Emploi du subjonctif

Langue française

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EhJoe a écrit :N'as-tu pas l'impression qu'il faille manger ? (désormais)
N'as-tu pas l'impression qu'il fasse froid ? (dorénavant)

N'as-tu pas l'impression qu'il faut manger ? (quand ça ?)
N'as-tu pas l'impression qu'il fait froid ? (maintenant ?)
Le subjonctif n'est-il pas rendu possible dans ces phrases par l'interro-négation ?

Une phrase affirmative semble ne pas permettre le subjonctif :

J'ai bien l'impression qu'il faut manger.
J'ai bien l'impression qu'il fait froid.

Ce sont pourtant des phrases dubitatives, non ? Et avec Il semble que, faut-il l'indicatif ou le subjonctif ? On voit les deux, et plus souvent le subjonctif que l'indicatif. Est-ce correct ?

Il semble qu'il fait froid, ou bien Il semble qu'il fasse froid ? Mais, cette fois encore, obligation du subjonctif pour les négations :
Il ne semble pas qu'il fasse froid, il ne semble pas que nous devions manger.

Qu'en pensez-vous ?
Bonsoir.

Après "Il semble que", on peut tout aussi bien utiliser l'indicatif que le subjonctif, selon le degré de probabilité ou de certitude estimé.

Il semble qu'il fait froid. (C'est très probablement vrai.)
Il semble qu'il fasse froid. ( Ce n'est peut-être qu'une impression.)

Mais l'indicatif est plus fréquent si le verbe a un COI (souvent un pronom) et exprime ainsi une croyance :

Il me semble (je crois) qu'il fait froid.
Il lui semble (il croit) qu'il fait froid.


Même chose avec "avoir l'impression' :
J'ai l'impression (je crois) qu'il fait froid.

Dans le cas d'une interrogation ou d'une négation, le subjonctif réapparaît naturellement dans tous les cas : la réalité est forcément incertaine ou rejetée de "l'univers de croyance" du locuteur :

Il ne semble pas qu'il fasse froid.
Il ne me semble pas qu'il fasse froid.
Te semble-t-il qu'il fasse froid ?
C'est un magnifique cadeau que la Nature ait/a pu nous faire.
J'aurais tendance à dire "ait" mais on ne dit pas C'est un miracle que la Nature sache faire. Doit-on dire : C'est un magnifique cadeau que la Nature a pu nous faire ?
Bonjour.

Oui : "C'est un magnifique cadeau que la nature a pu nous faire."
Aucun cadeau n'est exclu parmi parmi toutes les possibilités.

En revanche, dès qu'il y a restriction par un superlatif , le subjonctif apparaît :

"C'est le plus beau cadeau que la nature ait pu nous faire."
Ici, on isole un cadeau parmi tous les cadeaux possibles; les autres restent à l'état de virtualité.
Jehan a écrit :Bonjour.

Oui : "C'est un magnifique cadeau que la nature a pu nous faire."
Aucun cadeau n'est exclu parmi parmi toutes les possibilités.

En revanche, dès qu'il y a restriction par un superlatif , le subjonctif apparaît :

"C'est le plus beau cadeau que la nature ait pu nous faire."
Ici, on isole un cadeau parmi tous les cadeaux possibles; les autres restent à l'état de virtualité.
Belle subtilité… merci…
Cette subtile (et pertinente) analyse est celle du grammairien Riegel.
Bonsoir,

Je voulais savoir si le subjonctif était obligatoire après la formule "il n'y a que… (les gens) qui ne … (ou "qui" + verbe)."

Merci à vous. 🙂
Il y a « présentatif »
(…) Accompagné de ne … que, il sert, comme C’est à mettre en évidence des éléments divers de la phrase
(…)
Le verbe qui suit, logiquement principal, mais formellement subordonné, se met traditionnellement au subjonctif (comp. les relatives au subj. précédées de seul ou d’une négation : § 1117, b), mais l’indicatif gagne du terrain sans qu’il y ait une nuance constante : Il n’y avait que lui, sa belle garce et nous qui le savions [dit un paysan] (Balzac, Chouans, Pl., p. 1032). [Sussions aurait détonné.] — Il n’y a que la glace qui me voit (E. et J. de Gonc., Man. Salomon, LXII). [Discours direct. Noter que voit est homophone de voie.] — Il n’y avait que les imbéciles qui résistaient au courant, et que les fous qui le devançaient (France, Lys rouge, III). [Discours indirect libre.] — Il n’y a que chez lui qu’il est heureux (dans Martinet, Gramm. fonctionnelle du fr., p. 140 [seul ex. du tour]). — L’indic. s’introduit facilement pour un fait futur : Il n’y a que vous que je reverrai avec plaisir.
Grevisse
quelle est la valeur d'emploi du subjonctif svp?
ghghh a écrit :quelle est la valeur d'emploi du subjonctif svp?
Ça dépend…
Le subjonctif exprime généralement un désir, un souhait, un ordre, un doute, un regret, un conseil, une supposition, un sentiment, une invocation, une obligation, une requête, une volonté, un contentement, une crainte, un jugement, une surprise, une suggestion…
Bonjour.

Vaste question !

Va voir ici :
https://www.etudes-litteraires.com/subjonctif

Tu y trouveras dix-huit discussions qui traitent de l'emploi du subjonctif. Tu devrais trouver de quoi te renseigner…
bonjour,

Je ne sais pas si je suis au bon endroit pour poser ma question !
Je me lance quand même.
J'ai là une phrase qui me semble être au subjonctif imparfait et je dois la transformer en subjonctif présent, et là, ça me pose un problème.

Elle se tourna vers lui, et l'intensité de son regard, fût-il dirigé vers quelqu'un d'autre, me fis l'effet ….

(s'agit-il d'une erreur car au début j'ai pensé que "fut-il" aurait été plus correct mais à bien y regarder; je doute)
je pense que fût-il est l'équivalent de qu'il fût (?) mais pour la transformation : je ne vois pas comment faire ("soit-il" ne me paraît pas trés correct)

Merci par avance à qui pourra répondre.
Coco.
Bonjour,

Il s'agit bien d'un imparfait du subjonctif fût-il équivalent à qu'il fût ; donc à transformer en soit-il ou qu'il soit.

Ce qui effectivement semble bizarre au présent car je pense que nous ne sommes pas (plus ?) habitué à cette tournure.

Nous utiliserions probablement un même, un même si ou un même s'il est à la place d'un soit-il.

PS : Dussé-je vous en supplier, abrégez nos souffrances, quel est donc cet effet ?
une exigence de mon éditeur !!

merci.
Coco.
coco129 a écrit :Elle se tourna vers lui, et l'intensité de son regard, fût-il dirigé vers quelqu'un d'autre, me fis l'effet ….
et l'intensité de son regard, même dirigé vers un autre, me fit l'effet…

ou

et son regard fut si intense que, même dirigé vers un autre, il me fit l'effet…
Otez-moi d'un doute,

Votre éditeur demande que vous enleviez fût-il et que vous laissiez le reste de la phrase au passé, ou demande-t-il que tout soit au présent ?
Le problème, avec la tournure "fût-il", c'est qu'on ne peut lui appliquer la règle de la concordance des temps.
C'est une forme à sens concessif invariable en temps et en mode = "même s'il était". Une tournure tout à fait correcte.

Que le reste de la phrase soit au passé ou au présent n'y change rien.

Mais si l'éditeur n'aime pas le subjonctif, il va bien falloir se rabattre sur le "même" proposé par Lucretius.
Un conditionnel : "aurait-il été tourné…" ?
Oui, c'est vrai.

"serait-il dirigé" ou "aurait-il été dirigé"

A moins que l'éditeur ne soit aussi allergique au conditionnel !
Jehan a écrit :Oui, c'est vrai.

"serait-il dirigé" ou "aurait-il été dirigé"

A moins que l'éditeur ne soit aussi allergique au conditionnel !
Bon sang mais c'est bien sûr ! 2+2=5 !