On entend trop souvent :" Il faut pallier AU manque " ou " Pour pallier A l'absence de…"
Camus, cité par le petit Robert, a écrit : " On pallie généralement AU manque de matériel par des hommes ".
Cela ne me plaît pas du tout !
Cela ne plaît d'ailleurs pas non plus au Petit Robert, qui avant de citer Camus qualifie cette construction d' "incorrecte et critiquée".
Qu'il grandisse un peu, le Petit Robert.
On accepte les "nénufars" et les "ognons", et on renie les grands auteurs. D'un côté, on s'adapte ; de l'autre, on s'obstine.
Que celui qui n'a jamais "pallié à" me jette la première pierre (pas trop fort).
Petit Robert,
Pardonnez-nous nos offenses, comme vous pardonnez à ceux qui vous ont rectifié.
On accepte les "nénufars" et les "ognons", et on renie les grands auteurs.
On n'écrit plus
la campaigne ou
la montaigne, puisqu'on ne se sert plus depuis longtemps de la graphie
ign pour écrire le son [ñ]. Normal qu'
oignon rentre enfin dans le rang ( d'
ognon, bien sûr).
Quant au
ph de
nénuphar, il n'était même pas justifié par une étymologie grecque… Alors !
La construction "pallier à", elle, n'a rien à voir avec l'orthographe.
Le fait que le Robert la mentionne en citant Camus (même si c'est en signalant son incorrection) serait plutôt une preuve d'ouverture.
On considère la tournure comme incorrecte uniquement pour des raisons étymologiques, le verbe latin d'origine étant transitif
direct :
palliare = couvrir (d'un manteau)
Mais rien ne dit que cette "incorrection" sera toujours considérée comme telle dans quelques décennies.
Je suis d'accord sur l'absurdité d'écrire oignon, et ce d'autant que cela a entrainé des fautes de prononciations : certains disent "wagnons".
Jehan a écrit :On accepte les "nénufars" et les "ognons", et on renie les grands auteurs.
On n'écrit plus la campaigne ou la montaigne, puisqu'on ne se sert plus depuis longtemps de la graphie ign pour écrire le son [ñ]. Normal qu' oignon rentre enfin dans le rang ( d'ognon, bien sûr).
Quant au ph de nénuphar, il n'était même pas justifié par une étymologie grecque… Alors !
La construction "pallier à", elle, n'a rien à voir avec l'orthographe.
Le fait que le Robert la mentionne en citant Camus (même si c'est en signalant son incorrection) serait plutôt une preuve d'ouverture.
On considère la tournure comme incorrecte uniquement pour des raisons étymologiques, le verbe latin d'origine étant transitif direct : palliare = couvrir (d'un manteau)
Mais rien ne dit que cette "incorrection" sera toujours considérée comme telle dans quelques décennies.
Merci Jehan pour votre réponse instructive. La langue française n'étant pas ma langue maternelle, j'ai tendance à pêcher par excès de fidélité à l'enseignement de mes maîtres.
J'en profite pour vous demander de me conseiller un dictionnaire, pas trop volumineux, pour un usage courant : Petit Robert ? Petit Larousse ? Autre ? Merci d'avance.
anabase a écrit :Merci Jehan pour votre réponse instructive. La langue française n'étant pas ma langue maternelle, j'ai tendance à pêcher par excès de fidélité à l'enseignement de mes maîtres.
Vous vous débrouillez drôlement bien, dites donc ! Ah ! si je pouvais être aussi doué en anglais que vous l'êtes en français.
Une petite remarque si vous le permettez : c'est "p
écher par excès", à moins que votre excès ne vous donne des envies de poisson. 🙂
Pécher ! Mais oui, bien sûr, fidèlecastor ! Disons que c'est une faute de vieillesse ! Merci à vous.
Je n'avais pas vu votre question à propos des dictionnaires.
Je vous conseillerais le Petit Robert si vous êtes plutôt littéraire et le Petit Larousse si vous êtes plutôt scientifique.
ça tombe bien, je l'ai déjà le brave Petit Robert, mais il me déçoit parfois (ex : pallier à ) !
Merci à vous.
Pourquoi vous déçoit-il ?
Comme le dit Jehan, le Petit Robert précise bien que la citation d'Albert Camus est de construction "incorrecte et critiquée". Lui reprocherez-vous de trop vous informer ? 🙂
En tout cas, chez moi, c'est le seul dictionnaire qui ne prenne pas la poussière.