La littérature doit-elle être morale ?

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, j'ai un plan détaillé de dissertation à faire sur le sujet : "la littérature doit être morale ?". La question est posée par rapport à l'étude du Mariage de Figaro et de sa préface de Beaumarchais. Il défend dans la préface que son oeuvre est morale : en montrant les hommes tels qu'ils sont, avec leur vices, il entend provoquer une réaction de rejet de ces comportements du public, et donc les faire changer.
D'après le type de sujet, il faudrait un plan dialectique, donc "oui elle doit l'être" et "non elle ne doit pas l'être". Le problème, c'est que d'après moi, la littérature doit forcément être morale… je ne vois pas d'exemple où elle ne l'est pas ! Je pourrais dire qu'il faut qu'elle soit acceptée par le public et les critiques, au minimum, mais d'un autre côté qu'il faut qu'elle soit assez percutante pour faire réagir… si quelqu'un pouvait me donner quelques pistes, ça serait gentil ! Merci d'avance, Marion.
Bonjour Marion,

Je ne suis pas étonné que tu affirmes avec tout l'enthousiasme de ta jeunesse que la littérature doit être morale.
Pourtant, il faudrait dénoncer ce préjugé.
Flaubert et Baudelaire ont connu le prétoire pour des oeuvres que leur temps jugeait immorales. Madame Bovary et les Fleurs du mal sont portant des fleurons de notre littérature. Première piste.
Pourtant mon propos n'est pas de défendre une littérature immorale. Plutôt d'affirmer avec Baudelaire et Gautier, théoricien de l'Art pour l'art, que la littérature doit d'abord se soucier de beauté, être inutile a priori. Une oeuvre littéraire est généralement acceptée parce qu'elle plaît, y compris dans son traitement des sujets d'actualité (aujourd'hui d'ailleurs, c'est plutôt l'immoralité et le scandale qui feraient recette), mais si elle veut entrer dans les oeuvres universelles, elle doit présenter une force, une originalité et une beauté formelle qui assureront sa pérennité. Voilà une autre piste.

Cherche donc sur le site ce qui a trait à l'Art pour l'art
ici ou
là.
Renseigne toi sur "Princes" de Machiavel, c'est tout sauf moral…

Bonjour j’ai également un essai littéraire à rediger sur le même sujet. Je suis partie sur trois parties:

I. la littérature doit être morale pour être acceptée.

II. Des oeuvres jugé "immorale" Représente des lumière de notre littérature.

III. La littérature est amorale.

Le problème étant que je manque d’argument et d’exemples pour enrichir mon devoir, si quelqu’un pourrait m’aider.

Bonsoir,

Le plan se fait en dernier. Note sur une feuille en désordre tout ce qui vient à l’idée autour de la notion. Le plan se dessinera.

Dans ses leçons d’Esthétique, Hegel aborde la question de la fonction morale de l’art, qui signifierait que l’art pourrait participer à une entreprise de progression morale pour l’homme, le projet de rendre les hommes meilleurs.

Il souligne en particulier deux types de difficultés, qui ont déjà été évoquées, je les redis :

D’abord on assigne à l’oeuvre d’art une finalité externe, si elle doit moraliser les spectateurs. Mais si la vérité de l’art est d’être un moyen, une méthode particulière d’administrer la leçon de morale, on notera premièrement qu’il est privé d’une indépendance qui est sa figure moderne, et en second lieu qu’il ne sera pas le mieux placé pour assurer cet office : un bon vieux sermon le dimanche à l’église semblerait plus approprié, puisqu’il est directement dévolu aux tâches d’édification.

Ce qui s’appuie par le second élément : l’ambiguïté (ou si vous voulez, l’ouverture) de l’oeuvre d’art. Hegel dit à ce propos que toutes les oeuvres picturales, statuaires, littéraires qui ont évoqué Marie-Madeleine (le "personnage" du Nouveau Testament) ont probablement autant fait pour répandre la luxure que pour l’interdire. On lit cela comme on veut, une oeuvre est toujours à interpréter.

Jean-Luc a évoqué Baudelaire. Je peux le lire au premier degré et comprendre qu’en gros, l’idée, c’est forniquons comme des pourceaux et disons merde à Dieu. C’est une lecture. Mais je peux soutenir avec de l’apparence que Baudelaire est un ultra-moraliste qui nous montre les égarements du péché. Le titre même du livre peut s’entendre comme une intervention théologique (il y a "Le Mal", qui a ses fleurs, certes, mais ça ne le rend pas moins un mal, d’être joli, il a la beauté du Diable, voilà tout). Donc Baudelaire pornographe, ou Baudelaire ultra-puritain, crypto-curé ? Ca se discute.