Quels sont vos poètes préférés ? pourquoi ?

Littérature

79 réponses · Page 3 / 4

Ce débat était, à mon avis, nécessaire.
Je vous signale Jean Marie Levet, que beaucoup ne connaissent probablement pas.
C'est pourquoi je le signale.
Si "Outwards" ne vous plait pas,
Tant pis.
Bonsoir,

La conversation peut très bien se poursuivre, ce n'est pas un problème, mais seulement à la condition que Loliny ait compris quelque chose, au moins dans le mode de communication d'un forum. Si ses futurs messages ne changent pas de ton, ils seront supprimés, ni plus, ni moins… Il s'est excusé, c'est déjà ça…

Muriel
Loliny a écrit :Je vais réécrire mon message.. plus explicitement :

Vous n'avez aucune personnalité. Les poèmes ne vous apportent rien dans votre vie, ce n'est qu'un plus, une beauté que vous aimez. Mais vous n'aimez point les poèmes car ils sont beaux, mais parce que tout le monde dit qu'ils sont beaux. On vous a fait apprendre depuis la maternelle des poèmes par cœur, et avec votre totale naïveté vous vous dites que ce qu'on nous apprend en cours n'est pas négatif, rejoignant l'idée de votre chère et tendre moman sur les poèmes.

Vous n'aimez pas les poèmes parce qu'ils vous apportent quelque chose, mais parce que les autres les aiment…
Désolé mais tu te trompes.
Moi les poèmes je les aimes, car je les comprends, je les ressens.
Essaie d'écrire un poème en mettant du coeur.
Dans beaucoup de poème on sent la tristesse, on sent l'amour, on sent la trahison , on sent la solitude, on sent…
Grâce à un poème on partage nos sentiments nos inquiétudes…
On se met dans la peau de l'autre tout en restant nous même.
ON fait des similitudes en se disant : tiens j'ai déjà vécut ça.

C'est vrai que si en primaire tu apprends des poèmes de La Fontaine c'est sûr que gamin le plaisir n'y est pas .- Est ce que tu as seulement chercher à comprendre le sens caché et la moral des poèmes?
Muriel H. a écrit :Bonsoir,
Il s'est excusé, c'est déjà ça…
Muriel
Ah bon, je me suis trompé sur le sexe?
Alph a écrit :
Muriel H. a écrit :Bonsoir,
Il s'est excusé, c'est déjà ça…
Muriel
Ah bon, je me suis trompé sur le sexe?
Je me pose la même question. De plus, il y a tellement de fautes dans ses messages qu'on ne peut rien en déduire.
Je pense que la meilleure des solutions et de l'ignorer .

Sinon question: est -ce qu'il vous arrive d'écrire des poèmes et ensuite de les comparer aux grands poètes?
Dona a écrit :Je pense que la meilleure des solutions et de l'ignorer .

Sinon question: est -ce qu'il vous arrive d'écrire des poèmes et ensuite de les comparer aux grands poètes?
Oui, et la comparaison va toujours à mon avantage. 🙄
Le problème avec la poésie, comme avec la philosophie par exemple, c'est que quand c'est détaché du réel, ça devient quelque chose d'extrêmement concentré, comme du sirop, et imbuvable.
A mon avis, il faut diluer la poésie dans le réel pour la rendre absorbable. C'est pourquoi je préfère la poésie en prose, où les romans qui se piquent de philosophie.
Je sais que beaucoup de personnes n'aiment pas le Parnasse, ces fanatiques de "l'Art pour l'Art", mais je trouve que certains de leurs poèmes sont très beaux.
de Wiliam H Auden

Ce poême me touche profondément

Arrêtez les pendules
Arrêter les pendules

Arrêter les pendules, couper le téléphone,
Empêcher le chien d'aboyer pour l'os que je lui donne,
Faire taire les pianos et les roulements de tambour
Sortir le cercueil avant la fin du jour.

Que les avions qui hurlent au dehors
Dessinent ces trois mots Il Est Mort,
Nouer des voiles noirs aux colonnes des édifices
Ganter de noir les mains des agents de police

Il était mon Nord, mon Sud, mon Est, mon Ouest,
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson.
Je croyais que l'amour jamais ne finirait : j'avais tort.

Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye
Démonter la lune et le soleil
Vider l'océan, arracher les forêts
Car rien de bon ne peut advenir désormais
La poésie n'est pas utile, on peut s'en passer c'est vrai, mais est-ce que ça veut dire qu'on doit s'en passer ? Je ne pense pas ! Je ne retrouve pas la phrase de Baudelaire qui disait que ce qui faisait que l'art était beau, c'était justement qu'il ne répondait pas à un besoin, ce qui aurait limité son effet à une chose en particulier. Ceux qui aiment la poésie l'aiment parce qu'elle leur apporte quelque chose en plus, mais faut-il vraiment être capable de dire ce qu'est ce quelque chose pour qu'on nous permette de continuer à lire de la poésie ?
Mais je ne suis pas sûre de vouloir raviver la flamme de ce débat, même s'il était très intéressant, donc je vais m'arrêter là et reprendre le sujet initial.

Mon poète préféré est incontestablement Apollinaire, et je ne saurais pas dire pourquoi… peut-être parce que c'est à la lecture d'Alcools que ma passion pour la poésie a commencé, peut-être parce que le personnage me touche, peut-être parce que ses poèmes me parlent plus que d'autres, peut-être parce que ces thèmes, sa forme, l'ensemble m'émeut particulièrement, mais tout ça reste encore vague (et heureusement ! le mystère de la poésie fait partie de sa beauté !). Tout ce que je dis n'est pas très original, certes.

Ah oui je voulais seulement rajouter que ce n'est pas le fait que des poètes comme Verlaine ou Baudelaire aient été des drogués, des hommes violents physiquement et psychologiquement, égoïstes parfois qu'ils ne peuvent pas être touchants ! Victor Hugo qui était un gentil grand père tout ça tout ça (enfin lui aussi avait une maîtresse !) est loiiiiinnn d'être mon poète préféré (mais certains de ses poèmes me touchent, et quand bien même ce n'eût pas été le cas, cela n'eût pas remis en cause ses qualités littéraires).

Je ne connaissais pas ce poème de William H. Auden, merci de nous l'avoir fait découvrir ! J'aime beaucoup aussi. C'est vrai que je n'ai pas l'habitude de lire des poètes étrangers, sinon en VO mais à moins de les étudier et de prendre le temps, j'ai du mal à ressentir tout de suite quelque chose, n'étant pas bilingue. J'ai du mal avec les traductions avec la poésie, mais celle-ci rend bien (après, c'est vrai que je n'ai pas l'original pour comparer).
J'adore Keats. Il y a un mouvement fantastique dans beaucoup de ses poèmes, une élévation ; élévation dans laquelle le poète trouve un refuge et parvient à se retourner sur lui-même. J'ai rarement retrouvé ailleurs cette puissance associée à tant de délicatesse.

Sinon, Baudelaire bien sûr (mes goûts sont assez classiques), et sa fameuse synesthésie (O métamorphose mystique / De tous mes sens fondus en un / Son haleine fait la musique / Comme sa voix fait le parfum)…

J'avoue également mon penchant pour le reste de la décadence, qui même dans des oeuvres en prose touche souvent à la poésie de par un rythme, une certaine langueur dans les descriptions (notamment mon ami Joris-Karl dans A Rebours, Wilde dans Salomé).

Et puis, comment dire… Malgré tout ce qu'on pourra me dire, je suis follement amoureuse de Pete Doherty ou Bob Dylan, et soutiens qu'il y a dans [certains] de leurs textes une puissance évocatrice incroyable…
Pour revenir a qque chose de plus classique, bien que peut être moins connu pour certains ( hérétiques!), je pencherais résolument pour Alfred de Vigny_ceux qui ont lu d'autres messages postés par moi dans ce forum le savent sûrement déjà!
Vigny est un romantique, mais d'un romantisme totalement différent de celui de ses compères Hugo, Nerval, Musset, ne serait ce que parcequ'il ne parle jamais de lui dans ces poèmes ( ca surprend pour un romantique), il a éventuellemnt tendance à s'identifier au héros de son poème, mais pas toujours. On a dit de lui qu'il était le seul romantique raisonnable…. le seul a savoir où il allait.
La personnalité est peut être un peu obscure, il n'a pas le charisme d'Hugo, (mais n'est pas un coureur horripilant comme l'autre :/
Il met de la philosophie dans ses poèmes ( lire la mort du Loup, La bouteille à la Mer) , écrit des poèmes d'inspiration biblique (Moïse, La Fille de Jephté), se bgat pour le statut du poète dans toute son oeuvre ( par sa musicalité, et ses idées sur le statut des poètes, il est l'ancêtre de Baudelaire au niveau littéraire)
Vigny est un marginal, trop sûrement, pas assez connu, et c'est bien dommage!
[*][/*]Gémir, pleurer prier est également lâche./ Fais énergiquement ta longue et lourde tâche/ Dans la voie où le Sort a voulu t’appeler,/Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »
Alfred de Vigny
Hyronimes a écrit :Vigny est un romantique, mais d'un romantisme totalement différent de celui de ses compères Hugo, Nerval, Musset, ne serait ce que parce qu'il ne parle jamais de lui dans ces poèmes ( ca surprend pour un romantique)
J'aime beaucoup Vigny, mais on ne peut pas dire qu'il ne parle pas de lui. Il ne fait que cela! D'ailleurs, la postérité l'a un peu oublié parce qu'on a vu dans ses poèmes une pose peut-être trop grande, à la manière d'un Chateaubriand. Il ne se compare pas à Moïse, il EST Moïse, dans la lignée des penseurs romantiques qui adoptent la posture des Hébreux qui louent Dieu dans la Bible.
Parmi les non-mentionnés, j'aimerais ajouter Blaise Cendrars ; monsieur le bourlingueur et ses voyages, ses visions mélancoliques et fantaisistes,bariolées, brillantes ou misérables de milles endroits du monde.
Il y a également Poe, dont les vers résonnent longtemps sous le crâne, emplis de mystère, d'opacité, d'un certain lyrisme noir entêtant.

🙂
Pierre de Ronsard : pendant qu'il tombait amoureux d'Hélène, je suis tombé amoureux de lui en 5ème grâce à ma professeure de français qui nous a arrangé un coup.

Victor Hugo : l'écrivain français par excellence que j'ai côtoyé depuis toujours.

Joachim du Bellay : j'ai énormément aimé L'Idéal (Si notre vie est moins qu'une journée) découvert par mon professeur de français de 3eme.

Paul Eluard : parce qu'il m'a soufflé un vent de rébellion et de liberté lorsque je fus en troisième.

Voilà mes coups de coeur (liste non exhaustive). 🙂
Ecoutons Paul Eluard "Le pain est plus utile que la poésie". Mais ce qui fait la beauté de la poésie c'est justement son champ désintéressé, son non-but ! La fin d'un poème n'est que le poème lui-même. Pourquoi vouloir à tout prix que quelque chose nous soit utile ?
"Un poème," disait Mallarmé, "est la donation de la chose elle même". C'est aussi simple que cela, et on aime la poésie non parce qu'on nous a dit que c'est beau, mais parce qu'on y trouve nous même une part de nous, du monde, et que le tout est si bien dit que jamais personne ne pourra le redire d'une telle manière. Un poète réussit le tour de force de dire l'indicible, d'exprimer l'impossible à dire…

Pour ma part, mon poète préféré est Paul Eluard. Il a une simplicité de langage et d'écriture si incroyables que c'en est génial. De plus, c'est le poète de l'amour par excellence, il a réussi à élever sa Muse à plus qu'un être humain, il la contemple comme un homme contemple Athéna, Aphrodite. Son amour devient sous sa plume un objet sacré de contemplation, quelque chose de divin et d'immortel, et cet être divin a un si grand pouvoir sur lui qu'il en devient totalement dépendant, soumis, il n'est plus l'égal de son amour, car ce dernier le possède de toutes les forces du monde… Il a été subjugué par lui même, car ce n'est que lui qui aima ainsi !
Bonjour,
Tristan Corbière. Un génie.
https://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Tristan_Corbi%C3%A8re
Cordialement.
Certainement Jean Racine!

Aucune sentence en poésie ne saurait être plus sublime, plus émouvante, plus tragique et au même temps plus simple que l'expression torturée du roi Thésée (Phèdre):
Avec quelle rigueur, destin, tu me poursuis,
Je ne sais où je vais, je ne sais où je suis!
C'est en vain que Baudelaire tenta de voler cette sonorité sans égale quand il écrivit:
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Racine eut plus de simplicité et de perfection! Que me pardonnent les symbolistes et les poètes obscurs. Moi même, je ne suis qu'un marchand de bagatelles!

Gregori
Question : peut-on écrire au XIXe comme au XVIIe ? Je ne le pense pas.