Alph a écrit:
Dali demandait à Cocteau ce qu'il sauverait si le Louvre brûlait. Celui a répondu: "le feu". On ne sait pas s'il faut le prendre au sens littéral ou si c'était une boutade. Ce qui importe, c'est ce qu'on en fait, nous.
Répondre "le feu", plutôt que "rien", puis la collusion entre le "on" et le "nous", correspond bien à une hypothèse que je cherche à valider ou à invalider. Finalement, ce qui importerait serait, peut-être, ce qu'on fait de nous. D'où deux pistes:
1 - C'est de "nous" qu'il s'agit, plutôt que de la vérité, du bien, de l'action, ou même du droit car j'ai entendu un juge me déclarer en pleine audience: "L'unité de comportement est louable, fut-ce dans l'erreur" à propos de 2 caisses de retraite qui avaient "interprété" la loi, pourtant très claire, de façon différente, celle qui appliquait la loi ayant ensuite révisé son comportement pour l'aligner sur celle qui était dans l'erreur.
Pour tester l'hypothèse, je pense à ce que le président et le vice-président des Etats-Unis ne prennent jamais le même avion pour ne pas périr tous les deux dans un même accident, tandis qu'au contraire pendant le bombardement de Mayenne que j'ai subi enfant (le tiers de la ville détruit en 12 minutes), tandis que l'on sentait la maison osciller, mon père avait regroupé la famille debout sur 1m2, dans l'intention contraire.
2 - Et si cette hypothèse est bien la bonne, la réponse de Cocteau, émise sous forme de boutade, pourrait lui emprunter une partie de sa signification énigmatique masquée, ce qui serait de bonne poésie, et particulièrement de poésie "manière Cocteau" (jeu imagé de masques).
3 - Si cette question m'intrigue, c'est parce qu'elle a de très nombreux prolongements, par exemple:
- le bouc émissaire (pour sauver le "nous"), et je n'ai gagné le procès que j'ai cité que quand il ont pu trouver un fautif extérieur (en dehors du "nous" au tribunal)
- la différence de mentalité entre la doxa d'inspiration religieuse (être d'abord en accord avec Dieu), et la doxa qui pose le principe d'être d'accord d'abord "entre nous" (hic et nunc) et suscitera ensuite des disputes sur le "nous" en question.
- Cela semble même tout à fait central: "Yes we
can" ou "Yes
we can" ou "
Yes we can" où le "nous" peut cesser de fonctionner comme un pronom pour fonctionner comme un verbe auxiliaire ou au contraire être le principe moteur et déterminant comme dans l'expression gaulliste à la fin de la guerre d'Algérie: "Français à part entière" ou "à part, en tiers".