Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleurs, II - Une après-midi de grande chaleur j’étais dans…

Entraide scolaire

8 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je suis en 1ère et mon professeur m'a donné un devoir à la maison. Il s'agit de commenter un extrait de "A la recherche du temps perdu, A l'ombre des jeunes filles " de Marcel Proust. J'ai commencé à l'analyser et je pense avoir trouvé une première partie: un portrait élogieux. Est-ce bien ?
Cependant, je n'ai pas d'idées pour faire d'autres parties et j'ai donc besoin de votre aide. De plus, j'ai relevé de nombreuses comparaisons et métaphores mais rien d'autres. Pourriez-vous m'aider à en trouver d'autres svp ?

Voici le texte:

Une après-midi de grande chaleur j’étais dans la salle à manger de l’hôtel qu’on avait laissée à demi dans l’obscurité pour la protéger du soleil en tirant des rideaux qu’il jaunissait et qui par leurs interstices laissaient clignoter le bleu de la mer, quand, dans la travée centrale qui allait de la plage à la route, je vis, grand, mince, le cou dégagé, la tête haute et fièrement portée, passer un jeune homme aux yeux pénétrants et dont la peau était aussi blonde et les cheveux aussi dorés que s’ils avaient absorbé tous les rayons du soleil. Vêtu d’une étoffe souple et blanchâtre comme je n’aurais jamais cru qu’un homme eût osé en porter, et dont la minceur n’évoquait pas moins que le frais de la salle à manger la chaleur et le beau temps du dehors, il marchait vite. Ses yeux, de l’un desquels tombait à tout moment un monocle, étaient de la couleur de la mer. Chacun le regarda curieusement passer, on savait que ce jeune marquis de Saint-Loup-en-Bray était célèbre pour son élégance. Tous les journaux avaient décrit le costume dans lequel il avait récemment servi de témoin au jeune duc d’Uzès, dans un duel. Il semblait que la qualité si particulière de ses cheveux, de ses yeux, de sa peau, de sa tournure, qui l’eussent distingué au milieu d’une foule comme un filon précieux d’opale azurée et lumineuse, engainé dans une matière grossière, devait correspondre à une vie différente de celle des autres hommes. Et en conséquence, quand avant la liaison dont Mme de Villeparisis se plaignait, les plus jolies femmes du grand monde se l’étaient disputé, sa présence, dans une plage par exemple, à côté de la beauté en renom à laquelle il faisait la cour ne la mettait pas seulement tout à fait en vedette, mais attirait les regards autant sur lui que sur elle. À cause de son « chic », de son impertinence de jeune « lion », à cause de son extraordinaire beauté surtout, certains lui trouvaient même un air efféminé, mais sans le lui reprocher, car on savait combien il était viril et qu’il aimait passionnément les femmes. C’était ce neveu de Mme de Villeparisis duquel elle nous avait parlé. Je fus ravi de penser que j’allais le connaître pendant quelques semaines et sûr qu’il me donnerait toute son affection. Il traversa rapidement l’hôtel dans toute sa largeur, semblant poursuivre son monocle qui voltigeait devant lui comme un papillon. Il venait de la plage, et la mer qui remplissait jusqu’à mi-hauteur le vitrage du hall lui faisait un fond sur lequel il se détachait en pied, comme dans certains portraits où des peintres prétendent sans tricher en rien sur l’observation la plus exacte de la vie actuelle, mais en choisissant pour leur modèle un cadre approprié, pelouse de polo, de golf, champ de courses, pont de yacht, donner un équivalent moderne de ces toiles où les primitifs faisaient apparaître la figure humaine au premier plan d’un paysage. Une voiture à deux chevaux l’attendait devant la porte ; et tandis que son monocle reprenait ses ébats sur la route ensoleillée, avec l’élégance et la maîtrise qu’un grand pianiste trouve le moyen de montrer dans le trait le plus simple, où il ne semblait pas possible qu’il sût se montrer supérieur à un exécutant de deuxième ordre, le neveu de Mme de Villeparisis, prenant les guides que lui passa le cocher, s’assit à côté de lui et tout en décachetant une lettre que le directeur de l’hôtel lui remit, fit partir les bêtes.
Merci.
Avant de penser au plan, tu devrais réfléchir à ce que tu as perçu sur ce texte : quel est son enjeu ? Quelle est sa spécificité ? Parmi tous les portraits élogieux de la littérature (et ça ne manque pas !), quelle est la particularité de celui-ci, qui le rend unique ?
Pense par exemple au lien entre Saint-Loup et l'univers, et à la place des autres arts dans cette description peinture, musique). Vois aussi tous les moyens par lesquels le narrateur souligne la singularité presque paradoxale de ce personnage très important de La Recherche.
J'ai relevé de nombreuses comparaisons et métaphores, celles-ci présentent le personnage méliorativement mais je ne trouve pas d'autres figures de style.
Je n'arrive cependant pas à dégager l'enjeu du texte…
Je n'arrive pas non plus à dégager d'autres parties pour mon commentaire et j'ai besoin de votre aide svp.
Alors commence par analyser ces comparaisons et métaphores que tu as relevées : à quoi Saint-Loup est-il comparé/assimilé ? Quels domaines cela couvre-t-il ? Quelles caractéristiques du personnage cela met-il en évidence ?
Et puis fais aussi un travail de repérage des champs lexicaux présents dans le texte : cela t'aidera à trouver les thèmes associés par le narrateur à ce personnage.
Cherche aussi du côté d'un personnage traité comme une œuvre d'art.
Enfin réfléchis à ce qui montre, dans ce portrait, que Saint-Loup est un être à part, hors du commun, différent des autres, et à l'effet que cette différence à sur les gens en général, et le narrateur en particulier.
Bonsoir,

Je suis en terminal L et j'ai une question sur le portrait de Saint Loup de Marcel Proust , je n'arrive pas vraiment à dégager un plan pour répondre à cette question qui est la suivante: Quelle relation du personnage au décor ?
Je suis complètement perdue, pourriez-vous m'éclairer merci de répondre au plus vite merci encore
Voici le texte :
Une après-midi de grande chaleur j’étais dans la salle à manger de l’hôtel qu’on avait laissée à demi dans l’obscurité pour la protéger du soleil en tirant des rideaux qu’il jaunissait et qui par leurs interstices laissaient clignoter le bleu de la mer, quand, dans la travée centrale qui allait de la plage à la route, je vis, grand, mince, le cou dégagé, la tête haute et fièrement portée, passer un jeune homme aux yeux pénétrants et dont la peau était aussi blonde et les cheveux aussi dorés que s’ils avaient absorbé tous les rayons du soleil. Vêtu d’une étoffe souple et blanchâtre comme je n’aurais jamais cru qu’un homme eût osé en porter, et dont la minceur n’évoquait pas moins que le frais de la salle à manger la chaleur et le beau temps du dehors, il marchait vite. Ses yeux, de l’un desquels tombait à tout moment un monocle, étaient de la couleur de la mer. Chacun le regarda curieusement passer, on savait que ce jeune marquis de Saint-Loup-en-Bray était célèbre pour son élégance. Tous les journaux avaient décrit le costume dans lequel il avait récemment servi de témoin au jeune duc d’Uzès, dans un duel. Il semblait que la qualité si particulière de ses cheveux, de ses yeux, de sa peau, de sa tournure, qui l’eussent distingué au milieu d’une foule comme un filon précieux d’opale azurée et lumineuse, engainé dans une matière grossière, devait correspondre à une vie différente de celle des autres hommes. Et en conséquence, quand avant la liaison dont Mme de Villeparisis se plaignait, les plus jolies femmes du grand monde se l’étaient disputé, sa présence, dans une plage par exemple, à côté de la beauté en renom à laquelle il faisait la cour ne la mettait pas seulement tout à fait en vedette, mais attirait les regards autant sur lui que sur elle. À cause de son « chic », de son impertinence de jeune « lion », à cause de son extraordinaire beauté surtout, certains lui trouvaient même un air efféminé, mais sans le lui reprocher, car on savait combien il était viril et qu’il aimait passionnément les femmes. C’était ce neveu de Mme de Villeparisis duquel elle nous avait parlé. Je fus ravi de penser que j’allais le connaître pendant quelques semaines et sûr qu’il me donnerait toute son affection. Il traversa rapidement l’hôtel dans toute sa largeur, semblant poursuivre son monocle qui voltigeait devant lui comme un papillon. Il venait de la plage, et la mer qui remplissait jusqu’à mi-hauteur le vitrage du hall lui faisait un fond sur lequel il se détachait en pied, comme dans certains portraits où des peintres prétendent sans tricher en rien sur l’observation la plus exacte de la vie actuelle, mais en choisissant pour leur modèle un cadre approprié, pelouse de polo, de golf, champ de courses, pont de yacht, donner un équivalent moderne de ces toiles où les primitifs faisaient apparaître la figure humaine au premier plan d’un paysage. Une voiture à deux chevaux l’attendait devant la porte ; et tandis que son monocle reprenait ses ébats sur la route ensoleillée, avec l’élégance et la maîtrise qu’un grand pianiste trouve le moyen de montrer dans le trait le plus simple, où il ne semblait pas possible qu’il sût se montrer supérieur à un exécutant de deuxième ordre, le neveu de Mme de Villeparisis, prenant les guides que lui passa le cocher, s’assit à côté de lui et tout en décachetant une lettre que le directeur de l’hôtel lui remit, fit partir les bêtes.
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/15598-proust-a-lombre-des-jeunes-filles-en-fleurs-ii-une-apresmidi-de-grande-chaleur-jetais-dans.html

Dans le décor ou hors du décor ?

I. Un décor de tableau: La vue est sollicitée
Plage, mer
Lignes
Lumières

II. Un personnage qui se détache
Un personnage qui bouge
Un personnage et sa réputation
Un personnage et l'intérêt qu'il suscite chez le narrateur
En complément de floreale,
Un portrait officiel moderne, la réalité perçue comme un tableau, un dandy mondain…
Demandez-vous, accessoirement, quel est le rôle, quelle est l'importance que va tenir le neveu de Mme de Villeparisis dans la suite de la Recherche et dont c'est la première évocation ici. Savoir qui est Saint-Loup permet de comprendre un certain nombre d'intentions descriptives du Narrateur à son égard.