J'aime aussi beaucoup Virginia Woolf ; elle a sa place parmi les auteurs qui ont le plus contribué à faire évoluer mon expérience de la littérature.
J'ai commencé par lire son dernier texte il y a quelques années, à tout hasard :
Entre les actes ; j'avais été intriguée, fascinée, impressionnée, par l'écriture, les dialogues, les (petits) évènements… Il suffisait d'une esquisse, de quelques traits, d'effleurer la surface, pour évoquer tant de choses… Et encore aujourd'hui, ce livre reste l'un de mes favoris, un peu mon chouchou de Virginia Woolf. Moins connu et largement moins commenté que d'autres - j'ai cependant le sentiment que sous des dehors peut-être plus simples, il n'est pas moins intéressant, au contraire. En tous cas c'est un livre qui m'aura marquée, relu et à relire.
Puis j'ai découvert
Mrs Dalloway ; l'écriture était différente, la lecture a demandé plus de temps et a eu un effet moins éclatant sur moi, mais j'ai été convaincue de mon intérêt pour V.W. Phrases amples, texte impressionniste, enveloppé et enveloppant… C'était pour me plaire. Mon souvenir a un peu vieilli, mais, comme on vient de m'offrir le bouquin en anglais, ce sera une bonne façon de le redécouvrir (enfin avec difficultés pour moi, qui parle très peu anglais, mais c'était aussi le but de ce cadeau que de me faire progresser). J'ai bien aimé certains passages, et le personnage de Miss Kilman.
Les Vagues : l'un de mes préférés. Une écriture encore différente, texte épais, chaque page me semblait dense, chargée en couleurs jusqu'à devenir sombre. De l'enfance à la vieillesse, à la mort et contre la mort, six voix cohabitent, se répondent, évoluent côté à côte, se séparent. J'y trouve une méditation, non seulement sur le temps, la vie, mais aussi sur l'autrui, l'être au monde. Si ces différentes voix peuvent être interprétées comme émanant d'un seul être, finalement commun à tous les personnages, réduits à des facettes, des existences changeantes, mouvantes, je les ai également comprises en tant que solitudes, monologues vers les autres - d'où une méditation sur nos rapports et nos séparations d'avec les autres, quelle part de communication à compter dans cette voix profonde, continue, intérieure, quelle part de relation à autrui, de véritable communion, dans cette solitude.
Il y a de très beaux passages, dommage que je n'aie pas le livre ici.
En ce qui concerne
Au phare, je suis d'accord avec ce qui a été dit, "plus dynamique, plus touchant"… ; même si personnellement ce n'est pas à lui que j'accroche en premier, je pense que l'on peut dire en toute objectivité qu'il s'agit peut-être de son meilleur.
Peut-être trop fantaisiste à mon goût, j'ai moins apprécié
Orlando.
Nuit et Jour : de facture plus classique, un chassé-croisé amoureux… J'appréhendais un peu ma lecture, et finalement, je n'ai pas été subjuguée par ce roman, mais une bonne surprise tout de même.
La chambre de Jacob : celui qui m'a le plus émue, bouleversée ; sans doute également parce qu'il me rappelait quelqu'un, je me suis sentie tout au long accaparée par la destinée et les faits et gestes du personnage, lequel est avant tout, même absent, surtout absent, une présence, irréductible, dans le texte et aussi dans les esprits (et les coeurs). Je ne sais pas pour les autres lecteurs, mais à la fin j'étais sans voix. Issue perturbante, révoltante. Pour ne rien dévoiler, je ne préciserai pas.
Le recueil de nouvelles variées, plus ou moins longues, achevées ou pas,
La fascination de l'étang ; il m'a bien plu, plus accessible et donc peut-être à conseiller à qui aurait laissé tomber un de ses romans.
Et bientôt le mince
Elles, reçu pour Noël. 😜
https://www.youtube.com/watch?v=E8czs8v6PuI