Recherche de poèmes sur le thème du matin

Entraide scolaire

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjours, boujours !
Dans le cadre du cours de Français, je dois réaliser un recueil de poésie
J'ai donc choisi le thème du matin, j'ai déjà réussi à dégoter quelques poèmes dans un livre de Jacques Prévert 🙂

Mais est-ce que je peux faire appel à vos connaissances pour parvenir à en trouver d'autres ? De préférence d'auteurs connus car le prof' espère agrandir notre culture

D'avance merci
Bonjour Ze-toto,

Aube, de Rimbaud :
J'ai embrassé l'aube d'été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombre ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.

En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.
Muriel
La Belle Matineuse de Voiture :
Des portes du matin l’amante de Céphale
Ses roses épandait dans le milieu des airs,
Et jetait sur les cieux nouvellement ouverts
Ces traits d’or et d’azur qu’en naissant elle étale,

Quand la nymphe divine, à mon repos fatale,
Apparut, et brilla de tant d’attraits divers
Qu’il semblait qu’elle seule éclairait l’univers
Et remplissait de feu la rive orientale.

Le soleil, se hâtant pour la gloire des cieux,
Vint opposer sa flamme à l’éclat de ses yeux,
Et prit tous les rayons dont l’Olympe se dore.

L’onde, la terre et l’air s’allumaient alentour,
Mais auprès de Philis on le prit pour l’aurore,
Et l’on crut que Philis était l’astre du jour.
Et, dans le cadre d'une joute poétique, la même variation par Malleville :
Le silence régnait sur la terre et sur l'onde ;
L'air devenait serein et l'Olympe vermeil,
Et l'amoureux Zéphyre affranchi du sommeil
Ressuscitait les fleurs d'une haleine féconde.

L'Aurore déployait l'or de sa tresse blonde
Et semait de rubis le chemin du Soleil ;
Enfin ce dieu venait au plus grand appareil
Qu'il soit jamais venu pour éclairer le monde,

Quand la jeune Philis au visage riant,
Sortant de son palais plus clair que l'Orient,
Fit voir une lumière et plus vive et plus belle.

Sacré flambeau du jour, n'en soyez point jaloux !
Vous parûtes alors aussi peu devant elle
Que les feux de la nuit avaient fait devant vous.
Un grand merci pour vos réponces 🙂
Il m'en faudrait encore quelqu'uns et c'est good !
Tu es gourmand !
Encore un :
Leconte de Lisle — Poèmes barbares


L’Aurore [1]
L’Aurore (Poèmes barbares)


La nue était d’or pâle, et, d’un ciel doux et frais,
Sur les jaunes bambous, sur les rosiers épais,
Sur la mousse gonflée et les safrans sauvages,
D’étroits rayons filtraient à travers les feuillages.
Un arome léger d’herbe et de fleurs montait ;
Un murmure infini dans l’air subtil flottait :
Choeur des Esprits cachés, âmes de toutes choses,
Qui font chanter la source et s’entr’ouvrir les roses ;
Dieux jeunes, bienveillants, rois d’un monde enchanté
Où s’unissent d’amour la force et la beauté.
La brume bleue errait aux pentes des ravines ;
Et, de leurs becs pourprés lissant leurs ailes fines,
Les blonds sénégalis, dans les gérofliers
D’une eau pure trempés, s’éveillaient par milliers.
La mer était sereine, et sur la houle claire
L’aube vive dardait sa flèche de lumière ;
La montagne nageait dans l’air éblouissant
Avec ses verts coteaux de maïs mûrissant,
Et ses cônes d’azur, et ses forêts bercées
Aux brises du matin sur les flots élancées ;
Et l’île, rougissante et lasse du sommeil,
Chantait et souriait aux baisers du soleil.

Ô jeunesse sacrée, irréparable joie,
Félicité perdue, où l’âme en pleurs se noie !
Ô lumière, ô fraîcheur des monts calmes et bleus,
Des coteaux et des bois feuillages onduleux,
Aube d’un jour divin, chant des mers fortunées,
Florissante vigueur de mes belles années…
Vous vivez, vous chantez, vous palpitez encor,
Saintes réalités, dans vos horizons d’or !
Mais, ô nature, ô ciel, flots sacrés, monts sublimes,
Bois dont les vents amis font murmurer les cimes,
Formes de l’idéal, magnifiques aux yeux,
Vous avez disparu de mon coeur oublieux !
Et voici que, lassé de voluptés amères,
Haletant du désir de mes mille chimères,
Hélas ! j’ai désappris les hymnes d’autrefois,
Et que mes dieux trahis n’entendent plus ma voix.
https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Aurore_(Po%C3%A8mes_barbares)
Génial 🙂

Moi qui ne croyait pas que les forums littéraires étaient efficaces

Un gros merci, n'hésitez pas à en proposé d'autre 😉
Voilà, je poursuis mes recherches mais j'ai besoin d'encore quelques poèmes d'auteurs célèbres

Merci !
Bonjour…

Encore un autre, alors.


Fenêtres ouvertes
Le Matin - en dormant.
de Victor Hugo.
J'entends des voix. Lueurs à travers ma paupière.
Une cloche est en branle à l'église Saint-Pierre.
Cris des baigneurs: "Plus près! plus loin! non, par ici!
Non, par là!" Les oiseaux gazouillent, Jeanne aussi.
Georges l'appelle. Chant des coqs. Une truelle
Racle un toit. Des chevaux passent dans la ruelle.
Grincement d'une faux qui coupe le gazon.
Chocs. Rumeurs. Des couvreurs marchent sur la maison.
Bruits du port. Sifflement des machines chauffées.
Musique militaire arrivant par bouffées.
Brouhaha sur le quai. Voix françaises: "Merci.
Bonjour. Adieu." Sans doute il est tard, car voici
Que vient tout près de moi chanter mon rouge-gorge.
Vacarme de marteaux lointains dans une forge.
L'eau clapote. On entend haleter un steamer.
Une mouche entre. Souffle immense de la mer.
Déjà la nuit en son parc amassait
Un grand troupeau d'étoiles vagabondes,
Et pour entrer aux cavernes profondes
Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait ;

Déjà le ciel aux Indes rougissait,
Et l'aube encor de ses tresses tant blondes
Faisant grêler mille perlettes rondes,
De ses trésors les prés enrichissait ;

Quand d'occident, comme une étoile vive ,
Je vis sortir dessus ta verte rive,
O fleuve mien ! une Nymphe en rient.

Alors voyant cette nouvelle Aurore,
Le jour honteux d'un double teint colore
Et l'Angevin et l'Indique orient.

Joachim Du Bellay (1522 ; 1560)
Bonjour Jehan,

C'est drôle, si l'auteur n'avait pas été mentionné, et si Georges et Jeanne ne m'avaient pas mise sur la piste, je n'aurais jamais pensé que c'était du « Hugo », comme quoi…

Muriel