Analyse de deux phrases

Langue française

14 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir,

J'ai un devoir de français où je dois analyser deux phrases et j'aurai aimé avoir un peu d'aide de votre part si possible.

"Ce vieillard encore violet ou orangé ou rose porte un pantalon en trompe d'éléphant. Mon amour jète moi ce regard où se lise de blanc desseins."

Merci d'avance pour votre aide.



Cécilia.
Bonjour.

Pouvez-vous m'aider à analyser les phrases suivantes ?


1. "Il a la particularité d'être médium". Selon moi, [la particularité d'être médium] est C.O.D. du verbe "a"

2. "Il a pour particularité d'être médium". Selon moi, le COD du verbe 'a' est [d'être médium]. Comment faut-il analyser le bloc "pour particularité" ?



Autre exemple :


3. "Il a pour alliés les députés" : comment analyser le bloc "pour alliés" ?
Bonjour Xan,

A mon avis, "avoir pour particularité" conduit le groupe "être médium" à devenir attribut du sujet "il". C'est un équivalent de "Il est médium".
"Pour alliés" serait attribut du COD "députés". C'est un équivalent de "les députés sont ses alliés".

Attendons d'autres avis plus autorisés que les miens.
Bonjour.

Effectivement, dans toutes ces phrases, il y a un attribut de l'objet.

Il a les yeux bleus. (= Ses yeux sont bleus. )
"bleus" est attribut du COD "les yeux".

Il a la particularité d'être médium (= Sa particularité est d'être médium.)
"d'être médium" est attribut du COD "la particularité".

Comme le signale Riegel p. 432, dans ces tournures,
le CO du verbe "avoir" peut même être construit indirectement. Cette rubrique a pour but de vous signalerLe but de cette rubrique est de vous signaler
"de vous signaler…" est attribut du CO "pour but".

Il a pour particularité d'être médium.
"d'être médium" est attribut du CO "pour particularité".

Même construction dans :
"Il a pour alliés les députés." (= Ses alliés sont les députés)
"les députés", attribut du CO "pour alliés".
Merci beaucoup.
Jehan a écrit :[…]
Même construction dans :
"Il a pour alliés les députés." (= Ses alliés sont les députés)
"les députés", attribut du CO "pour alliés".
Bonjour,

Là, je serais plutôt d'accord avec Jean-Luc pour faire de « pour alliés » l'attribut du COD « ses députés », et non l'inverse.

Muriel
On peut hésiter, c'est vrai…
Il a pour alliés les députés.
Mais cela veut bien dire :
Les alliés qu'il a sont les députés.
(alliés : objet; députés : attribut)
Plutôt que le contraire :
Les députés qu'il a sont des alliés.
Enfin, il me semble ! 🙂
Bonsoir Jehan,

J'ai l'impression que deux choses conduisent à penser que le COD est « les députés » :

- le test de la pronominalisation : Il les a pour alliés ;
- et le fait qu'« alliés » soit introduit par une préposition.

Qu'en pensez-vous ?

Muriel
Oui, cela paraît infirmer mon analyse, effectivement.
Encore que Riegel appelle bien "complément" le syntagme introduit par "pour" après "avoir"… Voir ma citation.
La "pronominalisation" semble certes un procédé plus décisif, mais il est parfois des cas-limites : comment opérer par exemple dans : Il a pour particularité d'être médium ?
Jehan,
La "pronominalisation" semble certes un procédé plus décisif, mais il est parfois des cas-limites : comment opérer par exemple dans : Il a pour particularité d'être médium ?
Je tenterais : il a cela pour particularité
Encore que Riegel appelle bien "complément" le syntagme introduit par "pour" après "avoir"… Voir ma citation.
Dans mon édition (ancienne version), l'article de Riegel est à la page 241 ; le complément n'est pas souligné, l'est-il dans la vôtre ? Parce que ce qui est souligné comme complément dans votre citation, c'est « de vous signaler »…
Pour la pronominalisation, d'accord avec vous; si la pronominalisation est un critère toujours décisif, c'est convaincant.

Cependant :
Cette rubrique a pour but de vous signaler
→ Le but de cette rubrique est de vous signaler
Dans ma version de Riegel, rien n'est souligné non plus.
Il y a juste ces deux phrases posées comme équivalentes.
J'ai donc souligné dans la deuxième phrase "de vous signaler", attribut du sujet "le but"
Les phrases ayant le même sens, si cette partie est l'attribut du sujet "le but" dans la deuxième phrase, j'en ai déduit - peut-être hâtivement- qu'elle était aussi considérée comme l'attribut de l'objet "but" dans la première phrase… et non comme un complément.

Et en formulant autrement, on voit bien que "but" a un rôle de complément, et "de vous signaler" un rôle d'attribut :
Cette rubrique a un but, qui est de vous signaler…
Est-ce que "pour" remplit vraiment ici la fonction d'une préposition ? N'est-ce pas plutôt l'équivalent d'un signe de ponctuation : les deux points ? "Il a des alliés : les députés."
Il me semble délicat d'assimiler le verbe avoir au verbe être parce qu'en traduisant "Les députés sont ses alliés" on trahit la progression de la pensée :
1 "Il a" : il y a de l'avoir
2 "Pour alliés" : cet avoir est des alliés
3 "des députés" ; ces alliés sont des députés.

Si on transforme "Cette rubrique a pour but de vous signaler" en "Le but de cette rubrique est de vous signaler", on transforme une affirmation: "Cette rubrique a un but" en une postulation.
Et tant qu'à faire à modifier le verbe, pourquoi choisir le verbe être ? Je dirais plutôt: "Cette rubrique vise à vous signaler".
1 "Il a" : il y a de l'avoir
2 "Pour alliés" : cet avoir est des alliés
3 "des députés" ; ces alliés sont des députés.
Merci, Putakli.
Car ce "dépliage" de la phrase corrobore tout à fait mon analyse et celle de Riegel.
Le point 2, en particulier, montre bien que "pour alliés" est l'objet de l'avoir.
Le point 3 (dans lequel le verbe-copule "être" est utilisé) montre bien que "des députés" est l'attribut de "alliés".
Si on transforme "Cette rubrique a pour but de vous signaler" en "Le but de cette rubrique est de vous signaler", on transforme une affirmation: "Cette rubrique a un but" en une postulation.
Et tant qu'à faire à modifier le verbe, pourquoi choisir le verbe être ? Je dirais plutôt: "Cette rubrique vise à vous signaler".
En revanche, votre critique de l'exemple de Riegel est peu pertinente. Je ne saisis pas en quoi une "postulation" (énoncé d'un postulat) ne serait plus une "affirmation".
Rappelons aussi que pour Riegel, il ne s'agissait pas de reformuler la phrase de façon plus concise et élégante (ce que vous avez fait) mais de mettre en évidence la fonction attribut de "de vous signaler". Et pour cela, l'utilisation du verbe "être", verbe-copule de base des tournures attributives, s'imposait. Vous n'avez d'ailleurs pas manqué de l'utiliser vous-même au point 3 de votre "dépliage" cité plus haut.

Pour en revenir à Riegel : au début du chapitre sur les Attributs dits "du complément d'objet" (p. 430 de mon édition), il est évoqué, à propos dudit complément d'objet
le GN directement régi par le verbe (mais pas toujours son COD, loin de là) [C'est moi qui souligne]
Cela ouvre donc bien la porte à des compléments introduits par une préposition, comme "pour alliés" ou "pour but".

D'autre part, dans les "mises en formule" des phrases de ce chapitre, Riegel note toujours par X l'élément à fonction d'attribut.
Et dans la mise en formule de l'exemple :
Cette rubrique a pour but de vous signaler…
N[sup]0[/sup] - avoir- pour but - (de) X
Le but de cette rubrique est de vous signaler…
Le but de - N[sup]0[/sup] - être - X
…c'est bien "de vous signaler" que Riegel transcrit par X dans les deux cas.
"de vous signaler" est donc bien considéré comme attribut d'un GN complément; mais ici d'un GN non COD.

Une lecture plus approfondie de ce passage n'a donc fait que confirmer ma première interprétation…
Merci pour toutes ces précisions.

J'ajoute ceci :


Il arrive que l'attribut soit introduit sans ambiguïté par la préposition "pour" ou "comme", comme le montrent les exemples suivants :


- Il considère ces paroles comme blessantes
- Il prend ces propos pour ce qu'ils sont

- Il tient les députés pour ses alliés.