Emploi du subjonctif

Langue française

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Il y a une personne qui a dit ( pardonnez-moi je n'ai pas retenu le "pseudo"… ) que le subjonctif est en général utilisé après le " que ". C'est vrai. Mais, attention, il y a une exception ( enfin, je ne sais pas si c'est la seule… ) : après que est suivi de l'indicatif et non du subjonctif. Ce serait bête de se faire avoir 😉
Le subjonctif après que ?
C'est loin d'être automatique.
Tout dépend du sens de la principale :
Je sais que tu viendras
Je doute que tu viennes.

Et beaucoup de subordonnées de temps (introduites par dès que, alors que…) et de cause (parce que, attendu que, vu que, étant donné que ) sont à l'indicatif.

Certes, après que exige normalement l'indicatif, mais il est des grammairiens pour justifier malgré tout l'usage du subjonctif après cette locution dans certains cas. Notamment quand on évoque un fait futur éventuel, sur lequel on peut avoir des doutes. On en reparlerait après qu'il soit parti. est admissible et compréhensible.

Pour répondre à la question de Mylesia :
Le subjonctif s'emploie dans tous les cas ici.
C'est le mode de la principale qui fait la différence :
Il est le meilleur beau-frère que je puisse avoir. ( beau-frère effectif : "il est")
Il serait le meilleur beau-frère que je puisse avoir. (beau-frère potentiel : "il serait")
On en discute aussi sur un autre forum , et de façon assez vive.
Doit-on systématiquement utiliser le subjonctif après la subordonnée "Si j'étais sûr que/ certain que" ?
Je suis un peu déconcertée car je vois parfois l'indicatif suivre celle-ci.
Et qu'en est-il du futur, lorsque par exemple, l'on dit "Si j'étais sûr qu'il fasse/fera beau demain" ?
Je suis un peu perdue, car en faisant une recherche, je suis retombée sur un emploi assez étrange du futur :
"Heureux , si j'étais sûr qu'il sera aussi utile à l'orateur de vous offrir les meilleurs conseils, qu'à vous de les recevoir!"
J'ai aussi trouvé : "Si j'étais sûr qu'il sera condamné à mort, je parlerais. "
Le conditionnel ne peut-il pas remplacer le futur dans certaines circonstances ?

Merci pour vos réponses très instructives 😉
Bonsoir.

En dépit des quelques contre-exemples que tu as trouvés, je pense que c'est le subjonctif qui est le plus logique ici. En effet, la proposition en "si" marquant une hypothèse non réalisée, la certitude n'est pas effective. Comme dans le cas d'une certitude niée.

Comparons :
1-Je ne suis pas sûr qu'il fasse beau demain.
2- Si j'étais sûr qu'il fasse (ou "qu'il fît", en langue soutenue) beau demain…
Et la certitude effective de :
3- Je suis sûr qu'il fera beau demain.

Dans ce dernier cas, le conditionnel peut remplacer le futur à deux occasions :
Principale au passé → conditionnel dit "futur du passé" :
J'étais sûr qu'il ferait beau le lendemain.
Certitude effective "à condition que" :
Je suis sûr qu'il ferait beau demain si le vent tournait au nord.
Bonjour,

Comment justifie-t-on l'emploi du subjonctif dans la phrase ci-dessous?

« Il n’y a qu’à l’automne où Paris soit vraiment une ville agréable, offrant des journées ensoleillées et brèves, où l’air sec et limpide laisse une tonique sensation de fraîcheur. » (La carte et le territoire de Houellebecq)

Merci d'avance
C'est la restriction exprimée par ne que…
Comme l'écrit savamment Riegel, le subjonctif met ici l'accent "sur le jeu des possibles et la sélection ou la restriction qui s'opère".
Je rajouterais que le subjonctif traduit en outre la subjectivité du choix restrictif.

L'indicatif est également possible ici, mais il se veut plus "objectif" , et il est souvent moins adéquat.

Il n'y a que toi qui puisses/ Il n'y a que toi qui peux

Il n'y a qu'à l'automne que Paris soit… / Il n'y a qu'à l'automne que Paris est

(J'ai remplacé le "où" de Houellebecq par un "que" à mon sens plus correct. Mais je peux me tromper !)
J'aimerais savoir pourquoi on utilise le subjonctif dans les deux phrases suivantes:
Approchez, que je vous apprenne ce que je viens de découvrir
Ecartez-vous, que l'on aperçoive au moins les musiciens.
Merci
Bonjour,

Approchez, que je vous apprenne ce que je viens de découvrir
Ecartez-vous, que l'on aperçoive au moins les musiciens.

A mon avis, dans les deux phrases, que = pour que.

ex - Approchez, (pour) que je vous apprenne ce que je viens de découvrir.

Attendez d'autres avis
Ce "que" introduit une circonstancielle de but, donc une conséquence non réalisée, qui exige donc le subjonctif. Il a le même sens que "afin que".
Merci beaucoup
Bonjour,
ce matin j'ai été surpris de voir une amie en cours et je lui ai dit : "Comment se fait-il que tu viennes en cours ?" et elle m'a repris : "Comment se fait-il que tu viens " car d'après elle l'indicatif est censé rapporter un fait réel.

Je suis assez perplexe car son argument est cohérent mais je trouve que sa phrase sonne mal…

Qu'en pensez-vous?
Bonjour.

C'est toi qui as raison :
"Comment se fait-il que tu viennes en cours ? "

C'est bien le subjonctif qui convient, même si le fait est réel.
Ici, la personne exprime non pas tellement la réalité du fait, mais son point de vue, son jugement sur ce fait (elle s'étonne, elle s'interroge.)

Autres exemples analogues :

Je suis heureux que tu viennes.
C'est très étrange que tu viennes.
C'est normal que tu viennes.
Ok merci beaucoup Jehan ! 😀
salut

On dit:
1. ce qui me fait mal c'est qu'il dise ça
ou
2. ce qui me fait mal c'est qu'il dit ça

de même

3. ce qui est étonnant c'est qu'il grandit vite.

4.ce qui est étonnant c'est qu'il grandisse vite.

Et pour quoi?

Merci d'avance de m'avoir aidé
Bonjour et bienvenue.

Quand la principale exprime un sentiment ou un jugement sur un fait, on emploie le subjonctif dans la subordonnée.

Ce qui me fait mal c'est qu'il dise ça. = Qu'il dise ça me fait mal.

Ce qui est étonnant c'est qu'il grandisse vite. = Qu'il grandisseest étonnant.
merci jehan
Donc ce qui me fait mal exprime un sentiment ou un jugement?
Le choix ne dépend-il pas du sens de la phrase ? Ne peut-on pas y voir deux faits, l'événement lui-même et le sentiment éprouvé en conséquence ?

Ce qui me fait mal c'est qu'il dit ça. = Il dit ça, ce qui me fait mal. (… et ça me fait mal.)

Ce qui est étonnant c'est qu'il grandit vite. = Il grandit vite, ce qui est étonnant. (… et ça est étonnant.)
Il est vrai que l'indicatif peut se concevoir aussi en tournant la phrase à l'envers, et en commençant par un pur constat des faits : Il dit ça… Il grandit vite…

Mais c'est l'appréciation subjective qui est mise en valeur par "Ce qui.. c'est" dans les phrases d'origine.
Le ressenti personnel du fait évoqué ensuite prime largement ici sur le simple constat du fait.
C'est pourquoi le subjonctif est plus approprié.

Ce quime fait malc'est qu'il dise ça. Cela me fait mal qu'il dise ça.
Ce quiest étonnantc'est qu'il grandisse vite. C'étonnant qu'il grandisse vite.
Bonsoir. Je suis tombé sur un extrait du Journal particulier (éd. Mercure de France, 1986) de Paul Léautaud. On peut y lire :

« Je lui dis de rester un peu, que j’aie fini mon tri. Pas moyen. Pressée. »

« Elle m’aurait emmené dès ce soir si j’avais voulu, et pu, empêché que j’étais par l’obligation de porter les provisions de la ménagerie ou s’il avait été moins tard et que j’aie eu le temps d’aller et de revenir. »

Que pensez-vous de l'emploi du subjonctif passé dans ces deux phrases ?

Merci.