Un Français, un Anglais; le français (la langue française)…
Doit-on écrire: un Noir ou un noir; un Blanc ou un blanc quand il s'agit d'un individu?
Doit-on écrire: un Noir ou un noir; un Blanc ou un blanc quand il s'agit d'un individu?
19 réponses
Avec ou sans majuscule ?https://www.slate.fr/story/52115/noir
L’hésitation à nommer concerne aussi la façon dont on écrit «un Noir», avec une majuscule ou sans. A l’AFP, Omar Sy est «le premier noir» à remporter un César, mais pour Le Monde, c’est «le premier Noir». La majuscule est normalement réservée aux nationalités et aux peuples, mais le Grevisse note que l'on met souvent la majuscule à «des noms qui désignent des groupes humains d'après la couleur de leur peau». […]
A l’AFP, Omar Sy est «le premier noir» à remporter un César, mais pour Le Monde, c’est «le premier Noir».Plutôt que de se demander s'il faut ou non une majuscule, il faudrait souligner le caractère scandaleux d'un tel libellé ! et donc, s'abstenir d'écrire de pareilles horreurs…
III. N. 1. Personne appartenant à une population dont l'un des caractères physiques est la couleur sombre de la peau. Un Noir, une Noire. L'esclavage, la traite, l'émancipation des Noirs.Le TLFi, dans son art. "Nègre" utilise, à maintes reprises, l'initiale majuscule ("Noir"), sauf ici :
https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9N0525
I. Subst. masc.Il s'agit bien pourtant d'un substantif, et non d'un adj.
A. Homme de race noire. Nègres et mulâtres! (…)
[…]
Rem. Nègre, employé en parlant des pers. a eu des connotations péj. et, à ce titre, s'est trouvé concurrencé par noir qui est moins marqué (voir HUGO, loc. cit.). Actuellement nègre semble en voie de perdre ce caractère péj., probablement en raison de la valorisation des cultures du monde noir (v. négritude). https://www.cnrtl.fr/definition/n%C3%A8gre
Avec majusc. : Nous étions des étrangers […], mais l’étions-nous parce qu’Allemands ou parce que Juifs ? ( Cl. Malraux, Apprendre à vivre, p. 189). — Nous visitâmes la synagogue où viennent en pèlerinage des Juifs du monde entier ( Beauvoir, Force des choses, p. 201). Etc. — La majusc. est constante pour le peuple de l’Antiquité, par ex. dans les trad. de l’Évangile.
Avec minusc. : Trois agents français gardaient des juifs prisonniers (Cl. Mauriac, Espaces imaginaires, p. 237). — Une juive antisémite (Étiemble, C’est le bouquet ! p. 282). — On ne peut définir un juif que par sa religion, ou par celle de ses ancêtres (A. Lwoff, Jeux et combats, p. 151). Etc.
En effet, les chrétiens, les musulmans et les bouddhistes ont toujours été trop divers pour former vraiment des groupes ethniques, contrairement aux Juifs. Cela vient sans doute du fait qu'ils sont beaucoup plus nombreux que les Juifs, donc moins homogènes, avec une conscience ethnique quelque peu diluée, en tout cas à l'échelle planétaire.C'est un festival…
"SubstantifPour ma part, la réflexion de Claude Ribbe me semble ici, comme bien souvent chez lui, complètement exagérée. Il faut dire qu'il abuse parfois de discours politique. En effet, les "races" existent dans la langue française (cf l'Académie) même si elles ne concernent pas une classification scientifique. C'est-à-dire que, bien sûr, dans un congrès d'anthropologues, on n'emploiera pas le mot race qui n'aurait là aucun sens, mais, dans le langage courant de gens non anthropologues, le terme de race définit une vague appréciation de gens selon des évidences sensuelles (la vue, voire "les bruits et les odeurs" pour certain buveur de 1664). De même que l'on peut parler de la race des blonds ou ce celle des idiots.
A.− Blanc, blanche. Homme, femme de race blanche. La traite* des blanches :
27. … comment la dissemblance du nègre et du blanc accuserait-elle autre chose que la diversité de leur histoire religieuse, politique et naturelle? Lacordaire, Conf. de Notre-Dame,1848, p. 219.
28. Notre seul espoir est que les psychologues découvrent quelque jour des « tests » qui élimineront le facteur de l'éducation, pour établir des comparaisons entre les blancs et les races exotiques. R.-H. Lowie, Manuel d'anthropol. culturelle,1936, p. 17."
"Par analogie avec les gentilés dérivés de noms propres, on met souvent la majuscule à des noms qui désignent des groupes humains, par ex. d’après la couleur de leur peau ou d’après l’endroit où ils résident (lequel n’est pas désigné par un vrai nom propre).(C'est moi qui graisse.)
Des Noirs en file indienne (Malraux, Antimémoires, p. 163). — Les femmes ne sont pas comme les Noirs d’Amérique, comme les Juifs, une minorité (Beauvoir, Deux. sexe, t. I, p. 17). — L’Asie rassemble la plus grande partie des Jaunes de la planète (Grand dict. enc. Lar., art. Asie)."