Baudelaire, La Beauté
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Bonjour Altoy,
Quelle est ton interprétation ?
Ce vers doit être compris dans son contexte.
La Beauté selon Baudelaire est minérale, froide, elle appartient aux "splendeurs situées derrière le tombeau".
Salut. J'ai une question concernant la détection des parties du poème. Prenons l'exemple suivant :
La beauté
Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.
Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.
Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études ;
Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !
1- Si l'on veut étudier la construction globale du poème, que seraient-elles ses parties principales?
2- Que seraient les thèmes principaux?
3- Quelle est la différence entre les parties et l'analyse thématique?
Un grand merci d'avance !!!!
Nous aimerions bien une proposition de travail personnel. Toutefois, je réponds à ta dernière question qui n'interfère pas dans l'analyse du poème.
Quand tu analyse les parties d'un poème, tu le décomposes et ceci d'une manière artificielle : le poète ne s'est pas dit, avant de l'écrire : en I, je vais parler de ça, en II, je vais parler de ceci, etc. Exercice purement scolaire pour aider le lecteur à y voir clair…
L'analyse thématique, comme son nom l'indique, concerne les thèmes ou les notions abordées par l'auteur. Ou bien, le thème unique qu'il va déployer au cours du poème, nuancer, explorer…
Des généralités sur le cours :
Indépendamment des deux sortes de sonnets quant à la disposition des rimes, on peut souvent retrouver une organisation strophique ou art de la composition qui s'articule autour de deux bocs : celui des quatrains et celui des tercets.
Ils sont souvent liés entre eux par une unité de sens qui repose, selon les cas :
- sur les éléments d'une comparaison
- sur les éléments d'une opposition
- sur les éléments d'une association.
Moi, je ne comprends rien à cette beauté là mais lui :
https://www.comptoirlitteraire.com/docs/579-baudelaire-la-beaute.doc
a l'air de comprendre.
Je me demande d'ailleurs si Eglantine post 3 ne s'est pas inspirée de ce commentaire.
Salut j'ai besoin de votre aide aujourd'hui : le dernier vers des ce poème contient il une rime pauvre ? Merci 🙂
Bonjour,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !
Tu as des rimes
suffisantes car deux phonèmes sont repris : "è"+"l".
merci ! 🙂 sinon j'ai une autre question : ce poème est il écrit entièrement en alexandrin ? merci 🙂
Oui. Uniquement des alexandrins.
merci 🙂
🙂
Selon moi, ce poème recèle une énigme. J'ai l'intime conviction qu'il relate un culte voué à Isis, dans le cadre des sociétés secrètes, occultes et ésotériques, très en vogue à Paris au XIXeme. Allusion à l'Égypte : Pierre, sphinx, fiers monuments, les miroirs utilisés dans les pyramides afin d'en éclairer le centre. Allusions à Isis : une attitude en danse classique désigne une posture en forme de double croissants jambes et bras (même forme que les ailes de Isis), Cygne = oiseau t'elle qu'est représentée Isis. Voir avec un égyptologue si Isis est associée à la lune : Isis est représentée la tête surplombée d'un soleil. "Je hais le mouvement qui déplace les lignes"> je hais la rotation du soleil qui change l'ordre des ombres projetées sur le sable. "Les poètes consumeront leurs jours en d'austères études" car étant lune je n'apparaîs évidemment que la nuit. "Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris", un astre n'a pas d'émotion. La blancheur de cygne / jeu de mots avec signe linguistique : la lune est blanche se découpant sur fond noir (nuit) à l'inverse du soleil, lumière blanche projetant des ombres noires sur le sable du désert (voir que les premières représentations humaines étaient le théâtre des ombres). À Approfondir !
Voir également l'inscription de Edgar Poe
O Thou timid one, do not let thy
Form slumber within these
Unhallowed walls,
For herein lies
The ghost of an awful crime.
sur la fenêtre de sa chambre à UVA (la fenêtre est le symbole de la transparence, terme des plus contradictoires dans son sens qui désigne à la fois ce qui laisse tout voir : "soyez transparents, dévoilez toutes les i formations !" Et ce qui est invisible : "J'ai eu beau faire, personne ne m'a accordé d'attention, j'étais comme transparent".)
Voir également l'étude de Michel Serre sur le secret de Thales et les pyramides d'Egypte, dans les 'Origines de la géométrie '.
Pas d'accord. Ce poème ne peut être appréhendé sans son antithèse "Hymne à la beauté" : d'un côté le hiératisme, la fixité, la pose du sphinx (la voilà, l'Égypte) et le culte de l'idole lointaine, de l'autre, l'incertain, le mouvant, le chaotique, l'ici-bas et l'ailleurs (on y sent poindre Breton à la fin de
Nadja). L'Égypte, si vous voulez, pourquoi pas ? Mais ni l'ésotérisme ni l'occultisme : le symbole.
Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,
Ô beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !
Si ton œil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte
D'un infini que j'aime et n'ai jamais connu ?
Bonjour,
J'ai une question : A qui est adressé ce poème ?
Merci 😀
Bonjour.
Dans ce poème, c'est la Beauté (immuable, éternelle, immortelle) qui est censée s'adresser aux humains ( mortels) :
Je suis belle, ô mortels, comme un rêve de pierre…
Merci
Mais, est-il adressé à une femme?
Tu veux dire "dédié" ?
Ce n'est pas tout à fait comme "adressé"…
Mais je ne pense pas que ce poème soit dédié à une femme particulière.
Merci,
On dirait que dans le texte, il y est des références à un monument, est-ce que vous savez lequel ?
Je pose beaucoup de question parce que j'ai un commentaire de texte pour bientôt et je suis tombé sur ce poème, je n'arrive pas à faire un plan.
😀 😀 Merci beaucoup 😀 😀
Que j’ai l’air d’emprunter aux plus fiers monuments,
Pas vraiment de référence à un monument particulier, même si le Sphinx est évoqué auparavant dans un autre vers.
La Beauté, comme de nombreux monuments de pierre, est éternelle, immobile, solennelle…
merci
Comme une statue antique qui parle. Comme l'énigme du sphinx.
Tu cherches la muse qui aurait inspiré ce poème, tu cherches un monument en filigrane …
L'essentiel, me semble-t-il, est ailleurs.
La beauté qui s'exprime ici et s'adresse aux mortels, est sculpturale, inaccessible, distante, mystérieuse, impassible et fascinante. Elle "trône dans l'azur". Elle incarne l'idéal poétique qui va bien au delà de la poésie du Parnasse ou des romantiques.
Le poète souffre dans sa recherche du beau. L'admiration est pour lui une contemplation silencieuse , il ne peut se détacher de la recherche du mystère.