L’on

Langue française

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Ursus a écrit :Tu n'as peut-être pas encore eu l'occasion de lire ce qui précède, mais j'en suis, un peu. Mais de manière personnelle, car je ne vois pas bien pourquoi reprocher à quelqu'un sa façon de parler 🙂 Ces explications de l'emploi du l' souffrent de trop de faiblesses : l'acharnement contre l'hiatus n'explique pas tous les emplois, et puis il y a ce que tu dis. Je lui sens plutôt – mais ça ne peut guère être plus qu'une forte impression – une valeur sociale, il permet de se distinguer.
Tout à fait. Et ce que j'ajoute, c'est un jugement de valeur négatif sur cette façon de se distinguer, que je trouve en réalité d'une niaiserie vulgaire, une sorte de pudibonderie bourgeoise ridicule.

Imaginez que quelqu'un vous dise qu'il préfère, lorsque c'est possible, éviter le verbe "accumuler" et utiliser un synonyme, afin d'éviter le son "cu". Est-ce que vous diriez que cette personne est "élégante" (on a utilisé ce concept d'élégance plus haut dans la discussion pour justifier l'évitement de "con") ?
Jehan a écrit :Bien curieux, alors, de savoir pourquoi tu es tout de même "souvent tenté"…
Je crains que ceux qui me lisent pensent que je suis ignare et ne connais pas cette règle. 🙂 C'est un problème que j'ai souvent rencontré dans mon maniement professionel de la langue française : je choisis parfois des options qui ne sont pas optimales simplement parce que je sais que je serai jugé par des gens qui jugeront plus favorablement l'option non optimale que l'option optimale.

C'est un peu comme l'habillement. On a beau avoir une certaine idée de l'esthétique vestimentaire, on ne s'habille pas que pour soi et il faut faire avec la perception des autres…
Je crains que ceux qui me lisent pensent que je suis ignare et ne connais pas cette règle.
Mais encore une fois, ce n'est pas une règle. Rien d'obligatoire.
Alors, être tenté d'utiliser l'on rien que pour montrer qu'on connaît une règle qui n'existe pas…
Voilà un genre d'élégance qui risque fort de passer inaperçu.
Et l'on n'utilise pas forcément l'on par niaise pudibonderie bourgeoise, tout de même…

D'un autre côté, appeler ça une "option optimale"… Un peu excessif dans l'autre sens !
Je me suis mal exprimé, je ne voulais pas dire qu'on utilisait "que l'on" au lieu de "qu'on" par pudibonderie bourgeoise ridicule, mais que c'était l'origine de cet usage. Ensuite les gens le reproduisent plutôt par conformisme, dans l'idée qu'il s'agit de quelque chose d'élégant.

Je sens une certaine impatience dans votre réponse. Je réalise en allant sur la page d'accueil de ce site que sa vocation est scolaire, donc cela explique peut-être que mon interrogation est un peu décalée par rapport à ce contexte ?
Bonsoir Martin,

Pas du tout ! La rubrique « Langue française » est ouverte à tous. 🙂

Bonne soirée !

Muriel
Et toutes mes excuses d'avoir paru impatient… 😜
Me voilà rassuré. 😉

Nouvelles pièces versées au dossier :

Dans le corpus de Sade proposé par Wikisource, il y a un rapport de 2 à 1 entre les "que l'on" et les "qu'on"… Pourtant pas un spécialiste de la pudibonderie… (1:1 chez Rousseau)

L'introduction à la Comédie humaine de Balzac par l'auteur comporte la phrase suivante :

"L’idée première de la Comédie humaine fut d’abord chez moi comme un rêve, comme un de ces projets impossibles que l’on caresse et qu’on laisse s’envoler (…)".

C'est étonnant je trouve à quel point ça passe bien malgré le traitement différencié des deux termes de la conjonction. Il y a sans doute le désir d'éviter "l'on laisse", mais aussi plus profondément peut-être "caresse et qu'on laisse", une sorte de conjonction sonore entre deux formes très proches…
dans cette phrase pourquoi on a écrit (l'on )
La France est l’un des pays où l’on a le plus de jours de vacances.

merci
La rencontre de deux voyelles qui appartiennent à des syllabes différentes engendre un phénomène hiatal (on parle d'hiatus). Dans le cas du pronom "on", le l est ajouté pour faciliter la prononciation et éviter cette dissonance phonique. De plus, pour éviter certains sons jugés désagréables (comme qu'on), on trouvera cet article élidé (que l'on…).
Par contre, attention à ne pas trop généraliser cette règle. On n'emploiera pas l' si le mot qui suit commence par l ! On dira donc si on lit, et non si l'on lit.
Quant au pourquoi du comment, en ancien français, on était un nom, qui signifiait homme, et on le faisait précéder, tout comme les autres noms, d'un article (l'homme est devenu l'on).
merci Mithridate
en effet c'est ça que je pensais mais comme tu a dit on ne peut pas généraliser
parfois (l') est c.O.D
vos exemples sont très compris.
Pour éviter toute confusion possible, sache que le l' qui précède on n'a aucune fonction dans la phrase (juste une nature). Il est donc supprimable sans altération du sens de la phrase. 😉
bassem71 a écrit :en effet c'est ça que je pensais mais comme tu a dit on ne peut pas généraliser
parfois (l') est c.O.D
Oui, ce n'est pas le même « l' » !
Ici, il s'agit de l'article "le" élidé, comme dans « l'hiver », « l'obstacle » ou « l'homme » dont « l'on » est le doublet.
Il est donc placé devant un nom.
Ce n'est pas la même chose que le pronom "le" élidé, qui est placé devant un verbe, comme dans « je l'aime ».
merci lamaneur
vous voulez dire que l'on ne peut pas dire
les jeunes où l'on la voient
la= la lune
où=une région
Peut-être veux-tu dire les jeunes sont dans un lieu où ils la voient ? Attention, car on ne s'utilise jamais pour la troisième personne du pluriel !
On ne peut cependant pas dire nous sommes dans un lieu où l'on la voit à cause des deux liquides (deux l) qui se succèdent. On dira alors nous sommes dans un lieu où on la voit ou bien encore nous sommes dans un lieu où l'on voit la lune.
Ceci dit, je n'ai pas très bien compris ce que tu voulais faire, alors je me trompe peut-être…
bassem71 a écrit :vous voulez dire que l'on ne peut pas dire
les jeunes où l'on la voient
la= la lune
où=une région
Bassem, je ne comprends pas bien ta question, comme Mithridate.
Écrite comme ça, effectivement, ta phrase n'a pas de sens en français.
Comme l'a dit Mithridate, "l'on la voit" (il ne peut pas y avoir "l'on la voient") est grammaticalement correct mais pas euphonique à cause du son "lonla". On préfère dans ce cas dire "On la voit".
Mais je ne vois pas le rapport avec "les jeunes" en tête de phrase.
On pourrait avoir "les jours où on la voit" : les jours où on voit la lune.
Peut-être faut-il préciser ta pensée et ta question.
Avec "les jeunes", ton exemple n'a pas de sens.
On pourrait plutôt écrire :
Les jours où on la voit.
Ou plutôt, puisque tu parles de "régions" pour "où" :
Les régions d'où on la voit.
(Avec les sujets on ou l'on, le verbe est toujours au singulier.)
Mais qu'as-tu voulu dire exactement ?

Bonjour,je voudrais connaitre la raison pour laquelle on utilise le pronom ’l’’ dans une phrase de ce type:La seule chose que l’on puisse dire…Les mots que l’on préfère taire…Merci pour votre aide.

Pour éviter d’avoir à écrire "qu’on" et à prononcer "con", jugé disgracieux.

Sans vouloir trop épiloguer sur la "chose", je trouve que "disgracieux" est mal adapté, car on a l’impression que c’est l’organe qui est ainsi jugé, et ce n’est pas mon avis, dans la majorité des cas. "Trivial", à la rigueur , si on estime le mot (?)

On comprend bien que c’est le fait de prononcer "con" qui est jugé disgracieux…

> @""#p112769 Il n'y a pas d'obligation.

On emploie que l'on par souci d'élégance, parfois pour éviter de faire entendre qu'on,
qui se prononce comme le mot familier et parfois grossier con !

Par exemple, "dès qu'on t'ouvre la porte" se prononce comme "des cons t'ouvrent la porte".
Alors, on choisit parfois d'écrire : "dès que l'on t'ouvre la porte".

Même chose avec "ce qu'on comprend"
qui s'entend comme "ce con comprend".
Et puis, "qu'on-com" ne sonne pas très bien…
Alors, on choisit d'écrire plutôt "ce que l'on comprend".

Mais encore une fois, rien d'obligatoire !Merci pour cette jolie mise au point. On voit aussi que "que l’on" est plus long, et qu’il sera plus souvent élidé à l’oral. Si bien que "qu’on" est ce que l’on entend, et aussi ce que l’on prononce, dans la conversation quotidienne. Le l’ fait plus formule écrite. En l’espèce, je crois que le caractère écrit ou oral est plus important que, peut-être, l’aspect usage quotidien/soutenu. Lorsque je dis "écrit", j’entends un message qui n’est adressé à personne. (Puisque qu’il s’adresse à tout le monde). On ne s’étonnera pas de le retrouver dans le discours politique, journalistique, médiatique et autres tiques prurigineuses. Des gens qui parlent comme ils écrivent.