Fonction du pronom qui

Langue française

11 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je travaille actuellement la grammaire française avec les exercices de Grévisse. J'ai beaucoup de mal avec les pronoms.

Dans un exercice concernant les pronoms démonstratifs, il définit dans cette phrase "ceux" comme sujet.

"Parmi les sportifs, ceux qui ne savent pas souffrir ne deviendront jamais des champions"

Or, dans un exercice concernant les pronoms relatifs, il étudie comme sujet le pronom "qui".

"Une souris qui n'a qu'un trou sera bientôt prise."


Je me demande pourquoi dans le première phrase, le pronom "qui" n'est pas aussi sujet.
Quelqu'un serait-il capable de m'expliquer pourquoi ?

(Excusez-moi si un sujet semblable a déjà été créé, je ne l'ai pas trouvé.)
"Parmi les sportifs, ceux qui ne savent pas souffrir ne deviendront jamais des champions"
ceux est sujet de deviendront
qui est sujet de savent.
Effectivement qui est sujet, mais sujet du verbe de la relative (ne savent pas).
Ceux, antécédent de qui, est aussi sujet mais du verbe de la principale (ne deviendront pas).

En fait, si tu retires la relative, tu obtiens une phrase plus claire :

* Parmi les sportifs, certains ne deviendront jamais des champions.
* Parmi les sportifs, ceux-ci ne deviendront jamais des champions, où ceux-ci désigne la catégorie particulière des sportifs qui ne savent pas souffrir.
Merci beaucoup pour vos réponses, je comprends mieux maintenant.

J'en profite pour vous poser une autre question:

Toujours dans la phrase "Parmi les sportifs, ceux qui ne savent pas souffrir ne deviendront jamais des champions", le pronom démonstratif "ceux" est anaphorique, son antécédent étant, selon Grévisse, "sportifs".
J'aurais pourtant inclus dans l'antécédent le déterminant "les sportifs" moi, voire "parmi les sportifs"…
Qu'en pensez-vous ?

De plus, l'antécédent de "qui", c'est bien "ceux" ? La question qui va suivre ne concerne pas les pronoms, mais pour ne pas ouvrir trente sujets, je l'inclus dans ce topic.

"Il faut un long entraînement avant qu'un sportif remporte la victoire."

Je ne comprends pas pourquoi "un long entraînement" n'est pas COD du verbe "faut".
Il n'y a alors qu'un seul COD, "la victoire" ?
pourquoi "un long entraînement" n'est pas COD du verbe "faut" ?
Effectivement, et même s'il répond à la question "il faut quoi ?", entraînement n'est pas le COD de falloir, verbe intransitif. Et alors, qu'est-il donc ?
Il est tout simplement le sujet réel du verbe impersonnel "falloir / il faut".

Grevisse nous apprend toutefois (§ 230) que certains grammairiens le considèrent comme un véritable COD ; effectivement, si l'on transforme la phrase pour conserver le sens mais avec une construction autre => "Remporter la victoire nécessite un long entraînement".
C'est sûr, dans "Il faut un long entraînement",
"un long entraînement" n'est pas COD.
Impossible de tourner à la forme passive :
"Un long entraînement est fallu par…"

Rappelons que "il faut" veut dire à l'origine "il manque"
"Il manque un long entraînement." = "Un long entraînement manque, fait défaut"
"Un long entraînement" est bien le sujet réel.

Le verbe "nécessiter"(transitif), lui, ne veut pas dire "manquer, faire défaut" (intransitif), mais "obliger à".
Les extrapolation de certains grammairiens pour trouver un COD après "il faut" sont donc spécieuses.
Il ne faut effectivement pas confondre :

* falloir = nécessiter
* faillir = manquer

Dans l'expression « il s'en faut de peu que … » nous avons bien affaire au verbe faillir => il s'en manque de peu que
Mais dans « il faut un grand entraînement », c'est falloir => un grand entraînement est nécessaire.

J'aurais d'ailleurs du présenter l'équivalence ainsi, avec « un grand entraînement » comme sujet et non avec le transitif « nécessiter + entraînement » en COD. Honte à moi …

Et si on tourne un peu différemment : il faut avoir de l'entraînement => avoir un grand entraînement est nécessaire, on a entraînement COD de … avoir, mais le groupe verbal « avoir de l'entraînement » est sujet réel de l'impersonnel « il faut = il est nécessaire ».
Je n'ai pas du tout confondu.
A moins que le Robert historique ne se trompe !

Les verbes falloir et faillir ont tous deux pour origine le latin fallere.

A l'article falloir, il est précisé que le premier sens du verbe, au XIIe siècle, est bien "manquer". Ce sens est encore évident dans peu s'en faut, il s'en faut de peu, tant s'en faut, expressions toutes mentionnées à cet article falloir. Natif des Deux-Sèvres, j'y connais un hameau appelé Tout-y-Faut, ainsi nommé par ce qu'on y manquait de tout (terres ingrates). Et quand il manque quelque chose, on en a besoin… Le pain manque, le pain faut, il faut du pain. D'où le glissement progressif de sens et le sens dominant moderne du verbe falloir.

Falloir qui ne signifie pas "nécessiter", mais à l'origine "manquer", d'où effectivement "être nécessaire". Il faut du pain, le pain est nécessaire. (Et non pas "Le pain nécessite".)
Le fait qu'ils aient un ancêtre et un peu d'histoire en commun n'empêche pas qu'aujourd'hui il s'agit de deux verbes avec des conjugaisons, des emplois et des sens distincts ; par exemple dans la locution « il ne faut pas [pousser grand-mère dans les orties] », qui est une litote => ce n'est pas nécessaire.

Point n'est besoin d'invoquer Robert pour l'affirmer : Littré fournit le maillon (sémantique) manquant en expliquant : falloir => faire besoin, ce qui, reconnaissons-le, est tout à fait proche de nécessiter.
Je n'ai jamais dit que falloir et faillir avaient même sens et même conjugaison.

Une fois que l'on sait que le premier sens de "il faut" a été "il manque", point n'est besoin ensuite de l'autorité du Robert ni de celle du Littré pour comprendre l'évolution sémantique et la spécialisation moderne du sens : "il manque" d'où → "il fait besoin", "il est nécessaire". Nous ne sommes pas d'accord ?

Attention :

"Faire besoin" n'est pas synonyme de "nécessiter", mais de "faire défaut", "être nécessaire".

Car "nécessiter" n'est pas l'équivalent d' "être nécessaire" .
Le COD de l'un est simplement le sujet de l'autre :

Ce travail (sujet) nécessitede la rigueur.
Ce n'est pas le travail (sujet) qui est nécessaire, c'est la rigueur (COD).
En revanche :
La rigueur (sujet) est nécessairepour ce travail.
Merci.