Emploi du subjonctif

Langue française

239 réponses · Page 6 / 12

Merci. Finalement, le subjonctif peut être autorisé un peu partout…
Pas tout à fait quand même… 😉
Bonjour,

Voici un phrase tirée du livre Louis XIII de Jean-Christian Petitfils:

Le lendemain, elle aurait fait demander au duc par son amie s'il était bien sûr qu'elle ne courut pas le risque "d'être grosse"…

Pour ma part, j'aurais plutôt employé le subjonctif imparfait qu'elle ne courût sans toutefois pouvoir me justifier correctement…

Que pensez-vous de cette phrase?
La subordonnée interrogative indirecte "s'il était bien sûr" exprimant forcément un doute, une incertitude, c'est le subjonctif qui convient dans la complétive qui suit. Et comme l'interrogative est au passé, la concordance des temps exige bien ici le subjonctif imparfait : "courût".

Je soupçonne donc une faute de frappe ou une distraction du correcteur !
Je vous remercie pour votre réponse, d'autant plus qu'elle corrobore ce que je pensais!
Ils m'ont naturellement parlé de vous de manière différente, mais ils ont fait surgir devant moi une personnalité singulière, de celle qui longe les abîmes mais qui peut aussi, dans sa marche périlleuse, atteindre les cimes.
Que je vous dise d'abord que je ne conteste pas vos remarques sur la sauvagerie des mœurs des peuples que nous découvrons.
J'ai été un jour, dans le delta du fleuve Rouge, pris par des Pavillons-Noirs.
Bonjour,

Pourriez-vous m'expliquer l'utilité de "que+ je+subjonctif " dans ce morceau de texte ?

Merci d'avance.
Le mode impératif, comme on sait, ne se conjugue qu'à trois personnes : la 2[sup]e[/sup] du singulier, la 1[sup]ère[/sup] du pluriel, la 2[sup]e[/sup] du pluriel.
Si l'on veut s'exhorter soi-même, par défaut, on emploie en général la 1[sup]ère[/sup] du pluriel :
Disons d'abord que je ne conteste pas vos remarques…
Mais l'on peut aussi, dans ce cas, utiliser la 1[sup]ère[/sup] personne du singulier du subjonctif :
Que je vous dise que je ne conteste pas vos remarques…
Merci beaucoup Jehan pour la réponse.
Bonsoir mes frères et sœurs
J'ai entendu dire par quelqu'un cette phrase dans la quelle je ne comprends pas l'emploi du subjonctif.
S'il y'a quelqu'un qui PUISSE en témoigner, c'est bien lui.
1-l'emploi du subjonctif est-il correct? a- et si on employais l’indicatif il y'aurait une différence de sens? b- si ,oui la quelle?
de même
2-peut-on dire:
s'il n'ya pas quelque chose qui PUISSE m'empêcher, tu sais que je vais voir ma mère une foi par semaine.
3-Si cette phrase est correcte quelle est la différence de sens avec celle là?
s'il n'ya pas quelque chose qui pourra m'empêcher, tu sais que je vais voir ma mère une foi par semaine.
Merci d'avance
Bonjour,

Je n'arrive pas à analyser correctement cette phrase. Quelqu'un pourrait-il m'aider ?

Voici :

"…et combien s'en faut qu'en marchant toujours de cette sorte, nous puissions jamais nous rencontrer"

Madame de Sévigné (lettre du 5 octobre 1673)

C'est le cas d'un subjonctif (puissions) utilisé dans quel type de proposition subordonnée ?

Merci à vous.
Bonsoir Ryokanaucoeur,

remettons d'abord la principale en français actuel : combien s'en faut-il ? = combien manque-t-il ?
La subordonnée introduite par que => pour que, qui entraîne une construction avec le subjonctif.

Ainsi : combien s'en faut que nous puissions jamais nous rencontrer ? = combien manque-t-il pour que nous puissions nous rencontrer ?
Il ne reste plus qu'à insérer la circonstancielle en marchant toujours de cette sorte.

Au final : « Combien manque-t-il pour que, en marchant toujours de cette sorte, nous puissions nous rencontrer ? »

PS : j'ai eu des problèmes d'édition, et je lis la réponse de Jehan en envoyant la mienne. Il a raison, ce n'est pas une interrogative, je n'avais pas prêté attention à cette tournure exclamative. Mais l’argumentation de base reste la même.
Ici, qu' = pour qu'.
Cette conjonction introduit ici une subordonnée de conséquence.

Combien s'en faut (tournure exclamative) = Combien il s'en faut ! = Il manque vraiment beaucoup.

que nous puissions nous jamais rencontrer = pour que nous puissions nous rencontrer un jour.

Le subjonctif exprime la conséquence non réalisée, qui n'est qu'une virtualité.
Il manque trop de choses pour que la rencontre ait vraiment lieu.
Pierrot11 a écrit :Il ne reste plus qu'à insérer la circonstancielle "en marchant toujours de cette sorte."
Ce n'est pas une proposition circonstancielle… C'est simplement un gérondif CC de manière.
Bonjour,

Je poste un message pour la première fois et pour me renseigner quant au subjonctif. En effet, j'adore la langue Française et essaye de bien m'en servir. Mais il m'arrive par moment de tomber sur des écueils devant lesquels je ne sais pas vraiment quoi faire.

Bref, je suis confus quand à l'idée de subjonctif. Ma question peut sembler un peu vaste, mais je n'arrive pas vraiment à saisir le moment où il faut s'en servir, et j'aurais, pour ma part, tendance à m'en servir à outrance.

Entendez par là, qu'oralement par exemple, il me semble plus juste de dire "qu'il n'ait" que "qu'il n'a" dans la plupart de mes phrases alors que la règle laisserait supposer l'emploi du deuxième.

Par ailleurs, j'ai cru comprendre qu'il fallait utiliser le subjonctif dans une proposition exprimant une idée non encore achevée, ou concrétisée, mais je viens de lire, dans un livre de Milan Kundera, la phrase suivante :

"Très bien, je vous crois, dit le professeur, mais le fait que je vous croie ne change rien à l'affaire."

Ici, on peut constater l'emploi du subjonctif lors de la deuxième utilisation du verbe croire, qu'en est-il de l'application de la règle pour ce cas ?

Le fait que le professeur le croit(/e?) est-il valeur d'une idée non encore achevée ?

Je ne saisis pas vraiment le concept et je m'en énerve, cela me bloque dans certains de mes écrits,

Je vous remercie d'avance pour la lecture.
steph2356 a écrit :Par ailleurs, j'ai cru comprendre qu'il fallait utiliser le subjonctif dans une proposition exprimant une idée non encore achevée, ou concrétisée, mais je viens de lire, dans un livre de Milan Kundera, la phrase suivante :

"Très bien, je vous crois, dit le professeur, mais le fait que je vous croie ne change rien à l'affaire."

Ici, on peut constater l'emploi du subjonctif lors de la deuxième utilisation du verbe croire, qu'en est-il de l'application de la règle pour ce cas ?

Le fait que le professeur le croit(/e?) est-il valeur d'une idée non encore achevée ?
"Le fait que" peut être suivi de l'indicatif ou du subjonctif, avec des nuances pas toujours bien perceptibles. Voir les exemples donnés sur ce lien :
https://www.etudes-litteraires.com/grammaire/subjonctif
un peu avant le milieu de la page.

Ici, le subjonctif me paraît assez naturel, puisque le fait que le professeur croie ou non est indifférent, et qu'on n'a donc aucune indication sur la réalité de ce qu'il croit.
C'est volontiers que je mets mon grain de sel, en attirant votre attention sur le fait qu'il convient d'écrire «langue française» sans faire porter la majuscule à l'adjectif.

Pour ce qui est de l'usage du subjonctif en français, la réponse de lamaneur laisse sur sa faim en ce qu'elle renvoie à des sources qui, au mieux, sont hautement indirectes.

Compte tenu de votre intérêt linguistique, mon conseil est tout d'abord de vous procurer un exemplaire du Bon Usage, de Maurice Grevisse, ce qui devrait se faire sans difficulté par l'Internet: la lecture vous en passionnera et vous pourrez méditer ce qui, souvent, laisse nombre de locuteurs de langue maternelle française dans la perplexité.

En second lieu, la consultation de sources lexicographiques sérieuses telles que Le Grand Robert ou, sur la «Toile», le Trésor de la Langue française vous aidera à y voir plus clair touchant aux verbes mis en vedette. Voici par exemple ce que précise cet ouvrage-là au sujet d'ignorer:
[c] Cour. IGNORER QUE, suivi d'une complétive à l'indic. ou au subj. - REM. «Selon Littré, ignorer que amènerait l'indicatif, s'il est employé négativement : "Je n'ignore pas qu'il a voulu me nuire"; mais le subjonctif si le tour est affirmatif : "Il ignorait qu'on fît des informations contre lui". Cependant, même si la phrase est affirmative, l'indicatif est possible dans la subordonnée : "Il ignorait que vous étiez là"; cet indicatif met dans tout son jour la réalité de la présence» (G. et R. Le Bidois, Syntaxe du franç. moderne, II, III, p. 346). Vous n'ignorez pas que je suis helléniste (cit. 2) par goût. Ignorez-vous que Dieu fixât (cit. 1) le soleil au milieu du ciel pour Josué? Ils ignorent que ce sont de fausses étoiles (cit. 27).
En résumé, seules une étude systématique et des recherches constantes vous permettront de lever peu à peu les doutes (en commençant toujours «le Grevisse»).

Enfin, pour le cas d'espèce, l'application du subjonctif à la seconde occurrence de «croire» est tout à fait canonique: parce qu'elle reflète une virtualité, qu'elle a une valeur hypothétique (telle est souvent la valeur d'un subjonctif), elle souligne la clause rhétorique restrictive de la phrase, qui pourrait se résumer ainsi: «Je pourrais vous croire; je pourrais ne pas vous croire. On ne retiendra ni l'un ni l'autre.»

En espérant vous avoir quelque peu éclairé, bien à vous.
Merci… Cela dit, bien entendu, nous connaissons ces ouvrages et nous y faisons souvent référence.
Le TLF, en particulier, est déjà accessible à partir de notre outil "rechercher", en haut de cette page.
Bonjour à toutes et à tous,

J’aimerais comprendre pourquoi nous utilisons le subjonctif.

Je croyais avoir compris que ce mode se mettait lorsque l'évènement décrit par le verbe (+ son sujet et ses compléments éventuels) n'était pas "réel », mais n'existait que dans la volonté, ou le questionnement d'un autre sujet.

Par exemple :
Il va faire les courses -- On raconte un fait réel, on utilise l'indicatif.
Je veux qu'il aille faire les courses -- ici l’évènement « il va faire les courses" n’existe pas, ou pas encore, ça n'existe que dans ma volonté.

Avec ce raisonnement, je peux comprendre que pour des verbes comme "Penser", "Croire", on mette l'indicatif pour une phrase affirmative, et le subjonctif pour une phrase négative.
- Je pense qu'elle est jolie.
- Je ne pense pas qu'elle soit jolie -- "elle est jolie" n'est sans doute pas "réel", puisque je dis que je pense qu'elle ne l’est pas. (Ce n’est pas réel pour moi en tout cas)

En première question, j'aimerais savoir si la logique de la virtualité de l’évènement est la bonne pour expliquer l'utilisation du subjonctif dans les exemples donnés ci-dessus.

Si oui, alors je ne comprends pas du tout son emploi dans la phrase suivante :
- Je suis content que tu sois là -- dans ce cas "tu es là" est tout à fait réel.

J'ai fait quelques recherches sur internet, , il y a beaucoup de sites qui expliquent que le subjonctif se met derrière les verbes de sentiments, etc… (ce qui est le cas de "être content").
Mais ce que je cherche à savoir c'est pourquoi (et non comment) on l'utilise dans tel ou tel cas. Quel est la logique générale. Est-ce vraiment la virtualité ? Si oui, pourquoi son emploi dans le dernier exemple mentionné : Je suis content que tu sois là.

Merci d’avance pour votre aide,

Cordialement,

Daniel
Bonjour.

Dire que le subjonctif n'exprime qu'un fait virtuel (souhait, volonté, crainte, etc) est effectivement réducteur et n'explique pas tous les emplois de ce mode.
D'une manière plus générale, le subjonctif s'utilise quand l'interprétation que l'on fait de l'action, le point de vue que l'on a sur elle passe avant le constat pur de l'action.
Comparer :
Je vois que tu es là. (constat d'un fait réel)
Je suis content que tu sois là. (interprétation d'un fait réel)

Un autre cas intéressant de subjonctif concernant un fait réel :
Bien qu'il soit malade, il part au travail.
Le fait d'être malade est bien réel.
Mais la maladie n'empêche pas le départ au travail.
Tout se passe donc, selon le locuteur, comme si le fait d'être malade n'existait pas.
On parle alors de subjonctif exprimant la "cause inopérante".
Bonjour,

Merci Jehan pour votre réponse,

 Votre définition permet d'expliquer davantage de cas en effet:  
- je veux que tu viennes 
- je suis content qu tu sois là 

On peut également, je crois (mais j'aimerais avoir votre avis sur ce point) l'utiliser pour comprendre que, pour les verbes du type "Croire", on ait : 
- de l'indicatif à la forme affirmative : Je crois qu'elle vient (Il n'y a pas vraiment d'interprétation, si ce n'est la mention d' un léger doute tout de même).
- du subjonctif à la forme négative : je ne crois pas   qu'elle vienne  (on peut dire qu'il y a une interprétation sur la subordonnée "elle vient", puisque on dit que justement, elle ne viendra probablement pas).
Est ce que cela vous parait être une interprétation ? 

Par contre, je n'arrive pas à comprendre les cas suivants : 
- je crois/ je pense qu'elle vient 
- il est probable qu'elle vienne.
Je n'arrive pas à comprendre pourquoi le doute exprimé par un verbe comme "Croire" n'entraine pas de subjonctif, alors que celui de "il est probable" si.
Si je reviens à votre définition sur l'interprétation, le point de vue, dans "je crois" me parait être un jugement plus subjectif que "il est probable", donc avec une interprétation plus forte).

Autre cas que je ne comprends pas : 
- Il va travailler bien qu'il soit malade 
- il va travailler alors qu'il est malade. 
(J'ai néanmoins une piste : "alors que" sert aussi pour le temps, quand 2 évènements sont simultanés : il l'a aperçue alors qu'il montait dans le train).

Merci encore pour votre aide,

Daniel
Bonjour.

C'est affaire de dosage. Dans certains cas, on peut choisir l'un ou l'autre mode.
Dans "je crois" et "je pense", la part de certitude est nettement supérieure à la part de doute.
Compare : Je crois qu'il vient/ qu'il viendra avec Je doute qu'il vienne.
Dans "il est probable", la part de certitude est en général prépondérante, et l'indicatif est le mode normal :
Il est probable qu'il viendra. mais effectivement, on rencontre aussi le subjonctif, pour exprimer une incertitude plus grande : Il est probable qu'il vienne.

Quant à la forme négative, elle nie la réalité du fait, censé rester virtuel : Je ne crois pas qu'il vienne.

Il va travailler bien qu'il soit malade
il va travailler alors qu'il est malade.

Ta piste est bonne : alors que constate la simultanéité des deux faits, et n'exprime pas explicitement que l'un des deux faits soit "inopérant".