…que ce nazisme-là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il est sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.
C'est bien
qu'il est sourd ?
Ne serait-ce pas plutôt
qu'il sourd, en gradation avec
qu'il perce, qu'il goutte ?
Voyons votre problématique :
En que ce texte argumentatif présente-t-il un message universel en faveur du progrès de l'Humanité ?
Avez-vous bien lu ? Ce texte n'est pas en faveur, il est
contre,
Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur. Le progrès de l'Humanité n'est pas le sujet, et le message n'est pas universel, il est circonstanciel, écrit en 1950, pendant que la France, à peine rentrée de Madagascar, où elle s'est livrée à une répression sanglante (1947) est engagée dans
la sale guerre d'Indochine qui ne devait s'achever qu'en 1954… juste à temps pour enchainer sur les
évènements d'Algérie (1956). 1950, la France a encore son Empire (c'est ainsi que l'on appelait les colonies…), mais pas pour longtemps, les révoltes armées annoncent le commencement de la fin : la décolonisation se fera en 1960.
Ce texte est un texte politique, destiné à renvoyer la charge de la culpabilité des colonisés au colonisateur.
C'est également une réponse à la propagande effrénée sur l'oeuvre de civilisation de la France dans ses colonies. J'étais enfant, et je me souviens comme on nous exaltait à l'école ces grands bâtisseurs !
Certes, vous pouvez élargir en conclusion du progrès immédiat de l'Humanité en France au progrès général de l'Humanité dans le monde, mais ce n'est pas le coeur du texte.
N'oubliez pas non plus que c'est un texte littéraire, dont l'auteur, agrégé des Lettres Classiques est nourri de rhétorique antique. Dans un premier temps, vous pourriez analyser comment le texte est conforme au canon classique. En tous cas, il n'y a pas dedans un gramme de persuasion, tout est conviction.