Anthologie poétique sur le thème du carpe diem

Entraide scolaire

62 réponses · Page 2 / 4

Bonjour à tous !

Je suis un élève de 1ere S et mon professeur de français nous demande de rédiger une anthologie de 10 poèmes pendant les vacances. J'ai donc choisi le thème "Carpe Diem" mais je ne trouve pas 2 derniers poèmes malgré de longues recherches sur google et sur etudes-litteraires.com.

Pour l'instant j'ai sélectionné:

Sonnets pour Hélène, Ronsard
Ode à Cassandre, Ronsard
Stances à marquise, Corneille
Si tu t'imagines, Queneau
Amours de Claudine, Colletet
Le ballet des fleurs, De Nerval
Remords Posthume, Baudelaire
L'horloge, Baudelaire (je suis moins sûr de celui ci)

Si vous pouviez me donnez le titre d'oeuvres poétiques se rapportant au carpe diem je serai plus que ravi.

Merci de votre aide !
Bonjour,

L'Horloge ne convient pas à mon avis.
Tu peux aller consulter ce lien https://www.poetica.fr/categories/carpe-diem/.
Merci de ta réponse !

C'est bien ce que je pensais, je le retire dans ce cas.
Oui j'avais déjà vu ce site mais certain poèmes ne me semble pas bien correspondre au "carpe diem". J'ajoute quand même Comme on voit sur la branche . Dommage le tiers des poèmes seront de Ronsard.
Pourquoi pas une traduction du poème d'Horace où se trouve "l'original" du carpe diem (Odes, I, 11) ?
Tu as aussi l'épitaphe de Seikilos "Tant que tu vis, brille …"
Bonjour Moahah, j'avais egalement fait une anthologie sur le theme du Carpe Diem l'annee derniere en premiere L et, comme Jacques vient de te le suggerer, j'y avais integre le poeme d'Horace (la version originale en latin avec une version traduite) et ma prof avait trouve que c'etait un tres bon element.
PS: Desolee pour les accents, je suis sur un clavier qwerty qui n'a pas d'accents :S
Tu as 'l'épître à Horace" de Voltaire.
Mais aussi
BAUDELAIRE C., Les Fleurs du mal, « Une Charogne »,
GREVIN J., Sonnets de la Gélodacrye, « Ces beaux cheveux crespez… » (in L’Olympe de Jacques Grévin), 1560.
LA FONTAINE (de) J., Fables, « La Fille » (VII, 5), 1678.
LAMARTINE (de) A., Méditations poétiques, « Le lac ».
VILLON F., Les Regrets de la belle Heaulmière

Sur ce, bonnes fêtes, cueille le jour qui passe.
@Jean-Luc, j'avais mis Une Charogne et Le lac dans mon anthologie l'an dernier, mais ma prof m'a dit que ces deux poemes ne correspondaient pas vraiment au Carpe Diem car il n'y est pas clairement énoncé dedans…
NalSass a écrit :@Jean-Luc, j'avais mis Une Charogne et Le lac dans mon anthologie l'an dernier, mais ma prof m'a dit que ces deux poemes ne correspondaient pas vraiment au Carpe Diem car il n'y est pas clairement énoncé dedans…
Pour la "Charogne", la fin du poème invite implicitement à jouir du temps présent :
--Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!

Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté, dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés!
Pour le "Lac", c'est surtout le lyrisme élégiaque, le regret du temps qui fuit, mais le poète voudrait rester dans le bonheur de l'instant présent :
" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !
Oui, c'est ce que j'avais mis dans ma préface pour justifier mon choix, mais elle m'a quand même demandé de les enlever…
Merci encore !

Je suis surpris d'avoir eu autant de réponses si rapidement !
Mon prof nous a dit d'éviter les traductions autant que possible c'est pour cela que je n'avais pas retenu Horace mais je vais l'ajouter à mon anthologie, je pense avoir assez d'élément pour justifier ce choix dans la préface. Merci à vous Jacques et NaiSass 🙂

Merci Jean-Luc ! Je n'ai que l'embarras du choix maintenant… Je vais ajouter Le lac de Lamartine et je crois que je vais sacrifier un Ronsard pour l'épître à Horace.

Merci à tous et bonnes fêtes ! (Oui j'abuse du merci mais je ne sais comment exprimer toute ma gratitude 😀 )

Et NaiSass, fallait-il que tu illustres ton anthologie ? Si oui quelles oeuvres a tu choisi, je n'ai trouvé que les tableaux en rapport avec la vanité pour ma part…
Oui, j'avais mis deux tableaux: Allégorie de la vie humaine de Guido Gagnacci, et Vieille femme au rouet de Jeanne de Buttet (pour illustrer Quand vous serez bien vieille…)
C'est d'accord.
Merci bien NaiSass !
bonjour je dois faire une anthologie poetique sur le theme du carpe diem. Pour l'instant j'ai pris comme poemes:
-sonnet pour helene de Ronsard,
- Remords posthume de Baudelaire,
-Amours de Claudine de G. Colletet,
-Stances a Marquise de Corneille
Il me faudrais aussi une preface, des images illustrants mes poemes et il me manque 3 autres poemes. Aider moi svp je n'arrive pas a trouver ce qui me manque vous toute reponse sera la bien venue.
Bonsoir.

Pour la préface de ton anthologie, tu peux consulter cette fiche méthode :

https://www.etudes-litteraires.com/fiches-methode/preface
Bonjour,

j'ai une anthologie poétique a réaliser pour le 15 septembre, et je dois , si possible, trouver un thème assez original.
J'ai trouvé plusieurs thèmes, comme le souvenir d'enfance, le secret ou Carpe Diem avec des poèmes pour chacun.

D'après vous quel est le plus original et connaissez vous des poèmes sur ces thèmes là ? 🙂

Merci beaucoup ! 😂
Puisque le thème va diriger tes recherches pour cette anthologie, il serait judicieux de choisir un thème, certes, qui sorte des sentiers battus mais qui te plaise.
Une fois ton choix fait et une proposition de quelques poèmes, nous pourrons t'aider.
Bonjour,

j'ai finalement choisi Carpe Diem, car j'aime ce thème. J'ai trouvé ces poèmes :
Jeunesse

Défais tes doigts nouant tes mains.
Défais ton air un peu chagrin.
Défais ce front buté, têtu.
Défais tes réflexions pointues.
Vingt ans c’est bien dur à porter !
Défais, défais. Sois la rosée.
Sois gai matin au ciel de mai !
Défais…
Te torturant d’ombres subtiles
qu’en toi tu multiplies par mille,
tu es ton centre, ton débat,
mal dans ta peau. Ah ! pauvre état !
Vingt ans c’est bien dur à porter !
Défais, défais. Sois la rosée.
Sois gai matin au ciel de mai !
Défais…
Car au supplice en toi tout vire.
Tu n’es zéro !… Ni point de mire !…
Et pourtant, t’inventant ces pôles,
tu te détestes en chaque rôle.
Vingt ans c’est bien dur à porter !
Défais, défais. Sois la rosée.
Sois gai matin au ciel de mai !
Défais…
Qu’au fond de toi rien ne se brise !
Tes heures claires sont pages grises.
Printemps morts ne renaissent pas.
Défais ta barrière à la joie.
Vingt ans c’est bien dur à porter…
Défais… Défais… Sois la rosée…
Esther Granek, De la pensée aux mots, 1997
Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
« Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle ! »
Lors, vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s’aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.
Je serais sous la terre, et, fantôme sans os,
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;
Vous serez au foyer une vieille accroupie,
Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.
Pierre de Ronsard, Sonnets pour Hélène, 1587
Le ballet des heures

Les heures sont des fleurs l’une après l’autre écloses
Dans l’éternel hymen de la nuit et du jour ;
Il faut donc les cueillir comme on cueille les roses
Et ne les donner qu’à l’amour.
Ainsi que de l’éclair, rien ne reste de l’heure,
Qu’au néant destructeur le temps vient de donner ;
Dans son rapide vol embrassez la meilleure,
Toujours celle qui va sonner.
Et retenez-la bien au gré de votre envie,
Comme le seul instant que votre âme rêva ;
Comme si le bonheur de la plus longue vie
Était dans l’heure qui s’en va.
Vous trouverez toujours, depuis l’heure première
Jusqu’à l’heure de nuit qui parle douze fois,
Les vignes, sur les monts, inondés de lumière,
Les myrtes à l’ombre des bois.
Aimez, buvez, le reste est plein de choses vaines ;
Le vin, ce sang nouveau, sur la lèvre versé,
Rajeunit l’autre sang qui vieillit dans vos veines
Et donne l’oubli du passé.
Que l’heure de l’amour d’une autre soit suivie,
Savourez le regard qui vient de la beauté ;
Être seul, c’est la mort ! Être deux, c’est la vie !
L’amour c’est l’immortalité !
Gérard de Nerval
Nous verrons

Paris, 1810.
Le passé n’est rien dans la vie,
Et le présent est moins encor :
C’est à l’avenir qu’on se fie
Pour nous donner joie et trésor.
Tout mortel dans ses voeux devance
Cet avenir où nous courons ;
Le bonheur est en espérance,
On vit, en disant : Nous verrons.
Mais cet avenir plein de charmes,
Qu’est-il lorsqu’il est arrivé ?
C’est le présent qui de nos larmes
Matin et soir est abreuvé !
Aussitôt que s’ouvre la scène
Qu’avec ardeur nous désirons,
On bâille, on la regarde à peine ;
On voit, en disant : Nous verrons.
Ce vieillard penche vers la terre ;
Il touche à ses derniers instants :
Y pense-t-il ? Non ; il espère
Vivre encor soixante et dix ans.
Un docteur, fort d’expérience,
Veut lui prouver que nous mourons :
Le vieillard rit de la sentence,
Et meurt en disant : Nous verrons.
Valère et Damis n’ont qu’une âme ;
C’est le modèle des amis.
Valère en un malheur réclame
La bourse et les soins de Damis :
” Je viens à vous, ami sincère,
Ou ce soir au fond des prisons…
- Quoi ! ce soir même ? - Oui ! - Cher Valère,
Revenez demain : Nous verrons. “
Gare ! faites place aux carrosses
Où s’enfle l’orgueilleux manant
Qui jadis conduisait deux rosses
A trente sous, pour le passant.
Le peuple écrasé par la roue
Maudit l’enfant des Porcherons ;
Moi, du prince évitant la boue,
Je me range, et dis : Nous verrons.
Nous verrons est un mot magique
Qui sert dans tous les cas fâcheux :
Nous verrons, dit le politique ;
Nous verrons, dit le malheureux.
Les grands hommes de nos gazettes,
Les rois du jour, les fanfarons,
Les faux amis et les coquettes,
Tout cela vous dit : Nous verrons.
François-René de Chateaubriand, Poésies diverses
Non, ton éternité

Non, ton éternité d’inconscience obscure,
D’aveugle impulsion, de mouvement forcé,
Tout l’infini du temps ne vaut pas, ô Nature !
La minute où j’aurai pensé.
Louise Ackermann, Poésies Philosophiques
Un rendez-vous

Dans ce nid furtif où nous sommes,
Ô ma chère âme, seuls tous deux,
Qu’il est bon d’oublier les hommes,
Si près d’eux !
Pour ralentir l’heure fuyante,
Pour la goûter, il ne faut pas
Une félicité bruyante ;
Parlons bas.
Craignons de la hâter d’un geste,
D’un mot, d’un souffle seulement,
D’en perdre, tant elle est céleste,
Un moment.
Afin de la sentir bien nôtre,
Afin de la bien ménager,
Serrons-nous tout près l’un de l’autre
Sans bouger ;
Sans même lever la paupière :
Imitons le chaste repos
De ces vieux châtelains de pierre
Aux yeux clos,
Dont les corps sur les mausolées,
Immobiles et tout vêtus,
Loin de leurs âmes envolées
Se sont tus ;
Dans une alliance plus haute
Que les terrestres unions,
Gravement comme eux côte à côte,
Sommeillons. […]
René-François Sully Prudhomme, Les vaines tendresses
Voilà, que pensez-vous de ces poèmes et en connaissez vous d'autres, sachant que mon anthologie doit comporter 7 poèmes.
Merci beaucoup pour votre aide 🙂 🙂
O jeunes gens ! Elus ! Fleurs du monde vivant,
Maîtres du mois d'avril et du soleil levant,
N'écoutez pas ces gens qui disent : soyez sages !
La sagesse est de fuir tous ces mornes visages.
Soyez jeunes, gais, vifs, aimez ! Défiez-vous
De tous ces conseillers douceâtres et sinistres.
Vous avez l'air joyeux, ce qui déplaît aux cuistres.
Des cheveux en forêt, noirs, profonds, abondants,
Le teint frais, le pied sûr, l'oeil clair, toutes vos dents ;
Eux, ridés, épuisés, flétris, édentés, chauves,
Hideux ; l'envie en deuil clignote en leurs yeux fauves.
Oh ! comme je les hais, ces solennels grigous.
Ils composent, avec leur fiel et leurs dégoûts,
Une sagesse pleine et d'ennui et de jeûnes,
Et, faite pour les vieux, osent l'offrir aux jeunes !

(Victor Hugo, Océan, recueil de poèmes posthumes, « O jeunes gens ! Elus ! Fleurs du monde vivant »)
Bonjour !

Ah merci beaucoup pour ce poème, il est vraiment bien !
En connaissez-vous d'autres ?
Et que pensez-vous des premiers ?

Merci pour votre précieuse aide ! 😉
Pierre Corneille (1606-1684)
"Marquise, si mon visage…", 1658

Marquise, si mon visage
A quelques traits un peu vieux,
Souvenez-vous qu'à mon âge
Vous ne vaudrez guère mieux.

Le temps aux plus belles choses
Se plaît à faire un affront:
Il saura faner vos roses
Comme il a ridé mon front.

Le même cours des planètes
Règle nos jours et nos nuits:
On m'a vu ce que vous êtes;
Vous serez ce que je suis.

Cependant j'ai quelques charmes
Qui sont assez éclatants
Pour n'avoir pas trop d'alarmes
De ces ravages du temps.

Vous en avez qu'on adore;
Mais ceux que vous méprisez
Pourraient bien durer encore
Quand ceux-là seront usés.

Ils pourront sauver la gloire
Des yeux qui me semblent doux,
Et dans mille ans faire croire
Ce qu'il me plaira de vous.

Chez cette race nouvelle,
Où j'aurai quelque crédit,
Vous ne passerez pour belle
Qu'autant que je l'aurai dit.

Pensez-y, belle Marquise;
Quoiqu'un grison fasse effroi,
Il vaut bien qu'on le courtise
Quand il est fait comme moi.

Pierre Corneille (1606-1684)
L'instant fatal,

Si tu t'imagines
Si tu t'imagines
Fillette fillette
Tu t'imagines
Xa va xa va xa
Va durer toujours
La saison des za
La saison de za
Saison des amours
Ce que tu te goures
Fillette fillette
Ce que tu te goures

Si tu crois petite
Si tu crois ah ah
Que ton teint de rose
Ta taille de guêpe
Tes mignons biceps
Tes ongles d'émail
Ta cuisse de nymphe
Et ton pied léger
Si tu crois petite
Xa va xa va xa
Va durer toujours
Ce que tu te goures
Fillette fillette
Ce que tu te goures

Les beaux jours s'en vont
Les beaux jours de fête
Soleils et planètes
Tournent tous en rond
Mais toi ma petite
Tu marches tout droit
Vers ce que tu vois pas
Très sournois s'approchent
La ride véloce
La pesante graisse


Le menton triplé
Le muscle avachi

Allons cueille cueille
Les roses les roses
Roses de la vie
Et que leurs pétales
Soient la mer étale
De tous les bonheurs

Allons cueille cueille
Si tu le fais pas
Ce que tu te goures
Fillette fillette
Ce que tu te goures

Raymond QUENEAU

Gallimard, 1948