface car je ne suis pas sur d avoir tout compris et j aimerais qu une ou plusieurs personne me confirme si mes réponses sont justes ou pasTout d abord je voulais savoir si la preface s adresse bien au lecteur , au dévot, noble et au roi.Après je voudrais qu on m explique cette phrase qui se trouve à la fin et que je ne comprend pas La raison de cela, c’est que la comédie de Scaramouche joue le ciel et la religion, dont ces messieurs-là ne se soucient point; mais celle de Molière les joue eux-mêmes; c’est ce qu’ils ne peuvent souffrir. »Et pour finir je dois dire qui approuve la pièce. ma reponse Ses amis, le roi, des grands princes et de messieurs les ministresEt dans quel but il cite ces gens Je pense parce que ce sont des nobles et font partie de la bourgeoisie. Merci à ceux qui m apporteront des précisions et me diront si mes réponses sont justes
@calimero57 Tout d abord je voulais savoir si la preface s adresse bien au lecteur , au dévot, noble et au roi.Cette préface est un plaidoyer, Molière se défend contre les attaques injustifiées et sournoises des faux dévots. Molière écrit pour le spectateur (qui a vu la pièce ou qui aurait l’intention de la voir).Après je voudrais qu on m explique cette phrase qui se trouve à la fin et que je ne comprend pasLa raison de cela, c’est que la comédie de Scaramouche joue le ciel et la religion, dont ces messieurs-là ne se soucient point; mais celle de Molière les joue eux-mêmes; c’est ce qu’ils ne peuvent souffrir. »Molière explique la véritable raison de la virulence de ses détracteurs : ils prétendent que Molière attaque la religion alors qu’ils ne supportent pas de voir dénoncer leur hypocrisie. Molière apporte ce témoignage à l’appui de sa thèse."Huit jours après qu’elle eut été défendue, on représenta devant la Cour une pièce intitulée Scaramouche Ermite ; et le Roi, en sortant, dit au grand prince que je veux dire : « Je voudrais bien savoir pourquoi les gens qui se scandalisent si fort de la comédie de Molière ne disent mot de celle de Scaramouche ? » À quoi le prince répondit : « La raison de cela, c’est que la comédie de Scaramouche joue le Ciel et la religion, dont ces Messieurs-là ne se soucient point ; mais celle de Molière les joue eux-mêmes. C’est ce qu’ils ne peuvent souffrir."Scaramouche attaque de front la religion, cependant la pièce n’a pas été dénoncée par les faux dévots. C’est la preuve que ces derniers ne cherchent pas à défendre la religion mais à protéger leur image. écornée par Molière.Et pour finir je dois dire qui approuve la pièce.ma reponse Ses amis, le roi, des grands princes et de messieurs les ministresOui, et d’une manière générale, "les gens de bien".Et dans quel but il cite ces gensJe pense parce que ce sont des nobles et font partie de la bourgeoisie.Attention, la noblesse n’est pas la bourgeoisie. En fait, Molière cite ces personnages haut placés comme un argument d’autorité. S’ils soutiennent Molière, c’est qu’ils sont d’accord avec lui. Or leur jugement a plus de poids que celui des détracteurs.
Merci beaucoup Jean Luc pour votre aideDonc la phrase que vous m’avez expliquer peut correspondre à l explication de la condamnation de tartuffe par le grand Condé
Oui, c’est bien le grand Condé qui s’exprime ainsi. Il ne s’y trouva pas une situation qui choquât leur dévotion, pas une équivoque qui alarmât leur pudeur. C’est ici le lieu de rappeler cette réponse si connue du prince de Condé à Louis XIV, que Molière nous a lui-même transmise dans sa préface du Tartuffe : « Je voudrais bien savoir, dit le roi, pourquoi les gens qui se scandalisent si fort de la comédie du Tartuffe, ne disent rien de celle de Scaramouche4. » « La raison de cela, répondit le prince, c’est que la comédie de Scaramouche joue le ciel et la religion, dont ces messieurs ne se soucient point ; mais celle de Molière les joue eux-mêmes, et c’est ce qu’ils ne peuvent souffrir. »Charles-Guillaume Étienne 1824
Merci beaucoup