Virginia Woolf et son talent

Littérature

19 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Voilà je suis féru de cette auteure depuis très jeune car je trouve ses écrits et la sensibilité qu'ils dégagent vraiment magnifique, je me sens très proche de cette femme sans l'avoir connue pourtant.

J'aime en particulier:
Mrs Dalloway(chaque fois que je le relis j'ai l'impression de découvrir quelque chose de nouveau) C'est mon roman préféré.
La promenade au phare
Orlando

J'ai également lu quelques fragments de son journal.

Il me tarde de voir si il y a d'autres passionnés de Virgnia ici.
J'ai lu Mrs Dalloway en anglais il y a deux ou trois mois et j'ai adoré. La langue est très belle, les personnages semblent incroyablement familiers et l'ensemble du livre est bouleversant. Il faudrait que je relise certains passages, car j'ai déjà oublié pas mal de détails (je lis beaucoup et au bout d'un moment, mes souvenirs se font très flous à force de s'amasser continuellement…).
Je mettrai en tête et parmi mes textes préférés, Promenade au phare qui allie sensibilité déchirante et technique très élaborée. J'ai aussi apprécié la fantaisie d'Orlando ou la délicieuse nouvelle Kew gardens de ses débuts où en quelques pages, ses thèmes de prédilection sont déjà annoncés.

Je connais aussi certains de ses essais féministes comme Trois guinéesou Une chambre à soi, ou quelques autrs textes comme l'Art du roman. Tous se lisent très aisément.
J'ai commencé la lecture de l'oeuvre de Virginia Woolf assez récemment par Mrs Dalloway. C'est un livre vraiment magnifique et surprenant, la description des personnages et de leurs sentiments est très bien traitée. Même si pour l'instant je n'ai pas encore lu d'autres des ses livres c'est un auteur que je conseille vivement.
J'ai aussi adoré To the lighthouse, que j'ai trouvé plus dynamique, plus touchant que Mrs Dalloway, même si j'ai beaucoup aimé celui-ci aussi. Je crois qu'en France, on nous parle quand-même assez peu de littérature étrangère, comparé, par exemple, à l'Italie, où le nombre de cours sur la littérature anglaise, française, espagnole, etc. est impressionnant.
Mais tout de même, sans Virginia Woolf et James Joyce, il n'y aurait pas vraiment eu de Nathalie Sarraute!
J'aime aussi beaucoup Virginia Woolf ; elle a sa place parmi les auteurs qui ont le plus contribué à faire évoluer mon expérience de la littérature.

J'ai commencé par lire son dernier texte il y a quelques années, à tout hasard : Entre les actes ; j'avais été intriguée, fascinée, impressionnée, par l'écriture, les dialogues, les (petits) évènements… Il suffisait d'une esquisse, de quelques traits, d'effleurer la surface, pour évoquer tant de choses… Et encore aujourd'hui, ce livre reste l'un de mes favoris, un peu mon chouchou de Virginia Woolf. Moins connu et largement moins commenté que d'autres - j'ai cependant le sentiment que sous des dehors peut-être plus simples, il n'est pas moins intéressant, au contraire. En tous cas c'est un livre qui m'aura marquée, relu et à relire.

Puis j'ai découvert Mrs Dalloway ; l'écriture était différente, la lecture a demandé plus de temps et a eu un effet moins éclatant sur moi, mais j'ai été convaincue de mon intérêt pour V.W. Phrases amples, texte impressionniste, enveloppé et enveloppant… C'était pour me plaire. Mon souvenir a un peu vieilli, mais, comme on vient de m'offrir le bouquin en anglais, ce sera une bonne façon de le redécouvrir (enfin avec difficultés pour moi, qui parle très peu anglais, mais c'était aussi le but de ce cadeau que de me faire progresser). J'ai bien aimé certains passages, et le personnage de Miss Kilman.

Les Vagues : l'un de mes préférés. Une écriture encore différente, texte épais, chaque page me semblait dense, chargée en couleurs jusqu'à devenir sombre. De l'enfance à la vieillesse, à la mort et contre la mort, six voix cohabitent, se répondent, évoluent côté à côte, se séparent. J'y trouve une méditation, non seulement sur le temps, la vie, mais aussi sur l'autrui, l'être au monde. Si ces différentes voix peuvent être interprétées comme émanant d'un seul être, finalement commun à tous les personnages, réduits à des facettes, des existences changeantes, mouvantes, je les ai également comprises en tant que solitudes, monologues vers les autres - d'où une méditation sur nos rapports et nos séparations d'avec les autres, quelle part de communication à compter dans cette voix profonde, continue, intérieure, quelle part de relation à autrui, de véritable communion, dans cette solitude.
Il y a de très beaux passages, dommage que je n'aie pas le livre ici.

En ce qui concerne Au phare, je suis d'accord avec ce qui a été dit, "plus dynamique, plus touchant"… ; même si personnellement ce n'est pas à lui que j'accroche en premier, je pense que l'on peut dire en toute objectivité qu'il s'agit peut-être de son meilleur.

Peut-être trop fantaisiste à mon goût, j'ai moins apprécié Orlando.

Nuit et Jour : de facture plus classique, un chassé-croisé amoureux… J'appréhendais un peu ma lecture, et finalement, je n'ai pas été subjuguée par ce roman, mais une bonne surprise tout de même.

La chambre de Jacob : celui qui m'a le plus émue, bouleversée ; sans doute également parce qu'il me rappelait quelqu'un, je me suis sentie tout au long accaparée par la destinée et les faits et gestes du personnage, lequel est avant tout, même absent, surtout absent, une présence, irréductible, dans le texte et aussi dans les esprits (et les coeurs). Je ne sais pas pour les autres lecteurs, mais à la fin j'étais sans voix. Issue perturbante, révoltante. Pour ne rien dévoiler, je ne préciserai pas.

Le recueil de nouvelles variées, plus ou moins longues, achevées ou pas, La fascination de l'étang ; il m'a bien plu, plus accessible et donc peut-être à conseiller à qui aurait laissé tomber un de ses romans.

Et bientôt le mince Elles, reçu pour Noël. 😜

https://www.youtube.com/watch?v=E8czs8v6PuI
4 ou 5 ans plus tard après avoir créé ce topic, elle ne me fait plus le même effet, elle s'est éloignée, laissant la place à d'autres et je ne m'en sens plus si proche que ça et elle me paraît d'un intérêt moindre.
Notre rapport aux auteurs étant très lié au temps.
Disons que pour moi Virginia Woolf, c'est une forme d'errance poétique urbaine, d'indécision de l'existence et maintenant je suis plus dans l'action (d'un point de vue intellectuel parce que corporellement parlant je suis une grosse loque).
Mais j'aime assez, pour le côté spleenetique et voyage immobile surtout. Quand on me dit Virginia Woolf, j'ai l'image de Nicole Kidman avec son faux-nez pour le rôle dans "The Hours" (très beau film).
Par contre, erreur impardonnable de ne pas avoir mis Les vagues. C'est aussi l'un de mes préféré, et même mon préféré après Mrs Dalloway. Et La traversée des apparences, il n'y a pas que le titre qui est beau, aussi le contenu.

Merci de cette belle sélection en tout cas.

Du coup, en cliquant sur ton lien, je suis tombé sur l'adaptation de Mrs Dalloway avec Vanessa Redgrave. 🙂

"Look Septimus, look!"

C'est fou, en repensant à une description woolfienne d'une errance londoniennes, j'ai fait le rapprochement avec les chroniques d'Avital Ronell sur New York dans L'impossible et maintenant je vois quelques similitudes entre nos deux gredines (même s'il y a au moins autant de dissemblances) mais ça tient la route à pas mal de niveaux et ça vaudrait le coup de faire une petite étude comparative, juste comme ça. Bien mené, ça pourrait être très sympa, en rapprochant des textes ect…toutes deux des reines de l'intertextualité en plus. 😀
Spartacus a écrit : Et La traversée des apparences, il n'y a pas que le titre qui est beau, aussi le contenu.
Oui, mais c'est une traduction… le titre original - The Voyage out - l'est aussi, cela dit.
Ah oui! En tout cas, voir le film Mrs Dalloways me fait vraiment plaisir (ça me repose de l'élaboration de mon mémoire sur Jean-Paul Sartre), comme j'ai lu souvent le livre et que c'est vraiment adapté fidèlement, je le regarde en anglais sans aucun effort, je trouve les acteurs vraiment bon (celui qui joue Septimus particulièrement) la scène du parc a ravivé l'émotion. A voir!

[Lien invalide.]
Virginia (que je ne l'ai lue qu'en traduction) fait pour moi partie des plus grandes.
Elle était un peu jalouse de Katherine Mansfield (que j'aime beaucoup aussi), en tout cas, elle se renseignait sur ses publications.

Un interview (unique) de Virginia ici => [Lien invalide.]
Fandixhuit,
j'avais posté en fin de message The recorded voice of Virginia Woolf. 🙂
Je n'ai pas lu Katherine Mansfield, il faudra vraiment que je m'y mette.
Virginia Woolf était très sensible à la critique qui suivait la publication de ses oeuvres, et pouvait se montrer plutôt dure envers ses contemporains. Elle était également admirative de l'écriture de Proust.
J'avais commencé son Journal il y a un temps.
Spartacus a écrit :4 ou 5 ans plus tard après avoir créé ce topic, elle ne me fait plus le même effet, elle s'est éloignée, laissant la place à d'autres et je ne m'en sens plus si proche que ça et elle me paraît d'un intérêt moindre.
Notre rapport aux auteurs étant très lié au temps.
Eh oui, moi-même, sans pour autant la délaisser absolument, j'ai eu le temps de m'enthousiasmer pour d'autres auteurs et mon rapport à elle a évolué également. Je ne pense pas aimer moins ses oeuvres, peut-être qu'au contraire, le recul me permet et me permettra de mieux les apprécier et de mieux les comprendre, mais elle s'intègre maintenant davantage dans un ensemble d'auteurs, en conservant son charme propre (et mon affection se ravivera sans doute à la lecture). J'imagine que c'est un processus normal.
Puis, je n'éprouve pas le même goût pour tous ses livres (fort différents les uns des autres, je trouve) et je peux avoir certaines réserves. Mais il reste que son écriture m'intéresse et me parle, en tous les cas. Je relirai certainement Entre les actes, Les Vagues, Au Phare, et l'émouvant La chambre de Jacob. Et avant tout Mrs Dalloway en anglais.

J'ai vu The Hours, et ce que j'ai préféré est la bande originale conçue par Philip Glass. 😜 J'avoue que mon goût pour le support filmique n'est pas très développé, et ma culture cinématographique est proche de zéro. En fait, je ne garde pas un merveilleux souvenir du livre adapté, le The Hours de Michael Cunningham, même si je trouve l'idée originale et intéressante ; et pour ce qui est du film, j'en garde une impression, certes de beauté et d'émotion, mais aussi de "trop"… Trop poseur peut-être, du silence postiche, comme le fameux nez de Nicole Kidman… Et pour le coup, la musique en rajoute une couche.
Mais peut-être suis-je trop critique…

Merci pour le lien en tous cas ; j'étais passée à côté de cette adaptation de Mrs Dalloway et je suis curieuse de voir ce que ça donne.
Pour le coup je n'aime pas trop la voix de Virginia Woolf que je trouve vachement "aristocrate" et pédante (mais c'est peut-être l'anglais qui fait ça…)

Je préfère la voix de Marguerite Duras que j'écoutais aussi l'autre jour…rien à voir avec la voix de Jeanne Moreau qui incarne pourtant Marguerite Duras dans le film (nul et creux comme tout les films de cette cinéaste) de Josée Dayan : (Cet Amour là).
Je pensais en regardant le thème de The Hours que cela serait déprimant. J'ai quand même regardé mais Virginia Woolf ou pas j'ai trouvé le film pesant et ennuyeux.

Vu que Virginia Woolf s'est intéressée à l'écriture et que la mode dans son cercle d'intellectuels était de disséquer férocement les personnalités diverses, il n'est pas surprenant qu'elle ait critiqué les écrivains dans ses articles publiés dans les journaux célèbres de son temps.

Pour ce qui est de l'enregistrement, il est ancien et cela affecte la sonorité de la voix. Quand on restaure un vieux film en noir et blanc, on restaure aussi les voix et notre perception change.
Woolf ne faisait pas partie de l'aristocratie mais plutôt de la classe moyenne supérieure, capable financièrement d'envoyer aux meilleures universités Oxford ou Cambridge, les fils d'une famille .
Cette classe utilise la prononciation qui servait de référence dans la première partie du XXe en Grande Bretagne, la prononciation utilisée dans les meilleures public schools et les universités célèbres.
Ah nan mais c'est pas possible : ne pas aimer The Hours, c'est quand même un gros manque de sensibilité. C'est comme ne pas aimer Amour de Haneke.
J'ai lu Mrs Dalloway il y a un mois.Je trouve que Virginia Woolf est un femme de talent mais je lui préfère Jane Austen.
J'avais débuté un Jane Austen il y a quelques années, mais j'avais moyennement accroché… Je ne sais plus lequel c'était. Je prendrai le temps de retenter, à l'occasion.

Sinon, j'ai passé un bon moment devant cette adaptation de Mrs Dalloway… Peut-être meilleur que devant The Hours 😜
En aparté sur Jane Austen : il est difficile de ne pas trouver plaisant Orgueil et préjugés ou Persuasion. Pour soigner une ancienne et mauvaise impression, on peut aussi administrer le télefilm de la BBC Orgueil et préjugés
bonjour,

Pour ma part je découvre cette auteure. J'ai préféré commencé par des livres évoquant d'abord ce qu'elle a été comme Ce que je suis en réalité demeure inconnu. Mais aussi Une chambre à soi et Les femmes de Virginia Woolf. C'est un réel coup de cœur, j'ai hâte de lire autre chose, j'ai pensé continué avec La fascination de l'étang vous connaissez ?
@ Ines
J'ai lu La fascination de l'étang, qui est un recueil de nouvelles de longueurs et de tonalités variées ; personnellement il m'a plu oui. Quand tu souhaiteras découvrir l'un de ses romans, si tu ne te sens pas de t'atteler tout de suite au fameux Mrs Dalloway je te conseillerais Entre les actes, moins connu, plus court, plus accessible, mais néanmoins excellent, à mon avis. C'est celui qui m'aura donné envie de découvrir le reste de son œuvre.

@ Portia
Je tenterai donc l'un de ces deux-là.