Quels sont vos poètes préférés ? pourquoi ?

Littérature

79 réponses · Page 4 / 4

C'est à Baudelaire qu'il faut le dire!
Hello 🙂

Pour ma part, je te dirais que j'ai trois poètes préférés : Arthur Rimbaud, Charles Baudelaire et Sylvia Plath.
Rimbaud pour son engagement, son côté révolté, insouciant, fougueux et très libéré dans son écriture.
Baudelaire car comme Plath, il a su nous montrer la beauté du triste et du mal. Ils nous ont permis de voir que le bizarre pouvait être beau et que la beauté pouvait exister à travers des paysages tristes.
Ossip Mandelstam, Marina Tsvetaïeva, Olga Bergholtz pour le siècle dernier.
Baudelaire, Apollinaire et Hugo pour les français ++
Bonjour, je dirais pour ma part que plus grand poète, le plus génial des génies, le plus talenteux est…Arthur Rimbaud. Il reste juste à lire le bateau ivre et tout est dit 😉
Je n'ai pas aimé les poèmes en prose de Rimbaud (Illuminations et une saison en enfer) qui m'ont un peu dégoutté de lui… mais leur lecture date d'il y a déjà quelques temps, je pense que je devrais relire quelques poèmes…

Mon poète préféré, est, je crois, un grand classique: Baudelaire 😀
J'adore aussi bien Les Fleurs du Mal que Le Spleen de Paris et la façon dont il arrive à transposer la réalité, quelque qu'elle soit, dans son univers particulier 🙂

J'aime bien aussi Hugo avec ses Contemplations qui sont émouvantes et particulièrement son poème <<Réponse à un acte d'accusation>> (qui figure dans le recueil) où la plume défend l'artiste.

J'ai été touché par La Mort du Loup d'Alfred de Vigny mais je n'ai pas lu de recueil complet de celui-ci pour l'instant.

Bref que de poésie, de poètes et de plaisir 😀
Baudelaire, sans aucune hésitation.
Tout est dit plus haut : c'est vraiment un magicien cet homme là. Il fait vivre la Langue, il te transporte dans un monde sombre, inquiétant qu'il sait pourtant rendre attirant, d'une beauté singulière. Les sonorités, le choix des mots, les rimes, l'équilibre de ses vers, même ses poèmes en prose, tout atteint une forme de perfection esthétique que je ne saurai expliquer correctement (sous peine de blasphème 🙂).

J'apprécie aussi Lamartine, même si cela devient un peu répétitif, pour la beauté de ses vers et les très beaux tableaux qu'il dépeint… Hugo, bien sûr, mais seulement certains de ses poèmes, pour l'humour et la lucidité, pour la légèreté, cela change un peu de Baudelaire 😀

Rimbaud, je n'aime vraiment que deux ou trois de ses poèmes (Le dormeur du val, pour les correspondances et le tableau sensuel - au sens premier du terme- qu'il nous offre)…
Après Verlaine et Ronsard…. Mais bon tous ont leur propre valeur et leur mérite 🙂
Mais étrangement, Apollinaire, je n'accroche pas du tout 😐

Cordialement.
Dans le genre Baudelaire et laideur qui devient beauté sous une plume, j'ai découvert le corpus de poèmes du bac de français de Pondichéry (série ES, S) de 2008 composés de:
- Victor Hugo, "j'aime l'araignée", Les contemplations
- Lauréamont, "Le Pou", Les Chants de Maldor
- Tristan Corbière, "Le Crapaud", Les Amours jaunes
- Germain Nouveau, "Le Peigne", Valentines
Donc certains vers qui m'ont touchés et des sources d'inspiration originales, je vous laisse découvrir, c'est très plaisant 🙂
Je trouve que le Crapaud entre moins dans la laideur qui devient beauté, dans la mesure où Corbière voulait souligner la solitude et le rejet vécu par les poèmes, il souligne justement le dégout, sans nécessairement vouloir le rendre beau… Ce n'est que mon avis 🙂 (si l'on parle toujours du sujet que les poètes veulent magnifier).
L'indication "œil de lumière" ne peut même pas être associée à de la beauté, elle connote plutôt de l'intelligence…

Cordialement.
Ce qui rend beau le crapaud selon moi, c'est son incarnation par Corbière par analogie (cf- dernier vers) et le fait que celui-ci soit mis au centre du poème (bien que la forme soit déconstruite et non fixe ou "belle", c'est une source d'inspiration originale) ainsi que la remise en question de la laideur (cf. v.7 + "horreur pourquoi ?" v.11) et des valeurs du laid et du beau.
Je n'ai pas lu beaucoup de poésie pour l'instant car je me suis plus concentré sur des romans, essais ou biographie. Cependant, j'ai beaucoup de recueils chez moi et j'ai un faible pour Baudelaire, Nicolas Boileau, Saint John Perse, Supervielle.

Pour l'instant, mon poète préféré est Edgar Poe, car sa vie est tellement triste qu'il l'a retranscrit dans ses vers et simplement parce que son poème le Corbeau m'a bouleversé.
Bonne idée de relancer ce fil …
Je m’évade
Sous les coquilles rompues du soir
Avec mon sac d’étoiles dans ma poche,
Ma fronde à tuer les heures
Et mon sifflet de merisier,
En échange de quelques larmes
De quelques morsures sous le sein
- Que je comptai à ma jeunesse -
Une nuit vierge de sang.
Tout est là dans cette tendresse de feuilles

(René-Guy Cadou, Forges du vent, 1938)
Saint-John Perse est l'un de mes favoris. J'aime les grandes envolées lyriques, comme chez Claudel ou Péguy.

Mais mon préféré est Apollinaire, comme beaucoup ici le savent.

J'aime aussi Charles d'Orléans (pas tout), Villon, Ronsard (pas tout), Du Bellay, certains poètes précieux, Boileau, Chénier, Hugo (pas tout), Verlaine, Rimbaud (pas tout), Valéry (même si je ne partage pas ses théories poétiques, mais ça n'a aucune importance, c'est le résultat qui compte), Reverdy, Breton, Desnos, Éluard, Pierre Jean Jouve, Aragon (pas trop sa poésie engagée), Supervielle, Ponge, Michaux et des poètes contemporains.
Bien sûr, il y a aussi des poètes étrangers dont Whitney, Akhmatova…
Étoile de la mer voici la lourde nappe
Et la profonde houle et l'océan des blés
Et la mouvante écume et nos greniers comblés,
Voici votre regard sur cette immense chape


Et voici votre voix sur cette lourde plaine
Et nos amis absents et nos cœurs dépeuplés
Voici le long de nous nos poings désassemblés
Et notre lassitude et notre force pleine.


Étoile du matin, inaccessible reine,
Voici que nous marchons vers votre illustre cour,
Et voici le plateau de notre pauvre amour,
Et voici l'océan de notre immense peine.


Un sanglot rôde et court par-delà l'horizon.
A peine quelques toits font comme un archipel.
Du vieux clocher retombe une sorte d'appel.
L'épaisse église semble une basse maison.


Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale.
De loin en loin surnage un chapelet de meules,
Rondes comme des tours, opulentes et seules
Comme un rang de châteaux sur la barque amirale.


Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
Mille ans de votre grâce ont fait de ces travaux
Un reposoir sans fin pour l'âme solitaire.


etc… etc…

Ch. Péguy, Présentation de la Beauce à Notre Dame de Chartres,
in La tapisserie de Notre Dame, éd. NRF - Gallimard.
Merci Jacques pour cet extrait !
J'entends toujours le nom de Péguy mais je ne l'ai très malheureusement jamais lu (je lis très peu d'auteurs du XXe pour le moment).
Quel rythme, tout d'abord ! mais aussi, presque chaque vers font partie de ces vers parfaits qu'on veut se répéter indéfiniment ! C'est ce que j'adore en poésie "Et voici l'océan de notre immense peine"
Auriez-vous une bonne édition à conseiller ?
Comme souvent en ce qui me concerne, je te conseille l'édition en Pléiade.
Si la version actuellement disponible en librairie est celle parue en 2014, forte de 1844 pages avec son appareil critique, tu peux te procurer « l'ancienne édition » de 1941 qui contient peu ou prou les mêmes textes : https://www.la-pleiade.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-de-la-Pleiade/OEuvres-poetiques-completes3
On la trouve à vil prix, par exemple en ce moment à 15 € en très bon état sur la baie - et peut-être moins cher encore si tu t'engages dans une enchère. 🙂
Merci!
Encore et toujours fidèle à la Pléiade 😀

Pour ce qui est de la poésie, je ne ne connais certainement pas tout mais s'il est un recueil que je lirais encore et encore, ce serait Gaspard de la nuit d'Aloysius Bertrand. C'est de la prose mais bel et bien de la poésie.
"L'empereur dicte ses ordres à ses capitaines, le pape adresse des bulles à la chrétienté, et le fou écrit un livre."
Je trouve que Hugo, en poésie, est parfois trop long à exprimer son idée. Mais il existe certaines pépites, un vers, un poème, qu'importe ! il reste un excellent poète et le vers paraît aussi naturel pour lui que la parole. Ce qu'on entend sur la montagne, À un poète aveugle, Après une lecture du Dante, Pan, etc.
Nerval, si je n'ai lu (relu - rerelu - rererelu) que les Chimères de lui, m'a au moins appris ce qu'était le rythme en poésie. Un vers que je ne comprenais pas dans El Desdichado "Et la treille où le pampre à la rose s'allie", après je ne sais combien de répétitions, m'a montré que l'accord de toute les syllabes (ou pieds - appelez cela comme vous voulez) imposait l'accentuation de certaines. Après avoir ouvert le Robert, j'étais émerveillé de la beauté de l'image et content d'avoir compris le rythme en poésie.
Baudelaire me laisse perplexe. Je n'aime pas le personnage, Le Spleen de Paris n'est certainement pas le meilleur recueil de poèmes en proses, ces pièces de théâtre sont déplorables et je n'ai pas encore lu les paradis artificiels (ça viendra) mais Les Fleurs du Mal !! C'est pour moi LE livre de poésie génial et à lire jusqu'à la fin des temps … peut-être m'a-t-on pensé (pardon du jeux de mots) cette passion pour le recueil mais vraiment je l'adore. Ce seuil recueil fait pardonner à son écrivain tout ce qu'il a pu écrire de moins bons.
Une poétesse dont on n'entend (presque) jamais parler mais qui donne de sublimes images des passions humaines est Louise Labbé. Je vous laisse (re)découvrir par vous-même.
https://www.lezardes-et-murmures.com/2018/05/je-vis-je-meurs-louise-labe.html

PS: il y a quelque mois, j'ai essayé Marceline Desbordes-Valmore qui ne m'a pas trop plu, je ne lui ai pas trouvé grands choses, à vrai dire.
Quelqu'un pourrait m'en faire un commentaire ? 🙂
Eh bien je dirai que sa poésie est l'opposé même de l'affectation, de l'emphase et de l'artificialité où le Romantisme manquait à tout instant de sombrer. Elle n'a pas cessé d'être perçue à son époque comme la nécessaire source de jouvence où doit toujours puiser la poésie pour ne pas perdre le souvenir de sa divine origine : le Verbe.
Rimbaud voyait en elle la seule femme de génie.
davidpalsterman a écrit : Le Spleen de Paris n'est certainement pas le meilleur recueil de poèmes en proses,
Il s'y trouve pourtant de très belles choses. 🙂
https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99%C3%89tranger
https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Joujou_du_pauvre
Rimbaud voyait en elle la seule femme de génie.
Sait-on s'il avait lu Marie de France ?
Il aurait pu, la première édition significative des Lais de Marie de France datant de 1820 (texte et traduction bonne pour l'époque).
En fait, Rimbaud cite Sappho comme autre génie poétique féminin.
Merci. 😉