Voltaire, Candide, chapitre 16

Entraide scolaire

12 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
Je dois réaliser un commentaire littéraire sur Candide, chapitre 16 appelé "Les Oreillons"! Malheureusement, j'ai quelques difficultés concernant l'élaboration du plan. Ma problématique possible serait "Comment Voltaire parvient-il à concilier récit humoristique et réflexion sur l'état de nature?". Mon plan serait donc:

I) Récit humoristique
II) Réflexion sur l'état de nature

Mon problème est que je ne trouve pas de sous-parties. La seule qui me serait pour l'instant envisageable dans le grand II serait critique de l'étroitesse d'esprit de Candide. Je développerais alors l'argument de l'ethnocentrisme. Mais je ne vois rien d'autre critiqué.

Merci d'avance de m'aider,
Lena.
CHAPITRE XVI
Ce qui advint aux deux voyageurs avec deux filles, deux singes, et les sauvages nommés Oreillons

Candide et son valet furent au delà des barrières, et personne ne savait encore dans le camp la mort du jésuite allemand. Le vigilant Cacambo avait eu soin de remplir sa valise de pain, de chocolat, de jambon, de fruits, et de quelques mesures de vin. Ils s’enfoncèrent avec leurs chevaux andalous dans un pays inconnu où ils ne découvrirent aucune route. Enfin une belle prairie entrecoupée de ruisseaux se présenta devant eux. Nos deux voyageurs font repaître leurs montures. Cacambo propose à son maître de manger, et lui en donne l’exemple. « Comment veux-tu, disait Candide, que je mange du jambon, quand j’ai tué le fils de monsieur le baron, et que je me vois condamné à ne revoir la belle Cunégonde de ma vie ? À quoi me servira de prolonger mes misérables jours, puisque je dois les traîner loin d’elle dans les remords et dans le désespoir ? Et que dira le Journal de Trévoux. »

En parlant ainsi, il ne laissa pas de manger. Le soleil se couchait. Les deux égarés entendirent quelques petits cris qui paraissaient poussés par des femmes. Ils ne savaient si ces cris étaient de douleur ou de joie ; mais ils se levèrent précipitamment avec cette inquiétude et cette alarme que tout inspire dans un pays inconnu. Ces clameurs partaient de deux filles toutes nues qui couraient légèrement au bord de la prairie, tandis que deux singes les suivaient en leur mordant les fesses. Candide fut touché de pitié ; il avait appris à tirer chez les Bulgares, et il aurait abattu une noisette dans un buisson sans toucher aux feuilles. Il prend son fusil espagnol à deux coups, tire, et tue les deux singes. « Dieu soit loué, mon cher Cacambo ! j’ai délivré d’un grand péril ces deux pauvres créatures : si j’ai commis un péché en tuant un inquisiteur et un jésuite, je l’ai bien réparé en sauvant la vie à deux filles. Ce sont peut-être deux demoiselles de condition, et cette aventure nous peut procurer de très-grands avantages dans le pays. »

Il allait continuer, mais sa langue devint percluse quand il vit ces deux filles embrasser tendrement les deux singes, fondre en larmes sur leurs corps, et remplir l’air des cris les plus douloureux. « Je ne m’attendais pas à tant de bonté d’âme, » dit-il enfin à Cacambo ; lequel lui répliqua : « Vous avez fait là un beau chef-d’œuvre, mon maître ; vous avez tué les deux amants de ces demoiselles. — Leurs amants ! serait-il possible ? Vous vous moquez de moi, Cacambo ; le moyen de vous croire ? — Mon cher maître, repartit Cacambo, vous êtes toujours étonné de tout ; pourquoi trouvez-vous si étrange que dans quelques pays il y ait des singes qui obtiennent les bonnes grâces des dames ? Ils sont des quarts d’homme, comme je suis un quart d’Espagnol. — Hélas ! reprit Candide, je me souviens d’avoir entendu dire à maître Pangloss qu’autrefois pareils accidents étaient arrivés, et que ces mélanges avaient produit des égypans, des faunes, des satyres ; que plusieurs grands personnages de l’antiquité en avaient vu ; mais je prenais cela pour des fables. — Vous devez être convaincu à présent, dit Cacambo, que c’est une vérité, et vous voyez comment en usent les personnes qui n’ont pas reçu une certaine éducation ; tout ce que je crains, c’est que ces dames ne nous fassent quelque méchante affaire. »

Ces réflexions solides engagèrent Candide à quitter la prairie, et à s’enfoncer dans un bois. Il y soupa avec Cacambo ; et tous deux, après avoir maudit l’inquisiteur de Portugal, le gouverneur de Buénos-Ayres, et le baron, s’endormirent sur de la mousse. À leur réveil, ils sentirent qu’ils ne pouvaient remuer ; la raison en était que pendant la nuit les Oreillons, habitants du pays, à qui les deux dames les avaient dénoncés, les avaient garrottés avec des cordes d’écorces d’arbre. Ils étaient entourés d’une cinquantaine d’Oreillons tout nus, armés de flèches, de massues, et de haches de caillou : les uns faisaient bouillir une grande chaudière ; les autres préparaient des broches, et tous criaient : « C’est un jésuite, c’est un jésuite ! nous serons vengés, et nous ferons bonne chère ; mangeons du jésuite, mangeons du jésuite ! »

« Je vous l’avais bien dit, mon cher maître, s’écria tristement Cacambo, que ces deux filles nous joueraient d’un mauvais tour. » Candide, apercevant la chaudière et les broches, s’écria : « Nous allons certainement être rôtis ou bouillis. Ah ! que dirait maître Pangloss, s’il voyait comme la pure nature est faite ? Tout est bien ; soit, mais j’avoue qu’il est bien cruel d’avoir perdu Mlle Cunégonde et d’être mis à la broche par des Oreillons. » Cacambo ne perdait jamais la tête. « Ne désespérez de rien, dit-il au désolé Candide ; j’entends un peu le jargon de ces peuples, je vais leur parler. — Ne manquez pas, dit Candide, de leur représenter quelle est l’inhumanité affreuse de faire cuire des hommes, et combien cela est peu chrétien. »

« Messieurs, dit Cacambo, vous comptez donc manger aujourd’hui un jésuite ? c’est très-bien fait ; rien n’est plus juste que de traiter ainsi ses ennemis. En effet le droit naturel nous enseigne à tuer notre prochain, et c’est ainsi qu’on en agit dans toute la terre. Si nous n’usons pas du droit de le manger, c’est que nous avons d’ailleurs de quoi faire bonne chère ; mais vous n’avez pas les mêmes ressources que nous : certainement il vaut mieux manger ses ennemis que d’abandonner aux corbeaux et aux corneilles le fruit de sa victoire. Mais, messieurs, vous ne voudriez pas manger vos amis. Vous croyez aller mettre un jésuite en broche, et c’est votre défenseur, c’est l’ennemi de vos ennemis que vous allez rôtir. Pour moi, je suis né dans votre pays ; monsieur que vous voyez est mon maître, et bien loin d’être jésuite, il vient de tuer un jésuite, il en porte les dépouilles ; voilà le sujet de votre méprise. Pour vérifier ce que je vous dis, prenez sa robe, portez-la à la première barrière du royaume de los padres ; informez-vous si mon maître n’a pas tué un officier jésuite. Il vous faudra peu de temps ; vous pourrez toujours nous manger, si vous trouvez que je vous ai menti. Mais, si je vous ai dit la vérité, vous connaissez trop les principes du droit public, les mœurs et les lois, pour ne nous pas faire grâce. »

Les Oreillons trouvèrent ce discours très-raisonnable ; ils députèrent deux notables pour aller en diligence s’informer de la vérité ; les deux députés s’acquittèrent de leur commission en gens d’esprit, et revinrent bientôt apporter de bonnes nouvelles. Les Oreillons délièrent leurs deux prisonniers, leur firent toutes sortes de civilités, leur offrirent des filles, leur donnèrent des rafraîchissements, et les reconduisirent jusqu’aux confins de leurs États, en criant avec allégresse : « Il n’est point jésuite, il n’est point jésuite ! »

Candide ne se lassait point d’admirer le sujet de sa délivrance. « Quel peuple ! disait-il, quels hommes ! quelles mœurs ! si je n’avais pas eu le bonheur de donner un grand coup d’épée au travers du corps du frère de Mlle Cunégonde, j’étais mangé sans rémission. Mais, après tout, la pure nature est bonne, puisque ces gens-ci, au lieu de me manger, m’ont fait mille honnêtetés dès qu’ils ont su que je n’étais pas jésuite. »
Bonsoir Lena,

Ce texte se situe au carrefour de plusieurs traditions littéraires :
• Le mythe du bon sauvage et le discours sur l'état de nature opposé à la culture,
• L'éventuelle appartenance des sauvages à la nature humaine, à la suite des débats lors de la controverse de Valladolid,
• Les cannibales de Montaigne,
• Le jardin d'Eden et la morale sexuelle libérée telle qu'on la retrouve dans la supplément au voyage de Bougainville de Diderot…
Voltaire y règle une fois de plus ses comptes avec ses ennemis intimes, les Jésuites. C'est un texte burlesque qui ne se prend pas trop au sérieux.

1. Une des nombreuses mésaventures de Candide et de ses compagnons
• Un malentendu né d'un déguisement
• Un récit à rebondissement
• Le thème du mal omniprésent, la critique de l'optimisme panglossien
• La critique des "réductions", colonies administrées par les Jésuites
2. Une défense subtile : Philosophe contre Jésuite
• La défense du droit au cannibalisme
• l'ennemi de votre ennemi est votre ami
• Un vrai philosophe doit vérifier et ne pas se contenter de croire
• l'appel à la loi naturelle et universelle
3. Des sauvages pas si sauvages, en tout cas non pervertis par les mœurs civilisées
• Des hommes prudents qui écoutent, qui vérifient avant d'agir
• Des cannibales bons enfants
• Le présent sexuel et l'hospitalité

Conclusion : Voltaire critique l'optimisme leibnizien en s'attaquant principalement à l'évangélisation forcée des populations américaines par les Jésuites qu'il considère comme un mal. Comme à son habitude, il survole le sujet. En particulier, lui qui est un défenseur de la culture contre l'état de nature (à la différence de Rousseau), n'expose pas ses préférences, trop soucieux d'égratigner ses adversaires intimes. Nous prenons Voltaire en flagrant délit de simplification au nom de l'efficacité. Ce qui reste finalement, c'est ce talent de conteur virtuose tout entier au service du combat philosophique.
Bonjour,
Je vous remercie énormément de votre réponse! Veuillez m'excuser de n'avoir pas précisé que le texte que je dois étudier se temine à "Mangeons du jésuite, mangeons du jésuite!". Je pense que cela change un peu la consistance du texte puisque nous n'avons pas le passage où les sauvages relachent Candide et son ami.
Je voudrais savoir ce qu'est l'optimisme panglossien et leibnizien! Je ne sais pas si je me trompe mais les sauvages déclarent "mangeons du Candide n'est en aucun un jésuite! Quiproquo une fois de plus?
Vous dites que Voltaire est un défenseur de la culture contre l'état de nature, je ne pense pas avoir bien saisi parce qu'il défend le droit au cannibalisme! Veuillez m'excuser de mon incompréhension!
Je vous remercie une fois de plus,
Lena.
Bonjour Loulette,

Pour ce qui concerne l'optimisme et sa critique dans Candide, va voir cette fiche.
ici.

Je n'ai pas compris la demande suivante.

Enfin Voltaire est habituellement un défenseur de la culture : vois son poème le Mondain ou son roman l'Ingénu où il convertit son héros huron aux finesses et à la force de la culture philosophique, un idéal selon l'auteur de Candide. Donc quand Voltaire défend le droit au cannibalisme, il renonce aux idées qu'il professe d'ordinaire. Avec une certaine mauvaise foi, Voltaire n'hésite pas à se contredire pour dénoncer les contraintes de la colonisation jésuitique.
Bonjour,

Merci une fois de plus. J'ai maintenant saisi !
Pour la seconde question, je n'ai pas fait attention que je n'avais pas fini ma phrase. Je voulais dire que les sauvages déclarent: "mangeons du jésuite, mangeons du jésuite!" mais en aucun cas Candide n'en est un. Serait-ce un quiproquo une fois de plus?

Lena.
Bonsoir Lena,

Il s'agit bien sûr d'un malentendu. Candide n'appartient pas à la Compagnie de Jésus, mais le frère de Cunégonde qui a rejoint leur groupe en fait partie, d'où la méprise des Oreillons.
Bonjour je m'apelle Maëlle je suis en 1ère ES j'ai une dissertation sur candide, sur une citation j'ai vraiment du mal à trouver un plan correct. la citation est : Hélas! Mon Dieu , je suis le meilleur des hommes et voilà déjà trois hommes que je tue; et dans ces trois hommes, il y a deux prêtres.

J'espère que vous pourrez m'aider car j'en ai vraiment besoin. merci d'avance
C'est encore moi !

Toujours en vue de mon bac de Français ( oui ma vie tourne un peu autour de ça depuis quelques temps… 😜 ) , je demande de l'aide à des personnes ayant une plus grande connaissance que moi en matière de littérature…

J'ai dans un de mes corpus un texte de Voltaire, Candide portant sur le chapitre " Au pays des Oreillons ". Mais j'ai un gros souci : pourquoi ces petites bêtes veulent-elles absolument manger du Jésuite ? qu'est ce qu'ils leur ont fait ? Est-ce seulement parce que Candide et Cacambo ont des vêtements de Jésuites qu'ils veulent les manger ou est-ce que leur tenue vestimentaire ne leur apporte pas de bon point étant donné qu'ils ont tué des Oreillons trois minutes avant ?

Et plus généralement, un Jésuite, à l'époque de Voltaire, c'est vraiment méchant ? Pourquoi est- ce que Voltaire ne les aimait pas ? Était-il le seul ?

Beaucoup de questions en un seul message..je l'avoue !
J'ai le même commentaire à faire et je n'y arrive vraiment pas malgré vos indications. Je ne trouve même pas ma problématique. Je suis perdu…
Bonsoir,

Tu peux prendre comme problématique la critique d'une culture chrétienne oppressive.
😀 salut tout le monde je dois faire un comentaire compose de candide ou loptimisme chapitre16 de "ils etaient entoures d une cinquantaine d oreillons… a des quils ont su que je n etaient pas jesuite"

jai deja trouver les 2 AXES

premier axes un recit parodique et ironique qui met en scene des sauvages qui ne le sont pas tant que cela

deuxieme axes un recit satirique qui ridiculise les hommes civilise
parcontre je narrive pas a trouver les 3 REMARQUE QUE JE DOIS METTRE A CHAQUE AXES DONC SI QUELQUN POURAIT M AIDER SVP
Bonsoir,

Je t'ai mis(e) « hors charte » car je suppose que les axes t'ont été donnés par ton professeur…

Muriel