L’anacoluthe
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Bonsoir !
J'aimerais savoir si dans cette phrase «Épuisés par cette longue journée, le bateau nous ramène vers le port.»
Il me semble que ce serait le fait que le verbe "ramène" est au présent et non au passé simple, mais je n'en suis pas sûr…
Pourriez-vous m'aider s'il vous plaît? Merci 🙂
P.s.: si vous voulez réponde après le 14 janvier, ça ne me sera plus utile, mais merci quand même! Bonne soirée
GRAMM., RHÉT. Rupture de la construction syntaxique intervenant en cours de phrase, de telle manière que, sans qu'il y ait rupture du lien logique, la fin de la phrase n'est plus grammaticalement en harmonie avec son début […] (TLF)https://www.cnrtl.fr/lexicographie/anacoluthe
La phrase est grammaticalement incorrecte (même si ce genre de construction se trouve de plus en plus). Ce n'est pas le bateau qui est épuisé, mais "nous".
=> Epuisés… nous sommes ramenés par…
Le temps du verbe n'a rien à voir. Je ne sais même pas si on peut appeler ça anacoluthe !
D'accord merci 🙂
Bonjour.
Une question s'il vous plait.
Tout à coup un léger bruit parvint à son oreille. Monte-Cristo crut avoir entendu quelque chose comme un soupir étouffé ; il tourna la tête, regarda autour de lui et ne vit personne. Seulement le bruit se répéta assez distinct pour qu’au doute succédât la certitude.
Alors le comte se leva, ouvrit doucement la porte du salon, et sur un fauteuil, les bras pendants, sa belle tête pâle et inclinée en arrière, il vit Haydée qui s’était placée en travers de la porte, afin qu’il ne pût sortir sans la voir, mais que le sommeil, si puissant contre la jeunesse, avait surprise après la fatigue d’une si longue veille.
Si on tient compte de la partie en gras, est-ce qu'on peut considérer cette phrase soulignée comme
anacoluthe ou comme
anastrophe ou comme construction
normale ?
Veuillez m'aider.
Merci.
Ces questions d'étiquetage me paraissent finalement moins importantes que le fait de comprendre la phrase. Là, tu as bien compris que la partie en gras se rapporte à Haydée, donc au COD de la phrase et non à son sujet.
Dans la structure la plus classique de la phrase, on s'attend que ces éléments concernent le sujet de la phrase. On peut donc considérer qu'il y a rupture par rapport à cet ordre canonique, et donc une anacoluthe.
D'autres exemples ici:
[lien invalide]
J'aime la subtilité de langue française, jusqu’aux moindres détails, si possible. 🙂
Je te remercie pour l'expication aimable et pour l'offre d'un lien qui est très utile.
Je te souhaite une très belle soirée.
Ah bah on a déplacé mon message sur un topic ou il y a déjà la réponse 🙄
La construction "normale" de la phrase aurait pu être :
Si le nez de Cleopâtre avait été. plus court, la face du monde en eût été changée.
En écrivant comme il le fait, Pascal, dont il est difficile de mettre en doute le génie et la connaissance de la langue française met en relief, donne de l'importance à la chose qu'il sort en quelque sorte de la subordonnée, à savoir le nez de Cléopâtre, pour ne pas dire la reine elle-même. Placer un tel détail physique et apparemment insignifiant en tête de phrase est une façon d'accentuer le pouvoir de ce personnage historique.
La mise en balance d'un détail dérisoire et du sort du monde crée un effet de surprise plus frappant que s'il avait adopté la construction grammaticale classique.
Bonjour à tous, j'aimerais savoir si la phrase en gras est correcte :
« Osiris (du grec ancien Ὄσιρις) est un dieu du panthéon égyptien et un roi mythique de l'Égypte antique. Inventeur de l'agriculture et de la religion, son règne est bienfaisant et civilisateur. »
Le sujet de la phrase ne renvoie pas à "inventeur", donc instinctivement, ça me semble incorrect, mais je n'en ai pas la certitude.
Une autre tournure de phrase similaire qui me gêne un peu sans que je sache vraiment si c'est fautif :
« Construit au XVe siècle, il s'agit du plus bel édifice de la ville ».
Le « il » impersonnel ne désigne pas non plus l'édifice…
Merci d'avance pour tout éclaircissement !
Oui, c'est un type d'anacoluthe bénigne !
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/comment/276478/#Comment_276478
À éviter dans les devoirs, mais la littérature, même la bonne, est truffée de ces formes. Il faut surtout veiller à ce que que la construction ne soit pas ambiguë.
Bonsoir,
J'adore l'expression "anacoluthe bénigne". Est-ce l'appellation officielle (simple curiosité) ?
Tout cela me semble venir de réminiscences d'ablatifs absolus latins (lequel ne tolérait cependant pas que le nom /pronom introduisant le participe passé/présent, à l'ablatif, pût entrer dans la proposition principale comme sujet ou complément).
Personnellement, je ne le considère pas comme une "faute" tellement c'est usuel et attesté.
Lamaneur : y-a-t-il des anacoluthes majeures ou chroniques ? L'affaire pascalienne du nez de Cléopâtre, citée régulièrement en exemple, n'en est pas une indiscutable pour moi (et d'autres).
Bien à vous,
Olivier
Une incorrection fréquente concerne l'emploi du participe, que vous évoquez. Je reprends toujours chez mes élèves des phrases du type : "Arrivés [= quand nous fûmes arrivés] à la plage, mon chien se mit à courir…"
La Fontaine a pourtant écrit :
Et, pleurés du Vieillard, il grava sur leur marbre
Ce que je viens de raconter.
Mais cette tournure était possible à son époque.
La phrase de Pascal contient bien une anacoluthe, puisque "le nez" reste sans fonction, même s'il est aussitôt repris par un pronom.
Il y a des anacoluthes qui constituent des maladresses (des inadvertances) et des anacoluthes qui sont considérées comme des figures de style.
On peut distinguer aussi des anacoluthes légères ("bénignes", comme l' écrit lamaneur) et des anacoluthes graves, qui, contrairement aux précédentes, compromettent le sens de la phrase.
Pascal : Le nez de Cléopâtre : s’il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé.
La proposition principale, qui se lit "Le nez de Cléopâtre toute la face de la terre aurait changé", est incorrecte. Elle devrait se lire ainsi "Le nez de Cléopâtre aurait changé toute la face de la terre." Quant à la phrase entière, elle devrait se lire ainsi qu'il suit "Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, aurait changé toute la face de la terre."
Pour moi, il y a bien une anacoluthe, mais qui ne rend pas l'énoncé obscur ou ambigu et qui est souvent considérée comme une figure de style.
Voici une autre anacoluthe célèbre, légère et susceptible d'être regardée comme une figure de style :
Exilé sur le sol au milieu des huées, ses ailes de géants l'empêchent de marcher. (Baudelaire, à propos de l'albatros)
Cela dit, comme l'a écrit lamaneur en son temps, tout dépend de la définition que l'on donne de l'anacoluthe…
Le problème est que Pascal n'a pas écrit de façon aussi évidente la phrase qu'on lui prête… à une époque où la ponctuation était plutôt fluctuante (les manuscrits sont en ligne).
Dans un texte, il écrit clairement : "Le nez de Cléopâtre." (j'insiste sur le point final qu'il y met).
Dans l'autre, plus connu, il écrit : "Le nez de Cléopâtre […] s’il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé."
On ne sait pas ce qu'est ce "[…]" que j'introduis : peut-être un simple point, un point-virgule, une simple virgule, deux points…,
voire rien… mais il faut noter que la seconde partie de la phrase semble quand même démarrer par une majuscule.
Suivant le signe que l'on choisit, il y a anacoluthe ou pas.
Bon, l'affaire sera indécidable. Je voulais surtout dire que cet exemple n'est peut-être pas le plus représentatif de l'anacoluthe. Pascal, si l'on s'en tient à lui, en a fait d'autres, beaucoup plus explicites.
Le merveilleux vers de Baudelaire que rappelle à notre mémoire Romeo31 ne me semble pas plus illustratif d'une anacoluthe : j'y vois une brillante antéposée apposition au "l'".
Mais Romeo31 a raison : tout dépend de la définition que l'on donne à l'affaire 🙂
Bonjour, dans un commentaire stylistique d’un extrait des Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand, je me retrouve face à une indécision : la phrase suivante constitue-t-elle une anacoluthe ?
« Dans combien de lieux ai-je commencé à les écrire, et dans quel lieu les finirai-je ? »
On s’attendrait mieux à voir « dans combien de lieux les finirai-je », ce qui veut dire en fait dans combien de temps les finirai-je, plutôt que «dans combien de lieux ai-je commencé à les écrire». De même on préfèrera peut-être dire « dans quel lieu ai-je commencé à les écrire.»
Du moins, à mon sens. Mais dites-moi ce que vous en pensez.
Je viens de me rendre compte que ce passage est très intéressant du point de vue stylistique car il est /pourrait être à la fois anacoluthe, parallélisme et chiasme dans une certaine mesure. Par ailleurs, il y a un jeu sur le mot « lieu », il a le sens et d’espace, dans « dans quel lieu», et de temps, dans « dans combien de lieux (de temps) les finirai-je.
Je vous remercie par avance de vos éclaircissements.
Bonjour.
Je ne vois pas vraiment d'anacoluthe. Pas de véritable rupture syntaxique… Mais attends des avis plus circonstanciés !
« Dans combien de lieux ai-je commencé à les écrire, et dans quel lieu les finirai-je ? »
Bonjour,
Il n’y a pas dans cette phrase d’anacoluthe, mais une simple reprise du nom
lieu.
Et aussi, il me semble, un parallélisme, comme le note Felicitas.
En revanche, je ne vois aucun chiasme.
Bonsoir,
J'aimerais savoir si les phrases suivantes correspondent à des anacoluthes :
1/ Il la lui donna, mais il n'en voulait pas.
Dans cette phrase, "il" ne représente pas la même personne dans les 2 parties de la phrase. Cela crée une confusion. Est-ce une anacoluthe ?
2/ Après avoir tranché, il faudra en tenir compte.
Le sujet sous-entendu d'"avoir tranché" me semble différent de celui de "faudra". Mais est-ce une anacoluthe ?
3/ Maxime, comme André, sont heureux en amour.
Il me semble que pour pouvoir mettre le verbe au pluriel dans cette phrase il faudrait qu'il n'y ait pas de virgules autour de "comme André". Est-ce simplement une faute grammaticale ou une anacoluthe ?
4/ Pour débuter, le travail est harassant.
Je pense que celle-ci est une anacoluthe car le sujet sous-entendu de "débuter" n'est pas le même que celui d'"est". Ai-je raison ?
5/ Du fait de sa proximité avec lui, son niveau d'implication fut exemplaire.
Cette phrase est-elle correcte ?
6/ Lui as-tu déjà demandé s'il voulait te rendre un service qui te rendrait la vie plus facile ?
Cette phrase est-elle correcte ?
7/ Bien qu'il l'ait déçu, il est disposé à lui donner une deuxième chance.
Je pense que dans cette phrase "il" ne représente pas la même personne dans la subordonnée et dans la principale. Est-ce alors une anacoluthe ?
8/ Pour connaître sa version de l'affaire, le commissaire pose au suspect la première question de son long interrogatoire.
Le "sa" dans la subordonnée peut renvoyer au commissaire ou au suspect. Dans la logique, on comprend bien qu'il s'agit du suspect, mais grammaticalement, est-ce incorrect ?
Je vous remercie déjà si vous avez lu l'intégralité de mon post 😀
Merci par avance pour vos réponses.
Bonne soirée 🙂
1/ Il la lui donna, mais il n'en voulait pas.
Dans cette phrase, "il" ne représente pas la même personne dans les 2 parties de la phrase. Cela crée une confusion. Est-ce une anacoluthe ?
Comment le deviner ?
2/ Après avoir tranché, il faudra en tenir compte.
Le sujet sous-entendu d'"avoir tranché" me semble différent de celui de "faudra". Mais est-ce une anacoluthe ?
Il y a ellipse du COD, on peut envisager l'anacoluthe.
3/ Maxime, comme André, sont heureux en amour.
Il me semble que pour pouvoir mettre le verbe au pluriel dans cette phrase il faudrait qu'il n'y ait pas de virgules autour de "comme André". Est-ce simplement une faute grammaticale ou une anacoluthe ?
L'anacoluthe peut être une faute syntaxique.
4/ Pour débuter, le travail est harassant.
Je pense que celle-ci est une anacoluthe car le sujet sous-entendu de "débuter" n'est pas le même que celui d'"est". Ai-je raison ?
Voir 2
5/ Du fait de sa proximité avec lui, son niveau d'implication fut exemplaire.
Cette phrase est-elle correcte ?
Oui, pas d'anacoluthe
6/ Lui as-tu déjà demandé s'il voulait te rendre un service qui te rendrait la vie plus facile ?
Cette phrase est-elle correcte ?
Oui, pas d'anacoluthe
7/ Bien qu'il l'ait déçu, il est disposé à lui donner une deuxième chance.
Je pense que dans cette phrase "il" ne représente pas la même personne dans la subordonnée et dans la principale. Est-ce alors une anacoluthe ?
Logiquement oui
8/ Pour connaître sa version de l'affaire, le commissaire pose au suspect la première question de son long interrogatoire.
Le "sa" dans la subordonnée peut renvoyer au commissaire ou au suspect. Dans la logique, on comprend bien qu'il s'agit du suspect, mais grammaticalement, est-ce incorrect ?
"Sa" ne peut que renvoyer à "commissaire". La phrase est mal construite.