Le conditionnel est-il un mode ?

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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On a toujours appris que le conditionnel était un mode (qui exprime l'irréel entre autres), mais depuis mes cours de fac, ma vision a un peu changé, et je considère le conditionnel comme un temps de l'indicatif.
La raison en est étymologique d'abord: le conditionnel n'est rien d'autre que le futur, mais avec les terminaisons de l'imparfait. C'est à dire que la valeur première du conditionnel, est celle, trop souvent considérée comme secondaire, de futur dans le passé. C'est avant tout un temps qui est utile pour la concordance des temps, à l'indicatif. Or cette valeur n'a absolument pas disparu. La deuxième raison est d'ordre logique. Si un temps peut être employé de manière modale, je vois mal en revanche comment un mode pourrait devenir soudain un temps dans un autre mode.

Ex: si j'étais riche, je serais charitable.

Le conditionnel exprime un irréel, mais l'imparfait tout autant. Alors pourquoi l'imparfait ne pourrait il pas de la même manière être considéré comme un mode, qui a aussi une valeur parfois de passé? Il me semble plus rationnel de considérer somme toute que le conditionnel présent et passés sont deux temps de l'indicatif, et qu'ils ont souvent une valeur modale.
On peut aussi citer l'emploi particulier du conditionnel comme "futur dans le passé". Exemple : Pierre avait dit à Nathalie qu'il la rejoindrait dans la soirée.

Autre remarque sur un autre plan : dans les programmes scolaires de français, le terme conditionnel est placé entre guillemets, ce qui montre le débat naissant sur ce "mode".
Ceci n'est pas un emploi particulier, mais la valeur première du conditionnel.
On m'a appris le conditionnel comme un temps !
Mode ou temps ?
Le terme même de conditionnel est contesté à cause des nombreux usages autres que le fait soumis à une condition.
[…]
https://fr.wikipedia.org/wiki/Conditionnel
Bonjour.

Une question, s'il vous plait.

Quel est le sens de cette phrase :
"Comment pourrais-je t'aider ?"

1) Je veux t'aider, parle-moi comment je peux t'aider.

2) Malheureusement, je n'ai pas de moyen de t'aider.


Merci, d'avance.
Tout dépend du contexte…
Les deux significations sont possibles.

"Comment pourrais-je t'aider ?"
1) Je veux t'aider, dis-moi de quelle manière je peux le faire.
2) Je voudrais bien t'aider, mais je doute de pouvoir le faire.
Alor, je ne dirai pas "Comment pourrais-je remercier" mais "Comment pourrais-je remercier".

Comment pourrais-je te remercier, Jehan ! 🙂

Amicalement.

Une incidente à propos du conditionnel. Lorsque j’étais enfant, on apprenait (par cœur évidemment) le conditionnel à la suite du futur, le considérant comme un temps. Aujourd’hui, le conditionnel est devenu un mode.

Quelqu’un(e) en saurait-il la raison ? Les anciens maîtres et maîtresses d’école faisaient-ils une erreur ? Ou bien les grammairiens se sont-ils penchés sur la question ?

Ou encore : autrefois, la question de temps et de mode était-elle moins nuancée qu’aujourd’hui ?

C’est étrange, j’ai en fait appris le contraire : le conditionnel était enseigné comme un mode distinct, et non comme un temps de l’indicatif.

La Grammaire pratique du français d’aujourd’hui, de G. Mauger (Hachette 1968) écrivait d’ailleurs dans une longue note (p. 231) que le conditionnel faisait partie des six modes traditionnellement enseignés, mais que de nombreux linguistes le considéraient comme un temps de l’indicatif. Conclusion de ladite note :

En fait, il nous semble que le conditionnel n’est ni un mode à part ni un temps particulier, ou plutôt qu’il est à la fois, et selon les cas, mode et temps. Nous avons donc préféré, dans un ouvrage qui se voudrait surtout pratique, ne pas porter atteinte aux positions traditionnelles, qui ont elles aussi leur justification, et maintenu le conditionnel parmi les modes, tout en insistant sur les liens qui l’unissent à l’indicatif.

Lire les messages précédents de cette discussion

Cette histoire de temps/mode est très intéressante et a priori plutôt compliquée. J’espère ne pas écrire trop de bêtises dans ce qui suit.Il n’y a pas, en latin, de mode/temps "conditionnel" : c’est le subjonctif qui est employé. En allemand (je parle sous le contrôle de @fandixhuit), ce que l’on appelle "conditionnel" en français est appelé "Konjunktiv 2" par opposition au "Konjunktiv I", plus proche de notre usuel subjonctif, mais avec des emplois différents. Notez aussi aussi que le terme "conjonctif" a été utilisé en grammaire française pour désigner… le subjonctif. En anglais, le "conditionnel" existe… le subjonctif aussi (qui se rapproche du "Konjunktiv I")… mais qui semble en voie de disparition ("God save the Queen" : subjonctif volitif, et non : "God saves the queen" indicatif factuel). Notez aussi, pour rejoindre la problématique conditionnel/subjonctif que ce que l’on appelle usuellement un "conditionnel passé seconde forme" n’est rien moins… qu’un subjonctif plus-que-parfait dans la conjugaison française.J’ai longtemps cherché une histoire des grammaires du français. J’insiste bien : une histoire DES grammaires, pas une histoire de la grammaire. J’avais fini par mettre la main sur un "Que sais-je"… mais impossible de remettre la main dessus. Il a dû stratifier dans un déménagement.

Intéressant…

Ce que se rappelle peut-être Fan18, ce sont les tableaux de conjugaison, dans lesquels effectivement le conditionnel venait généralement en dessous du futur. J’ai vérifié sur toutes mes grammaires anciennes, il était toujours présenté comme un mode, et souvent écrit avec une typographie différente de celle utilisée pour le futur, mais cela n’attirait pas forcément l’œil. Par ailleurs, je n’ai pas le souvenir que nos instituteurs insistassent particulièrement sur la notion de mode. On apprenait les conjugaisons et leur utilisation dans la phrase sans trop s’encombrer de notions grammaticales fines.

Complément, toujours sous la loupe de @Laoshi et de @poenulus … j’ai tendance à simplifier pour une plus grande utilité (?). Mais n’hésitez pas à me corriger si vous trouvez mon post hérétique ;-)Le latin distingue : l’irréel ("en gros", ce serait notre actuel conditionnel), le potentiel ("en gros", ce serait notre actuel subjonctif), le réel ("en gros", ce serait notre actuel indicatif). Mais, pour chacune de ces 3 idées/concepts, il distingue aussi "l’aspect" : action réalisée (en cours de réalisation), à réaliser. Avez-vous jamais compté combien de temps existent en français, tous modes confondus ? J’en compte 17 ! Auxquels j’en rajoute 4 si j’y rajoute infinitfs et participes.

Très bien, merci pour ces explications. Dudule, excellentes réminiscences germaniques ! Mais pour les élèves, on utilisait le terme Subjonctif 1 (obligatoire pour le style indirect) et subjonctif 2 (temps de l’irréel - comme en latin -, notre conditionnel).

En fait, la "bonne" (???) question serait plutôt de se demander ou de définir ce qu’est un mode par rapport à un temps. J’imagine que beaucoup y ont déjà réfléchi ;-)Quitte à parler de conjugaison, je vous invite à farfouiller autour de l’histoire de ce temps qu’est le simple futur. C’est passionnant. C’est un des petits grains de sable, avec le passif, qui va finir par faire s’effondrer le très carré système de conjugaison latine classique.

Bonjour à tous.Pour ma part, comme Jehan et Lamaneur, j’ai appris et transmis à mes élèves les notions traditionnelles qui ont été valides un certain temps.En français:Un mode indicatif comportant quatre temps simples (dont un inusité de nos jours à l’oral) et quatre temps composés.(dont un inusité à l’oral)Un mode subjonctif comportant quatre temps ( deux simples et deux composés, dont deux quasiment inusités à l’oral).Un mode conditionnel comportant trois temps (dont un inusité à l’oral, et se confondant avec le subjonctif plus-que-parfait inusité également de nos jours à l’oral)Un mode infinitif comportant deux temps un présent et un passé.Un mode participe comportant deux temps un présent et un passé un mode impératif, comportant deux temps un présent et un passé et n’existant pas à toutes les personnes.En gros, si je n’ai rien oublié, j’arrive comme Dudule à une vingtaine de temps. En latin, le conditionnel français se traduit par le subjonctif.On distingue :-le potentiel qui correspond à peu près au conditionnel présent et se traduit par le subjonctif présent. (J’aimerais bien… et c’est possible)-l’irréel du présent qui correspond à peu près au conditionnel passé dit première forme. ( J’aurais bien aimé… Mais en ce moment ce n’est pas possible)-l’irréel du passé qui correspond à peu près au conditionnel passé dit deuxième forme. ( action non réalisée dans le passé. J‘eusse aimé arriver à temps.Tel ne fut pas le cas) La terminologie peut varier selon les langues. En grec ancien, on connaît un mode optatif. Pour les temps, on peut parler de prétérit, d’aoriste, de parfait…Il est bon de bien repérer à quoi correspondent tous ces modes et ces temps.

Oui, je suis bien d’accord avec cette conclusion. Le problème (qui fait l’intérêt de la chose) c’est qu’il n’y évidemment pas de correspondance bijective entre les temps des différentes langues ;-) et pas non plus dans leurs usages possibles. J’ai l’impression que la seule notion commune qu’on puisse trouver est celle d’aspect, notion qui n’est pas vraiment enseignée en français.

Non, la notion d’aspect concerne effectivement davantage une langue comme le russe et nous déroute.

La distinction infectum/perfectum en latin (ou autres), c’est bien une notion d’aspect, non ?

Sans doute mais en français on accorde la prévalence au temps par rapport à l’aspect.L’aspect accompli/inaccompli, perfectif/imperfectif, n’est pas exprimé de la même façon en français et dans d’autres langues. L’anglais a le présent progressif que nous n’avons pas, le russe opère une différence morphologique entre perfectif et imperfectif. Je serais incapable sur l’instant d’entrer dans des considérations grammaticales compliquées concernant les aspects dans différentes langues, mais il est clair qu’en français c’est le temps qui prévaut.