Suétone, Auguste, 99

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6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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bonsoir

J'ai un petit extrait à traduire mais j'ai l'impression que le vocabulaire que j'ai cherché n'est pas exacte. J'ai, de plus, trouvé ensuite une traduction qui me conforte dans l'idée que je n'ai rien compris au mot à mot. Il s'agit des quelques instants avant la mort d'Auguste.

"Supremo die identidem exquirens, an jam de se tumultus foris esset, petito speculo, capillum sibi comi ac malas labantes corrigi praecepit, et admissos amicos percontatus, ecquid iis uideretur mimum uitae commode transegisse, adiecit et clausulam:[…]"

mon vocabulaire:

exquirens: demander
de: à partir de, d'après, à propos de.
petito: chercher à obtenir
comi: de comis, e ? doux, gentil
malas; de mala? joue.
corrigi: redresser
praecepit: parfait; conseiller, se réjouir avant, prendre avant.
admisso: supin de admitto, faire aller vers.
percontatus: part percontor, interroger.
mimum: mime, farce.
transegisse: ?
clausulam: clore

J'arrive juste à traduire le mot à mot des premiers mots " A [son] dernier jour, il demanda à diverses reprises…" Après je comprends ce que le texte veut dire mais mon mot à mot lui est incompréhensible!
j'espère que vous pourrez m'aider..
bonne soirée
Bonsoir,

Un indice : capillum sibi comi ac malas labantes corrigi praecepit est une poposition infinitive, donc comi est un infiniif (passif) et corrigi itou.

Zorah Autre indice : petito speculo est un ablatif absolu, et trangesisse est un infinitif passé.

Ce passage est passionnant, et montre Auguste tellement Romain jusqu'à son dermier moment ! Quand tu auras tout traduit, pourrais-tu avoir la gentillesse de me dire quels sont les mots qu'Auguste a encore ajoutés ?

Zorah
oui je vois mais çà ne veut toujours rien dire-_-' **

capillum sibi comi ac malas labantes corrigi: arranger la chevelure et corriger le teint pale.

petito speculo: obtenant un miroir?


admissos amicos pecontatus: il demanda à ses amis reçus

acquid iis videretur mimum vitae commode transegisse" adjecit et clausulan": s'il semblait bien avoir mimer sa vie " et ajouta en fin de phrase.

quelle est la forme de percontatus?

la suite (grec, évidemment):

"ei de ti echoi kalos to paignion, kroton dote kai pantes hemas meta charas propempsate".
limi a écrit :oui je vois mais çà ne veut toujours rien dire-_-' **

capillum sibi comi ac malas labantes corrigi: arranger la chevelure et corriger le teint pale.

petito speculo: obtenant un miroir?


admissos amicos pecontatus: il demanda à ses amis reçus

acquid iis videretur mimum vitae commode transegisse" adjecit et clausulan": s'il semblait bien avoir mimer sa vie " et ajouta en fin de phrase.

quelle est la forme de percontatus?

la suite (grec, évidemment):

"ei de ti echoi kalos to paignion, kroton dote kai pantes hemas meta charas propempsate".
Comment ça ne veut rien dire ? Pour la proposition infinitive tu dois commencer par traduire le verbe qui l'introduit, ici praecepit. Tout devient alors très simple, c'est strictement superposable aux exemples des grammaires, par exemple Caesar jussit pontem institui.

malas labantes : teint pâle, pourquoi pas, mais plutôt joues (visage) défait(es), joues flétries. Les Romains possédaient des cosmétiques de toute première qualité, et notamment, outre de nombreux fards, des onguents astringents capables de vous refaire un visage en moins de deux, pour quelque temps…

petito speculo : un miroir ayant été amené, ou été demandé, on peut mettre en français sous la forme : ayant demandé un miroir.

mimum vitae je mettrais plutôt le théâtre de sa vie

adjecit et clausulam il ajouta encore cette finale, cette fin de phrase, si tu veux. On appelle clausule la fin d'un paragraphe, d'un discours, d'un poème… remarquable pour une raison ou pour une autre. Ce n'est donc pas simplement la fin d'un paragraphe (tout a une fin…), mais une fin particulière, une sorte de conclusion rapide écrite d'une certaine façon, avec un certain rythme, en vue de produire un certain effet, et caractéristique d'un style ou d'un auteur. Exemple : la clausule cicéronienne (q.v.). Ici on peut estimer que terminer sa vie en citant une phrase grecque est une sorte de clausule, la "clausule augustienne". Le vocable de clausule est donc justifié.

percontatus c'est le participe passé du verbe déponent (percontor: forme passive, mais sens actif, s'étant enquis.

Ago tibi gratias pour la transcription des ultimes paroles d'Auguste, en grec. Nous les traduirons plus tard si tu veux. En deux mots et SGDG : Si vous tenez la représentation pour belle, si vous avez eu du plaisir, faites du bruit, (des applaudissements) et accompagnez-nous tous avec joie.

Zorah
merci pour votre réponse et les autres informations que vous m'avez apportées et qui étaient très intéressantes. J'ai fini par traduire alors:

À son dernier jour, il s'informa à diverses reprises s'il occasionnait déjà de la rumeur au dehors. Ayant demandé un miroir, il conseilla d'arranger sa chevelure et de réparer ses joues flétries. Et, il demanda à ses amis reçus s'il semblait avoir bien interpréter le théâtre de la vie, et ajouta cette finale:

merci aussi pour la petite retranscription de la phrase grecque. (je ne fais pas grecque et je trouve çà un peu dommage de nous faire arrêter une traduction au milieu "d'une phrase"…)
Bonjour limi,

Bon, il faut maintenant mettre cela en bon français, je t'en laisse le soin.

Ta traduction rend l'idée du texte.

Zorah

ayant pris un miroir, il demanda qu'on peigne ses cheveux et qu'on arrange son visage.

s'étant enquis auprès de, ayant demandé (percontatus se construit avec l'accusatif, d'où amicos) aux amis qu'il avait reçus

si du bruit à son sujet était déjà dehors (c'est à dire si le bruit de sa mort s'était déjà propagé, si sa mort était déjà connue dehors, mais le mot mort ne figure pas dans les paroles d'Auguste)

s'il leur semblait, ou s'il ne leur semblait pas (la tournure négative, qui est une pure question de préférence personnelle, montrerait qu'Auguste s'attend à une réponse affirmative, qui confirme ce qu'il pense, comme lorsque nous disons n'est-ce pas?, mais on peut penser au contraire qu'Auguste doute et désire être rassuré), que son rôle dans la vie avait été convenablement joué (de bout en bout, idée donnée par la particule trans-), qu'il avait convenablement joué le spectacle de sa vie, la comédie de sa vie, son rôle dans la vie. (Comparer le monde à une scène et la vie à un spectacle est un lieu commun en littérature ; Balzac intitulera son œuvre La Comédie humaine.)

et suit adjecit et signifie donc aussi, encore.

En ce qui concerne la phrase en grec : c’est l’acteur vedette qui parle : "Si le spectacle vous a plu, applaudissez" (il désigne ses compagnons) "et venez rejoindre chacun d’entre nous dans la joie." La "salle" enthousiasmée envahissait régulièrement la scène pour féliciter les acteurs. On entendait peut-être déjà parfois, en écoutant bien "Les décors sont de Francis Hart et les dialogues de Michel Audiard." Et tout finissait par une coupe de champagne.