Bonjour, je suis en prépa littéraire première année, spécialité Lettres Classiques. Je suis embêté: j'ai l'impression d'être submergé et de ne pas pouvoir me consacrer vraiment aux matières pour lesquelles je suis là: à savoir français, latin et grec.
Je suis allé en prépa parce que, bon élève, je voulais me lancer dans les lettres classiques pour enseigner le français en Allemagne (sans commentaire (!)), en continuant l'allemand et la philo.
Et là je me retrouve à lutter pour suivre un minimum en histoire et philo, j'ai l'impression de ne penser qu'à ça.
Du coup, je n'ai pas le temps de bien approfondir latin grec et français: me cultiver en français, maîtriser grammaire et progresser en version.
J'ai l'impression d'oublier au fur et à mesure ce qu'on fait en vocabulaire et grammaire, et je n'ai pas de temps (je n'arrive pas à trouver de temps?) pour reprendre ce qui s'en va quand d'autres choses viennent s'ajouter…
D'autre part je supporte difficilement de ne plus avoir de temps pour mes autres centres d'intérêt: arts littérature (choisie) linguistique …
Je n'ai plus de temps pour rêvasser…
Pour l'instant mes notes sont correctes mais nerveusement, c'est dur…
conseils?
expériences personnelles?
merci
Au pif.
C'est un peu une chance d'être là. Il y a sûrement du bon à prendre. Ne pas laisser passer l'occasion. Pour cela tenir encore quelques mois en jouant le jeu.
Sauf si la classe est nulle. Mais cela se voit très vite.
Il y a longtemps, quand j'étais à Sciences Po, j'avais eu comme maître de conférences un nommé Georges Pompidou. Après avoir subi la première conférence, je l'avais jugé nul. D'autres aussi. Très vite, à deux nous nous étions précipités au secrétariat pour nous faire changer de conférence avant que les autres n'assaillent le secrétariat. Cela avait marché. Je ne l'ai pas regretté.
Lire ton message ne m'étonne pas.. je pense que c'est un ressenti qu'on a tous plus ou moins en prépa, surtout à cette période de l'année.
La prépa n'est pas un vraiment un épanouissement en soi, c'est plutôt une préparation, certes très poussée, à faire des études qui te plaisent. Et cette préparation est souvent nécessaire bien que très difficile.
Si tu es venu en prépa pour travailler les langues anciennes et le français, fais le en priorité, mais ce que l'on t'enseigne en histoire et philo ce sont aussi les bases à ne pas négliger. Je sais, par expérience, qu'il est très difficile de "travailler moins" une matière étant donné la pression qu'on nous met pour travailler toutes les matières à parts égales. (Personnellement je n'y arrive pas..)
Concernant tes autres centres d'intérêt, c'est à toi de faire un choix. Beaucoup d'élèves de prépa te diront (et je pense que c'est logique..) que cette année (et peut-être l'année prochaine) sont des périodes de "sacrifice" en quelque sorte, où il faut vraiment se consacrer au travail (dans la limite du possible bien sûr !), car c'est une chance d'être là, c'est une année à ne pas perdre, etc.
Ceci dit je ne suis pas un modèle sur ce point puisque j'ai décidé de ne pas "sacrifier" mon année et de mettre en avant mes autres centres d'intérêt n'arrivant pas à gérer les deux. Mais si tu penses que c'est gérable, fais-le 🙂
J'ai ressenti la même chose en HK : ça me gonflait de ne pas avoir de temps pour les langues parce qu'il me fallait bosser beaucoup pour m'en sortir en philo ou en géo. Mais les choses changent énormément en khâgne, donc au final ce n'est qu'un an et il faut passer par là car c'est vraiment très important. Ce n'est qu'aujourd'hui, alors que la prépa est finie, que je réalise tout ce que ces matières que j'aurais bien voulu négliger parce qu'elles m'intéressaient un peu moins que d'autres m'ont apporté… C'est difficile d'expliquer précisément pourquoi, mais je ne regrette pas d'avoir pris mon mal en patience. Après, ça reste ton choix, et si tu ne supportes plus ce manque de temps, tu peux partir, la vie ne s'arrêtera pas
Vladivostok a écrit :Bonjour, je suis en prépa littéraire première année, spécialité Lettres Classiques.
Bonsoir,
Alors, d'abord, en hypokhâgne, il n'y a pas de spécialité, seulement des enseignements optionnels qui ne font que s'ajouter à un tronc commun : tu es dans une classe d'esprit généraliste. Si tu ressens l'envie de consacrer plus de temps à telle ou telle matière, grand bien t'en fasse. Mais garde à l'esprit qu'il n'y a pas à proprement parler de "matières pour lesquelles tu es là" en hypokhâgne : ce qu'on attend de toi, c'est un travail minimal dans toutes les matières. Cela fait partie du "contrat tacite" qui te lie à elle, il faut s'y résoudre, même si c'est bien souvent frustrant. Que tu consacres un temps à peu près équivalent à toutes les matières n'a donc rien d'anormal ni d'inquiétant. Tout cet effort trouvera sa justification ensuite, sur le long voire le très long terme. La gestion de son temps et de son travail n'est pas une chose facile, il est normal que tu aies des problèmes pour équilibrer tes différentes matières, j'en ai encore après un an de prépa… En général, ça n'empêche aucunement de réussir.
Ensuite, il ne faut pas se "laisser piéger" par une matière. Le cours d'histoire et ses bibliographies souvent monstrueuses pourraient occuper largement toute ton année d'hypokhâgne. Il faut apprendre à faire des choix, à limiter son travail, en fonction de ses résultats notamment. Inutile par exemple de ficher deux ou trois ouvrages sur un même thème ; mieux vaut se concentrer sur un seul et le maîtriser ; ou, au contraire, mais ce qui revient un peu au même, avoir lu cursivement les trois.
L'histoire est sans doute la matière qui demande ou qui demandera le plus de travail personnel… C'est ainsi, c'est sans doute regrettable, mais cela se révèle aussi particulièrement rentable, d'un point de vue strictement "comptable".
Quant à la philosophie, tu verras vite que les hypokhâgneux et même les khâgneux lisent assez peu de philosophie. En khâgne, notre professeur nous a imposé de lire mille pages de philosophie dans l'année. C'est assez peu quand on y réfléchit (et déjà dépassé pour nombre de khâgneux ).
merci à tous
je me résigne tant bien que mal…
il n'y a que ça à faire…
(pour la "spécialité" c'était pour souligner que j'étais là en priorité pour certaines matières et pour une équivalence en fac de lettres classiques, et pas géographie ou je ne sais quoi)