Proposition infinitive
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Tous les grammairiens ne sont (évidemment =) pas d'accord :
Quand le sujet du verbe support s’applique aussi à l’infin. (dans ce cas, nous ne parlons pas de propos. infin.), la construction appartient à un usage plus général : Luce croit (ou reconnaît, etc.) s’être trompée. Jean regrette la place qu’il croit perdre.
(Grevisse)
Mais, si vous considérez qu'il s'agit d'une proposition infinitive, c'est la proposition infinitive qui est le COD, l'infinitif est son noyau.
Pour qu'il y ait proposition infinitive, j'ai écrit plus haut qu'il suffisait que l'infinitif complément ait son propre sujet exprimé : Je me sentis defaillir.
Dans "Lucie croit s'être trompée", l'infinitif n'a pas de sujet propre exprimé, et ce n'est donc pas, effectivement, une proposition infinitive.
Tout est donc dans l'interprétation de "sujet propre".
Grevisse lui n’est pas ambigu quand il écrit, à propos de toutes les propositions dont le verbe est un infinitif, "le sujet, exprimé ou non, est différent de celui du verbe principal".
Et Riegel donne la citation de Maupassant « je me sentis défaillir » pour souligner la contradiction entre le plan syntaxique (infinitif COD du verbe recteur) et le plan sémantico-logique (unité propositionnelle complément du verbe).
Bonsoir à tous,
J'ai eu un problème avec l'infinitive.
Voilà, j'ai entendu dire une phrase : J'ai vu bâtir la maison en 3 semaines.
Ma question : Peut-on laisser un infinitif sans sujet dans une proposition infinitive ?
Ou bien faudrait-il comprendre : J'ai vu bâtir une maison (par on ) en 3 semaines ?
Merci d'avance.
On peut considérer ici qu'il y a ellipse du sujet de l'infinitif :
J'ai vu (les maçons) bâtir la maison en trois semaines.
Jehan a écrit :On peut considérer ici qu'il y a ellipse du sujet de l'infinitif :
J'ai vu (les maçons) bâtir la maison en trois semaines.
Merci beaucoup Jehan pour votre aide !
bonsoir tout le monde, j'ai une question concernant les subordonnées infinitives. je sais qu'une subordonnée infinitive a toujours un sujet distinct de la principale; je me demande s'il n y a pas une/ des exception (S) à cette règle.
Ce n'est pas une règle, mais une définition. Il ne peut donc y avoir d'exceptions.
Mais tous les grammairiens n'ont pas la même définition de la proposition infinitive, ce qui donne donc des variantes.
Par exemple, certains n'admettent pas que le sujet de l'infinitif soit sous-entendu. Il considèrent alors que l'infinitif a une valeur nominale, et qu'il n'y a donc pas de proposition.
Par contre, tous sont d'accord pour dire que le sujet de l'infinitive, sous-entendu ou pas, ne peut pas être le même que celui de la principale.
Quant à moi, j'estime que d'un strict point de vue grammatical, un infinitif n'a pas de sujet, car il
n'a pas de marque de personne.
Le prétendu sujet de l'infinitive est une notion sémantique, désignant l'agent.
Si bien que pour la commodité de la démonstration, je préfère parler du thème, COD du verbe introducteur, ce dont on parle, et du prédicat, l'infinitif, ce que l'on dit du thème.
J'entends les oiseaux (thème COD) chanter (prédicat).
Je ne suis sans doute pas dans l'orthodoxie (encore que j'emprunte cette terminologie à la grammaire latine de Mme Boxus), mais au moins je ne donne pas de sujet à une forme verbale non marquée en personne.
C’est beau les principes. Mais ne vaut-il pas mieux être compris de quelqu’un qui n’a jamais utilisé sur ce site, un vocabulaire autre que celui de la grammaire traditionnelle ?
Mon message est donc incompréhensible ?
J'ai pourtant cherché à être claire…
Reprenons donc :
le sujet est l'élément qui donne au verbe sa marque de personne (pour l'indicatif présent du premier groupe : e, es, e, ons, ez, ent).
Or l'infinitif n'a pas de marque de personne, donc il est difficile pour ne pas dire impossible, de parler de sujet de l'infinitif.
Mieux vaut utiliser un autre nom, un nom qui montre bien que l'infinitif n'a pas de sujet.
donc dans la phrase :
il craint d’être mal compris
"d’être mal compris" n'est pas une subordonnée infinitive, mais plutôt un infinitif nminalisé qui a la fonction d'un COD, "mal compris" est un attribut du COD ?
donc dans la phrase :
il craint d’être mal compris"
d’être mal compris" n'est pas une subordonnée infinitive, mais plutôt un infinitif nminalisé qui a la fonction d'un COD, "mal compris" est un attribut du COD ?
Il craint une chose, COD :
d’être + mal compris
L'infinitif COD est l'infinitif du verbe
être, verbe qui relie un sujet et un attribut.
Mal compris est
l'attribut du sujet il.
il craint d'être mal compris = il craint une incompréhension
être mal compris est donc complément d'objet de craindre.
être compris est l'infinitif passif de comprendre.
Pas de proposition infinitive ici, puisque le sujet (l'agent, le rhème …) enfin celui qui est mal compris est le même que le sujet (l'agent, le rhème …) de la principale : celui qui craint.
Bonjour,
Dans la phrase "cette robe, je l'ai fait coudre à la maison" on trouve le classique participe passé "fait" qui, dit-on parfois, "reste invariable car il est suivi d'un infinitif" (Bescherelle). Cette façon de s'exprimer me paraît complètement dogmatique. Ne faut-il pas dire plutôt que "coudre l'** à la maison" est complément d'objet direct de faire conjugué au passé composé? Mais alors comment qualifier le groupe "coudre l'** à la maison"? D'après ce que j'ai lu plus haut, ce n'est pas une proposition infinitive car l'infinitif "coudre" n'a pas de sujet.
Merci.
C'est en effet un infinitif COD (la formulation de Bescherelle a le génie d'embrouiller une notion simplissime), et cet infinitif, COD en tant que nom, est complété par son complément à la maison.
La formulation de Bescherelle me semble au contraire claire : pas d'accord du participe fait suivi d'un infinitif, sans nécessité de se préoccuper d'analyse grammaticale. Dans le Bescherelle de conjugaison, il écrit "Fait suivi d'un infinitif est toujours invariable, car il forme avec l'infinitif un expression verbe indissociable", le factitif de la réponse effacée de Jehan que vous avez peut-être vue passer.
Ceci dit, certains grammairiens, parmi ceux qui admettent l'existence de propositions infinitives en français, considèrent qu'il y a proposition infinitive même si le sujet n'est pas exprimé, dès lors qu'il serait différent de celui de la principale.
Oui, j'avais effacé ma première réponse, pour prendre un peu plus le temps de la réflexion…
Et à la réflexion, oui, le verbe faire n'est bien ici que le semi-auxiliaire du factitif (faire + infinitif).
Difficile dans ces conditions de considérer que l'infinitif est le COD du semi-auxiliaire qui sert à le conjuguer…
Et le participe de ce semi-auxiliaire est naturellement invariable.
Je ne comprends pas, par ailleurs, l'expression "COD en tant que nom" pour justifier la fonction de l'infinitif "coudre".
Bonjour, je reprends un exemple cité plus haut :" ici faire est ici employé comme semi-auxiliaire dans un sens factitif : le sujet fait (ou parfois laisse) effectuer l’action par un autre agent que lui-même."Ex : Pierre a fait construire une maison. J’en ai déduit par la suite de la conversation, si j’ai bien compris, que "construire une maison" n’était pas une proposition infinitive.D’où j’ai tiré que dans l’exemple suivant :Madame Beausoleil a fait refaire le mur de sa maison,je me trouvais dans le même cas : pas de sujet propre exprimé de refaire donc pas de proposition infinitive mais emploi du semi-auxiliaire faire dans un sens factitif : périphrase factitive ? c’est bien cela ?Dans l’impatiente attente de vous lire,Christophe