Bonjour,
Je sollicite ici les réactions d'étudiants en khâgne, et surtout, si possible, de profs d'anglais en HK.
J'ai un commentaire à fournir, sur une nouvelle de quatre pages de Katherine Mansfield. C'est un très beau texte, mais je n'ai jamais commenté, même en français, de texte aussi long. Je ne demande pas d'aide à l'analyse, considérant que cela doit venir de moi seule (et c'est la raison pour laquelle je ne poste pas dans "Entraide scolaire" et que je ne mets pas le texte, ni son titre), mais d'un coup de pouce méthodologique…car je ne peux pas l'inventer et que le prof, quoique brillant, passe beaucoup de temps sur des digressions. Cette manière de procéder est très riche culturellement et littérairement, mais quand on relit son cours…on a du mal à voir clair et à discerner ce qu'il attend de nous dans une copie.
Je n'en vois pas le bout. Il vaut mieux, paraît-il, un plan linéaire, mais sur quatre pages, je me vois mal me mettre à commenter chaque passage ou phrase. J'avais divisé le texte en trois parties pour les commenter de manière thématique, mais l'intérêt de ce texte siège en partie, me semble-t-il, dans les effets d'écho… J'ai donc opté pour un plan en deux parties (le prof est assez souple et pas du tout obsédé par le trois fois trois parties !), posant la question du genre. Dans une première partie, j'ai montré en quel sens on pouvait dire de ce texte qu'il appartenait au genre de la nouvelle, même s'il n'y a pas d'intrigue "à la Maupassant"… Ensuite, j'ai suggéré que ce texte était aussi à lire comme un long poème en prose.
Mon anglais, soit dit en passant, est tout ce qu'il y a de plus exécrable et forcé…
Quels conseils (même tout petits !) pourriez-vous me donner ?
Merci d'avance…
Bonsoir,
Je ne fais pas d'anglais, mais les exigences sont censées être, au moins dans les grandes lignes, identiques pour toutes les langues.
Il n'y a pas de "méthode" précisément définie ni de règles canoniques du commentaire de texte en langue vivante étrangère pour les concours des ENS (et pour cause : c'est à la session 2009 qu'il sera introduit, en plus de la version). Le jury est donc plutôt ouvert à diverses approches… En l'absence d'exigences strictes de ton professeur, tu peux donc te considérer assez libre.
Ce qui est globalement attendu est un commentaire qui ne soit ni strictement linéaire (comme en explication de texte française, par exemple), ni strictement composé (comme au baccalauréat). A l'intérieur des différents mouvements que tu auras éventuellement décelés dans le texte, tu n'es donc aucunement tenue de suivre l'enchaînement des phrases… Du reste, tu n'auras pas le temps d'en donner une analyse aussi pointue qu'avec un texte français (du fait de la barrière de la langue, de tes insuffisances lexicales éventuelles - l'épreuve est conçue pour être réalisée avec un dictionnaire unilingue seulement - et de la longueur même du texte - ce qui est encore plus vrai à l'oral).
Enfin, l'épreuve est conçue pour n'être pas exclusivement une épreuve "littéraire", c'est-à-dire qu'elle doit intégrer, autant que faire se peut, des éléments extra-littéraires : tes connaissances du contexte historique, politique, culturel, de la vie de l'auteur, de la place de ce texte dans son oeuvre (la date de rédaction est la première chose à laquelle il te faut porter attention), etc. sont naturellement bienvenues.
Je ne te cache pas cependant qu'un certain flou entache encore la nature précise de cette épreuve, flou qui devrait se dissiper progressivement après la session 2009 du concours (donc lorsque tu seras en khâgne…). J'espère avoir répondu dans la mesure du possible à tes interrogations 🙂
Notre prof partage semble-t-il les inquiétudes, ou plutôt les interrogations, soulevées par Arthur.
Nous ne pouvons pas vraiment t'aiguiller au niveau méthodologique, étant donné que l'ENS n'a toujours pas précisé ce que l'on attend de nous lors de cette épreuve.
Nous en saurons plus après la réunion à l'école, à Lyon, le 14 novembre.
Mille fois merci Arthur pour le temps passé à me répondre. Tu me rassures un peu, bien que mes difficultés à rédiger quelque chose d'un tant soit peu intelligent (!) demeurent bien tenaces !
Merci aussi à Nathalie, dont je viens de lire la réponse.
Ce que je suis en train de faire semble tout compte fait n'être pas trop à côté de la plaque, reste le côté laborieux de l'expression écrite… Je ne suis plus vraiment la progression linéaire, mais cet aspect (inévitable au vu du texte et de sa construction - ce n'est pas un texte qui "se déroule" mais une sorte d'écrin, un système d'écho qui enferme le texte sur lui-même, de manière paradoxale puisqu'il s'agit d'un voyage) me semble compensé par le fait que j'analyse, à plusieurs fins, la construction du texte dans mon commentaire. Pensez-vous que ça passera ?
(Arthur, nous sommes presque voisins 😉)
Je pense que ça peut tout à fait passer dans la mesure où tu t'intéresses vraiment à la spécificité du texte, ce qui est le plus important. Cependant, comme l'a dit Arthur, il ne faut pas oublier le côté historique, culturel de l'explication: on te demande d'avoir quelques connaissances sur l'Histoire et l'histoire des idées d'Angleterre et des Etats-Unis. D'après notre professeur, il faudrait également repérer l'intertextualité, toujours présente, parfois de façon très subtile.
Merci !
En ce qui concerne l'intertextualité, mes connaissances en littérature anglaise sont bien maigres… Je me suis renseignée sur la biographie de l'auteur et sur le contexte littéraire, et j'ai essayé d'exploiter ces indications à plusieurs occasions. Ce premier commentaire va être une sorte de crash-test avant le concours blanc… 😉
Merci en tout cas pour votre aide !
Et si un prof passe par là…un avis ne serait pas de refus !
L'intertextualité ne se résume pas aux textes anglais! Au dernier commentaire, notre prof n'a pas hésité à nous faire un parallèle entre Conrad et Dante, à partir du simple mot "Inferno" présent dans le texte!
Tiens j'allais poser le même sujet, moi-même hébétée depuis plusieurs heures devant la longueur du texte de Mansfield.
J'ai aussi rayé l'idée d'un commentaire linéaire, je crois que là c'est strictement impossible sans partir dans un fouillis pas possible.
Je rejoins assez les autres dans l'idée qu'il faut s'intéresser aussi bien au contexte du texte (je n'en suis qu'à la compréhension de la deuxième page mais le départ en bateau m'a l'air assez significatif historiquement) , qu'à sa forme (ce que tu fais avec l'histoire de la nouvelle/du poème en prose) mais aussi à la réelle narration et à sa progression par les relations entre les personnages, etc. Enfin je ne sais pas jusqu'à quel point on peut développer ce sujet sans tomber dans la psychologique pure et dure…
😉 Pleonasme…
Bon, je suis allée jusqu'au bout, mais cela ne veut pas dire que j'ai terminé…
(L'effet crash-test va être très probant, je crois !)
nathalie : ok pour l'intertextualité. Je vais chercher un peu plus.