Bonjour,
Dans le magnifique poème de Victor Hugo ci-dessous, d'après vous quelle est la valeur du pronom Vous dans le vers numéro 10 ?
merci d'avance
Iren
On vit,on parle, on a le ciel et les nuages
Sur la tête; on se plaît aux livres des vieux sages;
On lit Virgile et Dante; on va joyeusement
En voiture publique à quelque endroit charmant
En riant aux éclats de l'auberge et du gîte;
Le regard d'une femme en passant vous agite
On aime, on est aimé, bonheur qui manque au roix !
On écoute le chant des oiseaux dans les bois;
Le matin, on s'éveille, et toute une famille
Vous embrasse, une mère, une soeur, une fille !
On déjeune en lisant son journal; tout le jour
On mêle à sa pensée espoir; travail, amour;
La vie arrive avec ses passions troublées;
On jette sa parole aux sombres assemblées;
Devant le but qu'on veut et le sort qui vous prend,
On se sent faible et fort, on est petit et grand;
On est flot dans la foule, âme dans le tempête;
Tout vient et passe; on est en deuil, on est en fête;
On arrive, on recule, on lutte avec effort …
Puis le vaste et profond silence de la mort !
Bonsoir Adele,
Je vous donne mon opinion.
Le matin, on s'éveille, et toute une famille
Vous embrasse, une mère, une soeur, une fille !
Le sujet de la phrase est le pronom « on » qui a une valeur indéfinie – il représente l’homme en général. (Tous les hommes et toutes les femmes du monde)
Le COD qui correspond à « on » est « vous »
Toute une famille embrasse l’homme en général (la personne représentée par « on »)
e.g.
Si « on » = l’homme en général
(1) Dès qu’ON entre dans un sauna la chaleur VOUS engourdit.
On emploie vous pour le COD qui représente l’homme en général
Dans une langue plus familière on souvent emploie « on » au lieu de « nous »
Dès qu’ON entre dans un sauna la chaleur NOUS engourdit.
mais ici « on » ne représente pas l’homme en général comme dans phrase (1) et la phrase dans le poème !
Wyn
Merci,
C'est une réponse qui me convient ! Cette question est issue d'un devoir de français de seconde… J'ai honte de ne pas avoir su y répondre moi-même !
Bonne soirée
Adele
Bonjour , j'aimerais s'avoir les valeurs du pronom vous dans cette phrase : "On est un continent sans vraies limites - et ce continent , c'est vous, soi-même."
Ainsi que la valeur du pronom tu dans cette phrase : "Avec la lecture tu achètes quelque chose qui pour toi n'a pas de valeurs seulement un prix : une place sur le banc de la classe , un rôle dans les bureaux ou les usines.
Ce sont des phrases extraite d'Une petite robe de fête, de Christian Bobin.
Merci d'avance 😉
$ìMøN
Bonsoir Simon,
"On est un continent sans vraies limites - et ce continent, c'est vous, soi-même." Christian Bobin.
Je suis étranger mais à mon avis
« On » est toujours sujet et ne peut pas représenter une chose. Dans cette phrase, l’auteur emploie « on » pour l’homme en général et il dit que l’on est comme un continent sans limite. Ce continent - c’est qui ? – C’est vous – c’est l’homme en général (chaque être humain est comme un continent sans limite). Le pronom réfléchi « soi » renvoie à le pronom sujet indéfini « on »
Le pronom réfléchi pour je = me, il = se……… on = soi !
J’ai remarqué qu’il écrit
"Avec la lecture tu achètes quelque chose qui pour toi n'a pas de valeurs seulement un prix : une place sur le banc de la classe , un rôle dans les bureaux ou les usines.
Il est possible d’employer « on » au lieu de « tu » pour créer une nuance de familiarité ou de complicité comme dans
« Alors, on ne dit plus bonjour ! »
« Tu ne dis plus bonjour ! »
Mais dans le contexte ci-dessus je suis sûr qu’il s’agit de « l’homme en général »
Il ne dit pas « On est un continent – et ce continent, c’est toi, toi-même. NON il parle en général !
Wyn
Bonsoir, Win.
Quand l'auteur dit "on"(3e personne), il parle de tout le monde indistinctement et ne s'adresse à personne.
Quand il passe à "tu"(2e personne), il est également question de tout le monde, mais soudain il s'adresse à chacun en particulier, comme si chacun était un familier. Un procédé d'auteur pour accrocher le lecteur, le tirer par la manche, le faire personnellement acteur des comportements évoqués. Le lecteur se sent alors davantage concerné.
Le "tu" comporte déjà une nuance de familiarité, par rapport à "vous" : "Tu ne dis plus bonjour ?"
Lorsqu'on emploie "on" au lieu de "tu" en s'adressant à quelqu'un,
la familiarité est toujours là, certes, mais il y a des nuances supplémentaires possibles.
En passant de la 2e à la 3e personne, on fait mine, momentanément, de ne pas le considérer comme un interlocuteur; à plus forte raison ici, puisqu'ici l'autre ne répond pas au salut: "On ne dit plus bonjour ?"
Autre nuance possible : en disant "On se promène ?" à un ami rencontré, c'est une façon de considérer l'ami non pas comme un individu distinct, mais comme un anonyme fondu dans l'ensemble rassurant de tous ceux qui ont l'habitude de se promener.
Ne dit-on (😂) pas que le pronom "on" est indéfini ? Ou indéterminé peut-être ?
Bonsoir, Zadek. =)
"Pronom indéfini" est bien le terme, très approprié quand on signifie "quelqu'un""tout le monde" ou "n'importe qui"… mais on est aussi un pronom personnel qu'on 😉 pourrait qualifier de polyvalent, capable de signifier je, tu, nous, vous selon les cas.
Bonjour à tous,
Quand le pronom « on » a un sens de « chaque personne du monde » (comme dans les proverbes) ou de chaque personne dans une assemblée non précisée » on trouve plusieurs exemples des pronoms possessifs (son. sa. ses) et des pronoms réfléchis. (se, soi) qui se rapportent au sujet «on »
.
On aime mieux SON égal que SON maître. (Voltaire)
On devient l'homme de SON uniforme. (Napoléon 1er)
On a tous SA place au soleil.
On doit honorer SES aïeux.
On a souvent à SE repentir d'avoir trop parlé.
On a tous assez à faire chez SOI.
On est toujours mieux chez SOI que chez les autres.
On a souvent besoin d'un plus petit que SOI. (La Fontaine)
On est souvent satisfait d'être trompé par SOI- MÊME. (La Rochefoucauld)
J’ai appris que le complément d’objet qui correspond à « on » (employé dans cette façon général) est « vous ». Il est beaucoup plus difficile de trouver des exemples!
Dès qu’ON entre dans un sauna la chaleur VOUS engourdit.
La musique VOUS calme quand ON est agité.
Selon les premières questions, il me semble que la plus grande difficulté avec « on », c’est de reconnaître le « vous » comme complément d’objet de « on » mais personne n’écrit rien de cela.
Wyn
Bonjour, Wyn.
Personne, vraiment ? =)
Petit Robert 2009, article
vous :
3 (indéf) Remplace on, en fonction de complément.
"Les gens qui vous refusent les choses qu'on désire vous en donnent d'autres" (PROUST).
Grammaire pratique du français d'aujourd'hui (MAUGER, Hachette, 1971), à propos de
on, p. 152 :
Il a pour représentant dans la même proposition : soi, se :
On a toujours besoin d'un plus petit que soi.
On se nuit en agissant ainsi.
Dans une proposition différente, vous représente on :
Si on lui demande cela, il vous répond que…
TLF, article
vous :
[Avec valeur indéfinie; on prend à témoin un interlocuteur réel ou fictif qui pourrait bien, à l'occasion, faire l'expérience lui-même de ce dont on lui fait part]
[À la différence de on qui concerne le moi anonyme, vous concerne directement l'interlocuteur, même fictif, pris pour exemple; c'est le vous de généralité, les indices de généralité devant apparaître dans le cont.: prés. de l'ind. ou gnomique, forme impers.] Porter la boutonnière trop jeune vous déconsidère dans la Ville Basse (MORAND). C'est une espèce de poussière. Vous allez et venez sans la voir, vous la respirez, vous la mangez, vous la buvez, et elle est si fine, si ténue qu'elle ne craque même pas sous la dent (BERNANOS).
Suit le paragraphe qui nous intéresse plus particulièrement ici, puisqu'on y parle d'emploi en régime, c'est-à-dire en fonction de complément :
[ Vous, par son caractère indéfini, peut servir de régime à on ] Ce village minuscule, il l'eût accepté: après avoir choisi on se contente du hasard de son existence et on peut l'aimer. Il vous borne comme l'amour (SAINT-EXUPERY). Les livres, c'est comme les amis, on ne les choisit pas librement. Ils s'imposent à vous (DANIEL-ROPS).
Merci Jehan,
Quand j'ai dit "personne" j'aurait dû dire personne dans le forum ( au moment du message)
Vous en avez trouvé plusieurs. Merci
Qu'est-ce que ce "TLF" et comment peut-on le trouver?
Wyn
Voici le lien. C'est le
Trésor de la Langue Française informatisé. Assez touffu parfois, mais très complet !
Bon soir a tout et toute !
Je vous donne mon opinion
"on" pronom personnele indifini
dans ce poeme "vuos" reviens a lecteure c'est l'homme en generale
Merci "Nanoucha"
Bonsoirà tous et à toutes !
Je vous donne mon opinion .
"on" pronom personnel indéfini.
Dans ce poème "vous" renvoieau lecteur, c'est l'homme en général.
Merci "Nanoucha"
Merci, Mano, mais tout ceci a déjà été dit.
Et qui est Nanoucha ?
Réponse très claire et instructive, merci Jehan !
Peut-on donc dire que cet emploi à valeur "indéfinie" de "vous" diffère de celui de "nous" par cette idée de prendre l'interlocuteur à parti ?
Est-ce la nuance qui différencie, par exemple, ces deux énoncés :
- Comme la voix d'une femme qui nous garde à distance, mais pas assez, cependant, pour qu'on ne se sente pas gêné par l'activité à laquelle elle se livre hors de notre vue.
- Comme la voix d'une femme qui vous garde à distance, mais pas assez, cependant, pour qu'on ne se sente pas gêné par l'activité à laquelle elle se livre hors de votre vue.
?
Bonsoir,
Alors voila je fais une recherche sur la valeur des pronoms dans le cadre de la linguistique et plus précisément de l'énonciation (pronoms personnels + "on" + "il" dite "non personne".
J'ai trouvé ce qui concerne la valeur référentielle, determinée et indéterminée mais je ne trouve nulle part la trace d'une possible :
*valeur affective des pronoms
et
*valeur morphologique des pronoms
J'aurai donc voulu savoir si quelqu'un pouvait m'éclairer sur ces deux notions ?
Bonsoir.
La valeur "morphologique" , je pense qu'il peut s'agir des formes diverses qu'un même pronom peut prendre parfois selon son genre, son nombre, sa fonction, sa position conjointe ou disjointe.
Quant à la valeur "affective" de certains pronoms - sous toute réserve - je pense qu'on peut y classer des emplois tels que le nous de majesté et de modestie, l'alternance tu / vous selon que l'on tutoie ou l'on vouvoie, les valeurs d'effacement du on utilisé pour "je", de condescendance ou de familiarité du on utilisé pour "tu", de mépris parfois du on utilisé pour "il" ou "elle"…
Et il y a aussi le cas de ces pronoms purement explétifs et expressifs dans des phrases comme :
Je me la mange, cette glace… Et que je te lui flanque un coup de pied… Etc.
Merci beaucoup, j'ai fais une intervention en classe et la valeur morphologique n'en est pas vraiment une. Comme vous l'avez dit, il s'agit des différentes formes que peut prendre le pronom, c'est plus une question syntaxique.
Quant à la valeur affective c'était bien ça 🙂