Camus, L’Étranger, II, 3 - J’étais un peu étourdi aussi par tout ce monde…

Entraide scolaire

14 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir,
Je suis une élève de 1ère S.
J'ai un commentaire littéraire à faire sur un extrait du chapitre 3 de la partie 2 de L'Etranger de Camus.
Voici l'extrait:
J'étais un peu étourdi aussi par tout ce monde dans cette salle close. J'ai regardé encore le prétoire et je n'ai distingué aucun visage. Je crois bien que d'abord je ne m'étais pas rendu compte que tout ce monde se pressait pour me voir. D'habitude, les gens ne s'occupaient pas de ma personne. Il m'a fallu un effort pour comprendre que j'étais la cause de toute cette agitation. J'ai dit au gendarme: «Que de monde!» Il m'a répondu que c'était à cause des journaux et il m'a montré un groupe qui se tenait près d'une table sous le banc des jurés. Il m'a dit: «Les voilà.» J'ai demandé: «Qui?» et il a répété: «Les journaux.» Il connaissait l'un des journalistes qui l'a vu à ce moment et qui s'est dirigé vers nous. C'était un homme déjà âgé, sympathique, avec un visage un peu grimaçant. Il a serré la main du gendarme avec beaucoup de chaleur. J'ai remarqué à ce moment que tout le monde se rencontrait, s'interpellait et conversait, comme dans un club où l'on est heureux de se retrouver entre gens du même monde. Je me suis expliqué aussi la bizarre impression que j'avais d'être de trop, un peu comme un intrus. Pourtant, le journaliste s'est adressé à moi en souriant. Il m'a dit qu'il espérait que tout irait bien pour moi. Je l'ai remercié et il a ajouté: «Vous savez, nous avons monté un peu votre affaire. L'été, c'est la saison creuse pour les journaux. Et il n'y avait que votre histoire et celle du parricide qui vaillent quelque chose.» Il m'a montré ensuite, dans le groupe qu'il venait de quitter, un petit bonhomme qui ressemblait à une belette engraissée, avec d'énormes lunettes cerclées de noir. Il m'a dit que c'était l'envoyé spécial d'un journal de Paris: «Il n'est pas venu pour vous, d'ailleurs. Mais comme il est chargé de rendre compte du procès du parricide, on lui a demandé de câbler votre affaire en même temps.» Là encore, j'ai failli le remercier. Mais j'ai pensé que ce serait ridicule. Il m'a fait un petit signe cordial de la main et nous a quittés. Nous avons encore attendu quelques minutes.
J'ai vraiment beaucoup de mal à dégager mes axes (qui doivent etre au nombre de 2 voir 3)
Je trouve ce texte assez "vide".. Pourtant je ne suis pas si mauvaise habituellement
Si vous y voyez plus clair que moi se serait gentil de m'éclairer =)
Merci bcp.
Angélique.


édit du 8 décembre:
Merci pour vos réponses.
Pour l'instant mes idées s'orientent vers la focalisation externe qu'emploie Camus et donc la façon dont Meursault semble spectateur, présent sans l'être. Ce qui me pose problème c'est sa façon de réagir, habituellement il n'est pas aussi "ouvert", dans cette scène il pose des questions, constate, il est presque émerveillé et j'ai du mal à m'exprimer sur cette idée..
Mon 2ème axe pourrait se baser sur l'environnement auquel il est confronté, il est le centre d'attention..
J'ai un peu de mal..
D'autres idées ? 🙂
Bonsoir,
Dans l'étranger, je pense que ce qui est très interessant c'est le point de vue et la focalisation interne du personnage. Ici tu pourrais étudier le personnage et son rapport au monde en formulant une problèmatique la dessus. Tu pourrais parler du fait que ce roman s'inscrit comme Camus le nommera dans le "cycle de l'asburde".
Alors pour tes parties, pense à la focalisation, au genre…
Ce vide n'est pas du néant. Si c'est de l'à côté, ce n'en est pas moins quelque chose, une vie, des gens qui travaillent, qui réagissent ou cherchent à réagir, qui font de l'émulation entre eux, qui cherchent à accrocher un public, à construire une histoire qui aura du succès, qui ont leur vie et que l'on côtoie, que l'on découvre en les côtoyant.
Et, par contrecoup, il y a une autre histoire, celle qu'ils ignorent, dont ils ne s'occupent pas, qui ne les intéresse pas vraiment. Et il y a un conflit entre les deux attitudes, les uns tirent d'un côté et on voudrait tirer de l'autre, sauf si l'on est stupéfait , impressionné…
Bonjour, j'ai moi aussi un commentaire littéraire à faire sur ce passage. Cela fait plus d'une semaine que je travaille dessus sans jamais trouver d'axes concrets pour enfin rédiger mon commentaire.
J'ai pensé qu'un axe pourrait d'écrire la façon dont Meursault se sent " d'être de trop" mais rien à faire pour la suite je n'est aucune idée.

Je m'y prend sûrement trop tard pour avoir de l'aide car je dois rendre ce commentaire demain =S, mais si quelqu'un aurait à me faire part de quelques idées le plus vite possible ça ne serait pas de refus.

Merci d'avance.
Bonjour Manon,

Allez, on va dire que c'est pas tout à fait trop tard.

Tu as le même passage qu'Angélique ou tu dois faire ce commentaire sur tout le chapitre III?

Quelques clés qui pourraient t'aider:
→ Pourquoi l'étranger? étrange car les gens ne le comprenne pas, étrange car différent, il pense différement, il n'agit pas comme les gens "devraient agir". Et enfin, il est étrangé à ce monde qui s'agite autours de lui… Et cela est tout particulièrement décris lors de son procès !
→ Les descriptions. Que décrit-il, pourquoi? qu'est-ce que cela renforce? met cela en lien avec les thèmes du livre.
→ "J'étais un peu étourdi aussi par tout ce monde dans cette salle close." L'importance de ce "dérangement physique" constant. l'étranger *subit* son environement, toujours.

évidemment, tout cela est lié. Hope this helps!
Whaou merci . Oui, le commentaire porte sur le même passage qu'Angélique.
J'avais pensé à développer les axes :
- Un personnage étranger à ce qu'il se passe autour de lui.
- Le personnage s'ouvre petit à petit au monde qui l'entoure.
- Pour quelle raison un homme aussi méconnu que Meursault devient-il un personnage si convoité par la presse.


Mais je pense que je n'aurais pas grand chose à dire dans les deux derniers actes =S et puis je vous avouerez que depuis 4h d'affilées que je viens de passer sur ce commentaire je commence à avoir un peu de mal à y réfléchir.
Je suppose que ce que vous appelez "commentaire littéraire" dans vos contrées s'apparente à l'analyse de passage (à savoir analyse de la forme&du fond, intérêt du passage ds le livre, mise en lien avec les thèmes principaux), ou je suis totallement à l'ouest?

- Meursault, étranger à la société, ok
- Il s'ouvre petit à petit au monde qui l'entoure, selon toi? c'est-à-dire? développe, je ne te suis pas.
- Ton 3ème point est Hors Sujet. Par ailleurs, si tu lis le passage:


4 heures? Va regarder X ou Y série et reviens quand tu te sens fraîche et dispo 😉. Plus sérieusement, relis le passage à tête reposée, et souligne la ou les phrases qui te paraissent résumer l'importance du passage dans le livre. Il y'a une phrase qui me semble particulièrement importante (non je donne pas toutes les réponses comme ça 🙂)

Intéresse-toi avant tout à la notion d'étrangé à la société et son regard sur le monde.
Merci pour ton aide. Je viens de finir de regarder une série ( en suivant tes conseils ) mais je ne trouve toujours pas de 3e axe pour terminer mon commentaire. J'ai lu et relu ce passage mais il me parrait trop court pour pouvoir faire 3 axes à son propos. Je commence vraiment à désespérer. Si quelqu'un pouvait m'aider je vous en serait vraiment reconnaissante.
Vous devez impérativement avoir 3 axes et développer vos commentaires par axes?
Mais que je suis content de ne pas être en France! Bref…

Je pense que cette phrase tirée du passage résume tout:
Je me suis expliqué aussi la bizarre impression que j'avais d'être de trop, un peu comme un intrus.
Tu pourrais voir cela comme ça:
→ Point de vue descriptif (Comment Meursault décrit la scène… Il est accusé, ne l'oublions pas!)
→ Rapport avec les autres humains… (cf personnes qui lui parlent)
→ Sa propre peur vis à vis des autres (il ne se sent pas à son aise, il ne sait pas comment se comporter, etc…)

Ce n'est qu'une idée. Mais personellement je dirais en effet qu'il y'a 2 grands axes uniqument qui se dégagent, le 3ème étant en lien avec le 2ème.
Merci beaucoup je vais maintenant essayer de développer ton idée. Je suis contente de m'être inscrite sur ce site parce que les gens sont vraiment pret à aider les autres .
Pas de souçis. En effet c'est bien de voir des forums comme celui-là, même si perso je reste totallement frustré du manque de réponse que j'ai eu sur mon magnifique énoncé de dissert 🙂. (Eluard)
Bonjour,
Voici mon opinion :
Ce passage est véritablement étouffant. Il fait chaud, le monde grouille, il y a du bruit, des gestes, on l'interpelle plusieurs fois, des inconnus. Le lecteur, qui essaie déjà difficilement de comprendre les réactions de cet étranger, doit "happer" un nombre incalculable de points de vue en même temps, puis essaie inévitablement de faire le point sur le danger effectif de la situation, sans succès.
On aurait presque l'impression que le lecteur se sent étranger à la scène, non ? Il n'appartient pas à ces gens qui profitent d'événements dramatiques, si ? Comment le héros analyse-t-il les choses ? Froidement ? Comme s'il était lui-même devant le petit écran à regarder tranquillement son procès ? Le geste cordial du journaliste est-il hypocrite ? Pourquoi le héros se dit qu'il serait ridicule de le remercier : parce que l'audimat risque plutôt de monter l'affaire en épingle ou parce que, selon une stricte logique, le journaliste TV n'était pas venu pour lui de toute façon ?

Je pense qu'il faut se concentrer sur la notion d'étranger du passage en faisant jouer les différents points de vue, la sensation d'étouffer, de subir un monde étranger… Reprends les conseils précédents qui me semblent très pertinents. (plus que les miens qui ne viennent que compléter… et ne sont absolument pas certains…)
Le fait que les événements extérieurs "glissent" sur le personnage qui les rapporte quasiment objectivement t'autorise à analyser dans une première partie l'affairement des journalistes du procès, qui se retrouvent comme dans un "club" dont la vedette - à ses dépens - serait Maursault, mais sans que jamais ne soient évoqués le fond de l'affaire et son impact humain, voire le scandale de ce meurtre "crapuleux", et dans une seconde partie l'étonnement du narrateur qui se sent "étranger" à la scène, et qui est réduit à l'état de témoin de cette scène et de ses propres réactions "j'ai failli le remercier", jugées non dans le fond, mais en fonction d'une discordance ressentie instinctivement, en quelque sorte, comme si ce remerciement allait troubler la belle ordonnance constatée. De la confrontation de ces deux univers (le monde et le moi) naît précisément le sentiment de l'absurde, sans qu'on puisse encore le théoriser; on ne le pourra que lorsque Meursault, dans sa prison, se sentira réconcilié avec le monde, et souhaitera qu'il y ait beaucoup de public lors de son exécution…
Le côté théâtral relève à coup sûr de la seconde partie, puisque Meursault regarde - sans les juger - les participants à son procès dans les divers rôles qu'ils jouent, alors qu'eux ne sont pas conscients de se trouver en représentation puisque leur fonction est d'agir au sein du monde sans conscience de cette action.