Césaire, Discours sur le colonialisme

Entraide scolaire

44 réponses · Page 2 / 3

Bonjour,

Ce texte est une argumentation qui veut dénoncer les méfaits de la colonisation.
Césaire oppose les vices d'une domination inhumaine aux prétendus progrès de la civilisation apportée par les colons.
Il oppose un matérialisme destructeur à d'anciennes traditions qui plaçaient l'homme au coeur de leurs préoccupations.

Voilà le canevas qui doit te permettre d'organiser tes idées en tableau.
oohhh


d accord j ai compris

merci beaucoup !

et peux vous me dire c est quoi une topographie ?

merci ! 😀
Bonsoir,

La topographie est l'art de la mesure puis de la représentation sur un plan ou une carte des variations (naturelles ou artificielles) du terrain en hauteur, largeur, profondeur. Le résultat est généralement une carte.
merci !!!

est-ce que ce problemeatique ca va ?


EN QUOI PEUT T ON DIRE QUE CE TEXTE EST UNE ARGUMENTATION QUI VEUT DENONCER LES MEFAITES DE LA COLONISATION ?

est ce que on peut mette une problematique comme celle la ?
Bonjour,

Cette problématique est un bon début. Il faut en préciser les termes.
Regarde en quoi ce texte appartient au discours épidictique, en quoi il est un éloge ou un blâme.
EN QUOI PEUT T ON DIRE QUE CE TEXTE EST UNE ARGUMENTATION QUI VEUT DENONCER LES MEFAITES DE LA COLONISATION ?
C'est une question pertinente, mais ce n'est pas une problématique, car elle ne met en évidence aucun problème.
Le problème littéraire, c'est d'observer comment le nègre Césaire (c'est lui qui se désigne ainsi) s'est approprié la rhétorique la plus classique, la plus cicéronienne, pour la retourner contre les colonisateurs.
Autrement dit, il déclare que la colonisation n'est pas une civilisation, mais il est lui-même civilisé au point de passer l'agrégation des Lettres Classiques.
Il y a donc là une contradiction : il rejette, mais il a assimilé.
bonjour cet après midi ma prof de francais a dit le mot : occurrence. cela concernait cette phrase du discours sur le colonialisme d'aimé Césaire.. mais je ne vois pas ce que c'est …
"Mais parlons des colonisés […]
Sécurité ? Culture ? Juridisme ? En attendant, je regarde et je vois, partout où il y a, face à face, colonisateurs et colonisés, la force, la brutalité, la cruauté, le sadisme et le heurt et, en parodie de la formation culturelle, la fabrication hâtive de quelques milliers de fonctionnaires subalternes, de boys, d'artisans, d'employés de commerce […]
merci de votre aide
Bonjour,
En linguistique, l'occurrence d'un mot est son apparition dans un corpus. Pour dater l'apparition d'un mot dans une langue, les lexicographes cherchent la première occurrence de ce mot : on dit que le mot est attesté à telle ou telle date.
[…]
https://fr.wikipedia.org/wiki/Occurrence
On peut donc émettre deux hypothèses :
- le texte présente deux occurrences de "colonisés",
- Césaire serait le premier à avoir utilisé le mot substantivé.
Bonjour à tous,

Je n'arrive pas à cerner le contexte du Discours sur le colonialisme… On pourrait parler du colonialisme mais il est écrit en 1955…

Merci d'avance !
Consultons Wikipédia :
Le Discours sur le colonialisme est un pamphlet anticolonialiste d'Aimé Césaire publié pour la première fois par Réclame, maison d'édition liée au Parti communiste français, le 7 juin 1950, avec une préface de Jacques Duclos. Aimé Césaire, dans cette édition, avait choisi de mettre en exergue, cette phrase du dirigeant communiste : « Le colonialisme, cette honte du XXe siècle ».
1950, c'est en pleine guerre d'Indochine (1947-1954) qui divise les Français. Les communistes sont partisans de négocier et de rendre son indépendance à cette colonie.
Le pamphlet de Césaire, lui-même communiste, s'inscrit donc dans ce contexte politique.
Voila, j'ai un commentaire à rendre dans quelques jours et étant donné la difficulté du texte, je voulais juste avoir quelques éclaircissements ainsi que votre avis sur mon plan… 😀

Le texte à commenter est le suivant :

Texte 18 : Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme 1950

Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viêt-Nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.

Et alors, un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.

On s’étonne, on s’indigne. On dit : « Comme c’est curieux ! Mais, bah ! C’est le nazisme, ça passera ! » Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme-là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il est sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.

Suite à la lecture de ce texte, je me suis constitué la problématique suivante :

En que ce texte argumentatif présente-t-il un message universel en faveur du progrès de l'Humanité ?


Le plan serait :

I/ Des prouesses argumentatives sans faille
a. Structure du texte
b. Les indices de l'énonciation
c. La persuasion (figures de style, oralisation, dramatisation, rythme…)

II/ Une critique de la Colonisation
a. L'oppression exercée sur les peuples colonisés
b. La passivité de la France
c. Un colonisateur auto-détruit

III/ Un message universel en faveur du progrès de l'Humanité
a. Information / responsabilité du lecteur
b. ???
c. ???


Ce plan vous semble-t-il bon ? Avez-vous des idées pour la suite su III/ ? Je ne sais pas trop si le III/ est assez large pour que je trouve assez d'élements dans le texte mais il me semble tout de meme tres interessant… Qu'en pensez-vous ?


Toute réponse est la bienvenue 🙂
…que ce nazisme-là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il est sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.
C'est bien qu'il est sourd ?
Ne serait-ce pas plutôt qu'il sourd, en gradation avec qu'il perce, qu'il goutte ?

Voyons votre problématique :
En que ce texte argumentatif présente-t-il un message universel en faveur du progrès de l'Humanité ?
Avez-vous bien lu ? Ce texte n'est pas en faveur, il est contre, Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur. Le progrès de l'Humanité n'est pas le sujet, et le message n'est pas universel, il est circonstanciel, écrit en 1950, pendant que la France, à peine rentrée de Madagascar, où elle s'est livrée à une répression sanglante (1947) est engagée dans la sale guerre d'Indochine qui ne devait s'achever qu'en 1954… juste à temps pour enchainer sur les évènements d'Algérie (1956). 1950, la France a encore son Empire (c'est ainsi que l'on appelait les colonies…), mais pas pour longtemps, les révoltes armées annoncent le commencement de la fin : la décolonisation se fera en 1960.
Ce texte est un texte politique, destiné à renvoyer la charge de la culpabilité des colonisés au colonisateur.
C'est également une réponse à la propagande effrénée sur l'oeuvre de civilisation de la France dans ses colonies. J'étais enfant, et je me souviens comme on nous exaltait à l'école ces grands bâtisseurs !

Certes, vous pouvez élargir en conclusion du progrès immédiat de l'Humanité en France au progrès général de l'Humanité dans le monde, mais ce n'est pas le coeur du texte.

N'oubliez pas non plus que c'est un texte littéraire, dont l'auteur, agrégé des Lettres Classiques est nourri de rhétorique antique. Dans un premier temps, vous pourriez analyser comment le texte est conforme au canon classique. En tous cas, il n'y a pas dedans un gramme de persuasion, tout est conviction.
Bonjour,

Merci pour tes commentaires ! 🙂

En fait, le truc, c'est que je voudrais faire un troisième axe et je n'y arrive pas du tout… As-tu une idée ?

Aussi, j'ai lu quelque part que Césaire citait aussi les arguments des colonisateurs, puis les arguments contre pour ensuite clairement se ranger derrière ces derniers. Est-ce visible depuis ce texte ?

Voila ma nouvelle problématique :

En quoi ce texte argumentatif propose-t-il une critique virulente de la Colonisation, autant pour les colonisateurs que pour les colonisés ?

merci encore

Et que penses-tu du plan suivant ? :

1) Une argumentation efficace
2) Faisant face à l'ignorance française
3) Permettant à l'auteur de proposer une critique virulente du Colonialisme
Voila ma nouvelle problématique :
En quoi ce texte argumentatif propose-t-il une critique virulente de la Colonisation, autant pour les colonisateurs que pour les colonisés ?
Ce n'est pas ce que j'appelle une problématique, c'est une question, qui mène droit à la paraphrase. Que la critique soit virulente, il suffit de lire pour le voir !
Ce n'est pas non plus une question littéraire, puisqu'elle n'interroge pas sur les procédés d'écriture.

Ce que je vois de problématique dans ce texte, c'est que la critique du colonialisme, le déni de la capacité civilisatrice s'exprime selon les procédés de la rhétorique antique, dans une culture transmise… par le colonisateur !
Il y a donc une forte tension entre ce qui est exprimé, et le fait que ce soit exprimé de cette façon précisément. C'est le paradoxe qu'exprime dans l'Aventure ambiguë de Cheikh Amidou Kane le personnage de la Grande Royale : il faut aller à l'école des Blancs acquérir la science des Blancs pour la retourner contre eux. La retourner contre eux, c'est en reconnaitre la valeur universelle.

C'est au nom des valeurs transmises par la France que Césaire dénonce l'action de la France dans son Empire. Là est la problématique.
L'écueil, c'est éviter la dialectique forme/fond : un texte puissamment charpenté (étude des procédés argumentatifs) dont l'existence même contredit la thèse.

Quant au plan :
1) Une argumentation efficace
2) Faisant face à l'ignorance française
3) Permettant à l'auteur de proposer une critique virulente du Colonialisme
ses trois parties se répètent : on ne peut étudier l'efficacité de l'argumentation sans étudier la critique, et le point 2 est pure paraphrase.

Commencez par une analyse du texte, en prenant pour fil conducteur les procédés rhétoriques, cela vous donnera votre plan.
Bonjour,
J'ai du mal à comprendre cet extrait du discours sur le colonialisme d'Aimé Césaire, en particulier la phrase en gras. Pourriez vous m’éclairer ?

J'ai bien compris l'ironie dans le premier paragraphe mais je ne comprend par trop le deuxième.
Merci par avance
Inoubliable, messieurs! De belles phrases solennelles et froides
comme des bandelettes, on vous ligote le Malgache. De quelques mots
convenus, on vous le poignarde. Le temps de rincer le sifflet, on vous
l'étripe. Le beau travail ! Pas une goutte de sang ne sera perdue !

Ceux qui en font rubis sur l'ongle, n'y mettant jamais d'eau. Ceux
qui, comme Ramadier, s'en barbouillent - à la Silène - la face; Fonlup-
Esperaber ( 3 ), qui s'en empèse les moustaches, genre vieux-Gaulois-à- la-
tête- ronde ; le vieux Desjardins penché sur les effluves de la cuve, et s'en
grisant comme d'un vin doux. La violence! celle des faibles. Chose
significative: ce n'est pas par la tête que les civilisations pourrissent.
C'est d'abord par le cœur.
Bonsoir

Je suis en 1ère et dois travailler sur le registre polémique dans le texte de Césaire, Discours sur le colonialisme. Il s'agit du passage où Césaire fait un parallèle entre la colonisation et ce qu'a fait Hitler (je met l'extrait à la fin du post).

Donc je sais que le registre polémique est présent dans les débats d'idées, que les propos sont souvent violents et agressifs et qu'il vise à choquer le lecteur. J'ai déjà trouvé quelques informations comme le champ lexical de la torture ou des procédés d'insistance (anaphore "on accepte" et métaphore filée "gangrène, infection, poison"), mais je ne sais pas quoi trouver d'autre et surtout comment interpréter ce que je trouve.

Je ne sais pas s'il faut que je parle de la structure de l'argumentation, d'ailleurs je n'arrive pas bien à la trouver, mise à part la thèse énoncée dans les premières lignes. Je n'arrive pas à sélectionner les informations du texte pour montrer que Césaire choque le lecteur, principe du registre polémique.

Si quelqu'un voudrait bien m'aider à analyser la polémique de ce texte, je serais très "contente"! Car je dois avouer que ça fait plus d'une heure que je suis dans la galère…

Merci d'avance et bonne soirée!

L'extrait:
Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au VietNam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées. de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de 1’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.

Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.

On s’étonne, on s’indigne. On dit : « Comme c’est curieux ! Mais, Bah ! C’est le nazisme, ça passera ! » Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’oeil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il est sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.

Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXème siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est que l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique.
Je suis en 1ère et dois travailler sur le registre polémique dans le texte de Césaire
La violence du style est à considérer, le caractère oratoire, les reprises, le champ lexical péjoratif qui s'attache au colonisateur.
Le texte apparaît tout d'abord comme un démonstration. (en bleu)
Le début peut paraître paradoxal.
Noter l'accumulation qui accompagne la critique.
Noter les reprises, autant de formes d'insistance. (en bleu)
Noter le rapprochement de l'atrocité et de la figure de la colonisation : La France.
Noter les gradations, la longueur de la phrase et son caractère oratoire (c'est bien un discours, même s'il est d'abord écrit)
Les images fortes d'un monde à l'envers.
Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral,

et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viet Nam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte,

il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend …

et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous cesmensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous cesprisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés,

au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.(monde à l'envers : les sauvages ne sont pas ceux qu'on croit)
….
La deuxième partie apparaît comme un juste châtiment.
Ici vient la comparaison avec le nazisme qui a été par la suite contestée, de même que le premier attachement de Césaire au Parti communiste)
C'est à nouveau comme une histoire horrible que raconterait l'auteur, mais aussi un juste retour des choses.
Noter la force des mots, le parallèle entre le bon chrétien et Hitler, ce parallèle qui doit susciter l'indignation et l'horreur, et qui se veut d'une logique implacable.
Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.
On s’étonne, on s’indigne. On dit : « Comme c’est curieux ! Mais, Bah ! C’est le nazisme, ça passera ! » Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous,on a fermé l’oeil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme là, on l’a cultivé,on en est responsable, et qu’il est sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.

Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXème siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est que l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique.
Bonjour,
Je suis en première et j'ai un Devoir à rédiger en francais sur le discours sur le colonialisme
La question est: Comment l'auteur dénonce t-il le colonialisme ?
J'aimerais savoir votre avis sur mon plan

Voici le texte:
J’admets que mettre les civilisations différentes en contact les unes avec les autres est bien ; que marier des mondes différents est excellent ; qu’une civilisation, quel que soit son génie intime, à se replier sur elle-même, s’étiole ; que l’échange est ici l’oxygène, et que la grande chance de l’Europe est d’avoir été un carrefour, et que, d’avoir été le lieu géométrique de toutes les idées, le réceptacle de toutes les philosophies, le lieu d’accueil de tous les sentiments en a fait le meilleur redistributeur d’énergie.Mais alors, je pose la question suivante : la colonisation a-t-elle vraiment mis en contact ? ou, si l’on préfère, de toutes les manières d’établir le contact, était-elle la meilleure ?
Je réponds non.
Et je dis que de la colonisation à la civilisation, la distance est infinie ; que, de toutes les expéditions coloniales accumulées, de tous les statuts coloniaux élaborés, de toutes les circulaires ministérielles expédiées, on ne saurait réussir une seule valeur humaine.

Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viêt-Nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.

On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer.
Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse.
Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme.
Mon plan:

I-Une critique sur le colonialisme

II-Argumentation utilisée

Ce plan vous semble-t-il bon ?
(Cherche quand même des informations sur Aimé Césaire, sur le contexte (date …)

Par le genre du discours et la situation de l'énonciation : qui parle à qui ?
Par une structure efficace qui connaît les arguments de l'autre
Par l'implication : "je dis que…", les exemples, la subjectivité du langage, la force du lexique
je ne vois pas ce que vous voulez dire par une structure efficace qui connaît les arguments de l'autre