Rousseau, Les Confessions, livre II - La rencontre avec Mme de Warens

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

J'ai, à l'occasion de mon cours de français, une étude d'un texte à réaliser, un des derniers textes appartenant au genre auotobiographique que nous analyserons d'ailleurs… C'est un extrait du livre II des Confessions, Rousseau; dasn laquelle l'auteur présente sa rencontre avec Mme de Warens.
J'enfermai la lettre de M. de Pontverre dans la mienne, et je partis pour cette terrible audience. Je ne trouvai point madame de Warens; on me dit qu'elle venait de sortir pour aller à l'église. C'était le jour des Rameaux de l'année 1728. Je cours pour la suivre: je la vois, je l'atteins, je lui parle… Je dois me souvenir du lieu, je l'ai souvent depuis mouillé de mes larmes et couvert de mes baisers. Que ne puis-je entourer d'un balustre d'or cette heureuse place! que n'y puis-je attirer les hommages de toute la terre! Quiconque aime à honorer les monuments du salut des hommes n'en devrait approcher qu'à genoux.

C'était un passage derrière sa maison, entre un ruisseau à main droite qui la séparait du jardin et le mur de la cour à gauche, conduisant par une fausse porte à l'église des cordeliers. Prête à entrer dans cette porte, madame de Warens se retourne à ma voix. Que devins-je à cette vue! Je m'étais figuré une vieille dévote bien rechignée; la bonne dame de M. de Pontverre ne pouvait être autre chose à mon avis. Je vois un visage pétri de grâces, de beaux yeux bleus pleins de douceur, un teint éblouissant, le contour d'une gorge enchanteresse. Rien n'échappa au rapide coup d'œil du jeune prosélyte; car je devins à l'instant le sien, sûr qu'une religion prêchée par de tels missionnaires ne pouvait manquer de mener en paradis. Elle prend en souriant la lettre que je lui présente d'une main tremblante, l'ouvre, jette un coup d'œil sur celle de M. de Pontverre, revient à la mienne, qu'elle lit tout entière, et qu'elle eût relue encore si son laquais ne l'eût avertie qu'il était temps d'entrer. "Eh! mon enfant, me dit-elle d'un ton qui me fit tressaillir, vous voilà courant le pays bien jeune; c'est dommage en vérité". Puis, sans attendre ma réponse, elle ajouta: "Allez chez moi m'attendre; dites qu'on vous donne à déjeuner; après la messe j'irai causer avec vous".
Après un devoir, dans lequel nous devions faire une partie du commentaire de ce texte (…), notre professeur a décidé que nous devrions l'exploiter en cours afin de l'intégrer au descriptif pour l'oral du BAC. De ce fait, il nous a préparé un plan et, pendant ces vacances, nous devons développer une Idée Directrice du 1er axe. Voici le plan proposé:

I- Rousseau raconte un événement qui reste exceptionnel dans sa mémoire
a) C'est un événement qui se distingue des autres dans la manière de le restituer.
b) Rousseau crée une succession rythmée d'actions pour traduire combien cet événement est extraordinaire.
c) Le moment et le lieu se révèlent d'une importance capitale pour comprendre à quel point la rencontre est décisive.

II- Mais la rencontre avec Madame de Warens provoque également un véritable chox affectif chez le jeune Jean-Jacques Rousseau.
a) Il vient d'abord de la vision qui s'offre à lui.
b) Cette rencontre a des conséquences émotionnelles immédiates sur le jeune homme.
c) Cette émotion qui le submerge entraîne même sa métamorphose.

J'ai choisi de développer la première I.D. du 1er Axe: "C'est un événement qui se distingue des autres dans la manière de le restituer". J'ai donc effectué une analyse du texte, autant que m'est possible, et ai cherché 3 I.A, mais n'en ai que deux… De plus, il me semble que mon analyse est incomplète, et que mes arguments sont incohérents…

I- Rousseau raconte un événement qui reste exceptionnel dans sa mémoire
a) C'est un événement qui se distingue des autres dans la manière de le restituer.

* Temps verbaux
Présent de narration = revit la scène, authentifie, prouve la vivacité de la mémoire.

PASSE (présent simple, imparfait, plus-que-parfait) → PRESENT
Présent utilisé pour le moment précis de la rencontre.

Alternance passé simple / présent de l'indicatif (= procédé souvent utilisé par Rousseau)

Présent d'énonciation: "Je dois" = présent de l'auteur

- Plus que parfait: "je m'étais figuré" = action antérieure et révolue
- Passé simple: "J'enfermai"= action brève, 1° plan > AVANT/APRES rencontre.
- Imparfait: "elle venait" = actions longues, 2° plan + description

* Point de vue: interne

* la rencontre est retardée dans le texte: passage descriptif, remontée dans le temps > suspense
"je la vois, je l'atteins, je lui parle…" = suspense

* longueur des phrases → ~
" mouillé de mes larmes et couvert de mes baisers"
=parallélisme de construction + gradation + allitération en [m]

* énonciation: 1° personne: "Je", "m'"

* paragraphes: 2§
- avant + pré-rencontre (lieu, moment)
- RENCONTRE



Je rappelle que j'ai essayé d'analyser que ce qui concerne mon I.D. J'ai donc deux Idées Arguments pour nourrir mon idée directrice:

I.A.1Utilisation du présent de l'indicatif
"…" = revit la scène, mémoire vive

I.A.2Rencontre décrite dans la dernière partie du texte, retardée = suspense
"…" = prend plaisir à retarder le moment fatidique, veut revivre, retrouver tous les détails de cette rencontre.

I.A.3//

Je sais que c'est médiocre, mais je ne parviens pas à faire mieux… J'implore votre aide.

Merci d'avance,
Zadek
Bonsoir Zadek,

Il me semble que je me serais intéressée aussi au lexique : il n'est pas banal !
Une fois les champs lexicaux relevés, tu en tirerais certainement de quoi remplir ta troisième sous-partie.

Muriel
Note la référence au jour des Rameaux et le vocabulaire religieux très présent. Il y a une volonté (de la part de Rousseau) de sacralisation et de sublimation de la rencontre avec Mme de Warens.
Bonjour,

Oui, je les avais particulièrement remarqués ! Mais j'ai hésite à les incorporer dasn cette I.D., sachant qu'une autre I.D. exploitait le lieu, et l'autre axe traitant de Mme de Warens…

I- Rousseau raconte un événement qui reste exceptionnel dans sa mémoire

a) C'est un événement qui se distingue des autres dans la manière de le restituer.
b) Rousseau crée une succession rythmée d'actions pour traduire combien cet événement est extraordinaire.
c) Le moment et le lieu se révèlent d'une importance capitale pour comprendre à quel point la rencontre est décisive.


II- Mais la rencontre avec Madame de Warens provoque également un véritable chox affectif chez le jeune Jean-Jacques Rousseau.

a) Il vient d'abord de la vision qui s'offre à lui.
b) Cette rencontre a des conséquences émotionnelles immédiates sur le jeune homme.
c) Cette émotion qui le submerge entraîne même sa métamorphose.


Un petit éclaircissement serait le bienvenu

Sinon, pour ce qui est des réseaux lexicaux, j'ai observé, et en ai trouvé deux: celui de la religion, et celui de l'émerveillement. Je voulais exploiter ce dernier dans mon idée directrice…

Merci pour votre aide,
Zadek
Bonsoir Zadek,

Il me semble que c'est dans la partie que tu traites que l'analyse du champ lexical de l'idole irait le mieux. Il n'annonce pas n'importe quoi, ni un évènement banal…

Muriel
Bonsoir Muriel,
Muriel H. a écrit :Il me semble que c'est dans la partie que tu traites que l'analyse du champ lexical de l'idole irait le mieux.
Le champ lexical de l'idole ? Je n'avais pas remarqué cela… Par rapport avec Mme de Warens ? Il me semble que cela entrerait plus aisément dans

II- Mais la rencontre avec Madame de Warens provoque également un véritable chox affectif chez le jeune Jean-Jacques Rousseau.

a) Il vient d'abord de la vision qui s'offre à lui.

I.D. dans laquelle notre professeur nous a indiqué que nous devions travailler sur le portrait de Mme de Warens… Pourriez-vous éclaircir ce que vous entendez par "idole", s'il vous plaît ?

(Ce n'est pas évident de travailler sur un plan tout fait, je trouve, car la contrainte est énorme: doit-on placer cela ici, ou bien plutôt ici…)

Merci bien,
Zadek
Les notations sont bien vues, mais ce qui fait que cette rencontre est différente de toutes les autres procède du contraste entre le préjugé et l'observation. Ce contraste, indiqué de façon répétée par l'alternance des temps, le passé (préjugé), et le présent (observation), qui dément le préjugé, est - en tant que contraste - bien plus que l'indication d'une différence, et même d'une contradiction. Il indique une dynamique qui refoule les idées toutes faites et les abolit mentalement pour ouvrir l'esprit sur un futur.
Soit, mais je doute franchement, là se trouve le dilemme, qu'il s'intègre à mon I.D, à savoir "C'est un événement qui se distingue des autres dans la manière de le restituer"… C'est assez difficile de savoir où classer les idées, et les éléments de mon analyse !
Bonsoir Zadek,

Il me semble que la manière de le restituer ne peut pas faire abstraction du lexique. C'est avec des procédés littéraires qu'il le restitue, soit ; mais aussi à l'aide du lexique : il parle bien plus que d'une femme, il parle d'un objet de vénération qui lui a laissé un souvenir impérissable, et c'est le lexique qui te permettra de le justifier.

Ton problème est que tu as un esprit éminemment scientifique. Tu relèves, tu classes, tu analyses ; mais tu oublies la sémantique.

Muriel
Muriel H. a écrit :Il me semble que la manière de le restituer ne peut pas faire abstraction du lexique. C'est avec des procédés littéraires qu'il le restitue, soit ; mais aussi à l'aide du lexique : il parle bien plus que d'une femme, il parle d'un objet de vénération qui lui a laissé un souvenir impérissable, et c'est le lexique qui te permettra de le justifier
Mon problème n'est pas l'analyse (enfin si, mais pas dans le cas présent; je crois…), mais les barrières qui limitent cette même analyse. Ce travail sur le portrait de Mme de Warens, en tant qu'objet de vénération, je suis censé en parler dans le "portrait de Mme de Warens", c'est à dire, dans la partie "a) Il vient d'abord de la vision qui s'offre à lui." (c'est du moins ce qui est marqué sur ma feuille). Je veux bien travailler sur une multitude de procédés, mais je ne saurais dire dans quelle partie je dois placer chaque élément de mon analyse…

Je veux bien travailler sur le portrait de Mme de Warens qui, comme vous l'avez indiqué, est représentée comme un "objet de vénération", mais est-ce réellement ce qui m'est demandé ? Voila tout mon problème, une difficulté de classification. Finalement, si j'ai compris ce que vous m'indiquez, je dois reprendre mes trois idées-arguments ? Je vous expose tout de même la petite aide du professeur en ce qui concerne cette partie, qui indique: "tout le travail sur les temps verbaux est à réaliser ici".

J'ai vraiment besoin de comprendre comment vous comprenez cet axe, et comment vous l'exploiteriez… Je m'excuse à l'avance de mon incompréhension, et surtout de mon incompétence !

Avec toute ma gratitude,
Zadek

(
Ton problème est que tu as un esprit éminemment scientifique. Tu relèves, tu classes, tu analyses ; mais tu oublies la sémantique.
Qu'est-ce que je fais en L ? 😂 )
Si la difficulté est un problème de classification, pour la résoudre, il faut d'abord étaler tous les éléments à prendre en considération sans a priori sur leur classification.
Et quand un texte est bien écrit, il n'y a pas de remplissage et tout est à prendre en considération. Par exemple les noms et pronoms, par exemple les tournures (narrative ou exclamative) etc…

Mais il ne faut pas oublier que cette focalisation sur les éléments néglige leur organisation, et que tout cela est déjà entré dans un plan, celui que suit Rousseau. On est donc conduit à faire un travail d'analyse que l'on est amené à critiquer soi-même, pour le corriger en en précisant les limites, donc à faire des renversements.

Ensuite, pour exposer, il va falloir suivre une ligne, donc faire des compromis. Il ne s'agit donc pas seulement d'appliquer une méthode, mais aussi de relever un défi: celui de passer outre à une difficulté en prenant un parti. Mais cela n'est pas propre aux études littéraires: faire le diagnostic d'un malade pose exactement les mêmes problèmes.
Il faut donc que je fasse une analyse entière ? Eh bien de je m'y met alors… Bonjour,

J'ai donc analysé ce texte, comme je l'aurais fait la première fois, en le découvrant (je n'aurais sans doute pas autant, sans le plan ni vos conseils, mais bon … 😜). J'ai utilisé la méthode du tableau analytique, mais je remarque que je ne peux pas faire de tableau, je vais donc bidouiller pour que vous compreniez quelque chose à mon bout d'analyse .

Rouge = Procédés stylistique
Vert = Repérages
Bleu = Interprétation

1- Réseau lexicaux:

- Émotion
"baisers, larme, que n'y puis-je…"
>> Reconnaissance pour ce lieu, cette dame qui ont changé sa vie

- Surprise
" tressaillir, main tremblante, que devins-je à cette vue !"
>> Évolution: préjugé > Vérité
Croyant avoir à faire à une vieille dévote rechignée, le voilà surpris, étonné.


- Religion, dévotion
" Eglise, Rameaux, salut des hommes, paradis, dévote, prosélyte, …"
>> Forte présence de la religion: élément central de la scène
Religion = a permis la rencontre.


- Idolation
" grâce, éblouissant, enchanteresse, tels missionnaires, hommage"
>> Admiration pour madame de Warens, qui devient une idôle (admiration des traits physiques)

- Transformation
" Depuis, salut des hommes, devins-je, je devins à l'instant le sien (prosélyte)
>> Cette rencontre entraîne une véritable métamorphose chez Rousseau: il devient prosélyte, se convertit au catholicisme.

2- Figures de style

- Accumulation de verbes

" je la vois, je l'atteins, je lui parle", "prend, l'ouvre, jette, revient, lit"
>> Vivacité de sa mémoire: juxtaposition des actions = moment incroyable.
Le "dire tout" de Rousseau ?


- Ironie
" ne pouvait manquer de mener au paradis"
>> Convertion pour la seule beauté de Mme de Warens ?
Pas de partage de la doctrine catholique ?


- Hyperbole
" [ portrait de Mme de Warens ] "
>> Admiration le submerge - idéalise Mme de Warens ?

- Ellipse
" vous voilà courant le pas bien jeune; c'est dommage en vérité"
"Allez chez moi m'attendre, dites, …"
>> caractère accumulatif

3- Procédés grammaticaux

- Description précise du lieu: usage de l'imparfait
" Je dois me souvenir […] qu'à genoux"
>> Sacralisation du lieu = devient un lieu de culte = monument de son salut

- Alternance phrases courtes/longues
"Que devins-je à cette vue !" = contraste
>> Rupture avant/après la rencontre, témoigne de sa surprise (bouche bée)

- Portrait de Mme de Warens = laudatif

" pétri de grasses, plein de douceur, teint éblouissant, gorge enchanteresse"
>> Associée à la Vierge Marie, admiration, idolâtrie.

- Temps verbaux: Passé > présent de narration/énonciation
" Je m'étais figuré […] / Je vois"
>> Rupture, évolution de l'action et de son état psychologique

- Paroles rapportées
"Eh mon enfant ! … J'irais causer avec vous"
>> Vivacité de sa mémoire = paroles salvatrices à jamais gravées dans sa mémoire.

- Noms propres
"Mme de Warens, M. de Pontverre"
>> Reconnaissance envers ces acteurs de son salut

- Contexte = époque
"Jour des Rameaux de l'année 1728"
>> Époque non anodine: Rameaux = libération de la domination romaine par Jésus-Christ.

- Division en paragraphes: 2§
" J'enfermai"+"c'était"
>> 2 approches différentes de la rencontre
2e § = entre dans les détails
suspense de la rencontre = retardée, différée


4- Sonorités

- Allitération en [r]
"partis pour cette terrible audience"
"m'étais figuré une vieille dévote bien rechignée"
"ne pouvait être autre chose à mon avis"
" Rien n'échappa au coup d'œil du jeune prosélyte car je devins à l'instant le sien"

>> Vibration des émotions ? Puissance des impressions.

- Allitération en
"grâces, douceur, éblouissant, enchanteresse"
"missionnaires, souriant, c'était, un passage derrière sa maison, ruisseau, qui la séparait"

>> son entraînant, envoûtant
= rythme envahissant
Témoigne de son idolâtrie ?
Emportement affectif…


Voilà, c'est tout ce que j'ai trouvé… J'attends vos précisions, et votre aide pour m'aider à trier ce que je dois utiliser, ou pas…

Merci beaucoup,
Zadek

P.S. J'en profite pour vous remercier de tous les conseils que vous avez pu m'apporter jusqu'ici !
Je sais que vous ne faites pas que cela, que vous avez une vie et des choses bien plus intéressantes à faire que de me répondre… Toutefois, si jamais vous avez et le temps et l'envie, ce serait sympathique de m'aider. Je ne veux pas vous presser, ni vous bousculer mais je dois rendre ce travail jeudi… Je m'y suis pris dès le début de mes vacances et pourtant 🙄 je crains de devoir faire des heures supplémentaires.

Je dois, en plus de mon axe, dont j'attends patiemment votre aide, réaliser la conclusion de ce commentaire. Pour ce qui est de reprendre les idées du commentaire, pas de problème, mais l'élargissement me pose quelques soucis. Je sais ce que je dois faire, et comment, mais notre professeur nous a demandé quelque originalité, et je ne vois absolument pas quoi y mettre.

Au début, j'avais pensé élargir le texte, en utilisant la suite du livre… Mais comme cela fait longtemps que je l'ai lu, et que je vais le relire que plus tard (Mémoires d'Outre-tombe obligent!), je me suis dis qu'en jouant sur l'intertextualité, ce serait d'une part plus original et d'autre part mieux aboutit (pas sûr que vous compreniez ce que je vaux dire ).

Quoiqu'il en soit, j'ai un petit répertoire littéraire, en ce qui concerne l'autobiographie, mais je ne sais pas sur quel autre autre roman baser ma conclusion, ni sur quel aspect du texte d'ailleurs… Peut-être devrais-je jouer sur l'idôlatrie de Rousseau, en essayant de trouver un autre ouvrage autobiographique qui en parle…

J'attends impatiemment quelque éclaircissement de votre part,
Zadek
Je m'en tiendrai à ce que j'avais déjà signalé, l'usage des noms et des pronoms.
- Le nom de Mr de Pontverre figure deux fois, au début et à la fin du texte, mais la première fois, c'est une personne. La deuxième, c'est le souvenir vague d'une personne qui s'efface derrière une lettre qui s'efface elle-même derrière une autre.
- Le pronom appartient moins à la personne qu'à la grammaire. Il se situe dans une articulation grammaticale: je, tu , il. La première personne (je) est plus proche de la deuxième (tu), que de la troisième (il), ce qui permet de figurer une navigation.
On part sur le "je". Il écrase le tu en enfermant sa lettre dans celle du "je", et cet effacement fait paraître le "on" (troisième personne), qui amène à naviguer dans un face à face "je-on". Le "on, déjà vague, se dépersonnalise encore de façon très marquée par l'apparition d'un "çà" ("C'était un passage") A ce moment, "je" est "là", c'est-à-dire dans un lieu particulièrement vide. Il est "derrière", "entre", "séparé".
- C'est par le possessif qu'on va entrer dans un autre champ interpersonnel, celui de la possession. Ce nouveau champ indique un retournement mental (comme vous l'avez noté en rouge), qui conduit vers un devenir (comme vous l'avez noté en vert), ce qui éloigne de sa pensée l'ancien mode de pensée ("je m'étais figuré"), et l'on passe progressivement dans le futur à partir de "Je vois" (présent) qui abolit l'ancienne image (préjugé), et reconstruit mentalement le passé en fonction de ce nouveau présent ("rien n'échappa", "je devins"). Ce mode de commentaire peut continuer.
Cette progression n'est pas régulière, elle est chaotique, ce qu'indique l'alternance du récit et de l'exclamation.
Mais tout cela, il faut le sentir, et ce n'est pas en faisant de la dissection qu'on le sent. C'est après l'avoir senti qu'on peut comprendre pourquoi on l'a senti. C'est dans la ligne de ces remarques que j'ai posté tout à l'heure un texte dans l'aide scolaire à propos du plan distinct de l'arrière plan.
L'intertexte me parait une bonne idée, car il est plus facile de figurer une apparition ou une réapparition ou une résurrection que d'en parler posément. Le lieu a un pouvoir évocateur très romantique qu'on rencontre dans les textes les plus connus. Il permet de ressuciter mentalement les personnes.
C'est très dense, merci ! Je l'ai rendu hier, je n'ai pu donc prendre connaissance de votre message, mais ce n'est pas pour autant que je vais abandonner ce travail là. Je veux pousser mon analyse et terminer mon analyse logique. Votre travail sur les pronoms me semble complexe, mais fort enrichissant, je vous en remercie.

Personnellement, j'y avais attaché une légère étude en analysant les occurrences du "je", que j'ai qualifiés d'envahissantes, obsédantes ! Mais aussi le <<la, elle>> présents au début du texte, qui sont ambigus et qui se reprécisent oar la suite lui attribuait quelque chose de divin, en quelque sorte.

Votre propre analyse est pour le moins complète ! Je la reprendrais attentivement avec le texte pour comprendre votre cheminement analystique. Merci au passage pour un tel apport ! Je vais essayer de présenter la suite de mon travail le plus rapidement possible (nous sommes en période de compositions, je risque d'être absent pendant la prochaine semaine et de ne pouvoir pas trop travailler mon texte, ne m'en voulez donc pas de mon effacement !)

Tous mes remerciements,
Zadek