Je m'étonne de la construction de cette phrase Jérémy.
À quoi sert la littérature ?
126 réponses · Page 5 / 7
Entends artifice dans son sens du 16e : la raison. La littérature est utile en ce sens qu'elle nous révèle. C'est mon humble avis
Je parle de la construction : "elle est utile dès qu'elle" …ou bien "elle n'est utile que dans la mesure où elle anime …"par exemple.
"que dans la mesure où…" =)
Car il existe une littérature nuisible ►
Car il existe une littérature nuisible ►
salut à tous .moi aussi je suis étudiant en lettres modernes françaises à Yaoundé .je pense que Krystina n'a pas compris où le père de Jérémy voulais en venir.Dans mon milieu le taux de chômage est élevé , seules les filières scientifiques procurent un emploi facilement.Le monde aujourd'hui trop capitaliste et les hommes recherchent de plus en plus l'aisance. on m'a souvent demandé:" à quoi ça sert l'étude du français ?"pour me dire que produisent ces études qui ne changent pas la vie ,qui ne font pas progresser la science et les nouvelles technologies ,sources de grands profits économiques? Il m'arrive donc de répondre comme Krystina .Mais je voudrais poser une question à chacun: qu'est ce que l'illettrisme ? Si on s'en tenait aux études de FERDINAND DE SAUSSURE sur les langues croyez-vous qu'il soit possible d'apprendre et enseigner une langue au point où elle soit uniforme en tout lieu ? Dans chaque pays francophone il y'a une particularité linguistique.C'est pour cela que le signe linguistique est arbitraire.Alors dites-moi si on peut traiter d'illettré celui qui désigne une couleur rouge par le mot blanc ?
Sujet intéressant.
Cependant, je vais le détourner un peu dès le départ. A mon goût, il faut d'abord s'interroger sur ce qu'est "l'utilité", en somme "à quoi sert l'utilité?". L'utilité d'une chose ou d'un acte est-elle directement liée à la nature de l'homme? ou résulte-t-elle d'une valorisation inconsciente de certaines idées opérée par l'homme au cours de milliers d'années de culture?
Je vais être bref. Selon moi, la littérature n'est pas utile à la vie (manger, dormir, se reproduire), mais elle sert d'exutoire à la pensée de l'homme (d'un homme?) conjugué à un désir inexplicable du beau ou du bon (dans le sens où il y a du beau dans les vices de Lautréamont, de Barbey d'Aurevilly et du moral dans le style parfaitement plat de Houellebecq) Voilà l'utilité de la littérature pour l'individu qui écrit.
Il reste l'utilité pour ceux qui lisent, et pour la société en général. D'un point de vue individuelle (pour le lecteur), la littérature apporte beaucoup de chose dans le sens où elle est une expression de la vie, une reproduction de celle-ci chargée de sens. Elle peut fournir à la fois une expérience du réel supplémentaire et le point de vue de l'auteur. Le lecteur peut alors soit affiner sa perception du monde, soit s'approprier ou contester la vision d'un auteur.
Mais cela ne suffit toujours pas pour que la littérature "serve à quelque chose" au yeux de la société entière. En effet, celle-ci n'a d'égard que pour les choses les plus basiques. Avoir un emploi n'est que la traduction moderne de "aller chercher la nourriture pour fonder une famille", faire du sport et être en bonne santé est celle de "soit fort et content pour plaire aux femmes afin de te reproduire et pour être capable d'aller travailler". C'est quand ces considérations de base sont écartés que la société peut se mettre à valoriser d'autres éléments et c'est pour cela que la littérature est valorisée dans les catégories professionnelles les plus à l'abri du besoin ou dans les castes académiques.
Il existe cependant un moyen de la valoriser, c'est d'en faire la preuve de la pertinence intellectuelle d'un individu. Il faut juger les gens sur leurs goûts et leurs connaissances littéraires, et en parler comme d'un divertissement. Il faut mépriser ce qui refusent de lire, ou considèrent la littérature comme élément négligeable. C'est ainsi qu'on va instaurer la honte de ne pas lire, et donner à la littérature une réelle utilité.
Cependant, je vais le détourner un peu dès le départ. A mon goût, il faut d'abord s'interroger sur ce qu'est "l'utilité", en somme "à quoi sert l'utilité?". L'utilité d'une chose ou d'un acte est-elle directement liée à la nature de l'homme? ou résulte-t-elle d'une valorisation inconsciente de certaines idées opérée par l'homme au cours de milliers d'années de culture?
Je vais être bref. Selon moi, la littérature n'est pas utile à la vie (manger, dormir, se reproduire), mais elle sert d'exutoire à la pensée de l'homme (d'un homme?) conjugué à un désir inexplicable du beau ou du bon (dans le sens où il y a du beau dans les vices de Lautréamont, de Barbey d'Aurevilly et du moral dans le style parfaitement plat de Houellebecq) Voilà l'utilité de la littérature pour l'individu qui écrit.
Il reste l'utilité pour ceux qui lisent, et pour la société en général. D'un point de vue individuelle (pour le lecteur), la littérature apporte beaucoup de chose dans le sens où elle est une expression de la vie, une reproduction de celle-ci chargée de sens. Elle peut fournir à la fois une expérience du réel supplémentaire et le point de vue de l'auteur. Le lecteur peut alors soit affiner sa perception du monde, soit s'approprier ou contester la vision d'un auteur.
Mais cela ne suffit toujours pas pour que la littérature "serve à quelque chose" au yeux de la société entière. En effet, celle-ci n'a d'égard que pour les choses les plus basiques. Avoir un emploi n'est que la traduction moderne de "aller chercher la nourriture pour fonder une famille", faire du sport et être en bonne santé est celle de "soit fort et content pour plaire aux femmes afin de te reproduire et pour être capable d'aller travailler". C'est quand ces considérations de base sont écartés que la société peut se mettre à valoriser d'autres éléments et c'est pour cela que la littérature est valorisée dans les catégories professionnelles les plus à l'abri du besoin ou dans les castes académiques.
Il existe cependant un moyen de la valoriser, c'est d'en faire la preuve de la pertinence intellectuelle d'un individu. Il faut juger les gens sur leurs goûts et leurs connaissances littéraires, et en parler comme d'un divertissement. Il faut mépriser ce qui refusent de lire, ou considèrent la littérature comme élément négligeable. C'est ainsi qu'on va instaurer la honte de ne pas lire, et donner à la littérature une réelle utilité.
Quand on parle de l'utilité, il ne suffit pas de se demander à quoi çà sert, il faut aussi se demander à qui. Sinon, l'utilité risque de devenir ce qui sert aux autres.
La littérature nous révèle, c'est la parole, le logos, la raison. Elle est plus qu'utile, elle est digne.
Bonjours à tous, J'ai lu toutes les réponses sur ce sujet et formé mon opinion. La littérature ou l'art est une spécificité humaine et il est la forme supême de notre indépendance proclamé à la force de la nature. L'art c'est l'expression d'une revolte, d'une rebellion.
La littérature est chargée d'une mission social elle prépare à la révolution en nous montrant les dysfonctionnements de la société ( je reprendrais l'exemple de Zola qui dénonce l'injustice dans l'affaire Dreyfus ). De plus la littérature affine notre jugement, nous apprend à réfléchir sur notre vie et sur nous-même ( quand elle est de nature philosophique bien entendus )
Ainsi la littérature c'est l'expression d'une volonté créatrice qui a pour but d'apporter un nouveau point de vue sur la vie. Pourquoi ? Peut pour s'approcher d'une perfection ou tout simplement de nous rendre meilleur.
Bonne chance dans votre recherche de l'utilité de la lecture. Pour ma part je retourne à mon bouquin =)
L'esprit controle le corps.
La littérature est chargée d'une mission social elle prépare à la révolution en nous montrant les dysfonctionnements de la société ( je reprendrais l'exemple de Zola qui dénonce l'injustice dans l'affaire Dreyfus ). De plus la littérature affine notre jugement, nous apprend à réfléchir sur notre vie et sur nous-même ( quand elle est de nature philosophique bien entendus )
Ainsi la littérature c'est l'expression d'une volonté créatrice qui a pour but d'apporter un nouveau point de vue sur la vie. Pourquoi ? Peut pour s'approcher d'une perfection ou tout simplement de nous rendre meilleur.
Bonne chance dans votre recherche de l'utilité de la lecture. Pour ma part je retourne à mon bouquin =)
L'esprit controle le corps.
[…Mouaif, non…]
alors je trouve ce site très intéressant et c'est pour cela que je voudrai que vous m'aidiez svp.
je suis en 1ère année Master, et notre enseignante nous a donné un polycopié que je n'ai pas du tout compris son intitulé : LITTÉRATURE ET ETUDES LITTÉRAIRES, de WAREN ET WALKER..
je voudrai juste une synthèse de la distinction entre la littérature et les études littéraires.. voila je vous remercie d'avance
je suis en 1ère année Master, et notre enseignante nous a donné un polycopié que je n'ai pas du tout compris son intitulé : LITTÉRATURE ET ETUDES LITTÉRAIRES, de WAREN ET WALKER..
je voudrai juste une synthèse de la distinction entre la littérature et les études littéraires.. voila je vous remercie d'avance
Julie. Ju' a écrit :Bonjours à tous, J'ai lu toutes les réponses sur ce sujet et formé mon opinion. La littérature ou l'art est une spécificité humaine et il est la forme supême de notre indépendance proclamé à la force de la nature. L'art c'est l'expression d'une revolte, d'une rebellion.Pour la réflexion sur l'être, je propose les oeuvres d'Horace , , et de même toute la littérature pré-socratique (qui rassemble tous les arts, y compris la philosophie, en un seul genre) - Homère, Héraclite, Paraménide, Empédocle.
La littérature est chargée d'une mission social elle prépare à la révolution en nous montrant les dysfonctionnements de la société ( je reprendrais l'exemple de Zola qui dénonce l'injustice dans l'affaire Dreyfus ). De plus la littérature affine notre jugement, nous apprend à réfléchir sur notre vie et sur nous-même ( quand elle est de nature philosophique bien entendus )
Ainsi la littérature c'est l'expression d'une volonté créatrice qui a pour but d'apporter un nouveau point de vue sur la vie. Pourquoi ? Peut pour s'approcher d'une perfection ou tout simplement de nous rendre meilleur.
Bonne chance dans votre recherche de l'utilité de la lecture. Pour ma part je retourne à mon bouquin =)
L'esprit controle le corps.
Il me semble également que même des poèmes autotéliques comme ceux de Char sont utiles (et non inutiles dans la lignée du courant de l'art pour l'art) car ils proposent une résurrection héraclitéenne sur la présence de l'être au monde.
Véra77 a écrit :je voudrais juste une synthèse de la distinction entre la littérature et les études littérairesLa littérature constitue le corpus des œuvres dont on peut faire l'étude (étude critique, si l'on est critique ; études universitaires, si l'on est étudiant ; etc.). Où est la difficulté ?
Vera77, êtes-vous sûre d'être en Master?
Merci beaucoup pour cette discussion, très enrichissante! J'aimerais ajouter la phrase de Jean Guéhenno:
«La vraie lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se distraire et se fuir, mais pour se trouver.»
Cela ne concerne qu'une partie de la littérature, c'est-à-dire la lecture. La première fonction de la littérature, pour le lecteur, serait donc en effet de se distraire, de s'échapper d'une réalité souvent dure et de nous faire rêver.
Et, paradoxalement, une lecture plus "intelligente" nous apprend à nous connaître nous-mêmes (ce qui, pour Socrate, est indispensable!). A partir de là, on peut donc connaître et comprendre le monde qui nous entoure, détruire des idées préconçues et adopter des positions, des attitudes qui soient "les nôtres" et pas forcément celles de la masse! La littérature servirait donc aussi, en effet, à nous rendre libres.
Ainsi, voilà une petite phrase de Camus, un auteur que j'aime bien: "on ne pense que par image. Si tu veux être philosophe, écris des romans".
L'avantage, c'est que pour faire tout cela, le lecteur n'a pas besoin d'être un "super intello philosophe": la littérature reste une distraction! La "philosophie" qu'on y trouve sera prise à une dose différente selon chacun!
Quant à l'utilité de la littérature dans l'absolu, pour l'écrivain, et tout le "reste", c'est une autre histoire!
«La vraie lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se distraire et se fuir, mais pour se trouver.»
Cela ne concerne qu'une partie de la littérature, c'est-à-dire la lecture. La première fonction de la littérature, pour le lecteur, serait donc en effet de se distraire, de s'échapper d'une réalité souvent dure et de nous faire rêver.
Et, paradoxalement, une lecture plus "intelligente" nous apprend à nous connaître nous-mêmes (ce qui, pour Socrate, est indispensable!). A partir de là, on peut donc connaître et comprendre le monde qui nous entoure, détruire des idées préconçues et adopter des positions, des attitudes qui soient "les nôtres" et pas forcément celles de la masse! La littérature servirait donc aussi, en effet, à nous rendre libres.
Ainsi, voilà une petite phrase de Camus, un auteur que j'aime bien: "on ne pense que par image. Si tu veux être philosophe, écris des romans".
L'avantage, c'est que pour faire tout cela, le lecteur n'a pas besoin d'être un "super intello philosophe": la littérature reste une distraction! La "philosophie" qu'on y trouve sera prise à une dose différente selon chacun!
Quant à l'utilité de la littérature dans l'absolu, pour l'écrivain, et tout le "reste", c'est une autre histoire!
La littérature et les lettres servent vraiment à grandchose. C'est grâce aux lettres que les philosophes des Lumières(il faut comprendre, les littéraires des Lumières car ces écrivains qui ont apporté le grand changement au monde n'avaient écrit que des textes typiquement littéraires comme les lettres persanes, les contes philosophique, Emile, Jacques le fataliste et son maître…
Si on veut savoir pourquoi il vaut mieux faire des études littéraires que des études scientifiques, il faut venir en Afrique surtout au Sahel. parceque les gens n'accordent d'importance aux lettres, ils sont entrain de détruire leur avenir.En effet à force de s'interesser seulement aux sciences, les diplômés sont sans conscience et ils ne vivent que pour détourner les biens communs. La chance de l'Europe est qu'elle a eu et elle continue à avoir de grands hommes et grandes femmes de lettres incorruptibles et engagés qui donnent de sincères exemples de morale. La malchance de l'Afrique est qu'elle n'a pas eu de grands moralistes sincères et actuellement ont fait comprendre à sa jeunesse que la morale ne vaut rien, il faut chercher la science sans conscience.
Je crois que l'important n'est pas de faire des études scientifiques ou litéraires mais de choisir là où on a du génie car enfin de compte il faut réussir et contribuer au progrès et au bonheur de la race humaine. Rousseau ou bien Einstein, lequel fut vraiment plus utile à l'humanité que l'autre. Moi, je dirai Rousseau car grâce à ce qu'il avait écrit les hommes ont compris que le bonheur se trouve dans la démocratie et la bienfaisance! Emile Zola ou Louis Pasteur, lequel fut plus utile à l humanité! Je choisirai Zola car l'injustice fait plus mal que la rage(c'est l'injustice qui cause toutes les guerres, je suis afriçain, mais je reconnais que s'il ya des guerres civiles en Afrique plus que partout c'est parceque la société(traditionnelle et moderne) africaine est plus injuste et corrompue que partout), or Zola a lutté contre l'injustice et il a contribué à l'avenement d'un monde béni de paix. On doit faire des étude littéraire pour contribuer à un monde de paix et d'équité.
Si on veut savoir pourquoi il vaut mieux faire des études littéraires que des études scientifiques, il faut venir en Afrique surtout au Sahel. parceque les gens n'accordent d'importance aux lettres, ils sont entrain de détruire leur avenir.En effet à force de s'interesser seulement aux sciences, les diplômés sont sans conscience et ils ne vivent que pour détourner les biens communs. La chance de l'Europe est qu'elle a eu et elle continue à avoir de grands hommes et grandes femmes de lettres incorruptibles et engagés qui donnent de sincères exemples de morale. La malchance de l'Afrique est qu'elle n'a pas eu de grands moralistes sincères et actuellement ont fait comprendre à sa jeunesse que la morale ne vaut rien, il faut chercher la science sans conscience.
Je crois que l'important n'est pas de faire des études scientifiques ou litéraires mais de choisir là où on a du génie car enfin de compte il faut réussir et contribuer au progrès et au bonheur de la race humaine. Rousseau ou bien Einstein, lequel fut vraiment plus utile à l'humanité que l'autre. Moi, je dirai Rousseau car grâce à ce qu'il avait écrit les hommes ont compris que le bonheur se trouve dans la démocratie et la bienfaisance! Emile Zola ou Louis Pasteur, lequel fut plus utile à l humanité! Je choisirai Zola car l'injustice fait plus mal que la rage(c'est l'injustice qui cause toutes les guerres, je suis afriçain, mais je reconnais que s'il ya des guerres civiles en Afrique plus que partout c'est parceque la société(traditionnelle et moderne) africaine est plus injuste et corrompue que partout), or Zola a lutté contre l'injustice et il a contribué à l'avenement d'un monde béni de paix. On doit faire des étude littéraire pour contribuer à un monde de paix et d'équité.
la lecture engager nous permettent de rever ,abordent l'avenir surtout celui es progres scientifique il quitte la réaliet et nous entirer dans un monde fictif
Je distinguerais 4 significations fondamentales du phénomène littéraire:
-la pure expression artistique
-le témoignage
-le combat idéologique (la dialectique hégélienne)
-la fuite
Quelques mots sur le dernier point. La littérature, notamment la littérature de fiction, représentent une "vie au second degré" comme tout art, une manière de mimer la vie sans la vivre, de la considérer de l'extérieur. Cette approche, dans son caractère de réflexivité, mais aussi dans l'isolement qu'elle produit et la barrière qu'elle crée avec la "vraie vie" peut être interprétée comme une fuite de la réalité. Elle réalise la substitution de la fiction à la réalité, une fiction qui est souvent un mime de cette réalité, un double à la convenance de l'esprit, lequel escamote les éléments indésirables et crée des opportunités impossibles, C'est une création à caractère "magique" qui échappe à la contrainte des lois naturelles.
Claude Fernandez poète épique
http//www.claude-fernandez.com
-la pure expression artistique
-le témoignage
-le combat idéologique (la dialectique hégélienne)
-la fuite
Quelques mots sur le dernier point. La littérature, notamment la littérature de fiction, représentent une "vie au second degré" comme tout art, une manière de mimer la vie sans la vivre, de la considérer de l'extérieur. Cette approche, dans son caractère de réflexivité, mais aussi dans l'isolement qu'elle produit et la barrière qu'elle crée avec la "vraie vie" peut être interprétée comme une fuite de la réalité. Elle réalise la substitution de la fiction à la réalité, une fiction qui est souvent un mime de cette réalité, un double à la convenance de l'esprit, lequel escamote les éléments indésirables et crée des opportunités impossibles, C'est une création à caractère "magique" qui échappe à la contrainte des lois naturelles.
Claude Fernandez poète épique
http//www.claude-fernandez.com
Et un livre ne peut-il pas réunir ces quatre critères ? Le témoignage peut s'incruster dans le récit, un récit qui, dans sa globalité a un but "idéologique" ou plutôt moraliste..
Beria a écrit :Sujet intéressant.Je te trouve un peu tyrannique sur la fin, tu as l'air de mépriser ceux qui ne lisent pas; pourtant dans la littérature tu as sûrement du voir que le mépris était un sentiment assez primaire de l'homme, non ?
Cependant, je vais le détourner un peu dès le départ. A mon goût, il faut d'abord s'interroger sur ce qu'est "l'utilité", en somme "à quoi sert l'utilité?". L'utilité d'une chose ou d'un acte est-elle directement liée à la nature de l'homme? ou résulte-t-elle d'une valorisation inconsciente de certaines idées opérée par l'homme au cours de milliers d'années de culture?
Je vais être bref. Selon moi, la littérature n'est pas utile à la vie (manger, dormir, se reproduire), mais elle sert d'exutoire à la pensée de l'homme (d'un homme?) conjugué à un désir inexplicable du beau ou du bon (dans le sens où il y a du beau dans les vices de Lautréamont, de Barbey d'Aurevilly et du moral dans le style parfaitement plat de Houellebecq) Voilà l'utilité de la littérature pour l'individu qui écrit.
Il reste l'utilité pour ceux qui lisent, et pour la société en général. D'un point de vue individuelle (pour le lecteur), la littérature apporte beaucoup de chose dans le sens où elle est une expression de la vie, une reproduction de celle-ci chargée de sens. Elle peut fournir à la fois une expérience du réel supplémentaire et le point de vue de l'auteur. Le lecteur peut alors soit affiner sa perception du monde, soit s'approprier ou contester la vision d'un auteur.
Mais cela ne suffit toujours pas pour que la littérature "serve à quelque chose" au yeux de la société entière. En effet, celle-ci n'a d'égard que pour les choses les plus basiques. Avoir un emploi n'est que la traduction moderne de "aller chercher la nourriture pour fonder une famille", faire du sport et être en bonne santé est celle de "soit fort et content pour plaire aux femmes afin de te reproduire et pour être capable d'aller travailler". C'est quand ces considérations de base sont écartés que la société peut se mettre à valoriser d'autres éléments et c'est pour cela que la littérature est valorisée dans les catégories professionnelles les plus à l'abri du besoin ou dans les castes académiques.
Il existe cependant un moyen de la valoriser, c'est d'en faire la preuve de la pertinence intellectuelle d'un individu. Il faut juger les gens sur leurs goûts et leurs connaissances littéraires, et en parler comme d'un divertissement. Il faut mépriser ce qui refusent de lire, ou considèrent la littérature comme élément négligeable. C'est ainsi qu'on va instaurer la honte de ne pas lire, et donner à la littérature une réelle utilité.
Il y a bientôt deux ans que Beria la terreur ne participe plus à ce forum, attends-toi à ce qu'elle ne réponde pas. 😜
Pour apporter mon grain : il est temps je crois de discuter cette idée de fuite, la littérature comme sortie d'urgence. Est-ce généralisable ? Une lecture puissante peut aussi approfondir, intensifier notre rapport au monde. Elle fournit des modèles, et façonne le regard que nous portons sur le monde. Puis, cette évasion, est-ce le propre de l'expérience littéraire ou artistique ? La télévision, les jeux vidéos sont aussi d'excellents moyens de s'échapper - peut-être même, de meilleurs moyens. Et, enfin, quelle valeur "politique" de la littérature comme facteur de fuite ? Une société investie par des poètes qui détournent l'attention des citoyens vers d'autres mondes, ne sont-ils pas pour elle un danger ?
Pour apporter mon grain : il est temps je crois de discuter cette idée de fuite, la littérature comme sortie d'urgence. Est-ce généralisable ? Une lecture puissante peut aussi approfondir, intensifier notre rapport au monde. Elle fournit des modèles, et façonne le regard que nous portons sur le monde. Puis, cette évasion, est-ce le propre de l'expérience littéraire ou artistique ? La télévision, les jeux vidéos sont aussi d'excellents moyens de s'échapper - peut-être même, de meilleurs moyens. Et, enfin, quelle valeur "politique" de la littérature comme facteur de fuite ? Une société investie par des poètes qui détournent l'attention des citoyens vers d'autres mondes, ne sont-ils pas pour elle un danger ?