Camus, L’Étranger - Meursault heureux ?
13 réponses
Bonjour a tous,
Je viens de terminer l'Etranger d'Albert Camus. Mais je n'arrive pas à saisir pourquoi à la fin Meursault dis que pour la première fois il réalise qu'il était heureux.
Pour moi il est heureux sur le moment parce qu'il s'"ouvre à la tendre indifférence du monde" pour la première fois, mais avant il n'était pas heureux car il vivait dans l'absurde sans en être conscient.
Alors voila cela m'a l'air paradoxale avec la thèse de l'absurde.
Coucou , j'ai lu aussi ce livre mais l'an dernier donc je viens de le reprendre pour tenter de te donner une réponse , je pense que Meursault à la fin dit qu'il est "heureux" car toute sa vie il a vécu de manière marginale , de plus les sentiments des autres ne le touchaient pas il vivait comme dans sa "bulle" inconsciente , maintenant qu'il va être exécute peut être que le bonheur le rempli de joie car pour une fois les gens vont le remarquer , leurs attentions va vraiment se porter sur lui ( = heureux car on lui porte attention) mais il espère aussi être "accompagné de cris de haine" pour se sentir "moins seul " , a mon avis il ne "s'aime pas " et le sentiment parallèle des spectateur avec ce qu'il éprouve le concernant le réconfortera sur le fait qu'il doit mourir pour ce .
Voila , je ne sais pas si ce que j'ai écris te paraîtra très clair , mais j'espère que si 🙂
toute sa vie, meursault ne l'a vécu que pour lui, il n'a jamais regardé autour de lui, comment vivaient les gens, ce qu'ils pouvaient ressentir, la beauté de ce qui l'entourait restait un mystère pour lui. mais a partir du moment ou il a été privé de sa liberté, sa liberté de mouvements de visions etc a cause de son emprisonnement il s'est rendu compte que quelque chose lui manquait, quelque chose de beau, qu'il appréciait, le rendait heureux, et c'était tout simplement sa vie, la possibilité de jouir de sa liberté. a l'époque ou il vivait tranquillement il ne se rendait pas compte de la chance qu'il avait, et c'est seulement une fois qu'il n'a plus eut cette chance qu'il s'est rendu compte de son importance. c'est toujours lorsqu'on a perdu quelque chose que l'on se rend compte a quel point il comptait pour nous. c'est donc pour cela que meursault réalise qu'il était heureux lorsqu'il ne l'est plus.
la thèse de l'absurde et le bonheur de Meursault ne me paraissent pas incompatibles. Il faut noter de plus l'importance des sensations dans tout le roman: le soleil écrasant, la baignade avec Marie, la chaleur du procès…Certes ce n'est pas cela qui peut a priori définir le bonheur de Meursault, mais ça peut éclairer le lien absurde-bonheur.
Je ne pense par contre que ce soit un bonheur relatif à la société, aux autres (le bonheur du marginal est toujours relatif aux autres), cela contredirait l'absurde. Le bonheur de Meursault est paradoxalement plénitude et vide, et Camus suggère bien que l'on ne peut pas l'expliquer par une thèse sociale, mystique…
cf Le mythe de Sisyphe et la dernière phrase:"il faut imaginer Sisyphe heureux"
Théorie boiteuse relevant de l'onomastique : Meursault serait un jeu de mot de qualité douteuse : Meursault = Meurt + Sot (meurt stupide). :/ Reste à savoir si l'ignorance c'est vraiment le bonheur.
Essaie philosophique ? Sujet à méditer…
Salut à tous!
Je vous conseille de lire le mythe de sisyphe si vous désirez vous approchez d'une réponse, je dis bien "une" réponse car les interpretations sont multiples et dépendent fortement du lecteur.
Car derrière chaque "porte" s'en trouve une nouvelle….
Il faut savoir que Camus fut l'un des auteurs phare de l'absurde (absurdité de la vie puisque nous sommes déstinés à mourrir), il mit en opposition le suicide et la condamnation à mort dans son essai car le suicidé renonce à la vie, tandis que le condamné se révolte et la revolte, selon Camus, est le seul moyen de s'opposer à l'absurde…
Personnellement, mon interpretation de L'etranger demeure imprécise, malgré quelques idées…
En 1955 A.Camus décide de reprendre , dans la préface de l’édition américaine à paraître, une phrase qu’il avait déjà utilisée pour résumer son œuvre :
“Dans notre société, tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort”.
Le paradoxe qui apparaît ici me semble mettre en lumière les deux pôles fondamentaux de l’individu, à savoir
-→ sa dimension privée, intime
-→ et sa dimension sociale, publique.
L’intervention de la société par un jugement aussi fort que la condamnation à mort sur un acte qui relève de l’ordre de l’intime est problématique. La figure de Meursault semble dès lors tiraillée par les notions antinomiques de culpabilité et de victime.
Comment un homme qui vit dans la société peut-il en être aussi étranger ?
Comment la société réagit-elle face à un homme qui est étranger aux conventions de la société ?
Un comportement n'a t il qu'une explication
Quel est le rôle et la place d’un tel individu dans la société ?
Sa caractéristique profonde n'intervient pas: c'est le comportement des autres qui fait problème
Dans La mort, qui n'est peut être pas Sa mort, Meursault quitte enfin la vie publique qui l'a rattrapé, malgré son comportement d'étranger qui n' a jamais simulé ou dissimulé : il peut être heureux, il a échappé au suicide pour atteindre le même résultat, sans se renier!!!
Bonjour,
Théoriquement dans la philosophie de l'absurde, c'est paradoxalement dans la prise de conscience de l'absurdité de la vie que l'Homme trouve le bonheur ou la liberation. En cela Meursault qui réalise que la vie est absurde peut enfin la vivre pleinement.
Bonjour, je remonte ce sujet car je n'ai pas tout compris.
Les posts précédents sont pertinents mais desfois je trouve qu'il partent sur des chemins différents.
Ma question est la suivante (et je vais essayer d'en formuler une réponse et que vous m'en disiez votre avis) !
Pourquoi Meursault est-il heureux : Selon Camus le seul moyen d'échapper à l'absurde est de s'en rendre compte, de faire preuve de lucidité face à cela, de se révolter.
Meursault lorsqu'il est privé de ses libertés, en prison, se rend compte qu'il était heureux avant, libre.
De ce fait, il est heureux du fait d'avoir compris et remarqué qu'il était heureux avant.
Quelqu'un pourrait-il me faire comprendre la suite, je sais bien que les posts précédents s'évertuent à le faire mais je n'arrive pas à y comprendre …
Merci 😉 !
Le dialogue avec l'aumônier permet à Meursault d'affirmer ses idées. Ce dialogue, signe de " révolte " libère Meursault et permet au lecteur d'accéder aux conceptions philosophiques de Camus, lequel se montre relativement inspiré de l'épicurisme : On ne vit pas la mort, il ne sert donc à rien de s'en inquiéter. Tout ce qui compte, c'est de vivre le moment présent. Ainsi, face à la mort qui borne sa durée de vie, il prend conscience du bonheur, à l'exemple de sa mère qui en fin de vie a souhaité se fiancer avec Thomas Perez. S'il se montre heureux, c'est parce qu'il se sent " libre ", il peut enfin affirmer ses idées et, face à la mort, il souhaite être " haï " de cette société hypocrite qui voudrait qu'on pleurât " à la mort de sa mère " sous peine d'être " condamné à mort ", cette société qui voudrait qu'on se réfugiât en Dieu face à la mort.
coucou tous le monde vos réponse concernant l' absurdité dans l' étranger sont vraiment pertinente .
Je suis en première année de littérature et à vrai dire je patauge un peu . Je dois faire une analyse sur L'étranger en m'appuyant sur la cloison vitrée de Sartre , la structure du roman, et la focalisation et je voit vraiment pas comment je pourrais étoffé mon plan . Désoler pour le plan (je n'ai jamais fais de plan auparavant ,j' étais dans une section ou on n' en faisais pas !)
je vous montre déjà mon plan général :
Problématique : En quoi l' étranger d’Albert Camus nous montre un être absurde ?
Introduction : présentation de l'oeuvre +contexte de l'oeuvre
originalité de l'oeuvre
Annonce du plan d 'analyse
Développement :le procédé de cloison vitrée selon Sartre
la structure du roman
la focalisation externe
L' absurde
Mon Dieu, pourquoi confronter Camus et Sartre après tant d'années, même s'il ne s'agit que de la méthode de l'un pour analyser la pensée de l'autre ?
Camus doit probablement se retourner dans sa tombe, à moins que tous les deux boivent un coup à la santé des étudiants en lettres… 😉
Tu es en quelle classe ?